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CULTURE => Culture Thailandaise => Discussion démarrée par: Manu (de Chiang Mai) le septembre 13, 2009, 12:15:10 pm

Titre: La PREHISTOIRE en Thaïlande... Et parfois ailleurs...
Posté par: Manu (de Chiang Mai) le septembre 13, 2009, 12:15:10 pm

Peu de gens savent que les sols thaïlandais sont d'une grande richesse en fossiles, tout particulièrement les plateaux calcaires de l'est... Cela ajouté à une Préhistoire humaine assez récente mais relativement riche et voilà un beau sujet de discussion pour notre forum...


Les fossiles de reptiles et dinosaures en Thaïlande.  

Les reptiles sont apparus sur Terre il y a 300 millions d’années. A l’époque, la Thaïlande n’existait pas encore sous sa forme actuelle et les continents, les océans et les mers n’occupaient pas les places qu’ils ont aujourd’hui.

Au début du Trias (225 à 195 millions d’années), un seul continent, la Pangée (dont la future Asie faisait partie), commença à se diviser. Durant le Jurassique (195 à 135 millions d’années) puis le Crétacé (135 à 65 millions d’années), les plaques continentales s’organisèrent progressivement selon la configuration actuelle.

Alors que s’écoulaient ces trois périodes géologiques qui constituent l’Ere secondaire (Mésozoïque), la Terre fût habitée par les plus célèbres reptiles, les dinosaures (du grec deinos, terrible, et saura, lézard). On connait aujourd’hui plus de 500 espèces de dinosaures, grace aux fossiles qu’ils ont laissé en de nombreux endroits du globe, y compris en Thaïlande.
         
C’est en 1976 que le premier dinosaure thaïlandais, un sauropode (1), fût découvert par Sutham Yaemniyom qui menait des études sur l’uranium dans le district de Phu Wiang près de Khon Kaen.            
Quelques temps plus tard, l’équipe de recherche géologique du nord-est mettait à jour plusieurs dinosaures et reptiles fossilisés, dont une dent de crocodile géant (Sunosuchus) vieille de 190 millions d’années, dans les provinces de Chaiyaphum, de Khon Kaen et d’Udon Thani.
         
En 1992, à l’entrée du parc national de Nam Nao dans la province de Petchabun, furent découverts les ossements du plus ancien dinosaure d’Asie du sud-est, un prosauropode du Trias (2).
         
De nos jours, c’est encore à Phu Wiang que les plus nombreux fossiles de dinosaures de Thaïlande ont été trouvés. L’organisme franco-thaï d’études des dinosaures a mis à jour 6 sites de fouilles dont ceux des villages de Non Sao Eh et Nong Khong. C’est là qu’un superbe spécimen de théropode (3), le Siamosaurus Suteethorni a été découvert ainsi qu’une nouvelle espèce de sauropode nommée Phuwiangosaursu Sirindhornae, en honneur de la princesse Maha Chakri Sirindhorn, pour son soutien dans le domaine de la recherche préhistorique. 
         
Des fossiles de grands dinosaures carnivores (Tyrannosauridés) ont également été découvert à Sao Kua dans le nord-est du pays dont récemment (1996), un nouveau théropode, le Siamotyrannus Isanensisgen.
         
Enfin, les restes du Psittacosaurus, un dinosaure très important dans l’évolution de ce type de reptiles, ont été retrouvés en plusieurs endroits du pays. Le Psittacosaurus serait en effet l’un des ancêtres des Cératopsiens, la célèbres famille de dinosaures à cornes à laquelle appartient le Tricératops.


Notes:

(1) Sauropode: dinosaure herbivore de taille gigantesque (10 à 20 mètres) au corps massif, à la queue et au cou démesurément longs dont fait parti le célèbre diplodocus.

(2) Prosauropodes: dinosaures herbivores au long cou apparus au Trias supérieur et éteints vers la fin du jurassique inférieur.

(3) Théropodes: dinosaures bipèdes carnivores dont fait parti le terrible Tyrannosaurus Rex.  


Voici l'interview d'Eric buffetaut, le plus connu des Paléonthologue Français travaillant en Thaïlande (fait par Images doc):

Citer

Images doc : Trouve-t-on beaucoup de traces de dinosaures en Thaïlande ?

Eric Buffetaut : Ce pays est l'un des plus riches d'Asie en fossiles de dinosaures. Ces animaux y ont vécu pendant 100 millions d'années environ et ont laissé des traces à différentes époques.

Images doc : Les fouilles dont-elles anciennes ?

Non. Le premier ossement n'a été découvert qu'en 1976 par un géologue qui cherchait de l'uranium. Dans la roche qu'il examinait, il a soudain remarqué un curieux fossile : c'était un fémur de dinosaure !

Images doc : A-t-on découvert de nouveaux dinosaures ?

Eric Buffetaut : Oui, on a retrouvé des ossements de dinosaures inconnus jusqu'ici. Ils datent du début du Crétacé, il y a 120 millions d'années. L'un d'eux, appelé Phuwiangosaurus, porte un long cou et une immense queue. Il mesure 15 mètres de long.

Images doc : Quelle est votre plus belle découverte ?

Eric Buffetaut : Celle d'un dinosaure carnivore dont les ossements affleuraient le sol. Il a fallu plusieurs mois pour casser la roche, un grès très dur. On a extrait plusieurs vertèbres, la moitié du bassin, et le sacrum, un os situé en bas de la colonne vertébrale.

Images doc : Avez-vous identifié ce dinosaure ?

Eric Buffetaut : Oui. Il s'agit d'un Tyrannosaure de 6 à 7 mètres de long. Il est plus ancien que Tyrannosaurus, un carnivore géant de 13 mètres de long qui vivait à la fin du Crétacé en Amérique du Nord.

Images doc : Cette découverte passionne-t-elle les chercheurs ?

Eric Buffetaut : Oui. Cet animal est sans doute l'ancêtre asiatique de Tyrannosaurus rex. Sa forme et sa taille, différentes, nous renseignent sur l'évolution de cette famille de dinosaures.

Images doc : Comment extrait-on les ossements de dinosaures ?

Eric Buffetaut : Il faut creuser souvent profondément, pour parvenir jusqu'à la couche de roche qui emprisonne un os. Ce travail est long car il faut éviter de briser l'os. Pour y parvenir, on utilise d'abord des pioches et des burins, puis des petits instruments fins et précis.

Images doc : C'est fragile, un os de dinosaure ?

Eric Buffetaut : Oui. Pendant des millions d'années, l'os enfermé dans le sol s'est transformé au contact de la terre, du sable, de l'eau... Il est devenu un fossile. Il a l'air solide comme de la pierre, mais il est cassant comme du verre.

Images doc : Existe-t-il des techniques pour ne pas l'abîmer ?

Eric Buffetaut : Au fur et à mesure de l'extraction, les parties visibles de l'os sont durcies avec une résine. Puis l'os entier, encore entouré de morceaux rocheux, est dégagé et plâtré, exactement comme un bras cassé.

Images doc : Que deviennent ensuite les os de dinosaures ?

Eric Buffetaut : Ils sont transportés dans un laboratoire. Là, on les répertorie et on les classe. Puis, les os sont sortis de leur coque de plâtre, nettoyés et examinés à la loupe binoculaire : une sorte de microscope.

Images doc : Les paléontologues sont comme des détectives ?

Eric Buffetaut : A partir des indices fournis par les fossiles, les chercheurs essaient de décrire l'animal. Ils comparent ses os à ceux d'autres dinosaures connus ailleurs dans le monde. Peu à peu, ils reconstituent le mode de vie, les migrations et l'évolution des dinosaures

Images doc : Connaît-on ainsi mieux le monde des dinosaures ?

Eric Buffetaut : Oui. Les milliers d'ossements retrouvés en Thaïlande sont des "documents" passionnants pour l'histoire des dinosaures. De plus, six dinosaures sont nouveaux. C'est exceptionnel !



La carte des sites thaïlandais riches en fossiles de reptiles et dinosaures.
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: Manu (de Chiang Mai) le septembre 13, 2009, 01:05:05 pm

Quelques petites fiches de dinosaures que l'on trouve en Thaïlande...


Siamotyrannus Isanensis (สยามโมไทรันนัส)


Nom : Siamotyrannus Isanensis

Signification : Tyran de Siam

Taille : 6,50 mètres de long

Poids : environ 3 tonnes

Groupe : Théropodes

Famille : Tyrannosauridés

Epoque : Crétacé inférieur (~120-125 ma)

Régime alimentaire : Carnivore

Répartition :

- Thaïlande : Khon Kaen, Kalasin, Sakon Nakhon, Udon Thani, Nakhon Ratchasima

Date de sa découverte : 1993


Ce dinosaure est l'un des plus vieux et l'un des plus petits Tyrannosauridés. Il vécut au Crétacé inférieur, en Thaïlande. Il a été découvert récemment (en 1993) par Eric Buffetaut et son équipe, en Thaïlande. Le fossile mit du temps a être dégagé du sol. En effet, il se trouvait dans un grès très dur qui mit plusieurs mois  à être cassé. Après dégagement, on découvrit quelques vertèbres, la moitié du bassin, et le sacrum (os situé en bas de la colonne vertébrale). Ces os s'avérèrent avoir appartenu à l'un des plus vieux Tyrannosaures du monde. Il fut baptisé Siamotyrannus isanensis et est la seule espèce de ce genre.
       
Il fut découvert dans les mêmes roches qu'un Sauropode de 15 m de long nommé Phuwiangosaurus, ce qui suggère qu'il ait pu être la proie de Siamotyrannus.
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: Manu (de Chiang Mai) le septembre 13, 2009, 01:17:17 pm

Psittacosaurus (ซิตาโคซอรัส)


Nom : Psittacosaurus Sattayaraki

Signification : Reptile perroquet

Taille : 1,5 à 2,5 mètres de long

Poids : jusqu'à 25 kg

Groupe : Cératopsiens

Famille : Psittacosauridés

Epoque : du Crétacé inférieur au Crétacé supérieur (125-95 ma)

Régime alimentaire : Herbivore

Répartition :

- Thaïlande : Chaiyaphum
- Asie : Mongolie, nord et ouest de la Chine, Thaïlande et centre de la Russie

Date de sa découverte : 1922
        
Psittacosaurus ne possédait ni la corne, ni la collerette impressionnantes des Cératopsidés, mais appartient bien aux Cératopsiens, à cause de son bec de perroquet. La partie supérieure du bec est formée d'un os, le rostral, typique des dinosaures à cornes. Psittacosaurus a d'étranges os pointus sur les joues. Le rôle de ces os, présents chez tous les dinosaures à cornes, n'est pas connu de manière certaine. Ils servaient sans doute dans les combats au cours des adversaires "entremêlaient" leur tête, puis essayaient de se dégager en se repoussant de toutes leurs forces, l'objet de ces combats étant de conquérir des partenaires ou un territoire.
        
Contrairement aux dinosaures à cornes plus tardifs, Psittacosaurus était un petit animal léger se déplaçant uniquement sur ses pattes postérieures. Ses mains, dotées de longs doigts élancés terminés par de petites griffes acérées, servaient à ramasser de la nourriture Grâce à ses pattes arrière longues et graciles, Psittacosaurus était certainement rapide. Ce dinosaure mastiquait sa nourriture d'une manière étrange. Au lieu de simplement actionner ses mâchoires de bas en haut, comme une paire de ciseaux, sa mâchoire inférieure pouvait coulisser d'avant en arrière contre les dents supérieures, broyant ainsi facilement les aliments.
        
Plusieurs squelettes de Psittacosaurus renferment à l'emplacement de l'estomac de petites pierres polies. Psittacosaurus en avalait volontairement, qui s'incrustaient dans l'estomac. Lorsque les muscles de l'estomac bougeaient, ces pierres, ou gastrolithes, broyaient les aliments, facilitant ainsi la digestion. Psittacosaurus est le seul Ornithischien dont on a prouvé qu'il utilisait ces pierres, même si Stégosaurus faisait de même, et Lufengosaurus, un Prosauropode, utilisait aussi ce moyen. On a retrouvé également des gastrolithes dans l'estomac de quelques Sauropodes et de Théropodes. Si le mode d'utilisation de ces pierres est si bien connu, c'est parce que de nombreux oiseaux, comme les poulets et les autruches, ont eux aussi des gastrolithes dans leur estomac.
        
Des squelettes de Psittacosaurus nouveaux-nés ont été découverts. Ceux-ci ne mesuraient pas plus de 25 cm, la grandeur d'un chaton.
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: Manu (de Chiang Mai) le septembre 13, 2009, 01:28:40 pm

Isanosaurus (อิสานโนซอรัส อรรถวิภัชน์ชี)


Nom : Isanosaurus Attavipatchi

Signification :  "reptile d'Isan"

Taille : 15 mètres de long

Poids :

Groupe : Sauropodes

Famille : Saurischiens

Epoque : Trias supérieur (209 ma.)

Régime alimentaire : herbivore
  
Répartition :

- Thaïlande : Chaiyaphum

Date de sa découverte : 1998 (décrit en 2000)


Isanosaurus est le premier Sauropode du Trias. Auparavant, le seul témoignage consistait en des empreintes fossiles au Lesotho, mais leur attribution est encore controversée.

Isanosaurus n'appartient pas aux Prosauropodes (groupe de Sauropodes primitifs sans descendance), mais bien aux Sauropodes; il est donc l'un des ancêtres des Apatosaurus, Barosaurus, Brachiosaures, Diplodocus,...

Les os de ce Sauropode montrent des caractères plus évolués que les autres Sauropodes primitifs connus, comme Vulcanodon et Gongxianosaurus, ce qui montre que les Sauropodes avaient déjà une histoire évolutive inconnue et complexe à la limite Trias/Jurassique.

Etant donné la vaste répartition des ossements et des empreintes fossiles de Sauropodes au début du Jurassique, on peut donc dire que les Sauropodes ont eu très tôt une répartition géographique mondiale, rendue possible par le fait que la Pangée n'était pas encore bien fragmentée à cette époque.

La découverte fortuite d'Isanosaurus est due à un chasseur d'écureuils volants: "S'arrêtant pour fumer une cigarette, cet homme a remarqué dans le sol quelque chose qui brillait au clair de la lune. Comme les Thaïlandais savent que leur terre possède de véritables trésors paléontologiques, il a eu la présence d'esprit d'aller le signaler aux autorités", a raconté Eric Buffetaut à l'AFP.

Les scientifiques ont pu récupérer ainsi quatorze os ou fragments d'os (vertèbres, côtes, omoplate, fémur...). Le nouveau fossile provient d'un animal encore jeune, qui faisait tout de même quelque 6,5 mètres de long.

Depuis la rédaction de la description de ce nouveau dinosaure, un autre spécimen, de quinze mètres de long, a été trouvé à proximité, a révélé Eric Buffetaut. Il ignore encore s'il s'agit d'individus de deux espèces différentes, mais on peut imaginer que le premier aurait également atteint à l'âge adulte à peu près cette taille.

Trouvé dans le grès de la colline de Nok Khian, qui fait partie de la formation géologique de Nam Phong (province de Chaiyaphum), Isanosaurus attavipachi a été décrit dans la revue Nature du 7 septembre 2000; le nom d'espèce a été choisi en l'honneur de Preecha Attavipach, ancien directeur du service géologique thaïlandais reconnu pour son grand soutien matériel et moral à la recherche paléontologique.
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: Manu (de Chiang Mai) le septembre 13, 2009, 02:24:20 pm

Phuwiangosaurus sirindhornae (ภูเวียงโกซอรัส สิรินธรเน)


Nom : Phuwiangosaurus sirindhornae

Signification : dinosaure de Phuwiang, nommé ainsi en l'honneur de la princesse Maha Chakri Sirindhorn.  

Taille : 15 à 20 mètres

Poids :

Groupe : Sauropode (Titanosauria)

Famille : Nemegtosauridae

Epoque : Crétacé inférieur (130 ma)

Régime alimentaire : herbivore
  
Répartition :

- Thaïlande : Khon Kaen, Kalasin, Sakon Nakhon, Udon Thani, Nakhon Ratchasima, Chaiyaphum, Nong Bua Lumphu

Date de sa découverte : 1994 (Martin , Buffetaut , Suteethorn)


Phuwiangosaurus est un sauropode de grandeur moyenne, qui diffère assez clairement des sauropodes chinois plus tardif du Jurassique(Euhelopodidae). Sur la base de quelques éléments de mâchoire et dents, Phuwiangosaurus sirindhornae peut être considéré comme un premier représentant de la famille Nemegtosauridae.
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: Manu (de Chiang Mai) le septembre 18, 2009, 07:06:20 pm

Les fouilles au gisement de Phu Hin Rong.


Une équipe de chercheurs Franco-Thaïlandaise procède du 12 février au 2 mars 2007 aux premières fouilles d'un gisement de dinosaures, découvert il y a peu dans le Crétacé inférieur du nord-est de la Thaïlande. Cette mission est organisée dans le cadre d'un projet du Programme Eclipse du CNRS et d'un programme bilatéral CNRS-Thailand Research Fund sur la biodiversité mésozoïque en Thaïlande, en collaboration avec le Musée géologique de Copenhague. Deux autres sites dans des formations plus anciennes datant du Trias supérieur ont également été visités.


Le gisement de Phu Hin Rong
 
Le gisement de Phu Hin Rong se trouve dans les grès rouges de la Formation Khok Kruat, datant d'environ 115 millions d'années (Aptien du Crétacé inférieur). Il a été découvert, il y a quelques mois, grâce aux indications de moines bouddhistes et d'agriculteurs des environs.

Cette période du Crétacé est importante en Asie du sud-est, car elle voit l'apparition de groupes de dinosaures auparavant absents de la région, comme les iguanodontes.

Ce gisement en cours d'exploitation par des équipes thaïlandaise sous la direction de Varavudh Suteethorn (Department of Mineral Resources) et francaise sous la direction d'Eric Buffetaut (Laboratoire de Géologie de l'ENS-CNRS, Paris et "Paleoenvironnements et Paleobiosphere", CNRS-Lyon1) est intéressant par la diversité des dinosaures qu'il recèle.

Il compte de grands sauropodes, des théropodes (dinosaures carnivores) divers (parmi lesquels un spinosaure, aux dents ressemblant à celles des crocodiles), des iguanodontes et le petit herbivore Psittacosaurus, le « dinosaure-perroquet », ainsi nommé à cause de la forme en bec de ses mâchoires, surtout connu en Mongolie, en Sibérie et en Chine.

Après l'extraction des blocs rocheux du terrain de fouille renfermant les fossiles, les ossements et dents ont été dégagés au laboratoire, le Sirindhorn Museum à Sahat Sakhan, province de Kalasin (nord-est de la Thaïlande).

Cette mission va contribuer à la reconstitution de la biodiversité des vertébrés pour chacune des formations géologiques étudiées.

L'inventaire des vertébrés du mésozoÏques (251 à 65 millions d'années) du sud-est asiatique, qui n'a vraiment commencé que vers 1980, est loin d'être terminé. Le second objectif est la reconstitution de l'évolution des faunes à travers le temps dans cette région du monde.

La Thaïlande présente une succession de formations fossilifères permettant de retracer cette évolution sur une durée de plusieurs dizaines de millions d'années, évolution qu'il faudra comparer à celle connue ailleurs, en Chine par exemple, et plus largement en Eurasie, pour essayer de mettre en évidence d'éventuels phénomènes de dispersion géographique d'éléments fauniques en fonction de l'évolution paléogéographique de la région.

Ainsi, la faune de cette Formation Khok Kruat, où se trouve ce site, est sensiblement différente de celle de formations plus anciennes, sans doute du fait d'un épisode d'immigration de vertébrés (Iguanodontes, Psittacosaurus) venus d'un endroit qui reste à préciser (Europe ? Nord de l'Asie ?).

Le rôle d'éventuels changements climatiques et floristiques sera examiné grâce aux études géochimiques et paléobotaniques prévues. Dans le cadre de ce projet Eclipse sur les climats et environnements mésozoiques en Thaïlande, les rapports des isotopes de l'oxygène des dents de dinosaures et autres reptiles seront analysés, afin d'évaluer la température du milieu ambiant, et de reconstituer la thermophysiologie des animaux.


Des ossements d'un sauropode primitif.

Cette formation, plus ancienne, datée par la palynologie à environ 205 millions d'années (Trias supérieur), est la plus ancienne à avoir livré des restes de dinosaures en Thaïlande.

On y a notamment trouvé les premiers restes de sauropodes du Trias, décrits par cette équipe en 2000 sous le nom d'Isanosaurus attavipachi.

La Formation Nam Phong est donc d'une importance particulière pour la connaissance de l'origine de ce groupe de dinosaures herbivores, qui comprend les plus grands animaux terrestres ayant jamais existé.

Le site de Phu Hin Than est particulièrement intéressant car il contient de nombreux éléments d'un squelette d'un de ces sauropodes primitifs, vraisemblablement Isanosaurus. L'extraction est en cours, rendue difficile par la dureté du grès rouge qui contient les os. Ce spécimen devrait apporter des indications complémentaires sur l'anatomie et la position phylogénétique de ces très anciens sauropodes.


Des empreintes comme si elles dataient d'hier...

Enfin, le site de Ban Tung Yai, également signalé par des villageois, est d'un tout autre type, on y a trouvé non pas des ossements mais les premières empreintes de pas de dinosaures trouvées dans la Formation Nam Phong, visibles dans le lit d'une rivière à la faveur d'un changement de son cours.

On en connaissait déjà dans divers sites d'âge crétacé. La piste principale a été laissée par un grand dinosaure théropode. La taille des empreintes, 50 cm de longueur, permet d'estimer la hauteur de l'animal au niveau du bassin à environ 2 mètres, pour une longueur totale de 6 à 7 m. Il s'agit donc d'un grand carnivore, dont on ne connaît pas encore les restes squelettiques. Ces empreintes viennent compléter la liste encore courte des dinosaures connus dans le Trias de Thaïlande. Un relevé, fait sur une feuille de plastique, permettra une étude détaillée, et l'estimation de la vitesse de déplacement de l'animal.

Ces deux découvertes dans la Formation Nam Phong apportent des renseignements importants sur les débuts de l'histoire évolutive des dinosaures dans le sud-est asiatique.


http://www.insu.cnrs.fr/


Photos:

1/ Une jeune archéologue thaïe sur le gisement préhistorique.

2/ Visite d'un moine bouddhiste du temple voisin sur le site de Phu Hin Rong (en conversation avec Varavudh Suteethorn, responsable thaïlandais de la mission).

3/ Après les fouilles dans la Formation Khok Kruat (Crétacé inférieur), la mission a visité deux sites récemment découverts dans la Formation Nam Phong dans la région du Parc National de Phu Kradung (Province de Loei).

4/ L'équipe de paléonthologues sur le site de Ban Tung Yaï.

5/ Empreinte de 50 cms d'un dinosaure du Trias sur le site de Ban Tung Yai.
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: Manu (de Chiang Mai) le septembre 27, 2009, 10:46:15 am

Phytosaure


Nom : Phytosaure

Taille : 2 à 12 mètres

Poids : variable en fonction des espèces

Groupe : Sauropsida (Archosauromorphe)  

Famille : Phytosauridae

Epoque : Trias tardif

Régime alimentaire : carnivore
  
Répartition :

- Thaïlande : formation de Chulabhorn Dam, Huai Hin Lat
- Europe, Amérique du nord (Alberta), Inde, Maroc, Madagascar.

Les Phytosaures ne sont pas exactement des crocodiles même si leur forme et leur mode de vie est similaire. Leur squelette et surtout leur système de respiration sous l'eau diffèrent quelque peu. Les Phytosaures ont en effet leurs narines près des yeux alors que les crocodiles ont celles-ci à la la fin du museau.
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: Manu (de Chiang Mai) le septembre 27, 2009, 11:19:41 am

Cyclotosaurus


Nom : Cyclotosaurus

Taille : 2 à 2,50 mètres

Classe : Amphibien

Famille : Capitosauridae

Epoque : Trias tardif

Régime alimentaire : piscivore  
  
Répartition :

- Thaïlande : Huai Hin

Autres lieux de découverte : Allemagne, Groenland

Les Cyclotosaurus (Cyclotosaurus robustus puis Cyclotosaurus posthumus) vivaient au fond des étangs et des rivières peu profondes. Ils se nourrissaient de poissons et de petits tetrapodes aquatiques qu'ils attrapaient grace à l'ouverture soudaine de leur énorme bouche.

Alors que les adultes étaient assez grands pour ne pas être inquiétés, les jeunes Cyclotosaurus étaient probablement les proies des phytosaures qui fréquentaient les mêmes cours d'eau.
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: Rugby15 le septembre 28, 2009, 01:01:34 pm
que pour les amateurs manu mais toujours aussi passionnant on en a toujours à apprendre  :wonder
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: Manu (de Chiang Mai) le octobre 20, 2009, 06:32:19 pm

Siamosaurus (สยามโมซอรัส สุธีธรนี)


Nom : Siamosaurus Suteethorni

Signification : Lézard du Siam

Taille : 7 à 10 mètres de long

Poids :

Ordre : Saurichien

Groupe : Théropodes

Famille : Spinosauridae

Epoque : Crétacé inférieur (~120-130 ma)

Régime alimentaire : piscivore - carnivore

Répartition :

- Thaïlande : Khon Kaen, Kalasin, Sakon Nakhon

Date de sa découverte :

Le Siamosaurus ("lézard du Siam") était un dinosaure théropode de la fin du Jurassique découvert en Thaïlande. Il y a très peu d'informations sur ce carnivore mais ses dents qui ressemblent beaucoup à celle du Spinosaure, amènent les scientifiques à penser qu'il pouvait avoir eu un régime alimentaire à base de poissons.
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: Manu (de Chiang Mai) le octobre 20, 2009, 06:50:43 pm

Compsognathus (คอมซอกนาทัส)


Nom : Compsognathus

Signification : mâchoire délicate

Taille : 60 cm à 1 m de long

Poids : 2 à 3 kg

Ordre : Saurichien

Groupe : Coelurosauria

Famille : Compsognathidae

Epoque : Crétacé inférieur (130 ma)

Régime alimentaire : carnivore

Répartition :

- Thaïlande : Khon Kaen, Kalasin, Sakon Nakhon, Udon Thani, Nakhon Ratchasima
- Europe (Allemagne, France)


Signifiant « mâchoire délicate », le Compsognathus est un dinosaure de l'ordre des saurischiens, du groupe des théropodes et de la famille des compsognathidés. Il ne mesurait qu'une soixantaine de centimètres et pesait rarement plus de 2,5 Kg. Deux fossiles découverts en Bavière, en Allemagne dans les années 1850 et dans le sud de la France en 1972 ont permis aux scientifiques d'affirmer qu'il vécut pendant le Jurassique supérieur, de -155 à -150 millions d'années.

Le Compsognathus était un dinosaure possédant des os petits et fragiles. C'était un carnivore, comme l'indique la forme de ses dents crénelées et incurvées vers l'arrière. Ses pattes postérieures longues et fines en faisaient un bipède bâti pour courir très vite. Sa vitesse maximale est estimée à 64 km/h, ce qui en fait probablement le bipède le plus rapide ayant jamais existé (il aurait pu courir le 100 mètres en moins de 6 secondes). Ses pattes antérieures étaient longues et fines elles aussi, et ses mains ne comptaient que deux longs doigts, le troisième étant atrophié.

Il se servait sans doute de ses mains comme crochets pour capturer ses proies: lézards (il en fut retrouvé un dans ce qui s'avéra être l'emplacement de son estomac), mammifères et petits insectes. Son crâne était léger et sa queue était comme les pattes, longue et fine, prolongeant ainsi son corps à l'horizontale. Par ailleurs, les os de ses pattes étaient creux.
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: Rugby15 le octobre 21, 2009, 12:25:00 pm
ca m'émeut de voir ttes ces photos faut abso. que je fasse un coup de caisse prochainement dans le coin
 8)
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: Manu (de Chiang Mai) le octobre 22, 2009, 09:33:38 am

Hypsilophodon


Nom : Hypsilophodon

Signification : Dent en crête immense  

Taille : entre 1 mètre et 1,5 mètre de long

Poids : environ 25 kilos

Ordre : Ornithischien

Groupe : Ornithopodes

Famille : Hypsilophodontidés

Epoque : Crétacé inférieur (125 à 120 ma)

Régime alimentaire : herbivore

Répartition :

- Thaïlande : province de Mukdahan
- Europe (Angleterre, Espagne), amérique du Nord (dakota du sud)


L'Hypsilophodon est l'un des plus petits dinosaures connus. Il mesurait moins de 2 m de long à l'âge adulte et tout juste 1 m de haut. Son poids pouvait aller jusqu'à 25 kg, guère plus. Il faisait partie de l'ordre des Ornithischiens, du goupe des Ornithopodes et de la famille des Hypsilophodontidés.

Ses fossiles ont été retrouvés en Thaïlande, en Angleterre, en Espagne et peut-être aux États-Unis où certains fossiles lui appartenant auraient été retrouvés, mais sans certitude à ce jour. Il vivait pendant le Crétacé inférieur, de -125 à -120 millions d'années.

L'Hypsilophodon était un dinosaure pacifique. Il ne mangeait que des végétaux, le plus souvent de très petite taille, feuilles et pousses sur les arbres, grâce notamment à son bec corné, à l'avant du museau, bec qui ressemblait d'ailleurs beaucoup à celui des tortues. Sa tête était, elle, pas plus grande qu'une main d'enfant.

Ses joues charnues lui permettaient de garder sa nourriture à l'intérieur de sa bouche lorsqu'il était occupé à la mâcher. Les muscles actionnant les mâchoires étaient très puissants et situés à l'arrière du crâne.

Les paléontologues ont pensé au début, après après avoir étudié les os des pieds de l'Hypsilophodon qui celui-ci avait la faculté de grimper aux arbres, dans la mesure où ces os ressemblaient beaucoup à ceux d'autres animaux arboricoles comme les singes. Les premières reconstitutions de ce dinosaure le montrent perché sur les branches, mais l'on s'est aperçu plus tard que ses pieds n'étaient en fait aucunement capables de s'accrocher aux arbres à cause de la forme de leurs orteils.

Comme de nombreux autres Ornithopodes, Hypsilophodon était pourvu de pattes postérieures longues et musclées, avec des os minces et légers, qui lui permettaient de courir à toute allure lorsque celui-ci était coursé par un carnivore. Sa longue queue lui servait, comme de nombreux autres dinosaures de cette espèce, de balancier, et n'avait, de ce fait, aucune difficulté à échapper à ses prédateurs.
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: Manu (de Chiang Mai) le octobre 22, 2009, 09:54:05 am

Stégosaure


Nom : Stégosaure

Signification : Dent en crête immense 

Taille : entre 7 et 9 mètres de long (les plus grands stégosaurus atteignait 12 mètres)

Poids :

Ordre : Ornithischiens

Groupe : Théropodes

Famille : Stegosauridés

Epoque : Jurassique (156-140 ma)

Régime alimentaire : herbivore

Répartition :

- Thaïlande : province de Kalasin
- Asie (Chine), Amérique du Nord (Etats Unis)

Le stégosaurus ou stégosaure était un grand dinosaure herbivore ayant vécu à la fin du jurassique, entre 156 et 140 millions d’années avant notre ère. Il mesurait environ 7 mètres de long, 4,5 mètres de haut et pesait jusqu’à 3 tonnes.

Les fossiles ont été principalement retrouvés en Amérique du Nord, dans les états du Wyoming, de l’Utah et du Colorado et plus récemment en Thaïlande.

Incapable de courir, ce dinosaure se nourrissait de plantes proches du sol. Sa lenteur et sa maladresse le rendaient vulnérable aux prédateurs, mais il pouvait se défendre grâce à sa queue, hérissée de 4 piques pouvant atteindre 60 cm de long. La double rangée de plaques osseuses qu’il portait sur le dos n’avait que peu de valeur défensive mais servait probablement à réguler sa température corporelle. En effet, comme des vaisseaux sanguins irriguaient ces plaques, elles pouvaient peut être réchauffer le sang de l'animal à l'instar de panneaux solaires ou le refroidir lorsqu'il les agitait. Une autre théorie stipule que ces plaques, se gorgeant de sang, prenaient une teinte rouge vive, intimidant ainsi des prédateurs potentiels comme allosaurus.
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: Manu (de Chiang Mai) le octobre 22, 2009, 05:55:21 pm

Le musée Siridhorn à Kalasin


Pour ceux qui s'intéressent à la Préhistoire et tout particulièrement aux dinosaures, je vous recommande la visite de l'EXCEPTIONNEL musée Siridhorn situé à coté de la petite ville de Kalasin (à environ 70 kilomètres au sud-est d'Udon Thani en Isan)...

Ce musée expose la plus belle collection de squelettes de dinosaures complets que j'ai pu voir (mieux qu'à Londres, New york et Paris)...

La plupart des espèces de dinosaures trouvées en Thaïlande y sont évidemment représentées mais aussi de nombreux spécimen en provenance d'Europe et des Etats Unis, dont tout particulièrement un énorme Tyrannosaure, un superbe Trycératops, un Pachycépalosaure, des Ptéranodons volants, un exceptionnel Plésiosaure marin, etc...

Le tout avec une présentation moderne et ludique faite de diaporamas, d'écran tactiles, de films, etc...


Petite visite en photos...

1/ L'extérieur du musée Siridhorn avec son Spinosaure...

2/ Le hall d'entrée...

3/ et 4/ La salle principale: magnifique !

5/ L'énorme Syamotyrannus de la salle principale...

6/ Un Albertosaure, autre théropode carnivore venant des Etats Unis...
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: Manu (de Chiang Mai) le octobre 22, 2009, 06:05:37 pm

La suite...

7/ Un Tyrannosaure... Brrrr...

8/ Les dents du Tyrex... Re Brrrrrr....

9/ Un très beau Trycératops

10/ un de mes préférés lorsque j'étais enfant: le Pachycéphalosaure et son énorme calotte osseuse sur la tête...

11/ Un bel Oviraptor et sa tête si caractéristique...

12/ Un Thescelosaurus...
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: Manu (de Chiang Mai) le octobre 22, 2009, 06:24:46 pm
La fin...

13/ Quelques beau mammifères préhistoriques également: un crane de Smilodon ("Tigre à dents de sabre")...

14/ Un Hoplophoneus, petit félin à dents de sabre...

15/ Reconstitution d'un nid de dinosaures...

16/ De nombreux diaporamas très ludiques...

17/ Enfin, la présentation des laboratoires où travaillent les paléonthologues... Vraiment sympa !
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: Malco le octobre 23, 2009, 04:17:00 pm
En effet c'est superbe , va falloir que j'aille voir ça sur place .  8)
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: Bip Bip le octobre 23, 2009, 05:54:52 pm
Quel musée, quelles photos !

Il faut compter combien de temps pour aller de Bangkok ou Chiang Mai à Kalasin ?
Titre: Re : Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: Line le octobre 23, 2009, 07:23:32 pm

En effet c'est superbe , va falloir que j'aille voir ça sur place.  8)



moi aussi, tout comme Malco,  c'est  E X T R A O R D I N A I R E  :smile
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: DocTournesol le octobre 24, 2009, 06:12:00 pm
Tu sais Manu que comme toi, je suis passionné par la Préhistoire (on en a souvent discuté  :)). Pourrais-tu nous remettre le sujet sur les peintures rupestres STP.
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: Manu (de Chiang Mai) le novembre 01, 2009, 09:47:52 am

OK Doc, on commence par les fantatisques peintures rupestres de PHRA TU PHA...


Les peintures rupestres de PHRA TU PHA


Les 7 falaises de Phra Tu Pha et leurs extraordinaires peintures rupestres datant de 3000 ans avant JC. (en tout, 1872 dessins à l'ocre) se situent à 50 kilomètres à l'Est de la ville de Lampang (route de Phrae).


Visite en photos:

1/ En arrivant sur le site, on ne peut manquer sur le bord de la route le mausolé de Chao Por Pratupha, héro thaï qui combattit les Birmans au 18ème siècle... Des centaines de maisons des esprits y sont installées...

2/ A gauche du mausolé part un sentier d'environ 2 kilomètres longeants les falaises calcaires...

3/ Les falaises sont impressionnantes...

4/ Un premier buffle peint à l'ocre nous surprend...

5/ Puis une scène de chasse à l'Auroch...

6/ Une nouvelle série de bovins...
 
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: Manu (de Chiang Mai) le novembre 01, 2009, 09:50:12 am

Les peintures rupestres de PHRA TU PHA (suite):

7/ et 8/ Un étonnant enchevêtrement de mains humaines et d'animaux...

9/ cette main qui nous salue du fond des âges... Quelle émotion !

10/ Puis, toute une série de mains...

11/ puis une girafe, entouré elle aussi de mains humaines...

12/ Le sentier est bien aménagé facilitant la visite...
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: Manu (de Chiang Mai) le novembre 01, 2009, 10:17:46 am

Les peintures rupestres de PHRA TU PHA (fin):

13/ Un homme, son troupeau et son chien (en bas à gauche)...

14/ Le chien au centre et le reste du troupeau...

15/ Scène de chasse (ou de sacrifice): superbe !...

16/ A droite, la silhouette d'une femme...

17/ Un Paon entouré de mains humaines symbolisant peut être la chasse de cette animal...

18/ Au revoir, Falaises de Phra Tu Pha !
Titre: Re : Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: DV8 le novembre 04, 2009, 08:12:36 pm

Quel musée, quelles photos !
Il faut compter combien de temps pour aller de Bangkok ou Chiang Mai à Kalasin ?



On peu sereinement classer le Musée Sirindhorn comme le premier musée paléontologique d'Asie du Sud-Est et le troisième d'Asie après celui de Beijing en Chine et celui de Fukui au Japon.

Sinon comment se rendre a Kalasin depuis Bangkok?
Finalement c'est assez simple.
Pas de train, désolé, mais pour les petits budgets pleins de bus qui parte un peu n'importe quant (et ca c'est bien).

Il vous faut vous rendre à la station centrale de bus de Bangkok, Mo Chit.

Une fois a la station un gars, ou une fille, vous agressera en vous demandant ou vous allez: répondez gentiment "Kalasin" et il vous mènera au guichet qui va bien. Prenez un ticket pour le premier bus partant en direction de Kalasin  mais pas n'importe quel bus: un bus VIP. De toute manière il ne vendront pas à un étranger un ticket en seconde classe et ils ne vous proposeront la première que si le VIP est complet. Si c'est le cas méfiez vous, la première classe peut être redoutable (en terme de durée de trajet).
Pour être sure d'avoir un VIP (spécialement les we et les jours autour) ont peu réserver les jours d'avant.
La meilleure ligne & compagnie est la 999 (vous pouvez chercher sur les gondoles des guichets, c'est écrit en très gros rouge).

Une fois dans le bus vous pioncez ou profitez du paysage: 7-8h de trajet.

Une fois a Kalasin vous trouverez une guest derrière la station de bus (au sud donc). Posez-vous et attendez le lendemain pour allez sur Phu Khum Khao, la colline aux dinosaures.
Kalasin est une petite ville de province sans grandes animations mais comptant tout de même 4 marché différents (autant que Roi Et finalement).
Les tuk-tuk vous mèneront partout pour 20 bahts (oubliez pas de négociez). Si vous êtes habitué a Bangkok cela vous paraitra souvent prohibitif vu les distances a parcourir. N'oubliez pas qu'ici ils n'ont pas un clients toutes les 10 min.

Pour se rendre au musée un moyen simple si on est pas pressé: le songtaew. L'arrêt pour le musée se situe en face du marché de nuit, juste avant le 7/11. Pour les autres ce sera location de mob.
Le songtaew vous déposera directement sur le parking du musée. Là il y a un panneau qui indique les horaires de retours (éventuellement).
Oubliez pas d'aller visiter le musée de site qui se situe un peu plus haut, a la bordure du temple.

Pour les gens avec un budget plus importants: avion jusqu'à Khon Khaen (il existe une ligne journalière) puis location d'une voiture directement à l'aéroport. Ensuite c'est direction Yang Talat puis Kalasin et ensuite Somdet. Le musée est indiqué depuis Khon Khaen avec de beau panneaux, pas possible de se perdre.

A noter que je vois de plus en plus de touristes étrangers se rendre au musée en... taxi!! Je sais pas d'où ils viennent mais surement de pas très loin.

Quitte a venir jusqu'à Sahat Sakhan vous pouvez décider de vous poser un jour. Dans ce cas le coin regorge de guest mais aucune n'est adapté a l'accueil de touristes étranger. Désolé mais le musée est une attraction qui attire avant tout les thais.
Dans tous les cas si vous voulez dormir sur place préférez rester sur Kalasin qui possède aux moins deux bon hotels.
Pour l'hébergement contacter moi par mp via ce forum ou mon adresse email et je vous filerais 2-3 plans (dont un routard pour dormir quasi au milieu du lac de Lampao ;) ).

Rester une journée peut être une très bonne idées car ici vous serez en plein cœurs de l'Isan. La région est le fiefs des Phu Thais et outre le villages de la soie a quelques km vous pourrez visiter, à 10 min du musée, ce qui pour moi est un des plus beau temple de Thailande (en excluant ceux du district royale évidemment): Phu Kao. Une merveille tout en bois sculpté qui désormais s'accompagne d'un Jedi géant tout en grès rose sculpté également. Le mélange pierre-bois fonctionnant simplement à merveille. Si vous vous y rendez le tôt matin vous êtes sure de participer au déjeuner couplé des daims et des écureuils, entouré de paons. Bref c'est magique comme endroit.
Toujours a coté le Lampao, lac artificiel assez fascinant, et Phu Sing, une colline avec un Buddha géant.

Un dernier conseil et après j'arrête là (la passion m'emporte) quitte a venir jusqu'ici continuez jusqu'aux montagnes de Phu Phan et ces parcs naturels...


Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: Manu (de Chiang Mai) le novembre 05, 2009, 11:16:13 am

Comme le dit justement DV8, il y a effectivement dans la région d'Udonthani, Kong Khaen, Kalasin plusieurs très beau parc nationaux et tout particulièrement celui du PHU WIANG...


Le parc national du PHU WIANG


Le Phu Wiang se compose de nombreux sentiers aménagés pour la randonnée qui ammènent tous les un ou deux kilomètres à des batisses équipées de baies vitrées et où sont conservés des squelettes de dinosaures (en particulier le grand Phuwiangosaurus Sirindhornae)...

Des fossiles dans la roche sont aussi observables en différents endroits... Enfin, plusieurs points de vues situés au sommets de collines font de cette promenade une formidable demie-journée d'activité dans la Nature...


Quelques photos du Phu Wiang:

1/ Les sentiers du parc sont bien aménagés permettant une marche facile....

2/ De beaux panoramas...

3/ Tous les 2 ou 3 kilomètres, une petite maison contenant des fossiles de dimosaures...

4/ Les ossements d'un Phuwiangosaurus Sirindhornae tel qu'il fut découvert...

5/ De nombreuses plaquettes explicatives permettent une visite facile...
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: Manu (de Chiang Mai) le novembre 05, 2009, 11:36:54 am

Deux kilomètres avant l'entrée du parc national du Pu Wiang, vous pouvez également visiter le beau musée de Préhistoire du Phu Wiang consacré aux dinosaures découverts dans la région...


Le musée des dinosaures du Phu Wiang


Le musée propose une présentation ludique et attrayante des dinosaures de Thaïlande avec de nombreuses vitrines, des cartes, des squelettes, etc... Il dispose en particulier d'une spectaculaire galerie où sont reconstitués de nombreux dinosaures grandeur nature...

Photos:

1/ Un chouette Siamotyrannus vous accueille à l'entrée...

2/ Des vitrines biens faite avec des explications en thaï et en anglais...

3/ Présentation d'un squelette de sauropode...

4/ Un beau nid de dinosaure...

5/ La reconstitution d'un Siamosaurus Suteethorni...

6/ La reconstitution d'un Siamotyrannus Isanensis...
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: Manu (de Chiang Mai) le décembre 06, 2009, 08:43:47 am

Même si l'étude des fossiles de reptiles et dinosaures est passionnante en Thaïlande, on peut difficilement parler de Préhistoire dans le Royaume sans évoquer aussi les hommes tant les sites archéologiques sont nombreux, en particulier dans l'Est et dans le Nord...

Une petite chronologie afin de restituer les évènements...


La Préhistoire humaine en Thaïlande


La Préhistoire thaïlandaise est encore mal connue et sujette à de nombreuses hypothèses. Les recherches menées sur le sol du territoire depuis une cinquantaine d’années n’ont en effet jamais permis de découvrir de préhominiens ou d'Homo Erectus. Les plus anciens ossements humains jamais découverts en Thaïlande sont ceux d’Homo Sapiens. Cependant de nombreuses fouilles ont mis à jour des galets aménagés et outils lithiques permettant de supposer que la Thaïlande, tout comme le reste de l’Asie du sud-est, était parcouru par des groupes humains dès le Paléolithique supérieur.  En tenant compte des plus récentes découvertes, il nous est donc permis de tracer la chronologie suivante:


1 000 000 - 600 000 av. J.C. Paléolithique.

La Thaïlande est probablement traversée par des Homo Erectus nomades vivants de chasse et de cueillette. Quelques galets aménagés datés de 1 000 000 à 600 000 av. J.C.ont été retrouvés dans les provinces de Lampang et Phrae.
                                                     
       
600 000 - 130 000 av. J-C. Pléistocène.   

De nombreux outils et objets trouvés sur tout le territoire thaïlandais démontrent l’existence de cultures pléistocènes. Des galets aménagés découverts dans le nord du pays et à Krabi dans le sud étaient utilisés par les Homo Erectus dont des groupes peuplaient alors le Sud-Est asiatique.


120 000 - 2000 av. J.C. Période Hoabihnienne.
   
Au début du Paléolithique inférieur, une branche d’Homo Sapiens, d’origine australoïde ou mélanésoïde est établie dans la région. Semi-nomades, ils vivaient de chasse, de pêche et de cueillette. Ils utilisaient des outils en pierre, bois et bambous. Ces populations peuplèrent par la suite l’Australie et la Mélanésie. De nombreux outils correpondant à la culture dite Hoabinhienne (découverte à Hoabinh au Vietnam en 1920) ont été découverts dans des grottes du nord-est du pays ainsi qu’à Kanchanaburi. La découverte de graines de bétel, de poivre et de concombre lors de fouilles menées dans la grotte de l’esprit près de Mae Hong Son, confirme l’existence de l’agriculture entre 9700 et 6800 av. J.C.
Les premières poteries sont fabriquées et utilisées à partir de 6000 av. J.C.. Dans la région de Ban Kao, vers 2000 av. J.C., apparaissent des céramiques remarquables par leur qualité et leur variété. Certaines pièces (pots tripodes) ont également été retrouvés à Surat Thani, Nakhon Sri Thammarat, Trang et Krabi.


3500 av. J.C.  Riziculture.
   
Des fouilles effectuées sur les sites de la Banyan Valley Cave et de Non Nok Tha démontrent que la culture du riz et la domestication d’animaux comme les chiens, les poules, les porcs et les bovidés étaient maîtrisées.
C’est vers 3500 av. J.C. que débute également le processus de différenciation des ethnies, des langues et des cultures en Asie.


2500 av. J.C. Ban Chiang.
   
Le site de Ban Chiang, dans le Nord-Est du pays (près d’Udon Thani), atteste de l’existence d’une culture qui maîtrisait le cuivre et le bronze. La découverte de quelques objets datant de plus de 5500 ans permet même de considérer Ban Chiang comme une des plus anciennes civilisations du bronze. Cette dernière, qui se développa dans une zone comprenant les provinces actuelles d’Udon Thani, Sakon Nakhon, Nakhon Phanom, Khon Kaen et Ban Chiang, est aussi célèbre pour sa confection de poteries élaborées à cette époque.


500 av. J.C. Age du fer.
   
Le fer apparait dans le Nord-Est de la Thaïlande vers 500 av. J.C. peu de temps après son apparition en Chine et en Inde. Dans les autres régions du pays, la civilisation du fer n’apparait qu’entre 300 et 100 av. J.C.
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: Manu (de Chiang Mai) le décembre 06, 2009, 08:44:38 am

L'extraordinaire site de Ban Chiang près d'Udonthani.


Considéré comme le plus important habitat préhistorique découvert à ce jour en Asie du Sud-Est, Ban Chiang (district de Nong Han, province d'Udonthani) a marqué une étape importante dans l'évolution culturelle, sociale et technologique de l'homme. Le site témoigne de l'existence d'activités agricoles ainsi que de la production et de l'utilisation de métaux.

Le site a été découvert en 1957 et les premières fouilles débutèrent en 1967. Une importante nécropole a été mise à jour. Une première datation par thermoluminescence sur les poteries fournit une date vers 5000 av. J.-C., ce qui provoqua un grand intérêt de la communauté scientifique. De nouvelles investigations réalisées en 1974 modifièrent cette datation et resituèrent l'occupation du site à partir de 2500 av. J.-C. pour la période la plus ancienne, jusqu'à 300 de notre ère pour les vestiges les plus récents.

De nombreux squelettes découverts, accompagnés de mobilier funéraire constitué d'objets en bronze et d'un grand nombre de poteries décorées de motifs géométriques. Les dépôts funéraires peuvent être répartis en 3 périodes. La période ancienne date en de 2500 à 1000 av. J.-C. La période moyenne couvre le dernier millénaire et la période récente va jusqu’en 300 après J.-C. La production d'objets en bronze est attestée dès la période intermédiaire. Les belles céramiques peintes aux motifs en spirale datent de la période récente.

En 1992, le site de Ban Chiang a été classé au Patrimoine mondial de l'UNESCO


Photos de Ban Chiang: la fosse principale au Wat Po Si Nai
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: Manu (de Chiang Mai) le décembre 06, 2009, 12:53:31 pm

Photos de Ban Chiang: la fosse principale au Wat Po Si Nai (suite)
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: Manu (de Chiang Mai) le décembre 06, 2009, 01:24:30 pm

Le musée de Ban Chiang

En plus des nombreuses fosses de fouilles ouvertes au public, le village de Ban Chiang propose la visite d'un très intéressant musée de Préhistoire humaine ou sont exposés les nombreux objets trouvés dans la région ainsi que de belles reconstitutions de scènes de vie des Homo Sapiens Sapiens qui y résidaient...

Photos:

1/ Scène de chasse

2/ La fabrication des poteries de Ban Chiang

3/ La cuissson des poteries

4/ La décoration des poteries

5/ Le coulage du bronze

6/ Moules utilisés pour couler les armes de bronze
Titre: Re : Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: Manu (de Chiang Mai) le décembre 07, 2009, 10:10:21 am

bien belles reconstitutions !
 8)


A part quelques exceptions provinciales, la majorité des musées thaïlandais sont d'une grande beauté et font preuve d'une organisation remarquable !
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: DV8 le février 26, 2010, 10:10:55 am
Je passe l'info ici car visiblement elle n'est pas passé sur les médias francophones.

(http://lh6.ggpht.com/_CZDHZ25rjoc/S4dAVzmXJzI/AAAAAAAADjs/6qZJk3UQ36g/PhNoi-2010-02-25.JPG)

Cela faisait un an qu'on savait qu'il était là (depuis la précédente fouille), on à donc profiter de la mission paléontologique Franco-Thai 2010 pour aller grattouiller le dos du dino qui repose depuis 140 millions d'années sur la colline de Phu Noi dans la province de Kha Muang (non loin de Kalasin).

L'université de Mahasarakham aidé par l'équipe du Musée Sirindhorn à organisé cette année une fouille à la hauteur du géant qui nous attendais.
Fouille qui devrait continué durant le mois de Mars et qui s'achèvera en Avril par une session préparation en laboratoire qui devrait accueillir pas moins de 50 étudiants venus d'un peu partout en Thailande.

Bref, c'est du gros, du grand , du lourd et à tous les points de vue puisque le dinosaure en question s'avérerait bien être un membre de la famille mamenchisaurus, sauropode bien connu des paléontologues chinois. On avait donc vu juste.
Au passage un squelette de mamenchisaurus c'est gros et ca ressemble à ca: (reconstitution par Scott Hartman)
(http://fc03.deviantart.net/fs16/i/2007/148/a/5/Mamenchisaurus_youngi_skeletal_by_shartman.jpg)
Et Kha Muang au jurassique ca devait avoir des allures de ca (Peinture du talentueux Alain Bénéteau):
(http://fc07.deviantart.net/fs35/f/2008/307/0/e/Jurassic_landscape_by_dustdevil.jpg)

Les Français devrait avoir une aperçue de la bête en VF grâce à une co-production franco canadienne qui devrait être diffusé un peu partout en Europe courant octobre (sur Arte en France?). Tout ce que je peu vous dire c'est qu'il y aura des belles images et que l'épisode concerné se trouvera également dans un coffret DVD "Continent: a perilous Odissey" (DVD sur le continent asiatique).

(http://lh6.ggpht.com/_CZDHZ25rjoc/S4dAR_qHzPI/AAAAAAAADjM/-NCBGnJCO8Y/R0010375.JPG)
(http://lh4.ggpht.com/_CZDHZ25rjoc/S4dATGYkS_I/AAAAAAAADjU/GTXC3tjeL8o/s512/R0010399.JPG)
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: Rugby15 le février 26, 2010, 11:46:49 am
C'est dingue quand même la richesse des sols thailandais en fossiles ! Thanks pour l'info DV8
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: Manu (de Chiang Mai) le février 26, 2010, 04:36:13 pm

Super Info DV8... MERCI !

Le sauropode découvert est un Mamenchisaurus ou appartient seulement à la famille et va être renommé ?
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: DV8 le février 26, 2010, 07:17:07 pm
Alors ca reste encore à vérifier mais 5 vertèbres caudale découverte mercredi (juste avant la fermeture temporaire de la fouille) semblerait confirmer qu'il s'agirait bien d'un Mamenchisaurus.
On parle bien du genre, pour l'espèce il y a 90% de chance pour qu'il s'agisse d'une nouvelle espèce.

Auquel ca il y a aussi 90% de chance pour qu'elle soit nommé en l'honneur de la reine Sirikit. La requête ayant déjà été posé auprès du bureau des affaires royale.
La réponse fut positive a deux condition prés: qu'il soit plus gros et plus vieux que le Phuwiangosaurus sirindhornae (je vous laisse jugé de la délicatesse de la chose). Deux conditions remplies puisqu'il s'agit d'un dinosaure pouvant atteindre 28 m (contre une 20) qui aurait vécu 70 millions d'années après Phuwiangosaurus sirindhornae.

Sinon a part ca on a du crocodile en masse, du poisson difficile à prélever et surtout 1 dent de petit théropode type dromaeosaure.
Sinon le pourquoi de tant d'os en Isaan sera au centre de la vidéo qui a été filmé par l'équipe de canadien la semaine dernière.
Je surveillerais cela pour vous...
Titre: Re : Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: Manu (de Chiang Mai) le février 27, 2010, 10:59:24 am

Auquel ca il y a aussi 90% de chance pour qu'elle soit nommé en l'honneur de la reine Sirikit. La requête ayant déjà été posé auprès du bureau des affaires royale.


Je me disais bien...  :D

...

Sinon, pourquoi tant de fossiles en Isan ? réponse, la région est un immense plateau constitué essentiellement de roches sédimentaires...
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: DV8 le février 27, 2010, 04:33:11 pm
Exactement Manu.

En fait quant tu cherche du dino tu regarde trois chose:

- Premièrement on recherche une zone contenant des roches dites "mésozoïque" c'est à dire correspondant à la période durant laquelle les dinosaures ont vécus sur Terre. Contrairement à ce qu'on pourrait penser, c'est finalement assez courant et étendue comme "zone".

- ensuite ces roches doivent être "continentales" c'est a dire quelles doivent s'être formées sur les continents de l'époque à partir des sédiments de l'érosion et ne pas être des dépôts de fonds marins d'époque (aucun dinosaure ne s'étant adapté à la vie marine). Ce type de roche est déjà plus rare.

- finalement on recherche des zones à élévations moyenne voir fortes car il faut que l'érosion actuelle puisse mettre à jour de vaste zone rocheuse pour simplement "voir" le fossile.
Par exemple, même si la plaine du Brahmapoutre répondait au deux premier points nous n'irions pas chercher du dino dans ce marécage. Inversement on sait que les montagnes Bouriates abrites de beaux spécimens de dinosaure mais l'aspect fortement "alpin" de ces montagnes en reduit l'exploration. Le climat est aussi un facteur qui jouera, allez trouver un fossile dans la plaine à varzea amazonienne ou la mangrove birmane...

Pour en revenir à l'Isaan donc, on à les deux premiers points qui apparaisse clairement sur les cartes géologiques.
Dés le Trias l'Isaan était un micro-continent perdu au milieu de la Téthys mais lié à la chine du sud. Bref une grosse île à très faible élévation globale mais avec possiblement une chaîne de montagne situé quelque part alimentant un vaste réseau fluvial.
La pénétration de l'inde au milieu du continent eurasiatique à mis fin à cette isolation et a aggloméré tous un tas de micro-continents qui derivait vaguement.
L'Isaan c'est alors trouvé séparé de la chine via une faille que suit aujourd'hui la rivière rouge, et c'est retrouvé par la même en position élevé (entre 100 et 200 m au-dessus du niveau de la mer).
Cette position ayant donné au passage ce climat si particulier et ce biome (écorégion) de savane tropicale assez propices à la recherche de fossile (précipitation condensé sur une courte période de l'année, humidité réduite en milieu tropicale).

On remarquera aussi l'influence de l''homme qui c'est chargé au passage de la déforestation malheureusement nécessaire pour mettre à jour la roche contenant les fossiles (mais ca c'est réellement anecdotique).
Le dernier point en Thailande c'est la grande diffusion qui fut faite dés les premières découvertes et ce jusqu'à aujourd'hui. Tous le monde en Isaan (et mine de rien c'est grand) à déjà entendu parler de ce patrimoine et c'est montré intéressé par la question, à un moment ou à un autre, de prés ou de loin.

En France demande à un Audois ou un Montpellierins ou se trouve les dinosaures. Y'a de grande chance qu'il t'explique qu'après 8 ans tu es censé d'intéressé à autre chose.
Et pourtant tout comme en Isaan il marche dessus...
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: Manu (de Chiang Mai) le février 27, 2010, 06:16:27 pm

Merci pour ces précisions DV8...

(http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Respect/0009.gif)
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: DocTournesol le février 27, 2010, 08:37:51 pm
Merci à vous deux Messieurs Manu et DV8. Personne ne parle jamais de Préhistoire bien que le sujet soit passionnant.

DV8, penses-tu qu'il soit possible que les archéologues trouvent encore de nouvelles espèces en Thaïlande ?
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: DV8 le février 28, 2010, 10:57:55 am
Deux aspects intéressants dans ta question.

Premièrement la confusion très commune entre archéologie et paléontologie.
Je vais faire simple.

Paléontologie: science qui étudie les restes fossiles (transformé en pierre) des êtres vivants préhistoriques.
Paléontologie humaine (ou Paléoanthropologie): exactement la même chose qu'au dessus mais concentré sur un seul genre d'être vivant, des bébêtes un peu étrange: les hominines (ou Hominina en bon latin).
Archéologie: science dont l'objectif est d'étudier et de reconstituer l’histoire de l’humanité depuis la préhistoire -période comprise entre l’apparition de l’Humanité et l’apparition des premiers documents écrits- jusqu’à l'époque contemporaine.

Lorsqu'on lit ces définitions on comprends que l'archéologie ne s'intéresse en rien à ce qui c'est passé avant l'apparition du genre Homo "quelque chose" on va dire il y a 3 millions d'années.
Ensuite il il y a le paléoanthropologue qui lui va étudier le clade (la branche de l'évolution consacré à) des hominines et donc remonter, soyons fou, jusqu'à 9 millions d'années en arrières mais en ne s'intéressant au passage qu'au grand singes et à leur environnement.

Tous le reste, c'est à dire l'étude de tous les autres êtres vivants, de la bactérie au grand mammifère (et excepté les grands singes donc), ayant vécu avant 3 Millions d'années, relève de la paléontologie.

Ça nous amène donc au fond de ta question: l'étude des tous les êtres vivants du passés est une quête qui ne connaîtra jamais de fin puisque si le nombres d'espèces ayant vécu sur terre est théoriquement finit, il est de manière pratique si grand qu'il en devient infini en terme de perception humaine (je ne sais pas si je suis très claire).

De plus, la fossilisation est un phénomène naturel qui requiert des conditions d'enfouissement, de pression et de température très particulières.
Un exemple simple: on ne découvrira que très difficilement à quoi ressemblait les dinosaures s'étant adapté au milieu exclusivement montagneux puisque les rivières torrentielles ne permettent pas l'enfouissement des os mais procède simplement à leur destruction rapide.
Cela signifie que l'on connaît mieux certains environnements passé alors que d'autre nous resteront inconnus.

Pour en revenir à la Thailande. Il est plus que certains que les années à venir verront de nouvelle découverte paléontologiques.
Pour la simple raisons qu'il y a aujourd'hui en Thailande plus de personnes qui cherche (et pas que du dino).
On peu aujourd'hui parler:
- de la Direction des Ressources Minéralogiques du Ministère de l'Industrie qui fut la première à s'intéresser au patrimoine fossiles mésozoïque de Thailande (aprés Henri Mouhot et autre missionnaire qui passèrent par là au début 19éme)
- du musée Sirindhorn qui bien que lié au DMR de ci-dessus, possède aujourd'hui sa propre équipe qualifié avec un labo de classe internationale.
- du Centre de Recherche Paléontologique de l'université de Mahat Sarakham qui est dirigé par de jeunes paléontologues formées en Europe pour certains et qui chaque années accueille de plus an plus d'étudiants.
- du musée de Khorat qui organise des campagnes de fouilles et de prospections un peu partout dans le pays en collaborant avec le Japon.
- de l'université de Chiang Mai et Khon Kaen qui elles aussi forment chaque année de plus en plus d'étudiants en géologie à la pratique de la paléontologie de terrain (en les envoyant en stage au musée Sirindhorn par exemple).
- de l'université de Chulalongkhorn qui, bien qu'un peu endormie sur le sujet, possède suffisamment de moyen pour financer des recherche en paléontologie.
- et de toutes les autres universités qui possède des programmes de collaborations/recherche avec l'étranger sur des sujet touchant de prés ou de loin au patrimoine fossile Thailandais.

Enfin, la Thailande c'est doté en 2009 d'une loi sur la protection du patrimoine fossile Thailandais qui vise aussi à "inventorier" le sus-dit patrimoine.

Bref, on a pas finit d'entendre parler de paléontologie en Thailande... (alors qu'en France tout ca semble mourir à petit-feu)
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: Manu (de Chiang Mai) le février 28, 2010, 11:21:51 am

Passionnantes infos DV8... Peux-tu nous en dire plus sur la coopération franco-thaïlandaise ?... je sais que le Professeur Buffetaut est au centre de l'affaire...

J'ai constaté au Musée de Kalasin que plusieurs universités américaines collaboraient avec les Paléonthologues thaïlandais (d'ailleurs qu'en est-il de la formation universitaire de ces derniers, la même que chez nous ?)...
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: DV8 le février 28, 2010, 01:54:19 pm
La collaboration franco-thai date effectivement de la première visite du professeur Eric Buffetaut en 1980.
Ce fut Varavudh Suteethorn (en l'honneur duquel Siamosaurus suteethorni fut nommé), alors géologue à la Direction des Ressources Minéralogiques Thaïlandaise qui le premier compris l'intérêt que la Thailande aurait a entretenir une collaboration scientifique avec un pays de la veille Europe.

A noter que cette collaboration, qui il faut l'espérer durera encore malgré le départ à la retraite de ces initiateurs, fut, contrairement à bien des missions de ce genre, totalement bilatérale puisque chaque année des thaïs se rendent en France en juillet pour participer aux campagnes de fouilles française alors que les français viennent au mois de février en Thailande pour gratter le sédiments.
Pour l'anecdote c'est comme ca que j'ai rencontré ma femme, biologiste franchement sortie de master et venu se former en France à la fouille paléontologique.

On parle de collaboration Franco-Thai à cause de ces origines (et a cause du fait qu'elle à reçus durant quelque années des fonds de l'ambassade de France) mais bien évidemment c'est plutôt une collaboration Euro-Thai.
Par exemple, parmi les spécialistes joignant régulièrement la mission se trouve le docteur Gilles Cuny, conservateur au musée de Copenhague et le docteur Lionel Cavin conservateur du musée de Genève. La mission travaillant aussi étroitement avec des université comme celle de Bristol en Angleterre ou Bonn en Allemagne.

Je précise tout cela pour expliquer que non la Thailande n'est pas devenu le terrain de jeu réservé de paléontologue français néo-colonisateurs (un mauvais procès qui revient parfois).

Comme la judicieusement remarqué Manu les américains sont plus d'une fois venu étudier des spécimens en Thailande, parfois même avec leurs collègues français. Les japonais sont désormais très souvent présent en Thailande que ce soit au musée Sirindhorn ou à Khorat.
Bref la science ne connaît pas vraiment de frontière et les thaïs ont très bien intégré ce paramètre.
Reste que pour l'instant seul les français ont fait le choix d'entretenir des projets sur le long terme, la paléontologie se nourrissant de plus en plus de simple "coup médiatique". On verra ce que nous réserve l'avenir sur ce sujet.

Pour ce qui est de la formation des paléontologues, le plus simple est je pense de faire une listes des paléontologue thaïs qui font du vertébrés mésozoïque:
- Dr Varavudh Suteethorn, doctorat en géologie de l'université de Chiang Mai
- Dr Kompsorn Lauprasert, doctorat en paléontologie (2004; crocodile) de l'université de Chulalongkhorn
- Dr Suravech Suteethorn, doctorat en paléontologie (2009; sauropode) de l'université de Montpellier
- Miss Phornphen Chanthasit, doctorat en paléontologie (2010; ornithopode) de l'université de Lyon 1
- Miss Uthumporn Desree, doctorat en cour (poissons) de l'université de Mahatsarakham
- Miss Suchada Khamha, doctorat en cour (requins) de l'université de Mahatsarakham
- Miss Wilailuk Naksri, doctorat en cour (tortue) de l'université de Mahatsarakham
- Et une autre étudiante en doctorat partie en chine étudié du bois fossile

Tu remarquera qu'ils sont peu nombreux, très jeunes, que seules quelques-un ont un doctorat français et que leurs nombres doublera quant les doctorants de Mahatsarakham auront finis leurs thèses.
Sinon à part la France et la chine, personnes à l'horizon venant d'université au delà du pays.

Pour ce qui est du niveau de l'enseignement, à Mahasarakham et jusqu'en 2005 il y avait des professeurs étrangers aujourd'hui remplacé par les nouveaux doctorants. Le niveau des étudiants doit être bon puisque certains présente des papiers dans des congrès internationaux sans se ridiculiser.
Maintenant personne ne peut dire combien de temps dure une thèse en Thailande et les étudiants formé en France sont aujourd'hui professeur alors que certains de leurs collègues resté en Thailande n'ont toujours pas présenté le sujet de leur thèses.
Cela tient en partie au fait que les universités thaïs ont tout intérêt a laisser couler car 6 années de thèses ca veut dire 6 ans de frais divers et varié qui rentre directe dans leur poches.
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: Manu (de Chiang Mai) le février 28, 2010, 04:22:06 pm

Merci pour ces précisions...  :)
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: DocTournesol le mars 02, 2010, 05:41:01 pm
DV8, mes écrits ont dépassés mes pensées et rassures toi, je fais la différence entre Archéologie et Paléonthologie.
Merci pour le reste de ta réponse. J'ai hâte que d'autres merveilles soient découvertes en Thailande.
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: Line le mars 27, 2010, 02:07:40 pm

Un gigantesque dinosaure -d'affinités chinoises- a été découvert en Thaïlande


Lors d'une mission franco-thaïlandaise réalisée en février 2010, le squelette d'un énorme dinosaure herbivore du groupe des sauropodes, appartenant apparemment à une espèce nouvelle, a été mis au jour dans le Nord-Est de la Thaïlande. Sur le même site, les paléontologues ont excavé des restes de poissons, de crocodiles et de dinosaures carnivores.


Les ossements ont été trouvés lors de fouilles effectuées au sommet de la colline de Phu Noi, dans la province de Kalasin, en Thaïlande. Ils proviennent de couches argileuses appartenant à une formation géologique dont l’âge est proche de la limite entre le Jurassique et le Crétacé (soit quelque 145 millions d'années).


Les éléments du squelette trouvés jusqu'ici comprennent une ceinture pectorale et un membre antérieur encore articulés, des vertèbres dorsales et caudales, plusieurs os du bassin, de nombreuses côtes, et des dents. Tout porte à croire que d'autres ossements seront découverts lors de la poursuite des fouilles. Les caractères anatomiques des restes découverts montrent que l'animal appartient au groupe des sauropodes, dinosaures herbivores de grande taille au long cou et à la longue queue.


Un dinosaure de la famille des Mamenchisauridés

Les dimensions considérables de ces ossements sont remarquables : l’os de l’omoplate (ou scapula) atteint une longueur de 1,60 mètres. Les scientifiques estiment que l'animal devait atteindre 20 à 25 mètres de long.  Si ces dimensions ne le classent pas parmi les plus énormes dinosaures connus, il n’en demeure pas moins qu’il s'agit sans conteste du plus grand dinosaure jusqu'ici découvert en Asie du Sud-Est, et un des plus gros inventoriés en Asie.

Les premières observations réalisées sur le squelette indiquent que l'animal appartient à la famille des Mamenchisauridés, caractérisée notamment par l'extrême allongement du cou.

Les Mamenchisauridés sont connus principalement dans le Jurassique de Chine, leur présence en Thaïlande n'était jusqu'ici que suggérée par des restes fragmentaires.


Une faune distincte de celle des autres régions du monde

L'intérêt de cette découverte tient également aux informations qu'elle nous apporte sur les relations biogéographiques entre les dinosaures qui habitaient l'Asie du Sud-Est et ceux des régions situées plus au nord, à la limite Jurassique-Crétacé : il apparaît qu'à cette époque une faune relativement uniforme, mais distincte de celle des autres régions du monde, peuplait la mosaïque de blocs continentaux constituant l'Asie orientale, depuis le Nord-Ouest de la Chine jusqu'à la Thaïlande.

La découverte a été réalisée par des chercheurs du Laboratoire de Géologie de l'Ecole Normale Supérieure (Insu-Cnrs), du Département des Ressources Minérales de Thaïlande, et du Centre de Recherches Paléontologiques de l'Université de Mahasarakham (Thaïlande).


Content notre copain, DV8...   (http://www.icone-gif.com/gif/animaux/dinosaures/dinosaure012.gif)  
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: Manu (de Chiang Mai) le mars 28, 2010, 09:27:49 am

Merci Line... DV8 nous a déjà fait un très beau reportage en exclusivité sur cette formidable découverte (page précédente)...

 :)
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: Manu (de Chiang Mai) le mai 23, 2010, 04:52:48 pm

L'exceptionnel site préhistorique de la falaise de TAM RAI


Le site de Ban Rai non loin du village de Pang Ma Pha (Soppong). Il est situé à 900 mètres au dessus du niveau de la mer et présente la plus extraordinaire collection de cercueils préhistoriques du pays.


1/ Description:

L'amphithéâtre fermé par la falaise fait 142 mètres de long et 105 mètres de large. Ban Rai est un site unique en Thaïlande car c'est le seul endroit où on été trouvés en même temps des habitations préhistoriques, des cercueils et des peintures rupestres. C'est également là que l'on peut admirer le plus grand nombre de cercueils réunis en un seul point: en tout 15 sarcophages et 95 colonnes en plus ou moins bon état.

Le "Highland Archeological project" dirigé par le professeur Shoocondej de l'Université de Silpakorn a effectué une campagne de fouilles en 2001-2002. Plusieurs corps humains ont été retrouvés dans des tombes ainsi que des outils et des poteries.

Les recherches ont révélées que Ban Rai était fréquenté par des humains entre le Pléistocène et l'Holocène tardif (10 600 à 1200 BP). On peut distinguer trois grandes périodes:


- 10 600 - 7250 BP (Pléistocène tardif)

Durant cette période, le site était utilisé comme lieu d'habitation et de production d'outils lithiques par des groupes de chasseurs-cueilleurs nomades.
Des foyers (feux) sont ont été découverts ainsi que des outils en os, des os d'animaux sur une bande 80 cms d'épaisseur. Ces restes d'animaux incluent des chats sauvages, des cerfs, des singes et des écureuils ainsi que des tortues, des poissons, des coquillages de rivière et des escargots.
Les nombreux éclats situés dans les strates inférieures ainsi que les outils non finis, confirment que le site était également un important lieu de production d’outils. La majorité d’entre eux sont des galets aménagés provenant de la rivière coulant 600 mètres plus bas.
Un squelette humain âgé de 9720 ans (+/- 50) a également été découvert enterré en position fœtal, ce qui atteste de pratiques funéraires même si aucun objet ou ornement n’était avec lui.


- 6000 – 3000 (Holocène moyen)

Aucun objet datant de cette période n’a été trouvé sur le site, ce qui supposerait son abandon durant cette période lors de laquelle, d’après les archéologues, la région se dépeupla probablement.


- 2500 – 1200 BP (Holocène tardif)

Le site fut utilisé par des groupes humains maitrisant le métal et fabriquant des cercueils. Il n’était probablement pas habité mais uniquement utilisé pour des rites funéraires ainsi que certaines cérémonies. Des os humains, des poteries utilisant la technique de la corde, des outils et des ornements de bronze ont été découverts près des cercueils. Ces derniers ont été datés au C14 ; ils sont âgés de 2200 à 1200 BP et date donc de la période historique.


Notes :

- BP = L'expression « avant le présent », ou « Before Present » en anglais (abrégée en BP), est utilisée en archéologie pour désigner les âges exprimés en nombre d'années comptées vers le passé à partir de l'année 1950 du calendrier grégorien. Cette date a été fixée arbitrairement comme année de référence et correspond aux premiers essais de datation au carbone 14.
- Le Pléistocène a débuté il y a environ 1,8 million d'années et s'est terminé il y a 11 430 BP. Il couvre la plupart des récentes glaciations.
- L'Holocène est la dernière époque géologique s'étendant sur les 10 000 dernières années. C’est une période interglaciaire qui est marquée par le début de l'expansion rapide de l'espèce humaine et la disparition de grands mammifères. L’Homme devient un excellent chasseur.



2/ Comment s'y rendre ?

Aller au site de préhistorique de Ban Rai beaucoup de volonté. Il faut d'abord prendre un véhicule et se rendre au village de Ban Rai situé à 5 kilomètres à l'ouest de Soppong sur la route de Mae Hong Son. Il faut tourner à gauche sur la première route avant le village puis à droite en longeant la rivière. Il faut suivre ensuite la route carrossable durant env. 3 kilomètres jusqu'à un petit village où il est facile de trouver un guide local en s'adressant aux habitants.
Empruntez après cela la piste qui prolonge la route (toujours plein ouest après le village) pendant 2 kilomètres et arrêtez-vous dans un champ de manguiers ou le chemin s'arrête. De là, il faut suivre un sentier longeant la rivière durant 3,660 kilomètres (distance indiquée sur une petite pancarte). Les 600 derniers sont une terrible montée en pleine jungle (mauvais marcheur s'abstenir !). Le site préhistorique se situe le long de la falaise, tout en haut.
Et n'oubliez pas qu'après, il faudra redescendre sur ce sentier vertigineux !  :)


Photos:

1/ Le village de Ban Rai vu de la piste. Le site est encore à 5 kilomètres...

2/ C'est parti pour la marche...

3/ Le site est tout la haut. La montée de 600 mètres est violente... Un vrai mur !

4/ La rivière qu'il faut suivre avant de commencer l'ascension...

5/ et 6/ Arrivée sur le site Préhistorique: 15 cercueils, 95 colonnes...
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: Manu (de Chiang Mai) le mai 23, 2010, 05:00:39 pm

Photos du site de Ban Rai (suite):

7/ à 10/ Les cerceuils âgés de 2200 à 1200 BP...

11/ et 12/ Sur plusieurs peintures rupestres, on reconnait bien des hommes tenant leurs armes.
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: rudy le mai 23, 2010, 10:56:09 pm
 :clap :clap :clap très jolies photos ....elles envie d'y aller !!
Titre: Re : Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: Line le mai 24, 2010, 10:05:18 am

:clap :clap :clap très jolies photos ....elles envie d'y aller !!



oui, rudy, ca été un moment d'immense bonheur, en arrivant en haut de ce mur... on ne peut plus coriace...   (http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Sport_et_loisirs/mini-marche-192.gif) car j'ai souhaité bien sûr faire  partie de ce groupe de "masos..."    :huhu

Ca faisait quelques années que je n'avais plus fait un tel effort d'endurance et ca m'a fait vraiment plaisir de pouvoir encore le réaliser...

Sublime, extraordinaire, tous ces vestiges aussi anciens...     :smile
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: Manu (de Chiang Mai) le mai 24, 2010, 10:31:33 am

Oui Line, ça grimpe terriblement... Ce magnifique site préhistorique n'est hélas pas accessible à tout le monde...
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: DocTournesol le mai 24, 2010, 06:50:39 pm
Ce site a l'air vraiment intéressant et je vais programmer un passage à Soppong cet été après mon tour habituel à Chiang Mai. Bravo pour le reportage.
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: Manu (de Chiang Mai) le mai 26, 2010, 08:14:20 am

Tu peux Doc... Cette zone est exceptionnelle et totalement hors sentier touristique classique...
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: letirailleur le mai 26, 2010, 09:47:28 am
C'est quant même marrant que ces sites ne soient pas plus protégés
Titre: Re : Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: Manu (de Chiang Mai) le mai 29, 2010, 09:42:50 am

C'est quand même marrant que ces sites ne soient pas plus protégés


C'est vrai, de nombreux sites préhistoriques thaïs ne disposent d'aucune protection... Peut être (surement !) que les Thaïs se comportent de façon plus citoyenne et moins destructrice que les Occidentaux avec les vestiges de leur Histoire... Evidemment, il y a toujours les dégats du temps et du climat (pluie, érosion, etc...)

J'étais encore aux falaises de Phra Tu Pha, près de Lampang, il y a 4 jours, et et à part une barrière de bois, les peintures rupestres sont "à portée de main"... Quelques photos:

20/ Notre petite équipe photographiant les peintures rupestre de Pha tu Pha...

21/ Deux serows préhistoriques (ce mammifère existe toujours... Plusieurs spécimens peuvent être vus au Zoo de Bangkok !)

22/ Des empreintes de mains...

23/ Une femme (à gauche) et un homme portant une coiffe (à droite) se livre à une danse probablement rituelle...

24/ Un dessin étonnant représentant une scène d'incinération. Un homme mort barré d'une croix (en bas à gauche) est placé sur un tas de bois (au centre)

25/ un chien
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: Rugby15 le juin 01, 2010, 12:59:41 pm
Ca me fout toujours la chair de poule de voir des peintures qu'on fait des gars ya des milliers d'années ! belles tofs  :clap
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: Manu (de Chiang Mai) le juin 19, 2010, 09:54:50 am

Non loin de de Chiang Mai, à 3 kilomètres au sud de la ville de Lamphun, sur une terrasse de la rivière Kwang, se situe une des plus intéressantes nécropoles préhistoriques du nord de la Thaïlande...


La nécropole de Ban Wang Hi


En Asie du Sud-Est, le passage à l’Histoire et la mise en place d’une société proto-urbaine datent des premiers siècles de notre ère. Ils correspondent à une accentuation des contacts avec la Chine et surtout avec l’Inde dont les apports vont être particulièrement sensibles dans le domaine religieux et dans l’organisation de la société.

La nécropole de Ban Wang Hi montre que le Nord de la Thaïlande participe lui aussi à cette mutation.

Découverte fortuitement en 1986, cette nécropole a été fouillé en 1996 par la mission archéologique française et la division archéologique du "Fine Arts Department" dans le cadre du "Tahi French Préhistorical Research Project"...

Onze sépultures, parmi lesquelles celle d'un très jeune enfant, ont été découvertes sur le site. Cette série de sépultures forme un ensemble d'apparence homogène: mobilier funéraire comparable, profondeur d'enfouissement des corps et orientation des tombes similaires. Ces dernières sont disposées est-sud-est/ouest-nord-ouest, tête à l'est, mais aucun fait archéologique ou culturel ne peut pour l'instant expliquer cette constante.

Quelques indices nous renseignent sur le mode d'inhumation. Les corps ont été déposés au fond de fosses profondes (environ 1,60 m). Ils semblent avoir été protégés par une sorte de linceul, à la fois souple et flexible, façonné avec un matériau périssable (natte végétale, peau, etc.).

Adultes et enfants sont étendus sur le dos, les membres supérieurs et inférieurs allongés. Le mauvais état de conservation des ossements ne permet guère d'apporter de précisions sur les classes d'âge et les sexes des inhumés hormis un enfant d'environ un an.

La légère coloration brun-orangé que l'on retrouve imprégnée dans l'émail de la plupart des dents des sépultures pourrait être produite par la consommation de bétel (déjà à l'époque !).

De nombreux objets, fusïole en céramique, bracelet en bronze, poteries, outils et lames de couteau en fer avaient été placé auprès des corps, contre la tête ou les jambes, traduisant peut être la relation particulière entre ces objets et leurs possesseurs.


D'autres sites funéraires

Dans la péninsule indochinoise, la fin des âges des métaux reste surtout connue à travers des sites funéraires. Plusieurs de ces nécropoles ont été utilisées dès le début du premier millénaire avant JC mais parfois bien avant ; leur occupation s’achève souvent vers le milieu du premier millénaire de notre ère.

Au Viet-Nam, ce sont les sites des cultures de Dong Son au nord et de Sa Huynh au sud. Les phases tardives de Sam Rong Sen, au Cambodge, semblent contemporaines.

En Thaïlande, la fin des temps protohistoriques est bien connue dans le Nord-Est (Ban Chiang dans sa période tardive comme certains niveaux des gisements de Ban Na Di, Non Chai, Non Dua ou Ban Chiang Hian) et dans la vaste plaine centrale de la Chao Praya (Ban Don Ta Phet).

Dans la majorité de ces gisements, on retrouve des outils et des armes en fer, de la céramique dont le décor fait appel simultanément aux techniques de l’incision, de la peinture ou de l’impression, et des parures faites le plus souvent de pierre (cornaline, agate), de verre (boucles d’oreille, perles oranges et bleues) de coquilles (bracelets) et de bronze (anneaux de bras et de pieds souvent disposés en brassards). Les rares sites d’habitat fouillés ont révélé les restes de maisons sur pilotis.


Photos:

1/ Fouilles de Ban Wang Hi

2/ Début de fouille in situ du squelette de bébé trouvé à Ban Wang Hi

3/ Deux vases empilés l'un sur l'autre avaient été déposés au dessus du corps du bébé, au niveau de la tête, avant le comblement de la fosse. Un pot globulaire à fond plat était surmonté d'une coupelle au fond arrondi.

4/ Deux récipients munis de trois groupes de perforations disposées en triangle. Un système de liens, manifestement encore en place au moment du dépôt, reliait les deux poteries.
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: DocTournesol le juillet 03, 2010, 06:08:09 pm
Petite question Manu, La nécropole de Ban Wang Hi est-elle accessible au public ?
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: Manu (de Chiang Mai) le juillet 04, 2010, 09:17:45 am

Oui, mais il n'y a plus rien à y voir, les fouilles étant finies depuis longtemps... Les vestiges trouvés ont été déplacés dans les musées, en particulier dans celui de Lamphun...
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: Manu (de Chiang Mai) le septembre 07, 2010, 12:53:04 pm

J'en ai déjà parlé dans la rubrique "Livres" mais je trouve intéressant de remettre ce livre concernant la Préhistoire thaïlandaise dans son contexte...


Parution du livre

Préhistoires au Sud du Triangle d’Or


Aux IRD Editions

Auteurs : Valery Zeitoun (CNRS), Hubert Forestier (IRD), Supaporn Nakbunlung (Université de Chiang Mai)

Avec l'aide de : Laurence Billault (Infographie, mise en page et maquette, IRD)

Avec le soutien de : IRD Editions, MAE et Colas Thaïlande.

Préface de S.E.M. Laurent Aublin, Ambassadeur de France en Thaïlande de 2003 à 2007

Le livre : l’ouvrage intitulé "Préhistoires au sud du Triangle d’or", après trois chapitres généraux qui posent quel est l’état des connaissances en anthropologie, en préhistoire et en environnement pour l’Asie du sud-est, relate l’itinéraire archéologique d’une équipe scientifique franco-thaïe. Sont ainsi racontés les aléas et les succès d’une recherche de terrain avec des explorations parfois intéressantes du point de vue de la géologie ou de l’histoire du bouddhisme mais également des découvertes préhistoriques importantes. Ainsi, dans le « Wildlfe Sanctuary » du massif du Doi Chiang Dao, il a été démontré que les changements climatiques des quarante derniers milliers d’années ont pu s’enregistrer en milieu tropical contrairement à ce qu’on pensait jusqu’à présent. Du point de vue de l’évolution des techniques, le matériel archéologique dévouvert sur les sites du « Wildlife Sanctuary » de la rivière Salawin a permis de donner une nouvelle définition au Hoabinhien vue sous un angle techno-morpho-fonctionel. Le Hoabinhien était jusqu’à présent considéré comme uniquement une période chronologique correspondant aux derniers chasseurs-cueilleurs du Quaternaire ; ou un faciès culturel à outils sur galets taillés sur une seule face (uniface). Désormais, il apparaît comme un faciès complexe qui présente une plus grande diversité d'outils que l’on retrouve du sud de la Chine jusque sur l’île de Sumatra.

Conclusion provisoire d’une recherche menée pendant quatre ans sur le terrain nord thaïlandais, « Préhistoires au sud du Triangle d’or » est la première étape-bilan d’une recherche archéologique franco-thaïe. Cette collaboration fructueuse est appelée à l’avenir à se développer par plusieurs chantiers de fouille.
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: Manu (de Chiang Mai) le novembre 20, 2010, 02:11:42 pm

Un autre superbe ouvrage qui vient de sortir (en anglais)


Early Cultures of Mainland Southeast Asia


- Auteur: Charles Higham

- Edition: River Books

- Format: 25,3 x 18,3 cms (376 pages)

- Descriptif et avis: un superbe ouvrage où sont répertoriés tous les principaux sites de la Préhistoire humaine en Asie du sud-est (Thaïlande, Laos, Cambodge, Vietnam)... Une classification très intéressante par période (Paléolithique, Néolithique, Age du bronze, Age du fer)... De nombreuses photos et très belles cartes.

- Points de vente: on le trouve en Thaïlande dans toutes les grandes librairies.
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: Rugby15 le novembre 21, 2010, 01:44:46 pm

intéressant manu !
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: Bip Bip le novembre 22, 2010, 05:08:56 pm
Il y aurait pas une version française ?
Titre: Re : Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: Manu (de Chiang Mai) le novembre 23, 2010, 06:29:28 pm

Il y aurait pas une version française ?


Non hélas Bip, il existe seulement une version en anglais...
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: Manu (de Chiang Mai) le novembre 26, 2010, 09:00:12 am

Un fossile de crocodile vieux de 100 millions d'années


Le fossile, d'une longueur de 15 centimètres, avait été retrouvé dans la province de Kakhon Rathchasima, aussi appelée Korat. Son origine exacte n'avait toutefois pas encore été identifiée.

Selon un scientifique de l'Université Mahasarakham, cette espèce se nourrissait probablement de poisson et possédait des pattes plus longues que des descendants modernes.

« Il vivait sur terre et pouvait courir très vite », a souligné Komsorn Lauprasert à l'Associated Press. C'est lui qui a remarqué le crâne fossilisé du spécimen dans un musée en 2006.

On lui a donné le nom de Khoratosuchus jintasakuli, en l'honneur de sa province d'origine et du directeur de l'Institut de recherche du nord-est du bois pétrifié et des ressources minérales, Pratueng Jintasakul.


http://www.radio-canada.ca/
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: Manu (de Chiang Mai) le mai 23, 2011, 10:34:52 pm

Les missions archéologiques françaises en Thaïlande.

Le« Thai-French Prehistoric Research Project ».


Mis en place en 1984 par Marielle Santoni, le « Thai-French PrehistoricResearch Project » a travaillé en collaboration avec le Département des Beaux-Arts de Thaïlande jusqu’en 2001.

Après une phase de prospections principalement conduites dans le nordde la Thaïlande (provinces de Nan, Chiang Mai, Uttaradit) avec notamment les premières publications concernant les ateliers de taille néolithiques de Phu Zhang (vallée de la Nan),c’est ensuite le site d’Obluang (province de Chiang Mai), fouillé de 1985 à 1988, qui a fourni une chronologie de lafin du Paléolithique à l’Âge du Bronze.

Trois phases culturelles sont représentées. La paroi de l’abri sous roche de Pha Chang porte des traces ocrées (recouvertes de peintures blanches plus récentes) contemporaines du niveau le plus profond (28000 BP) dans lequel fut retrouvé un bâton d’hématite utilisé.
L’occupation, de faible étendue et assez perturbée, appartient à ces cultures de chasseurs-cueilleurs dites « hoabinhiennes », caractérisées par l’utilisation d’un outillage sur galet aménagé sur une seule face(quartzite en majorité).

La faune est très mal préservée, très fragmentée et très concrétionnée,similaire (cervidés, bovidés, suidés, canidés, tortues, poissons, oiseaux) à celle du site d’Obluang-Village, défini comme « néolithique » par la présence de céramiques et d’outils de pierre polie.

Les haches-herminettes polies sans tenon, sub-triangulaires ou à bords parallèles, n’étaient pas produites sur place et ont été réavivées de nombreuses fois. Les sources d’approvisionnement n’ont pu être identifiées. Quelques polissoirs et pesons complètent l’assemblage.

L’outillage sur galet, héritier dégénéré de celui de Pha Chang, est très rudimentaire, souvent façonné sur des roches friables ou peu adaptées à la taille.
L’outillage osseux consiste en quelques pointes, spatules, gouges et un hameçon.

Les éléments de parure sont rares, quelques perles et des fragments de bracelets en terre cuite ou en ivoire.
La céramique, assez grossière, est faite sur place. Le décor est cordé, l’épaule parfois lissée et incisée. Les formes, à fond rond, consistent en jarres globulaires à col, coupes ou bols, avec ou sans carène,parfois sur pied.

L’Âge des métaux est représenté par une sépulture isolée avec mobilier funéraire (coupes à pied, bol à haut col éversé, décor cordé et incisé) et parures de bracelets de conque marine (l’un était réparé) et de bracelets de bronze (fines bandes et fins anneaux).

En 1989 et 1990, les prospections se sont attachées à fournir un carte d’occupation de la région environnante à la préhistoire.
de nombreux sites hoabinhiens ont pu être repérés dont le plus intéressant est Ban Sarapi (au sud,sur le cours de la rivière Ping) caractérisé par des outils unifaciaux de très grande taille (23 cm).
A partir de 1997, c’est la fouille des cimetières de l’Âge du fer de BanYang Thong Tai et Ban Wan Hai (Jean-Pierre Pautreau) qui a constitué l’essentiel de l’activité de la mission. Ces ensembles funéraires comprennent des sépultures par inhumation, des traces d’incinération et divers dépôts.

A Ban Wang Hai, la fin de l’occupation est datée par le Carbone 14 entre 429 et 657 ap. J.-C. Les tombes sont celles d’adultes, d’adolescents, de jeunes enfants et de nouveau-nés. Plusieurs de ces sépultures sont accompagnées de parures (colliers de perles en verre, pierre- agate, cornaline- et coquillage, anneaux d’oreille en verre,bracelets en bronze), d’instruments en fer (outils et armes), ou encore de vases en céramique déposés en offrandes.

L’absence de mobilier pour plusieurs corps s’oppose à la richesse de quelques inhumations.

Auprès du corps d’un homme jeune étaient déposés une dizaine d’outils et armes en fer (épée, lances à douille, hache, pointe d’épieu, etc.). Il portait un collier de perles en verre bleue et en fines rondelles de coquillage et deux grands anneaux d’oreilles en verre.

Les sépultures de nouveau-nés se signalent fréquemment par la présence de vases d’un type particulier. Les données funéraires ont montré des pratiques similaires concernant les inhumations des enfants depuis l’est de la Birmanie jusqu’au Vietnam.
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: Manu (de Chiang Mai) le mai 23, 2011, 10:36:48 pm

La Mission paléolithique franco-thaï.

Valéry Zeitoun a conçu en 2001 cette mission comme le développement du volet de recherche de la Mission archéologique française en Thaïlande concernant les périodes les plus anciennes.

L’exploration des grottes et les prospections menées entre la rivière Salawin et le Mékong dans le nord de la Thaïlande ont conduit àl’identification d’une douzaine de sites préhistoriques inédits dont les âges s’échelonnent de 3000 ans BP à 53 000 ans.

Les sites de plein air et en grotte de Huai Hin, Sop Ngae, Tham Nam Bor Suksit et Ban Fa Suai ont permis de définir le Hoabinhien comme un véritable techno-complexe et non plus seulement comme un faciès chronologique. Plusieurs grottes funéraires avec des « long boat coffin » ont été mises au jour.

Une deuxième phase de travaux a consisté à fouiller l’abri sous roche de Ban Fa Suai II (région du Doi Chiang Dao). L’objectif était d’établir une séquence chronostratigraphique complète de l’activité humaine. Ce type de séquence reste difficile à constituer en Asie du Sud-Est continentale alors que c’est l’outil de base de tout discours archéologique quant au peuplement et à l’évolution des cultures matérielles.

C’est désormais davantage vers le Mékong que s’orientent les travaux de la mission avec la fouille du site de plein air de Sao Din(province de Nan). Ce site paléolithique est propice à la compréhension des activités humaines pour la période de transition entre le milieu et la fin du Pléistocène (de part et d’autre de 40 000ans).

Dans le but d’ide ntifier les modalités de peuplement en Asie du Sud-Est à l’Holocène (de puis 10 000 ans) au travers des questions de territoire, d’identité et de cultures régionales, un programme soutenu par l’ANR (sédentarité autour du Mékong) fédère géographes, historiens,ethnologues et préhistoriens de plusieurs institutions (IRD, CNRS etEFEO). Son volet archéologique vise à documenter les phases d’appropriation et de déforestations des berges du Mékong.

Un volet d’expertise développé par Valéry Zeitoun est consacré àl’étude paléo-anthropobiologique des hommes fossiles régionaux (Homo erectus, Homo sapiens archaïques). C’est ainsi des études ont pu être menées sur l’Homme de Flores (Homo floresiensis) en 2006, encollaboration avec le Pusat Penilitian Nasional de Jakarta (Indonésie).
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: Manu (de Chiang Mai) le novembre 21, 2011, 09:27:42 am

Je suis tombé récemment sur un numéro très intéressant des Dossiers de l'Archéologie... Il concerne essentiellement la Préhistoire humaine en Asie du sud-est et en Thaïlande...

Ce numéro peut être acheté en ligne sur ce site:

http://www.dossiers-archeologie.com/numero-302/prehistoire-asie-sud-est/sepultures-protohistoriques-thailande-nord.16125.php#article_16125


Description du numéro Dossiers d'Archéologie n° 302

Depuis une vingtaine d'années, l'Asie du Sud-Est a vu se multiplier les travaux archéologiques de terrain. L'intérêt manifesté par les chercheurs vient en grande partie de la situation de la région, diverse et complexe à plusieurs échelles dès les temps anciens, carrefour entre les mondes chinois, indien et l'Insulinde, le continent et les îles. La fin des conflits régionaux explique aussi, en partie, les nombreuses fouilles menées souvent en coopération avec des équipes étrangères. La part prise par les chercheurs français, du C.N.R.S., de l'I.R.D. ou de l'E.F.E.O., avec le plus souvent le concours du Ministère des Affaires Étrangères, en collaboration avec les archéologues locaux, est loin d'être négligeable. Grâce, entre autres, à ces travaux, il est désormais possible de proposer un tableau cohérent des époques Pré- et Protohistoriques. Bien fourni et très varié ce dossier demeure un reflet partiel de la diversité archéologique sud-est asiatique. Encore mystérieuse et complexe l'Asie du Sud-Est dévoile peu à peu le secret des origines des hommes et des civilisations grâce aux efforts conjoints des membres des institutions scientifiques françaises qui travaillent en étroite collaboration avec leurs collègues locaux.


Sommaire

- Coup de bambou sur la paléoanthropologie en Asie du Sud-Est
- Présentation
- Les hommes fossiles en Asie du Sud-Est
- Ban Fa Suai
- Données récentes sur l'industrie lithique ancienne
- L'abri-sous-roche de Pha Mai
- Les ateliers de taille de Nan
- Sumatra, anthropologie, espace et temps
- Gens des karsts au Néolithique à Sumatra
- La fin des temps préhistoriques en Birmanie centrale
- Vallée de la Samon


Les sépultures protohistoriques de Thaïlande du Nord

La recherche préhistorique en Thaïlande a montré durant les 3 dernières décennies une vitalité extraordinaire. Au-delà de quelques découvertes trop hâtivement médiatisées, le phénomène apparaît particulièrement sensible pour le Néolithique et les âges des métaux. Le souci manifesté par les autorités thaïlandaises pour la conservation de leur patrimoine et le fait que le pays soit resté à l'écart des troubles connus par plusieurs de ses voisins expliquent en partie la multiplicité des travaux de terrain, menés souvent en coopération avec des équipes étrangères. Mais l'intérêt pour la Préhistoire thaïlandaise vient aussi, bien sûr, de sa situation, privilégiée dès les temps anciens, de carrefour entre les mondes chinois, indien et l'Insulinde.

Auteur : Pautreau (J.-P.) - Doy-Asa (T.) - Mornais (P.)

Magazine : Dossiers d'Archéologie n° 302 Page : 60-66
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: Line le novembre 22, 2011, 01:22:41 pm


très intéressant, Manu, je l'achèterai...  :D
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: Manu (de Chiang Mai) le novembre 30, 2011, 07:39:31 pm

En fait, il faut le commander...
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: Manu (de Chiang Mai) le février 14, 2012, 09:31:20 am

Le village antique de Ban Prasat

Il y a environ 3000 ans (on est déjà dans l’Histoire) s’est développée une importante culture humaine sur les berges de la rivière Mae Nam Than Prasat (région de Phimai). Durant près de 5 siècles, une communauté humaine cultiva le riz, domestiqua des animaux, façonna des poteries colorées, tissa des vêtements et plus tard forgea des outils de bronze dont de nombreux vestiges nous sont parvenus.

Une campagne de fouilles débuta en 1980 (elle s’acheva en 1991) et plusieurs fosses mortuaires contenant des corps d’adultes et d’enfants accompagnés de nombreux objets furent découvertes.

La visite de ce site est assez exceptionnel car le village de Ban Prasat, situé quelques kilomètres avant la ville de Phimai, n’est pas sur le circuit des agences de voyages (d’ailleurs peu nombreuses dans cette région !). Etant venu en voiture, je me suis ainsi retrouvé seul dans le village. Je conseille de commencer la visite par le petit musée très bien agencé, puis vous pouvez rejoindre à pied les 3 fosses qui sont très bien indiquées par de petites pancartes. A noter qu’en chemin, il est facile d’engager la conversation avec les villageois très sympathiques et de prendre des photos des nombreuses maisons traditionnelles en bois. Chose intéressante, de nombreuses thaïes se sont spécialisées dans la confection de nattes de sols et leurs métiers sont installés entre les pilotis des bâtisses.

Nombre de villageois de Ban Prasat participent au Programme Culturel d’Hébergement chez l’habitant, qui leur permet d’accueillir des visiteurs. Vous pouvez donc loger dans toutes les maisons où figure un petit panneau bleu du PCHH. Comptez 400 bahts/personne pour la nui en demi-pension.


Photos :

1/ L'entrée du village de Ban Prasat et le musée.

2/ Le village moderne est constitué de nombreuses maisons thaïe en bois.

3/ Les villageoises sont spécialisées dans la fabrication de nattes de sol.

4/ Le village antique de Ban Prasat.

5/ Villageois de Ban Prasat il y a 3000 ans.

6/ La Fosse mortuaire numéro 1
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: Manu (de Chiang Mai) le février 14, 2012, 09:32:10 am

Photos Ban Prasat (suite):

7/ 8/ et 9/ Fosse numéro 1

10/ 11/ et 12/ Fosse numéro 3
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: Rugby15 le février 15, 2012, 08:40:24 am

cool mon poto ton reportage  :clap J'attends que tu nous fasses ptit topo sur l'issan du Sud vu que tu traines tes guêtres dans le coin en ce moment
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: DV8 le avril 26, 2012, 09:50:32 am
Salut les gens, très bon reportage sur Ban Prasat, bravo  :clap.

De mon cote, petit passage rapide pour vous signaler la naissance d'un blog francophone qui va parler paléontologie :

Le Dinoblog (http://www.dinosauria.org/blog/)

Toutes les plumes qui s'exprimeront sur son blog sont membres de la mission paléontologique franco-thai donc attendez vous a entendre parler d'Asie et de Thaïlande.

D'ailleurs ca commence avec le Laos et un nouveau dino, Ichthyovenator laonensis :
(http://www.dinosauria.org/blog/wp-content/uploads/2012/04/ichthyovenator.jpg) (http://www.dinosauria.org/blog/2012/04/24/le-spinosaure-quon-croyait-quil-nexistait-pas-mais-qui-nexiste/)

Certains apprécieront j’espère.
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: Line le avril 26, 2012, 02:33:38 pm


Bonjour DV8 et ravie de te revoir    


super ce dino. et quand il sera prêt, nous donne l'adresse de ce blog qui promet d'être très intéressant et même si je ne suis pas experte en la matière, je me ferais un plaisir de le consulter...   :)
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: letirailleur le avril 26, 2012, 04:37:46 pm
Aaaahhhh ces blondes.... Line tu cliques sur "Le Dinoblog" et tu tombes dessus   :huhu :huhu
Titre: Re : Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: Line le avril 26, 2012, 07:12:15 pm

Aaaahhhh ces blondes.... Line tu cliques sur "Le Dinoblog" et tu tombes dessus   :huhu :huhu


ah bon !!! alors là, je reconnais que je n'ai pas été très douée....    :huhu   mais je pensais que c'était simplement le nom du blog et que la suite viendrait ensuite... Toutefois, en réfléchissant bien, je me demande si "une brune" aurait compris du premier coup qu'il fallait cliquer sur ce nom pour accéder au blog...   :)


D'ores et déjà, bravo pour ce blog    :clap   je vais le lire ce soir...  
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: DV8 le avril 27, 2012, 09:00:57 am
Vous pouvez même cliquer sur le dinosaure, il ne mord pas (en vrai il ne mangeait quasi-exclusivement que du (très gros) poisson).
 :huhu
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: Manu (de Chiang Mai) le avril 27, 2012, 09:41:48 am

Très sympa ce dinoblog... Longue vie à lui...  :clap
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: Line le mai 05, 2012, 09:23:16 pm
http://asie-info.fr/2012/05/05/asie-dix-sites-archeologiques-en-peril-selon-lunesco-53338.html



Asie : dix sites archéologiques en péril selon l’Unesco


Des trésors patrimoniaux en Thaïlande, au Cambodge, aux Philippines, en Birmanie et au Laos sont menacés de destruction.

Un rapport du Fonds du patrimoine mondial (FPM) de l’Unesco, rendu public début mai, alerte sur les dangers encourus par dix sites archéologiques exceptionnels en Asie.

Pillage, absence d’entretien, désastres naturels, développement non maitrisé du tourisme de masse,  pression des investisseurs, conflits armés… le Fonds recense une série de menaces qui pèsent sur ces trésors architecturaux.

L’Asie du sud-est est malheureusement très présente : Ayutthaya en Thaïlande, Fort Santiago aux Philippines, Myauk-U en Birmanie, la Plaine des Jarres au Laos, Preah Vihear au Cambodge se retrouvent ainsi sur cette liste de sites en danger.

L’Unesco demande aux gouvernements concernés de ne pas dilapider ce patrimoine.

 L’Organisation rappelle dans son rapport que les revenus générés dans le monde par les sites archéologiques exceptionnels sont passés de 6 à 19 milliards d’€ pendant les dix dernières années.

En 2025, les recettes devraient avoisiner les 76 milliards d’€.

Le FPM inclut dans son étude trois sites dont la conservation fait figure d’exemple. Deux d’entre eux sont situés en Asie du sud-est : le temple angkorien de Bantheay Chhmar au Cambodge et le Wat Phu au Laos. Une manière de rappeler qu’en matière de préservation du patrimoine, tout est une question de volonté politique...
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: DocTournesol le mai 22, 2012, 08:46:12 pm
Manu, je n'avais pas lu ton dernier reportage sur le village de Ban Prast. Très intéressant, Merci.  :clap
Titre: Re : Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: Manu (de Chiang Mai) le mai 26, 2012, 04:40:59 pm

Manu, je n'avais pas lu ton dernier reportage sur le village de Ban Prast. Très intéressant, Merci.  :clap


Effectivement, Doc, ce village vaut vraiment le détour !
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: Manu (de Chiang Mai) le juillet 01, 2012, 09:58:23 am

Le Parc historique de Sri Thep


Le Parc historique de Sri Thep est un parc qui inclut la ville historique de Sri Thep (ou Si Thep) située dans la province de Phetchabun, dans le bassin de la Pa Sak, à 240 kilomètres au nord de Bangkok en Thaïlande.


La ville historique de Sri Thep

La ville historique de Sri Thep était constituée de deux parties jointes couvrant environ 4,7 km². La partie la plus interne de la ville (Muang Nai), qui couvre 2,08 km², était entourée de murs et de douves, disposés en cercles presque concentriques, donnant à la ville un diamètre d'à peu près 1,5 km. La partie intérieure de la ville est parsemée de 70 étangs. Cette partie inclut 3 monuments importants (le Prang Sithep, le Prang Song Phi Nong et le Khao Khlang Nai), et environ 45 sites archéologiques, tous restaurés par le Fine Arts Department de Thaïlande. La partie externe de la ville (Muang Nok) est en rectangle avec des coins arrondis, couvre 2,54 km², est entourée de murs et douves et comporte des monuments en ruines, suite aux pillages et réutilisations successives des matériaux. Cette partie comporte 7 entrées, 54 sites archéologiques mineurs et 30 étangs.

En dehors de la ville historique, on trouve environ 50 sites archéologiques, les plus importants étant le Khao Khlang Nok et le Prang Reussi (ou Ruesi, selon la translittération adoptée), tous deux situés au nord de la ville, et la grotte de Khao Thamorat, à l'ouest de la ville.

La ville historique de Sri Thep était abandonnée à la végétation. Selon un moine, les villageois l'appelait Muang Apai Sali. En 1904, on nota le nom de Sri Thep dans un compte-rendu de la visite de la province de Phetchabun par le Prince Damrong. Il rechercha ce nom et le trouva dans les archives d'Ayutthaya et Rattanakosin.


La Préhistoire à Sri Thep

En 1988, le Département des Beaux Arts de Thaïlande pratiqua une fouille dans une petite colline située à 400 mètres au nord-ouest du Prang Si Thep, à l’intérieur de l’enceinte de la ville de Si Thep. À un mètre de profondeur, on découvrit le squelette d’un éléphant, à la même profondeur que la base d’un monument situé sur cette colline.

On découvrit également, à une profondeur de trois mètres, cinq squelettes humains, le squelette le plus complet étant celui d’une femme allongée, la tête vers le nord ; à proximité, des ornements, des armes de métal et de la vaisselle. Deux squelettes sont incomplets, les autres ossements sont dans des jarres situées légèrement au-dessus du premier squelette. Ces squelettes sont les témoins de rituels mortuaires préhistoriques, antérieurs à l’adoption du bouddhisme, il y a environ 2000 ans.
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: Line le juillet 03, 2012, 12:38:20 pm

J'avais zappé ce post très intéressant... Encore une jolie visite à programmer un jour prochain...  :)
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: Rugby15 le juillet 04, 2012, 12:11:11 pm
C'est dingue le nombre de sites préhistoriques qu'il y a dans ce pays.  :clap
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: Bip Bip le juillet 04, 2012, 06:59:48 pm

merci manu de ton intéressant article je ne connais pas   :clap
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: Manu (de Chiang Mai) le juillet 05, 2012, 08:41:31 am

Le plus étonnant, c'est que la majorité des touristes n'a absolument pas conscience des merveilles que compte la Thaïlande quant aux sites proto-historiques et préhistoriques (peintures rupestres, villages, zones de sépultures, fossiles, dinosaures, etc.)... Les guides de voyages n'en parlent presque jamais...

Dommage...
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: Line le septembre 05, 2012, 10:06:40 pm
http://asie-info.fr/2012/08/22/le-plus-vieux-squelette-dasie-du-sud-est-decouvert-au-laos-58402.html


Le plus vieux squelette d’Asie du Sud-Est découvert au Laos


Des fragments d’un crâne trouvés dans une grotte du Laos apportent la preuve la plus ancienne de la présence humaine dans la région. Ils dateraient d’il y a au moins 46.000 ans.

A ce jour, des données génétiques et archéologiques indiquent une migration rapide de l’homme moderne en dehors de l’Afrique vers l’Asie du Sud-Ouest il y a environ 90.000 ans et vers l’Asie du Sud-Est il y a au moins 60.000 ans. Mais les preuves fossiles manquaient.

En réussissant à dater le squelette, découvert en 2009 dans la grotte Tam Pa Ling (Grotte des singes) de la province de Hua Pan dans le nord du Laos, dans la chaine de montagnes Annamite, une équipe scientifique américaine repousse les limites de l’histoire des migrations humaines dans la région.

Ces restes humains seraient en effet âgés de 46.000 à 63.000 ans (en fonction des techniques de datation). La conclusion de ces paléontologues a été publiée le 21 août dans Proceedings, la revue de la National Academy of Science.

Cette découverte pourrait remettre en cause la théorie selon laquelle le peuplement en Asie, jusqu’en Australie, s’est fait en suivant exclusivement le littoral.

«La pensée la plus répandue est qu’une fois que les hommes modernes se sont regroupés le long des côtes allant d’Inde à l’Asie du Sud-Est, ils ont avancé vers le sud, vers l’Indonésie et l’Australasie [la région comprenant l’Australie, la Nouvelle-Zélande et les îles proches du Pacifique]», a expliqué Laura Shackelford, paléontologue de l’université de l’Illinois au site LiveScience.

«Nous pensons qu’ils ont effectivement suivi cette route mais nous suggérons aussi que d’autres populations se sont probablement rendues vers le nord et le nord-est en direction de la Chine et que d’autres encore ont franchi les montagnes d’Asie du Sud-Est continentale en s’aidant des rivières. Avant cela, personne ne pensait qu’ils seraient allés dans les montagnes du Laos, du Vietnam et de Thaïlande.»
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: Manu de Chiang Mai le septembre 06, 2012, 08:51:38 am

Cette découverte est vraiment exceptionnelle... Il existe en effet une véritable inconnue quant au peuplement de l'Asie du sud-est et tout particulièrement de la zone Thaïlande-Laos-péninsule malaise.

Nous avons d'un coté (à l'Ouest) des Homo ergaster ou des Homo erectus qui quittent l'Afrique vers  1,9 à 1,8 million d'années et se répandent en Europe puis en Asie, et de l'autre coté à l'est, un Homo erectus pekinensis (Homme de Pékin) vieux de 250 000 à 400 000 ans. Et entre les deux, presque rien hormis quelques restes humains sur les voies de migration qui passent par le Nord de cette partie du Globe (Sibérie).

Néanmoins, des outils lithiques très anciens ont été retrouvés en Asie du sud-est et en Thaïlande (Phrae, Lamang). Ils sont âgés de 1 million à 600 000 ans.

La question reste entière...
Titre: Re: La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: DocTournesol le septembre 06, 2012, 08:48:27 pm
Vraiment incroyable, cette découverte. J'essaye parfois d'imaginer tout ce que nous ne connaissons pas sur cette planète.
Titre: Re: La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: banedon le septembre 06, 2012, 09:03:36 pm
Il reste certainement encore des traces de notre histoire et préhistoire à découvrir.
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: Manu de Chiang Mai le octobre 04, 2012, 09:31:11 am

Des nouvelles de la falaise de Tam Rai

Petite info sur la falaise de Tam Rai qui abrite 38 sarcophages protohistoriques et dont nous avons déjà parlé dans cette rubrique.

Le chemin que nous empruntions il y a deux ans n'existe plus. Lors de notre dernier passage, il y a quelques jours, il nous a fallu franchir une rivière sans guet puis progresser au coupe-coupe dans la jungle pour escalader les 900 mètres jusqu'au surplomb. Marche très dure, voir impossible pour les personnes qui n'ont pas une pratique sportive régulière !

Pour vous aider, je vous recommande de louer les services d'un ou deux Thaï Yai du village de Ban Rai situé en bas.

Le reportage photo de notre petite expédition, ici:

http://www.forumthailandeinfo.com/index.php?topic=1205.msg23749#msg23749
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: Manu de Chiang Mai le juin 18, 2013, 08:17:18 am

Une petite brève hors sujet...


Un nouveau dinosaure à Madagascar

Derrière le nom exotique Dahalokely tokana, qui signifie «petit bandit solitaire» en malgache, se cache une des découvertes scientifiques les plus importantes de ces dernières années : un dinosaure.

Cette nouvelle espèce, la première depuis dix ans, a été mise au jour sur l’île de Madagascar, à partir de restes fossiles trouvés en 2007 et 2010.

Ces sept vertèbres (une cervicale et six dorsales) ainsi que quelques morceaux de côtes ont permis de l’identifier et de dresser son portrait-robot.

Dinosaure bipède, ou théropode, Dahalokely tokana appartiendrait au groupe des abélisauridés et serait carnivore.

Pas plus grand qu’un homme, il mesurerait en revanche près de 3,5 mètres de long.

Selon les scientifiques du musée de paléontologie de Claremont (Californie) qui l’ont découvert, il aurait vécu il y a 90 millions d’années, sur le continent formé à l’époque par l’Inde et Madagascar.

C’est d’ailleurs la seule espèce connue à y avoir été à cette ère. Reste maintenant à savoir si le «petit bandit solitaire» a eu des descendants.


http://www.directmatin.fr/monde/2013-04-22/un-nouveau-dinosaure-madagascar-445955
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: banedon le octobre 19, 2013, 08:47:31 am
HORS SUJET


Un crâne de 1,8 million d'années révolutionne la théorie de l'évolution

Dans l'arbre représentant la grande famille des hominidés, chacun est bien installé sur sa branche : d'un côté, les orangs-outans. De l'autre, les gorilles. Et, au milieu, les chimpanzés (avec leurs cousins les bonobos) ainsi que les hommes et leurs ancêtres, regroupés sous le genre Homo.

C'est sur cette branche des Homo, et notamment sur ses ramifications, que les scientifiques s'écharpent régulièrement. A-t-il existé plusieurs types d'hommes ? Ont-ils coexisté ? Pouvaient-ils se reproduire entre eux et, surtout, duquel descendons-nous ? Autant de questions dont la réponse fluctue en fonction de la découverte de nouveaux squelettes.


Tous les “Homo” dans le même sac

Et le débat vient d'être relancé par l'étude d'un crâne fossile vieux de 1,8 million d'années découvert dans un état de préservation exceptionnel, au milieu des restes de quatre autres individus sur le site géorgien de Dmanisi. Ne ressemblant à aucun autre, ce crâne laisse en effet penser que les différentes lignées d'Homo identifiées à ce jour (Homo erectus, Homo rudolfensis, Homo habilis et l'Homo ergaster) n'en formeraient finalement qu'une seule, ne différant que par quelques critères physiques.

Cette étude, dont les résultats ont été publiés dans la revue Science, met ainsi dans le même sac les nombreux “Homo quelque chose”, simplifiant d'un seul coup notre généalogie. Selon Cristoph Zollikofer de l'institut d'anthropologie de Zürich, un des coauteurs de ces travaux, l'homme de Dmanisi et ses congénères auraient en effet peuplé à eux seuls l'Afrique et l'Eurasie il y a deux millions d'années. Une conclusion née de l'observation de caractéristiques jusqu'à présent inédites sur le même fossile : une petite boîte crânienne, une longue face, de grandes dents et des arcades sourcilières proéminentes.


Une seule espèce aurait peuplé l'Afrique et l'Asie

Ces ossements ont d'abord été comparés entre eux puis à ceux de divers autres fossiles d'hominidés trouvés en Afrique, en Europe ou en Asie et datant de 2,4 à 1,2 million d'années avant Jésus-Christ. Au vu de la faible gamme de variations entre les uns et les autres, “il est raisonnable de penser qu'il n'y avait qu'une seule espèce à ces périodes en Afrique, la même que celle de Dmanisi” s'enthousiasme M. Zollikofer.


Métronews.
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: Line le octobre 19, 2013, 07:02:26 pm

 très instructif  et passionnant ces articles...   :)
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: Manu de Chiang Mai le juillet 09, 2014, 07:30:17 am

Cela ne concerne pas la Préhistoire thaïlandaise, mais je me devais de parler de cette découverte exceptionnelle... Le plus grand oiseau de tous les temps...


Des os fossilisés du Pelagornis Sandersi plus grand oiseau de l'histoire retrouvés

Ces ossements ont été retrouvés en 1983 mais ce n'est qu'en 2013 que des chercheurs de Caroline du Sud s'y sont intéressés.

Trente ans après, voilà une découverte importante. En 1983, en Caroline du Sud, lors de travaux près de Charleston, pour construire l'aéroport, des os fossilisés ont été découverts. Ils ont ensuite été stockés dans un musée. Mais en 2013, intrigués par ces grands ossements, des chercheurs ont décidé de s'y intéresser de près. Verdict : il s'agit d'os appartenant au Pelagornis Sandersi, plus grand oiseau de l'histoire qui avait des ailes deux fois plus importantes que celles de l'Albatros royal.

Ces résultats ont été publiés dans les Comptes rendus de l'Académie nationale des sciences.

Les scientifiques détaillent aussi comment était l'animal. Le Pelagornis avait un long bec, des dents acérées, était capable de survoler longuement les eaux à la recherche d'une proie, et a vécu il y a 25 à 28 millions d'années. Les chercheurs pensent que la taille de ses ailes l'empêchait de décoller du sol devant s'élancer de falaises et utiliser les bourrasques de vent.

Selon les scientifiques, l'oiseau pouvait voler des kilomètres sans battre des ailes. Enfin, les chercheurs expliquent que d'après les os, "l'envergure des ailes du Pelagornis Sandersi pouvait atteindre 7 mètres".


Read more at http://www.atlantico.fr/atlantico-light/os-fossilises-pelagornis-sandersi-plus-grand-oiseau-histoire-retrouves-1656764.html#Y90RcYzoiB3Cz7Mi.99
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: Manu de Chiang Mai le septembre 14, 2014, 08:44:35 am

Je rappelle qu'un cousin du spinosaure, le Siamosaurus Suteethorni a été découvert en Thaïlande... Nous en avons parlé en page 1 de ce topic...


Le spinosaurus: découverte du 1er dinosaure adapté au milieu aquatique

Le spinosaurus, un mastodonte étrange pesant jusqu'à vingt tonnes, sorte de croisement entre un canard et un alligator, est le premier dinosaure mis au jour qui présente des traits anatomiques d'une adaptation à un milieu semi-aquatique, selon des fossiles trouvés au Maroc.

Long de 15 m et et doté d'une vingtaine de dents acérées dans un long museau étroit, ce dinosaure déjà connu pour être carnivore et qui vivait il y a environ 95 millions d'années, dévorait aussi des poissons.

Les premiers ossements du spinosaurus avaient été mis au jour en 1912 en Egypte et décrits en 1915 par le paléontologue allemand Ernst Stromer von Reichenbach, mais celui-ci n'avait alors pas décelé les capacités d'adaptation aquatique de l'animal.

Le spinosaurus surpassait largement en taille le célèbre tyrannosaure (T-Rex), qui a vécu en Amérique du Nord plusieurs millions d'années après la disparition du spinosaurus, expliquent les scientifiques dont la découverte est publiée jeudi dans la revue américaine Science.

Selon cette équipe internationale de chercheurs, le spinosaurus est le plus grand dinosaure prédateur connu ayant vécu sur la planète, dépassant de trois mètres en longueur le plus gros spécimen de T-Rex jamais découvert.

Le fossile du squelette le plus complet d'un spinosaurus à ce jour montre clairement qu'il pouvait évoluer à la fois sur le sol et dans l'eau, expliquent Paul Sereno et Nizar Ibrahim, des paléontologues de l'université de Chicago (Illinois, nord), les principaux co-auteurs de cette découverte.

Les ossements, dont des parties du crâne, de la colonne vertébrale, du pelvis et des membres, ont été découverts au cours de plusieurs années dans des sédiments d'eau douce dans le Sahara marocain, au sud-est du pays.

Ils fournissent des indications claires que cet animal vivait en partie dans un milieu aquatique, ce qui en fait le premier dinosaure connu capable de nager, soulignent ces scientifiques.

Les reptiles marins comme les plésiosaures et les mosasaures ne sont pas des dinosaures, même s'ils ont une certaine ressemblance, précisent-ils.

- Museau de crocodile -

Parmi les traits d'adaptation aquatique observés sur les ossements du spinosaurus, les chercheurs relèvent la présence d'un naseau situé sur le haut de la tête pour éviter que l'eau n'y pénètre, des pattes avant relativement longues et des grands pieds plats palmés permettant de nager, mais aussi de marcher sur des sols boueux ou de la vase.

Ils signalent également une grande densité osseuse des membres qui aurait permis à ce dinosaure de rester immerger dans l'eau plutôt que de flotter.

Cette densité des os rappelle celle des première baleines ou des hippopotames d'aujourd'hui, note l'anatomiste J.G.M Thewissen, de la Northeast Ohio Medical University, cité dans la revue Science.

Pour le paléontologue Paul Sereno, "le spinosaurus avec son museau de crocodile, son long cou et son corps allongé devait ressembler à un canard avec une queue d'alligator".

Il a aussi noté durant une conférence de presse que ce dinosaure devait avoir de grandes difficultés sur le sol à maintenir son équilibre pendant longtemps sur ses pattes arrière vu son anatomie.

Selon ces chercheurs, l'énorme crête sur son dos, qui rappelle une voile de bateau, devait surtout servir à séduire pour sa reproduction plutôt qu'à l'aider à nager.

Les fossiles découverts en 1912 avaient été détruits alors qu'ils se trouvaient dans le musée d'histoire naturelle de Munich avec d'autres collections de paléontologie, en avril 1944 lors d'un bombardement allié sur la ville.

Il a donc fallu attendre près d'un siècle pour disposer d'un nouveau squelette de spinosaurus, dont les premiers ossements ont été découverts initialement par un nomade, collectionneur amateur de fossiles au Maroc.

Par chance, les notes, croquis et publications d'Ernest Stromer, qui se trouvaient dans le château familial en Bavière, ont survécu et permis de faire des comparaisons détaillées avec les ossements découverts au Maroc.

Pour reconstituer l'image d'un squelette plus complet du spinosaurus, les scientifiques ont combiné les informations provenant des nouveaux fossiles et des versions numériques des ossements décrits par Ernest Stromer, ainsi que ceux d'un ancêtre de ce dinosaure, le Suchomimus, qui était toutefois très différent.

Cette découverte fera aussi l'objet d'une exposition dans le Musée du National Geographic à Washington ainsi que d'un article dans le numéro d'octobre de la célèbre revue.


Source : AFP
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: Manu de Chiang Mai le mars 25, 2015, 03:52:20 pm
HORS SUJET

Ce n'est pas lié à la Thaïlande mais l'info est tellement incroyable que je ne peux pas ne pas l'évoquer !



Étape décisive dans la possibilité de ramener le mammouth à la vie

Selon une information relayée par The Sunday Times, des scientifiques de l'Université de Harvard aux États-Unis ont réussi à mélanger les gènes du mammouth, disparu depuis plus de 3.000 ans, avec l'ADN vivant d'un éléphant. Il s'agit d'une avancée considérable dans la reconstitution du mammouth laineux.

Selon une information relayée par The Sunday Times, des scientifiques de l'Université de Harvard aux États-Unis ont réussi à mélanger les gènes du mammouth, disparu depuis plus de 3.000 ans, avec l'ADN vivant d'un éléphant. Il s'agit d'une avancée considérable dans la reconstitution du mammouth laineux.

Les scientifiques ont utilisé l'ADN de mammouths qui vivaient au Pôle Nord il y a plus de 3000 ans. Grâce au permafrost, les gènes ont été conservés en excellent état, contrairement aux gènes de la plupart des autres animaux de cette époque.

Les chercheurs ont réussi à réaliser des copies exactes de 14 gènes du mammouth qui le distinguent de l'éléphant. "Les gènes sont liés à la résistance au froid, telle que la pilosité, la taille des oreilles, la graisse sous-cutanée et l'hémoglobine" explique le professeur George Church de l'Université de Harvard au Sunday Times.

Ensuite, ils ont injecté ces gènes avec succès dans l'ADN vivant d'un éléphant d'Asie. Selon Church, l'éléphant d'Asie est très proche du mammouth, même davantage que de son congénère d'Afrique.

Comme l'étude n'est pas encore tout à fait achevée, les résultats n'ont pas encore été publiés officiellement. Les constatations, qui sont également importantes dans la lutte contre certaines maladies humaines, constituent une étape décisive dans la possibilité de ramener le mammouth laineux à la vie.

Cependant, le projet se heurte à de nombreuses objections. Ainsi, le clonage d'un mammouth se ferait au prix de la souffrance d'une éléphante. Il faudrait la garder en captivité, lui faire subir des expériences et lui faire vivre une grossesse de 22 mois pour accoucher d'un animal dont il n'est même pas certain qu'il vivra.


http://www.levif.be/actualite/sciences/etape-decisive-dans-la-possibilite-de-ramener-le-mammouth-a-la-vie/article-normal-373181.html?utm_source=facebook&utm_medium=social&utm_campaign=vif
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande...
Posté par: Line le mars 25, 2015, 10:53:41 pm

oui, je l'ai vu cet article qui m'a laissé sans voix...  incroyable mais vraiment incroyable, ils sont forts ces scientifiques, c'est extraordinaire...   :clap

j'avoue que j'attends la suite de ce projet...  :D 
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande... Et parfois ailleurs...
Posté par: Manu de Chiang Mai le mai 22, 2015, 08:26:35 am

Cela ne se passe pas en Thaïlande mais cette incroyable nouvelle mérite d'être mentionnée...


Les plus anciens outils du monde découverts au Kenya

Des archéologues ont découvert dans le nord du Kenya des outils de pierre vieux de 3, 3 millions d'années. Jusqu'à présent les plus anciens outils connus n'avaient "que" 2,6 millions d'années.

Lucy était bricoleuse. Des archéologues viennent de découvrir sur le bord du lac Turkana, au Kenya, des outils de pierre datant de 3,3 millions d'années. Soit un bond en arrière de 700 000 ans par rapport aux précédents outils identifiés. 

Des outils qui auraient donc pu être utilisés par des australopithèques, branche cousine de notre espèce dont fait partie Lucy, notre plus lointaine ancêtre. 


Des outils pour couper et racler

Les outils en question sont des pierres travaillées pour présenter un côté réservé à la prise en main, et un autre pour trancher ou racler des surfaces, comme le précisent les chercheurs dans un article publié sur le site internet de la revue spécialisée Nature jeudi. 

Le site archéologique sur lequel ces précieux cailloux ont été découverts avait déjà permis de mettre au jour d'autres fossiles. C'est le grand nombre de pierres identiques, avec des formes proches, qui a mis la puce à l'oreille des archéologues. Les marques observées en nombre sur les pierres ont fini de convaincre les chercheurs qu'ils étaient en présence d'outils. Ne restait plus qu'à les dater. 


Un bond de 700 000 ans en arrière

D'après les datations effectuées, ces pierres sont vieilles de 3,3 millions d'années. C'est ce qui donne son caractère remarquable à cette découverte.

En effet les précédents outils retrouvés dataient de 2,6 millions d'années. Cette nouvelle découverte permet donc d'établir que les ancêtres des humains disposaient des compétences cognitives nécessaires à la fabrication d'un outil 700 000 ans plus tôt que ce pensaient jusqu'alors les chercheurs. 


Read more at http://www.lexpress.fr/actualite/sciences/les-plus-anciens-outils-du-monde-decouverts-au-kenya_1681763.html#g0I5a2JlVrJOJDWI.99
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande... Et parfois ailleurs...
Posté par: Malco le mai 22, 2015, 01:59:04 pm
Citer
             

cette incroyable nouvelle mérite d'être mentionnée...         


En effet très intéressant cette découverte , on a encore beaucoup à découvrir sur notre planète à mon avis .  8)
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande... Et parfois ailleurs...
Posté par: Manu de Chiang Mai le mai 24, 2015, 09:15:20 am

Je vous présente quelques nouveaux dinosaures découverts récemment en Thaïlande (suite de la page 1 de cette rubrique)...


Kinnareemimus khonkaenensis (กินรีไมมัส)


Nom : Kinnareemimus khonkaenensis

Signification : Kinnaree de Khon Kaen

Taille : 1-2 mètres de long

Poids :

Groupe : Théropodes

Famille : Ornithomimosauria

Epoque : Crétacé supérieur (~130 ma)

Régime alimentaire : Omnivore

Répartition :

- Thaïlande : Sao Khua (province de Khon Kaen)

Date de sa découverte : 2009


L'espèce-type, Kinnareemimus khonkaenensis, a été décrite par Éric Buffetaut, Varavudh Suteethorn et Haiyan Tong en 2009. Le nom générique a été donné en l'honneur de Kinnaree, « un être gracieux de la mythologie thaï, avec le corps d'une femme et les jambes d'un oiseau, ayant habité dans les profondeurs de la forêt légendaire Himavanta, en raison des pieds en forme d'oiseau de ce dinosauretrad 1,1. » Le nom a été souligné pour la première fois en 1999 par Sasithorn Kamsupha, puis sous le nom de Ginnareemimus en 2000 par Ryuichi Kaneko.

Le genre est basé sur des fossiles partiels de vertèbres, pubis, métatarse et fibula retrouvés dans une strate datée du Valanginien au Hauterivien de la formation géologique de Sao Khua, à Phu Wiang, province de Khon Kaen.

Classé chez les ornithomimosaures, il serait l'un des plus vieux genres de ce clade (famille). Selon Buffetaut, les fossiles de Kinnareemimus pourraient indiquer une origine asiatique pour les ornithomimosaures évolués.
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande... Et parfois ailleurs...
Posté par: Line le mai 24, 2015, 06:52:05 pm

Je vous présente quelques nouveaux dinosaures découverts en Thaïlande (suite de la page 1 de cette rubrique)...

Kinnareemimus khonkaenensis (กินรีไมมัส)



extraordinaire celui-ci... j'adore  :D
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande... Et parfois ailleurs...
Posté par: Manu de Chiang Mai le mai 25, 2015, 09:00:48 am

Siamodon nimngami (สยามโมดอน)


Nom : Siamodon nimgami

Signification : - Dent du Siam (Siam + odus = "dent" en grec)

Taille : ~ 5 m

Poids : -

Groupe : Ornithopodes

Famille : Siamodon

Epoque : Crétacé supérieur (~125-112 ma)

Régime alimentaire : herbivore

Répartition :

- Thaïlande : Ban Saphan, Province de Nakhon Ratchasima (formation de Khok Kruat)

Date de sa découverte : 2011


Le siamodon est un dinosaure herbivore de taille moyenne appartenant à la grande famille des Iguanodons mais possède de fortes ressemblances avec les Hadrosauridae, ainsi qu'avec le Probactrosaurus découvert en Chine dans les années 1960. Il vivait il y a un peu plus de 100 millions d'années.

Son nom de Siamodon Nimngami lui a été donné en l'honneur de Mr Withaya Nimngam qui a découvert le premier spécimen de Thaïlande (en fait une maxilaire).
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande... Et parfois ailleurs...
Posté par: DocTournesol le mai 25, 2015, 09:04:59 pm

passionnantes ces fiches techniques et tellement intéressant ce topic, un régal merci Manu
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande... Et parfois ailleurs...
Posté par: Manu de Chiang Mai le mai 26, 2015, 08:44:21 am

Le truc intéressant, c'est que ces derniers dinosaures viennent juste d'être découverts (durant les 5 dernières années)... Leur étude commence seulement...
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande... Et parfois ailleurs...
Posté par: Manu de Chiang Mai le mai 26, 2015, 09:16:45 am

Ratchasimasaurus suranareae (สยามโมดอน)


Nom : Ratchasimasaurus suranareae

Signification : -

Taille : ~ 5 m

Poids : -

Groupe : Ornithopodes

Famille : Ratchasimasaurus

Epoque : Crétacé supérieur (~125-112 ma)

Régime alimentaire : herbivore

Répartition :

- Thaïlande : Province de Nakhon Ratchasima - Formation de Khok Kruat

Date de sa découverte :


Le Ratchasimasaurus suranareae est un dinosaure herbivore de taille moyenne appartenant à la grande famille des Iguanodons non-Hadrosaures. Il vivait il y a un peu plus de 100 millions d'années.

Une unique maxilaire de ce spécimen a été découverte à ce jour.
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande... Et parfois ailleurs...
Posté par: Manu de Chiang Mai le juin 11, 2015, 08:54:25 am

Incroyable découverte...

Des globules rouges découverts dans des os de dinosaures fossilisés

L’analyse de huit fossiles de dinosaures, pas spécialement bien conservés, a révélé la présence de sang et de fibres de collagène.

MOUS. Les tissus mous, et en particulier les structures cellulaires, résistent mal à la fossilisation. Il est extrêmement rare d’en découvrir dans des fossiles vieux de plus de quelques millions d’années. Néanmoins, dans certains cas, lorsque les ossements ont profité de conditions de préservation exceptionnelles, il est possible de découvrir des traces de cellules ou de protéines âgées de plusieurs dizaines de millions d’années. L’étude publiée le 9 juin 2015 dans la revue Nature Communications laisse entrevoir qu’il y aurait beaucoup plus de matériels mous disponibles dans les fossiles et même dans ceux qui ont été conservés dans des conditions non optimales.

JURASSIC WORLD. Les chercheurs ont ensuite analysé la signature des globules rouges retrouvés à l’aide d’un spectromètre de masse à ionisation et révélé des liens avec la signature du sang… d’émeu. Pas tout à fait une surprise puisque les oiseaux sont de lointain descendants d’une lignée de dinosaures. La découverte de globules rouges pourrait également permettre de trancher une question encore débattue : les dinosaures étaient-elles des créatures à sang chaud ou froid ? Il faudra plus d’échantillons pour le déterminer et surtout catégoriser plus d’espèces car il est vraisemblable que les deux types ont coexisté chez les dinosaures. "Mais ce qui est vraiment excitant dans notre étude est le fait que nous avons retrouvé de telles structures dans des fossiles mal conservés. Cela laisse penser que la préservation des tissus mous dans les fossiles est bien plus répandue" souligne Susannah Maidment, autre auteure de l’étude.


http://www.sciencesetavenir.fr/archeo-paleo/20150609.OBS0454/des-globules-rouges-decouvertes-dans-des-os-de-dinosaures-fossilises.html
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande... Et parfois ailleurs...
Posté par: Malco le juin 11, 2015, 09:21:25 am
En effet c'est incroyable cette découverte , la science avance à grand pas , chapeau .  :clap
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande... Et parfois ailleurs...
Posté par: Manu de Chiang Mai le juillet 17, 2015, 08:32:02 am

Un mystère paléontologique enfin percé...


Thaïlande: découverte d’un fossile de lézard de 125 millions d’années

Des petits œufs fossiles découverts en Thaïlande en 2003 ont enfin été identifiés. Les chercheurs pensaient à un dinosaure ou à un oiseau. Mais à l'intérieur se trouvait en fait un embryon de lézard vieux de 125 millions d'années.

Un fossile à peine plus gros qu'un œuf de moineau et couvert de bosses. A l'époque de cette découverte, au début des années 2000, les scientifiques n'avaient jamais rien vu de semblable.

Une première étude de la coquille laissait penser que ces petits œufs provenaient d'un dinosaure carnivore, le théropode, ou d'un oiseau, comme annoncé par le Synchrotron européen de Grenoble (France).

Mais une nouvelle technique d'imagerie a permis aux scientifiques d'en découvrir la véritable nature. Entre leurs mains, ils ne tiennent finalement pas un fossile de petit théropode, ni de volatil ancestral, mais un embryon de lézard vieux de 125 millions d'années.

Le reptile appartient au groupe des anguimorphes au sein duquel on trouve entres autres le lézard crocodile de Chine, le dragon de Komodo ou encore le monstre de Gila, trois espèces de lézard impressionnantes par leur taille.

Un mystère paléontologique enfin percé donc, après plusieurs années de recherches et qui prouve que l'évolution de la reproduction chez les lézards est bien plus complexe que ce que l'on pensait.


http://www.rfi.fr/science/20150716-thailande-decouverte-fossile-lezard-125-millions-annees-phu-phok/
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande... Et parfois ailleurs...
Posté par: Manu de Chiang Mai le juillet 17, 2015, 08:39:44 am

Découverte d’un embryon de lézard vieux de 125 millions d’années

Un œuf peut en cacher un autre. Ainsi l’installation européenne de rayonnement synchrotron (ESRF) de Grenoble a-t-elle titré l’étonnante découverte publiée mercredi 15 juillet dans la revue PloS One. L’équipe française y décrit, grâce aux images numériques réalisées avec l’accélérateur de particules, un embryon de lézard de plus de 125 millions d’années, le plus vieux jamais retrouvé.

Au passage, elle remet en cause quelques certitudes concernant la reproduction de cette famille de reptiles, son évolution. Du très sérieux, en somme. Si l’institution européenne installée dans les Alpes a opté pour un titre si décalé, c’est qu’il résume parfaitement le chemin suivi par cette découverte. Un parcours très scientifique, en réalité, qui invite, selon Paul Tafforeau, responsable de l’équipe à l’ESRF, à toujours « faire attention aux présupposés ».

Lorsque Vincent Fernandez, en 2007, se lance dans l’examen des fossiles découverts à Phu Phok, un site rocheux du nord-est de la Thaïlande, il croit étudier des œufs de dinosaure. De dinosaure ou d’oiseau, pour être tout à fait exact. En effet, ces spécimens de 2 cm de haut, grands comme des œufs de moineau, affichent l’âge vénérable de 125 millions d’années. Contemporains, donc, de la fameuse diversification, qui a vu les oiseaux faire une bifurcation dans le grand ordre des dinosaures pour voler de leurs propres ailes. Mais de quel côté les classer ?

Pour ce faire, l’examen de la coquille ne peut suffire. Il faut fouiller l’intérieur, si possible sans abîmer le spécimen. Faire une omelette sans casser les œufs. Pour cette mission, le synchrotron peut apporter une aide précieuse. L’accélérateur de particules permet de bombarder un échantillon avec un faisceau de rayons X d’une précision inégalable, et de recueillir une image d’une extrême finesse – ici de l’ordre de 5 microns par pixel. De quoi tenter d’y voir clair.


Un puzzle de quelque 1 000 pièces

Car à l’intérieur, les embryons n’ont pas pris la pose. Lors de la fossilisation, les sédiments ont démantibulé les squelettes. Restent deux tas d’os, où les vertèbres côtoient les fémurs et les morceaux de crâne. Il faut déblayer, trier, identifier. « Un projet gargantuesque, qui valait bien une thèse », dit Vincent Fernandez dans un sourire.

Sur son écran, à partir des différentes images, il sépare les os des sédiments, détoure les premiers, isole ceux qui sont restés entiers, en reconstitue d’autres à partir de fragments. Lorsqu’une pièce semble complète, il réalise une impression 3D. Une aide précieuse pour tenter de reconstituer un puzzle de quelque 1 000 pièces, mais aussi pour présenter son travail à ses mentors.

« J’allais régulièrement à Paris montrer mes pièces à Eric Buffetaut, se souvient Vincent Fernandez. C’est lui qui m’avait lancé dans cette aventure. Mais plus j’avançais, moins il comprenait. Venant d’un expert mondial des dinosaures et des oiseaux préhistoriques, c’était assez déconcertant. Même chose lors d’une conférence en Slovaquie où je me suis rendu : les spécialistes européens ne comprenaient pas… »

La lumière surgit au synchrotron. Vincent Fernandez est loin de Grenoble, ce soir-là. Sur un des écrans, un zoologue scanne la tête d’un banal lézard des murailles pour en étudier l’oreille interne. Passant derrière lui, Paul Tafforeau jette un œil sur le profil crânien, et s’arrête. « J’ai tout de suite reconnu… » Cet os de l’articulation de la mâchoire qu’on appelle le carré était le premier qu’il avait scanné plusieurs années auparavant avec son étudiant pour démontrer la faisabilité de la méthode. « Tout concordait : la forme, les différents détails, l’aspect, les proportions, poursuit le physicien. Je suis allé chercher le sac avec les impressions 3D en plastique, et en quinze minutes, presque tous les os avaient été reconnus. » Cette nuit-là, il envoie un courriel à Vincent Fernandez : « J’ai une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne : je sais ce qu’il y a dans les œufs. La mauvaise : je sais ce qu’il y a dans les œufs… »


Un nouveau mystère

La thèse vient de changer de direction. Désormais, il convient de comprendre quel type de lézard se trouve là. Question peu évidente : « D’abord parce que nous n’y connaissions rien, avoue Vincent Fernandez. Il a fallu absorber la littérature et consulter des spécialistes. » Surtout, parce que la coquille est épaisse et minéralisée. Or les lézards se divisent en deux groupes : les uns sont vivipares – autrement dit les embryons se développent à l’intérieur de la mère –, les autres ovipares, mais alors les coquilles sont toujours molles. Seule exception : les geckos. « Mais on a tout de suite vu que ce n’était pas ça : l’embryon ne collait pas du tout… »

Pour les spécialistes, l’inconnu appartient au groupe des anguimorphes. Des bêtes souvent puissantes, comme les varans, les monstres de Gila ou les lézards-crocodiles de Chine, mais aussi d’autres plus modestes, comme les orvets… Sauf qu’aucune de ces espèces ne pond d’œufs à coquille dure.

Un nouveau mystère s’ouvre donc. L’espèce s’est-elle éteinte sans descendance ? A-t-elle évolué, et dans quelle direction ? « Pour le moment c’est une énigme, reconnaît Jean-Claude Rage, spécialiste des fossiles au Museum national d’histoire naturelle, et, faute de matériel disponible, elle ne va pas être aisée à résoudre. » Il va aussi falloir reprendre tous les œufs à coquille rigide, jusqu’ici attribués aux geckos, et s’assurer qu’ils appartenaient bien à ce groupe de lézards grimpeurs. Ou encore chercher à quoi ressemblaient les adultes. Mais ce ne sera pas pour Vincent Fernandez. Lui est revenu à ses premières amours : les dinosaures, les vrais.


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/paleontologie/article/2015/07/15/la-famille-lezard-mise-en-emoi-par-un-embryon-de-125-millions-d-annees_4684469_1650762.html#P32w4gICpcDYq022.99
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande... Et parfois ailleurs...
Posté par: Malco le juillet 17, 2015, 02:00:56 pm
Super cet article , on a encore beaucoup à découvrir sur notre bonne vieille terre .  8)
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande... Et parfois ailleurs...
Posté par: Line le juillet 17, 2015, 10:43:24 pm
 
tout à fait extraordinaire et passionnant...
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande... Et parfois ailleurs...
Posté par: Manu de Chiang Mai le septembre 11, 2015, 08:22:58 am

C'est en Afrique mais la découverte est incroyable...


« Homo naledi », une découverte qui laisse perplexe


Lee Berger jubile. Ce paléontologue américain, rattaché à l’université de Witwatersrand, à Johannesburg, mal-aimé de nombre de ses collègues, leur vole la vedette. Il a mis la main, dans une grotte d’Afrique du Sud, sur des restes fossiles qu’il attribue à une nouvelle espèce du genre humain, Homo naledi. Mais la façon dont il met en scène sa trouvaille – avec l’appui du National Geographic, un documentaire télévisé déjà bouclé, une sculpture de ce cousin putatif prête à entrer au musée, etc. – risque d’aggraver sa réputation de chercheur médiatique.

Le choix de la revue où est décrit Homo naledi est aussi un sujet de perplexité chez les spécialistes : eLife, diffusée en libre accès, n’a pas le statut de grands journaux comme Science ou Nature, où une telle découverte aurait pu naturellement trouver sa place. Mais c’est surtout l’absence de datation pour les restes présentés qui complique l’appréciation de ces fossiles. « Cela peut devenir une découverte très importante, mais c’est l’âge géologique qu’on pourra attribuer à ces spécimens qui le dira », commente Michel Brunet, découvreur de Toumaï (7 millions d’années), au Tchad. En attendant, estime-t-il, on se trouve face à une situation, « ultraclassique » en paléontologie humaine, d’évolution dite « en mosaïque » : des individus qui présentent un mélange de caractères modernes et archaïques, avec différentes parties du squelette semblant appartenir à des âges évolutifs distincts.


Un corps évoquant l’humain moderne, un crâne d’australopithèque

En l’occurrence, H. naledi possède des pieds modernes, des mains qui le sont aussi, hormis des phalanges courbes adaptées pour grimper aux arbres, tout comme le sont ses épaules. Ses dents, primitives, sont petites, ce qui suggère qu’il avait une alimentation énergétique – et pas seulement constituée de végétaux supposant d’être équipé de larges dents broyeuses de fibres. Ne dépassant pas 1,5 mètre de haut, il était doté d’un crâne d’un volume réduit.

En résumé, un corps évoquant des humains modernes de petite taille et un crâne plus proche de celui des australopithèques. Codécouvreur de l’australopithèque Lucy en Ethiopie, en 1974, Yves Coppens estime que « l’Homo en question n’est, bien sûr, pas un Homo, avec la petite tête qu’il a, mais un australopithèque de plus, de même qu’il y a eu de nombreuses espèces différentes de cochons, d’éléphants, d’antilopes, en fonction des variations du climat et des niches écologiques. » Tim White (université de Californie, Berkeley), codécouvreur de Lucy, y voit plutôt « une forme primitive d’Homo erectus, un fossile décrit dans les années 1800 », rapporte le Guardian.

S’il est trop tôt pour statuer sur le statut exact d’Homo naledi et sur sa place dans l’arbre de famille très buissonnant des hominidés, il n’en est pas moins inédit en Afrique par le nombre de restes fossiles disponibles : plus de 1 500 ossements attribués à une quinzaine d’individus de tous âges et des deux sexes. Bien d’autres pourraient suivre. Les conditions de découverte et de collecte elles-mêmes, détaillées dans National Geographic, qui a financé les fouilles, sont assez uniques : en octobre 2013, deux jeunes spéléologues s’aventurent dans la grotte dite « Etoile montante », explorée depuis les années 1960, à une cinquantaine de kilomètres au nord-ouest de Johannesburg. Grâce à leur petit gabarit, Steven Tucker et Rick Hunter se faufilent d’abord par un conduit si étroit qu’il faut y progresser « comme Superman » – un bras collé le long du corps, l’autre tendu vers l’avant. Ils escaladent ensuite une paroi et tombent par hasard sur une fissure qui les mène dans une chambre sur le sol de laquelle sont éparpillés des ossements, dont une mâchoire.


La suite ici : http://www.lemonde.fr/paleontologie/article/2015/09/10/homo-neladi-un-mysterieux-cousin-d-afrique-du-sud_4751937_1650762.html
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande... Et parfois ailleurs...
Posté par: Manu de Chiang Mai le août 08, 2016, 08:34:28 am

Un squelette vieux de 13 000 ans lève le voile sur l’origine des Amérindiens

Les scientifiques l'ont baptisée Naia, du nom d'une nymphe de la mythologie grecque. Datant de 12 000 à 13 000 ans, le plus vieux squelette humain du continent américain a été découvert dans une grotte sous-marine du sud du Mexique, a annoncé l'Institut mexicain d'anthropologie et d'histoire (INAH), mercredi 15 mai. L'analyse ADN des ossements de cette jeune femme met fin au débat sur les origines des Amérindiens.

Cette découverte exceptionnelle remonte à mai 2007 dans la péninsule du Yucatan. Un groupe de plongeurs archéologues explore le réseau de rivières souterraines le plus grand du monde, près de la ville de Tulum dans l'Etat de Quintana Roo. Au détour d'un tunnel subaquatique, long de plus de 1 200 mètres, ils aperçoivent une énorme grotte immergée. « On a tout de suite su que le lieu était unique par sa profondeur et son obscurité », raconte Alberto Nava, un des plongeurs qui ont baptisé le site « Hoyo Negro » (« trou noir »).

Au fond de la grotte, situé à 40 mètres sous la surface de la mer, ils découvrent les fossiles de 26 sortes de mammifères, dont un tigre à dents de sabre et un gomphothère, animal de la famille des éléphants, avant d'apercevoir les restes de Naia. « Quel choc, quand j'ai vu son crâne intact, avec ses dents et les orbites noires de ses yeux », confie M. Nava.

Les scientifiques supposent que cette femme, âgée de 15 ou 16 ans, serait venue chercher de l'eau dans la grotte, avant d'y tomber, mourant sur coup. « A l'époque, le lieu n'était pas immergé puisque le niveau de la mer était plus bas de 120 mètres, explique Pilar Luna Erreguerena, sous-directrice de l'INAH, qui a dirigé ce projet spéléologique. Depuis la fin de la dernière période glaciaire, il y a dix mille ans, la montée des eaux a inondé les grottes du Yucatan. »


ORIGINE GÉNÉTIQUE D'ASIE

Durant plusieurs années, une équipe internationale et pluridisciplinaire, réunissant des chercheurs américains, canadiens, danois et mexicains, a planché sur l'analyse de ces restes humains et animaliers. Les résultats de leurs travaux viennent d'être publiés dans la revue américaine Science.

La datation des ossements au radiocarbone et les analyses d'ADN mitochondrial extrait de la pulpe d'une des molaires de Naia, révèlent que son origine génétique est asiatique. « Cela prouve que les premiers occupants des Amériques sont venus de Sibérie en traversant la bande de terre reliant l'Asie et l'Alaska, aujourd'hui immergée sous le détroit de Behring », assure Mme Erreguerana. Mieux, cette découverte confirme le lien entre ces Paléoaméricains et les Amérindiens contemporains.

La question a longtemps alimenté le débat entre les archéologues car la morphologie faciale des plus anciens squelettes trouvés sur le continent, datant de 12 000 ans, ne ressemble pas à celle des actuels Amérindiens. Ces derniers ayant un visage moins long et moins étroit que ceux des premiers occupants des Amériques. « Les restes des Paléoaméricains, qui étaient des nomades peu nombreux, sont rares et souvent en mauvaises conditions de conservation, explique Mme Erreguerana. D'où l'importance de la découverte du squelette complet de Naia, en parfait état de préservation grâce au mélange d'eaux douce et salée des rivières souterraines du Yucatan. »


LES INDIENS DESCENDENT BIEN DES PREMIERS AMÉRICAINS

Outre une datation précise, son analyse anatomique et génétique révèle que le crâne de Naia possède des caractéristiques similaires aux Amérindiens contemporains. « Cela écarte l'hypothèse que les Indiens d'aujourd'hui ne seraient pas les descendants des premiers Américains », précise José Concepción Jiménez, chercheur en anthropologie physique.

Ainsi, les peuples originelles des Amériques sont tous venus par le détroit de Behring, et non pas d'Eurasie par la mer pour certains. « Leurs différences morphologiques sont liées à l'évolution génétique qu'ont connue les Amérindiens au cours des milliers d'années passés sur le continent, pour s'adapter aux conditions climatiques de la région », souligne M. Jiménez.

Le mystère ne s'arrête pas là. « La découverte du génome complet de Naia nous permettra de déterminer si les maladies génétiques des Mexicains contemporains viennent, ou non, des premiers occupants du continent, de l'époque préhispanique ou du métissage lié à la colonisation espagnole », précise M. Jiménez. Autre défi de poids pour l'INAH : protéger des pilleurs le site et une partie des fossiles restés dans la grotte d'Hoyo Negro.


La génétique excluait une origine européenne   

Quelques mois avant l'annonce de la découverte de Naia au Mexique, l'étude du génome d'un jeune garçon qui vivait dans le Montana il y a presque 13 000 ans tordait le cou à l'idée selon laquelle la civilisation Clovis, à laquelle il appartenait, serait venue d'Europe. C'est la ressemblance des outils lithiques clovis avec les pierres taillées solutréennes présentes sur le Vieux continent qui avait suscité cette hypothèse. Publiée dans Nature le 13 février, l'analyse de l'ADN de Anzick-1, ainsi que l'enfant a été baptisé, confirme qu'il était d'ascendance asiatique, ayant une plus grande proximité avec les Sibériens qu'avec les Eurasiens. Son génome, proche de celui des Amérindiens modernes, devrait permettre de mieux comprendre la succession de peuplements des Amériques via le détroit de Béring.
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande... Et parfois ailleurs...
Posté par: Manu de Chiang Mai le octobre 24, 2016, 08:45:37 am

SITES RUPESTRES ET DECORS PARIETAUX PROCHES DE PHUKET

Certaines cavernes de la région de Phang Nga (au Nord-Est de la baie) sont ornées de peintures rupestres laissées par les "Hommes anciens".
Les  reliefs calcaires aux formes étranges qu’on rencontre en sortant de l’île de Phuket ne pouvaient qu’inspirer les récits de la tradition orale locale. C’est dans ce cadre fabuleux que des parois ont été décorées de "phap khien boran" (roches peintes) aux couleurs ocrées,  inspirés par les rites et pratiques magiques des chamanes appartenant aux tribus qui peuplaient ces contrées, du Néolithique à la protohistoire.


Les hommes Homo-sapiens, étaient présents aux époques pré- et proto-historiques. Ils ont laissé des témoignages de leurs activités économiques (outils) et esthétiques, plus vraisemblablement de leurs croyances magico-religieuses. Certains de ces objets, quelques unes de ces représentations ont été retrouvés depuis Takua Pa (Phang Nga) jusqu’à Khlong Thom (Krabi). En particulier dans les baies de Phang Nga, Ao Lek et Krabi, les formations calcaires au relief étonnant, taraudé, compliqué de galeries surplombées ont offert des sites propices aux peintres des "phap khien boran" qui, ajoutées aux "trésors" (bijoux, ornements), aux objets de pierre et à quelques ossements permettent de reconstituer une première histoire régionale.

Ces signes qui ont bravé le temps ont en eux même une charge magique encore renforcée par le côté ésotérique des dessins tout aussi symboliques que vraiment représentatifs. Capter leur énergie infuse devient alors tentant et c’est ainsi que l’on peut affadir ou rayer par frottage ces documents irremplaçables. S’assurer un bon numéro au prochain tirage de la loterie est parfois plus motivant que d’assurer la pérennité des premières manifestations artistiques de l’Homme, des balbutiements de l’Histoire.


LES PRINCIPAUX SITES RUPESTRES EN BAIE DE PHANG NGA

KHAO KIEN N°1
La "Montagne aux écritures" est sur la route de Koh Panyee et abrite des peintures rupestres représentant divers animaux, censées avoir été peintes par les marins qui ont amarré leurs embarcations ici, pour s'abriter de la mousson. Selon le département des Beaux-arts, les peintures ont au moins 3 000 ans. le site protégé demeure intégralement préservé et mis en valeur par les services des Beaux-Arts.

THAM PHI HUA TO N°2
"Grotte du fantome à grosse tête", laissé sans surveillance particulière, le site a subi l'invasion de graffitis.

KOH PHRA AT N°3
Encore nettes, les lignes d'ocre rouge dessinent des formes de poissons, de crustacés ou de formes géométriques et labyrinthes ordonnés.

KOH NAKHAYA N°4
A l'intérieur d'un gouffre, derrière une plage accueillante, un panneau avec dessins représentants une embarcation avec plusieurs hommes avec en dessous des créatures marines, méduses ou calamars.

KHAO THIEP N°5
Autour de la pointe de Laem Sak, Khao Thiep regroupe les sites : 5, 6, 7, 8 et 9

LAEM FAI MAI N°6
"Pointe du feu", près d'Ao Muong, les dessins restent partiellement visibles sous l'abri d'une galerie surplombée assez profonde.

LAEM CHAO LE N°7
"Pointe des hommes de la mer", deux panneaux peints bien conservés dans leur partie centrale. Se succèdent des monstres fantomatiques, un homme bien schématisé, un bateau monté, puis des créatures étranges.

THAM CHAO LE N°8
"Grotte des hommes de la mer", une paroi ouverte sur la mer, garde une partie de son décor ancien aux couleurs tenaces : quatre hommes accroupis en train de manger.

LAEM RAET KHAO KAROT N°9
"La montagne maléfique", on ne distingue plus que le génie maléfique gardien du lieu. Un animal au nez cornu est également visible sur ce panneau buriné.

KHAO KHIEN SRAH N°10
La "colline aux inscriptions du milieu de l'étang". on peut y voir une sorte de bande dessinée placée sous une roche en auvent.
La surface du panneau de grès tend à s'effriter et les couleurs se sont affadies.

KHAO DAP NAM N°11
La "montagne des eaux étranglées" la paroi peinte est composée de roches dures. Initialement colorées de noir et d'ocre rouge mais l'érosion a craquelé la surface devenue gerçée et oxydée.

KOH PHRAYA N°12
Sur l'île du crocodile, un des derniers sites découverts, un décor pariétal caché dans son renfoncement qui n'a pas subi trop d'altérations. dessins géométriques de courbes, alvéoles, nids d'abeille, difficiles à interpréter.

KOH RANG NOK N°13
Derrière le campement des collecteurs de nids d'hirondelles, une paroi se dresse, trouée de cavités. Certaines s'enfoncent jusqu'au coeur de l'île. Nombreux panneaux peints, bateaux à voile occidentaux et jonques. DANGER, le site est protégé des pillards par des thaïlandais en armes !


http://www.rawai.fr/sites-rupestres-parietaux-phuket.html
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande... Et parfois ailleurs...
Posté par: Malco le octobre 24, 2016, 09:00:17 am
Très bien à voir prochainement .  8)
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande... Et parfois ailleurs...
Posté par: Manu de Chiang Mai le janvier 20, 2017, 05:55:09 pm

J'en parle dans mon dernier livre...


Il y a 70 000 ans, l'humanité a bien failli disparaître !

À cette époque, la population humaine, qui ne totalisait peut-être que deux mille individus, aurait été divisée en petits groupes isolés à la suite de sécheresses drastiques.

«Qui aurait pensé qu'il y a seulement 70 000 ans un climat extrême a réduit notre population à un nombre tellement infime que nous étions au bord de l'extinction ?» interroge Meave Leakey, paléontologue et coauteur d'une étude à paraître le mois prochain dans The American Journal of Human Genetics.

À cette époque, la population humaine, qui ne totalisait peut-être que deux mille individus, contre 6,6 milliards aujourd'hui, aurait été divisée en petits groupes isolés qui se seraient développés indépendamment, entre  135 000 et 90 000 ans, à la suite de sécheresses drastiques. Ce n'est qu'il y a 40 000 ans que tous les groupes humains sont devenus partie intégrante d'une seule population panafricaine, réunie après avoir été séparée pendant 100 000 ans. Après cette période sombre, Homo sapiens a connu une forte expansion qui l'a conduit à émigrer hors d'Afrique et à peupler les autres continents.

Pour en arriver à cette conclusion, les auteurs ont construit un arbre généalogique à partir de 624 génomes appartenant à des lignées subsahariennes dont celles de deux groupes ethniques (les Khoï et les San), derniers chasseurs-cueilleurs appartenant aux plus anciennes lignées connues de l'homme moderne.

L'histoire démographique des premiers humains est particulièrement difficile à déterminer en raison de la faible quantité de fossiles à la disposition des paléontologues.

De même les généticiens ont du mal à savoir ce qu'il s'est passé depuis le premier ancêtre commun. Ils ont trouvé un fragment d'ADN datant d'entre 150 000 et 200 000 ans chez tous les humains qu'ils ont nommé «Ève mitochondriale». «Cette étude est centrée sur peu de données», observe Pascal Picq, membre du Collège de France. «Au paléolithique, l'homme n'était pas qu'en Afrique, mais sur trois continents. L'ADN ne raconte qu'une partie de l'histoire humaine.»


http://www.lefigaro.fr/sciences/2008/04/29/01008-20080429ARTFIG00013-il-y-a-ans-l-humanitea-bien-failli-disparaitre.php
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande... Et parfois ailleurs...
Posté par: Line le avril 18, 2017, 04:39:52 pm
https://fr.sputniknews.com/sci_tech/201704171030949231-science-femme-portrait-apparence/


Des scientifiques révèlent l’apparence d’une femme qui a vécu il y a 13.000 ans... (http://img4.hostingpics.net/pics/90404230gg.jpg) (http://www.hostingpics.net/viewer.php?id=90404230gg.jpg)


Des scientifiques australiens ont réussi à reconstituer le portrait d’une femme qui avait vécu en Thaïlande il y a quelques 13.000 ans. D’ailleurs, ils n’ont pas trouvé de grandes divergences avec les Asiatiques actuelles selon Antiquity.

La question de l'apparence de nos lointains ancêtres a toujours intrigué des scientifiques du monde entier. Aujourd'hui, des paléontologues australiens lève un coin de voile sur ce mystère; a indiqué le journal scientifique Antiquity.

En effet, les chercheurs ont réussi à reconstituer le portrait d'une femme thaïlandaise datant d'il y a quelques 13 000 années.

« Nous n'avons pas utilisé les méthodes traditionnelles de reconstitution faciale. Elles sont très populaires, mais déjà en 2002, nos collègues ont prouvé qu'elles n'étaient pas véridiques », a expliqué Susan Hayes de l'Université Wollongong cité par LiveScience indiquant que ces méthodes n'étaient pas basées sur des faits réels mais sur les anciennes théories de Darwin.

Mme Hayes et ses collègues ont eu recours à une autre méthode basée sur les données statistiques et révélant comment l'épaisseur des muscles du visage dépendait des os crâniens.

Les chercheurs ont appliqué cette approche pour reconstituer le portrait d'une femme qui avait vécu il y a 13 000 ans dans les grottes de Tham Lod au nord-ouest de la Thaïlande.

Les résultats de l'étude ont révélé que cette femme avait le même type du visage que celui des Asiatiques de nos jours.

Toutefois, certains traits de son visage comme, par exemple, le nez ou la bouche étaient plus proches des femmes africaines, ce qui prouve que l'anatomie humaine a tout de même considérablement changé au cours de ces derniers 13-15 000 ans...
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande... Et parfois ailleurs...
Posté par: Manu de Chiang Mai le septembre 25, 2017, 08:33:36 am

Photographier la Préhistoire en Thaïlande

Pour ceux qui s'intéressent ou étudient la Préhistoire, la Thaïlande un nombre très important de sites relativement facile d'accès.

Ici, les peintures rupestres du Phu Phra Bat (Thaïlande du nord-est).

Vous pouvez voir tout mon album photos sur Facebook, ici: https://www.facebook.com/emmanuel.perve.3/media_set?set=a.10155850503694066.1073741846.741404065&type=3&pnref=story
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande... Et parfois ailleurs...
Posté par: Line le septembre 25, 2017, 05:09:25 pm

Photographier la Préhistoire en Thaïlande

Pour ceux qui s'intéressent ou étudient la Préhistoire, la Thaïlande un nombre très important de sites relativement facile d'accès.
Ici, les peintures rupestres du Phu Phra Bat (Thaïlande du nord-est).



superbe, je connais et j'adore...   :clap
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande... Et parfois ailleurs...
Posté par: SUDOKU le octobre 07, 2017, 02:26:13 am

Découverte des os fossilisés du plus grand dinosaure herbivore du pays !

M. Niwat Maneekhat, assistant directeur-général du Département de Géologie révèle qu’un premier os fossilisé a été trouvé dans un étang de Ban Panangsua dans la province de Chaiyaohum par un pêcheur en mars d’il y a deux ans.

Plus tard, des experts en géologie et des paléontologues ont procédé à d’autres excavations dans le même étang et ses environs pour découvrir une vingtaine d’autres parties d’os fossilisés, le plus gros mesurant environ 178cm de long.

M. Niwat dit croire que ces ossements vieux d’environ 100 millions d’années appartiennent au même dinosaure, qui pourrait être un sauropode herbivore. Ce serait le plus gros dinosaure jamais trouvé en Thaïlande et peut-être même en Asie du Sud-est. Il est muni d’une long coup, d’une longue queue et d’une petite tête. Il est reconnu pour sa taille énorme.

L’assistant du directeur-général a poursuivi en disant que des études devraient être poursuivies pour comparer avec des ossements de dinosaures trouvés dans les autres pays de la région pour déterminer de quelle espèce il s’agit.



http://englishnews.thaipbs.or.th/fossilized-bones-biggest-plant-eating-dinosaur-unveiled/
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande... Et parfois ailleurs...
Posté par: Manu de Chiang Mai le octobre 09, 2017, 12:14:23 pm

Exclusif : le fossile de dinosaure "le plus impressionnant qu'on ait jamais vu"

Lorsqu'il a découvert ce fossile, notre photographe n'en croyait pas ses yeux, comme vous lorsque vous regarderez ces images exclusives.

Il en faut beaucoup pour impressionner le photographe Robert Clark.

Au cours de son illustre carrière, Robert Clark a réalisé plus de 40 photo-reportages pour le magazine National Geographic et s'est spécialisé dans la photographie des prémices de la vie et de la civilisation. Il a capturé les magnifiques fossiles des dinosaures à plumes découverts en Chine, observé des chercheurs procéder à l'autopsie d'Ötzi, « l’homme des glaces » (la célèbre momie congelée âgée de 5 000 ans) et réalisé des portraits intimes de personnes ayant vécu et disparu il y a 2 300 ans, dont les visages parcheminés avaient été conservés dans un marécage.

En revanche, lorsqu'il s'est rendu en décembre dernier au Musée Royal Tyrell de paléontologie d'Alberta au Canada et a posé ses yeux pour la première fois sur son nouveau sujet, il s'est esclaffé.

Le photographe fixait un fossile de nodosaure, un type de dinosaure cuirassé herbivore, vieux de 110 millions d'années. Son refuge sous-marin avait permis de fossiliser l'armure du dinosaure, des taches de sa peau, une partie de ses tissus mous, jusqu'aux potentiels restes du dernier repas du dinosaure.

Découvert par un mineur attentif en 2011 et dévoilé publiquement le 12 mai 2017, ce fossile représente le nodosaure le mieux conservé jamais observé et sans aucun doute l'un des fossiles les plus saisissants d'un point de vue visuel déterrés depuis des décennies.

« On aurait cru à un dragon tout droit sorti de Game of Thrones », affirme Robert Clark. « Il était exceptionnel, digne d'un accessoire de film ».

Stupéfait par la qualité de sa conservation, il s'est efforcé de rendre justice à ce fossile dans le numéro de juin 2017 de National Geographic, en prenant soin de mettre en lumière les moindres détails de ce spécimen.

« On peut dire qu'il s'agit du fossile le plus impressionnant que j'aie jamais vu, et j'ai pourtant vu beaucoup de fossiles incroyables » affirme-t-il. « C'est d'un tout autre niveau. »

Robert Clark déclare qu'il se sent investi d'une mission : celle de rendre compte du fossile pour la postérité. Il est probablement l'un des rares photographes autorisés à photographier le spécimen sans vitre protectrice.

Outre les preuves de la valeur scientifique du fossile, il a conscience du potentiel de sa photographie à saisir l'imagination du public, en particulier des enfants (dont certains, ajoute-t-il, en savent sans aucun doute plus sur les dinosaures que lui-même).

« Ma fille a huit ans et j'ai montré à certains de ses camarades de classe les photos », explique-t-il. « Ils en ont eu (il fait un bruit d'explosion) le souffle coupé. »

 

Retrouvez ce reportage dans le numéro 213 du magazine National Geographic du mois de juin 2017.

http://www.nationalgeographic.fr/archeologie/exclusif-le-fossile-de-dinosaure-le-plus-impressionnant-quon-ait-jamais-vu
Titre: Re : La PREHISTOIRE en Thaïlande... Et parfois ailleurs...
Posté par: Line le octobre 09, 2017, 04:31:06 pm
Exclusif : le fossile de dinosaure "le plus impressionnant qu'on ait jamais vu"

superbe et impressionnant...   :clap