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Auteur Sujet: L'HISTOIRE de la Thaïlande et du Siam...  (Lu 37670 fois)

Manu (de Chiang Mai)

  • Invité
L'HISTOIRE de la Thaïlande et du Siam...
« le: septembre 12, 2009, 01:20:10 pm »


L'HISTOIRE de la Thaïlande et du Siam...

Je reprends cette rubrique qui avait pas mal de succès sur notre ancien forum... De nombreux reportages sur les évènements, les souverrains, les conflits, etc... qui marquèrent l'Histoire de la Thaïlande...


1/ Sujets déjà traités:

- L'origine des Thaïs
- La guerre franco-thaï de 1940-41
- La bataille de Ko Chang
- Le royaume Lan Na thaï
- L’armée du Siam de la fin du XIXème siècle à la fin de la 1ère Guerre Mondiale
- La Thaïlande durant la Seconde Guerre Mondiale
- Les avions japonais dans la RTAF et la RTN
- Les différents style de Bouddhas et l'architecture religieuse en Thaïlande du 6ème siècle à nos jours. Voir la
  discussion suivante:  http://www.forumthailandeinfo.com/index.php?topic=576.msg8084#msg8084


2/ Sujets à venir:

- Les relations militaires entre la France et le Siam du 17ème siècle à 1947
- Les drapeaux du Siam et de la Thaïlande
- Le corps expéditionnaire thaïlandais durant la Guerre du Vietnam


3/ Les autres sujet d'Histoire du forum

- Le Pont de Paï : http://www.forumthailandeinfo.com/index.php?topic=932.0


4/ La Préhistoire en Thaïlande

Voir tous les sujets ici:

http://www.forumthailandeinfo.com/index.php?topic=104.0


 :)
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Manu (de Chiang Mai)

  • Invité
Re : REPORTAGES D'HISTOIRE...
« Réponse #1 le: septembre 12, 2009, 01:23:28 pm »


La famille thaïe comprend une dizaine de groupes dont la branche siamoise qui s’implanta dans la plaine du Chao Praya où elle fonda les premiers royaumes « thaïs de Thaïlande » au 13e siècle après JC. Cependant, l’Histoire des thaïs remonte beaucoup plus loin. C’est l’épopée d’une longue migration qui leur fit traverser la Chine et s’implanter dans de nombreuses zones d’Asie du sud-est.

Nous allons essayer ici d’y voir plus clair…


L’ORIGINE DES THAIS.


1/ Habitat originel.

Il y a 5000 ans, le peuple « thaï » n’était probablement pas installé pas dans la péninsule Indochinoise mais résidait la région des monts Altaï au Nord de la Mongolie. C’est plus tard que les thaïs émigrèrent vers l’Est afin de trouver des sols plus fertiles dans la vallée du fleuve jaune comme le fait remarquer le professeur W. Eberhard de l’Université de Californie : « En 1450 avant JC, les Thaïs vivaient le long des rives du fleuve Jaune avec les Yao et la maison Tong avant l’arrivée des Chinois. A l’arrivée de ces derniers, ils furent absorbés par l’administration et dirigés vers le Sud. »


2/ Les Royaume Thaïs de Lung et Pa.

Après un séjour de quelques siècles le long des rives du fleuve Jaune, le second espace colonisé par les Thaïs fut la zone de Lung à l’embouchure de la rivière Huang-Ho et la zone de Pa dans la partie Nord du Sichuan.
La population thaïe s’accrut alors rapidement obligeant un grand nombre d’individus à émigrer plus à l’Est vers le bassin de la rivière Yang Tsé. Ils fondèrent un nouveau royaume ayant pour capitale la citée de Yiu (ou Ngio) sur les rives du grand fleuve. A cette époque, les Thaïs s’appelaient encore « Ai-Lao ». Les étrangers les nommaient « Mungs ». (1)


3/ La première conquête des royaumes Thaïs.

Ce fut les Tartares qui les premiers, attaquèrent le royaume thaï de Lung. S’emparant de la cité en 843 avant JC., ils forcèrent les Thaïs à se déplacer encore plus au sud vers les royaumes de Pa et Gnio. Ces deux cités furent à leur tour prises par les Chinois en 215 avant JC. L’émigration des Thaïs se poursuivit alors vers le sud (elle dura en fait durant les 5 siècles précédant la naissance du Christ !).


4/ Le royaume Thaï de Ai-Lao (143 v JC – 78 après JC).

La migration des Thaïs durant ces 5 siècles se divisa en plusieurs courants.

- Un groupe d’individus s’installa dans les vallées de l’Irrawaddy et de la rivière Salween. On les appelle « grands Thaïs » ou encore « Shans » ou « Ngios ». A l’époque, ils étaient appelés « Mao Shans » et établirent leur capitale à Muang Pong (ou Mogaung) en 80 après JC.

- Un autre groupe d’individus s’installa au Tonkin.

- Un troisième groupe rejoignit ses frères précédemment installé au Yunnan. Les Thaïs du Yunnan de l’Est et du Sud du Sichuan bâtirent 2 Cités-états indépendantes. Un de ces états fut nommé royaume thaï de Ngai-Lao et l’autre au milieu du Yunnan fut nommé thaï Ai-Lao.
Ces deux groupes appartenaient en fait au seul et même royaume connu sous le nom de Ai-Lao (ou Tian). Sa capitale dans le Sud était Pe-Ngai et le puissant roi Khun Muang le dirigea vers 122 av JC. Ce royaume était alternativement indépendant ou sous la férule de la Chine.

C’est d’ailleurs durant cette période que le Bouddhisme commença à être reconnu comme religion par les Thaïs. L’empereur de Chine Meng-Te envoya en effet une ambassade au prince thaï Khun Luang Mao qui dirigeait la citée de Ngai-Lo à l’intérieur du royaume de Ai-Lao, et le convertit ainsi que ses 553 711 sujets.
Refusant par contre d’être assujetti par la Chine, la cité-état thaï de Ngai-Lao entra en guerre contre cette dernière en 78 après JC. et fut vaincue. Le Nord du royaume thaï d’Ai-Lao devint une partie de la province chinoise du Sichuan.

Après la chute de Ngai-Lao, de nombreux Thaïs émigrèrent à nouveau vers le sud et fondèrent plusieurs foyers dans différentes cités dépendantes de l’état de Pe-Ngai, supervisé par les Chinois. Les officiels chinois devenant de plus en plus oppressifs, les Thaïs reprirent leur indépendance et fondèrent 6 petits états. A cette époque, la Chine était elle-même divisée en 3 royaumes. Celui de Lo-Pi dans le Sichuan avait un premier ministre nommé Kung Ming. Fin politique, il mena une campagne contre les Thaïs du royaume de Ai-Lao (225 après JC) et battit le roi Beng-Hek détruisant les 6 royaumes thaïs.

Cette défaite provoqua une fois de plus le départ de nombreux Thaïs vers le sud à travers la « péninsule dorée » tout comme la mise en place par la dynastie chinoise Tang d’un gouverneur particulièrement répressif à Nanking. Par sa tyrannie, celui-ci provoqua la fuite à grande échelle des Thaïs du Nord qui décidèrent d’aller rejoindre leurs frères au sud (vers 345 après JC).


5/ Le royaume de Nan-Chao (679-1253).

Nous connaissons mieux cette période grâce aux écrits de l’historien chinois Ma Tuan-Lin et son « ethnographie des peuples étrangers » écrit au 13e siècle.

Durant la période chinoise de Nam-Pak (vers 420), la Chine se retrouva dans un état de chaos et de guerres civiles permanent. Le peuple thaï vivant au sud de l’empire était alors dispersé en 6 grandes villes-états plus ou moins indépendantes. Ces 6 villes nommées Meng-sui, Yueh-hsi, Lang-Ch’iung, Teng-Shan (ou Teng-lo), Shih Lang et Meng-she (ou Nong-seh, aujourd’hui Talifu) s’affrontaient régulièrement.

Meng-she devint progressivement plus puissante que les autres et les unifia en un royaume, le Nan-Chao. (2) 14 des rois qui le gouvernèrent nous sont encore aujourd’hui connus :
- Se-Luang (ou She-lung) de Nong-Seh.
- Khun Luang (Hsi-nu-lo) fils de She-lung.
- Yen-ko, petit-fils de Hsi-nu-lo.
- Sheng-lo P’i, jeune frère de Yen-ko.
- P’i-lo-ko, fils de Sheng-lo P’i.
- Khun Luang Fa (Ko-lo-feng) fils adoptif de Yen-ko (Ko-lo-feng eut un fils nommé Feng-chia-i qui mourut avant de devenir roi).
- I-mou-hsun, petit-fils de Ko-to-feng.
- Chuan-lung-sheng, fils de Hsun-ko-chuan.
- Chuan-li, jeune frère de Ch’uan-lung-sheng.
- Feng-yu, jeune frère de Ch’uan-li.
- Chiu-lung, fils de Feng-yu.
- Fa (Phra Chao fa), fils de Chiu-lung.
- Shun-hua, fils de Fa.
(liste des rois interrompue)
- Tuan-ho-yu

A son apogée, le royaume de Nan-chao établit son hégémonie sur l’Annam, le Tonkin, Pyu (Birmanie) et  le Sipsong-Chutui (Laos actuel). Les territoires touchant le Sichuan dans le nord et le Tibet à l’ouest furent également plusieurs fois occupés. L’empereur de Chine lui-même essaya de gagner les faveurs du Nan-Chao. Il accorda la main d’une des princesses impériale au roi Fa. Les Tibétains, quant à eux, essayèrent de s’allier au Nan-Chao pour lutter contre l’impérialisme chinois.

Le Nan-Chao prit sa forme définitive durant le règne de Hsi-nu-lo, qui fonda en 649 le premier véritable royaume thaï (distinct du Ai-Lao). 3 règnes plus tard, le roi P’i-lo-ko (729-746) l’unifia en y rattachant les 5 autres états thaïs. Piloko étendit son influence sur le Sipsong-Chutai (ou royaume des 12 provinces).. Il est connu dans les chroniques Lao sous le nom de Khun Bo-rom qui construisit Muang Thaeng et envoya un de ses fils pour la diriger. C’est un autre de ses fils, Khun Chayapongse qui fonda en 756 la cité du Yonok (Chiang Saen sur le Mékong) dont les habitants sont les ancêtres des Thaïs modernes.

Sous le règne de Ko-lo-feng (746-779), fils de P’i-lo-ko, les armées chinoises furent plusieurs fois défaites. Ko-lo-feng s’allia également avec les Tibétains. Quand le célèbre général chinois d’origine tartare An-lo-shan se révolta contre les lois chinoises, Ko-lo-feng en profita pour s’emparer de Li-kiang, pour occuper les passes de Ch’ing-ch’i-Kuan, envahir les terres chinoises de Chao Yueh-hsi et de Hsun-fu. Plus tard, I-mou-Hsun, petit fils de Ko-lo-feng s’allia avec l’empereur de Chine se retournant cette fois contre les Tibétains. Il les battit, conquit le citée de K’un-ming-ch’eng (Kunming) et fit du Tibet un vassal du Nan-Chao.

Sous les règnes de Chiu-lung, fils de feng-Yu, les relations entre les Thaïs et les Chinois empirèrent. Chiu-lung ne reconnaissant plus l’autorité de l’empereur, il lança ses troupes à l’attaque de la province chinoise du Kangxi qu’il pilla en 861. Il attaqua ensuite l’Annam (Vietnam) et prit la capitale du Tonkin (aujourd’hui Hanoi) en 863. 6 ans plus tard, il lança une nouvelle offensive sur la Chine, prit plusieurs villes mais cette fois dut battre en retraite face aux troupes chinoises qui lui infligèrent des pertes importantes.

Pour mettre fin au conflit, l’empereur de Chine accepta finalement de donner la main de sa fille, la princesse Ngang-Fa à Fa, au fils du roi Chiu-lung. Ce dernier envoya alors 3 de ses meilleurs conseillers à la cour de Chine mais l’empereur les fit empoisonner lors d’un banquet donné en leur honneur. La guerre ne reprit cependant pas mais l’influence chinoise ne cessa plus de s’accroitre au Nan Chao durant les siècles suivants. Finalement, ce fut l’empereur mongol Kubilaï Khan qui en 1253 s’empara définitivement du royaume thaï. De nos jours, des descendants de ces « premiers » Thaïs vivent encore dans ces régions de Chine.


6/ Les Thaïs entrent en Birmanie, au Laos, en Thaïlande.

D’après les chroniques de Sao Sai Mong, les Thaïs du Yunnan entrèrent en Birmanie vers 80 après JC. et s’installèrent à Muang Pong (aujourd’hui Mogaung). Ils furent rejoints les siècles suivants par de nombreux compatriotes arrivant du Yunnan et du Nan-Chao et fondèrent de petits états connus sous le nom d’états Shan. Bien que contrôlant un temps Pagan (1229), les états Shan furent vassalisés par le roi Birman Tabinsweti (1531-1550) et rattaché à la Birmanie à laquelle ils appartiennent toujours.

Lors de leur migration au début de notre ère, de nombreux Thaïs s’essaimèrent également au sud-est des frontières Chinoises. Au Laos, ils construisirent plusieurs localités dont les plus importantes se situaient dans le Sibsong Chutai et dans le Sibsong Panna. Khun-Lo, l’ainé des fils de Khun Borom, roi du Nan-Chao, installa des colonies à Chiengdong Chiengtong (de nos jours Luang Prabang) et à Saifong (Ventiane) fondant le royaume de Lanchang (« pays du million d’éléphants »). (3)

Enfin, comme nous l’avons déjà vu, Khun Chayapongse (connu dans les chroniques thaïes sous le nom de Singhonawat), autre fils de Khun Borom, franchit le Mékong, entra en Thaïlande actuelle et construisit Yonokanagnakorn, la première ville de Chiang Saen en 773. Cette citée allait devenir la capitale d’un des premiers royaumes « thaïs de Thaïlande »…

Mais cela est une autre histoire…



Notes :


(1) Les « vrais » Chinois, quant à eux, ne sont pas originaires de ces régions. A cette époque, leur zone d’habitat se situait probablement près de la mer Caspienne où ils vivaient de chasse et de cueillette. Comme leurs terres n’étaient pas fertiles, ils émigrèrent progressivement vers l’Est à travers les montagnes Tian-Shan vers le bassin de Huang-Ho. Ils s’éparpillèrent et fondèrent plusieurs états-citées et entrèrent en contact avec les Thaïs déjà installés. Quand ils s’organisèrent en une société forte administrativement, ils appelèrent les « Ai-Lao », « T’ai », ce qui veut dire « glorieux » ou « grand ». Ils vécurent alors en bon voisinage avec des frontières communes à Kangsu, Chi chuan et An-Hwai.

(2) Les historiens considèrent aujourd’hui que la fondation du Nan-Chao ne fut pas seulement due à l’activité des thaïs. Elle serait plutôt celle d’un groupe tibéto-birman que les chinois désignaient sous le nom de  « Wu man » (« barbares noirs »). Cette théorie ne concède plus aux thaïs qu’une appartenance à ce royaume et peut être la domination de celui-ci par leurs familles nobles.

(3) Certains Thaïs allèrent jusqu’au Au Vietnam. Ils s’implantèrent dans la région actuelle de Dien Bien Phu où ils résident toujours.
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Manu (de Chiang Mai)

  • Invité
Re : REPORTAGES D'HISTOIRE...
« Réponse #2 le: octobre 04, 2009, 02:05:49 pm »


La Guerre franco-thaïlandaise: 1940-1941.


La guerre franco-thaïlandaise (1940-1941) a opposé la Thaïlande du général Plaek Pibulsonggram et l'État français dans la péninsule indochinoise. Elle précède de quelques mois le déclenchement de la guerre du Pacifique proprement dite.

Les négociations avec la France avant la Seconde Guerre mondiale avaient prouvé que le gouvernement français était disposé à faire des modifications mineures dans les frontières entre la Thaïlande et l'Indochine français. Après la défaite de la France en 1940, le Major-Général Plaek Pibulsonggram, le premier ministre de la Thaïlande, a décidé que la défaite de la France a donné aux Thaïlandais une chance encore meilleure de regagner les territoires perdus pendant le règne du Roi Chulalongkorn.



1/ Le Contexte.

Le 12 juin 1940, le gouvernement thaïlandais avait accepté de signer avec la France un pacte de non-agression mais après la déroute française de 1940, le premier ministre thaïlandais Phibun entrevoit une chance pour la Thaïlande de récupérer les territoires abandonnés à la France durant le règne de Chulalongkorn (provinces de Melou Prei et de Tonlé Repou en 1904, et provinces de Battambang, de Sisophon et de Siem Reap en 1907 qui fut cédé en 1867 contre la reconnaissance du protectorat sur le royaume khmer ; ces provinces furent toutes rattachées au Cambodge), et de venger les humiliations subies en 1893 (rattachement du Laos à l'Indochine française) et 1904.

L’affaiblissement de la métropole rendait le maintien du contrôle français sur l’Indochine hasardeux et difficile. L’administration coloniale, privée d’aide et de renforts, avait été forcée à autoriser les Japonais à s’installer en Indochine française après la prise de Lạng Sơn (offensive des 22-25 septembre 1940). La faible résistance française face à cette invasion convainc le régime de Phibun qu’un affrontement militaire tournerait à son avantage.


2/ Les forces en présence.

Les forces françaises en Indochine étaient composées d'une armée d'approximativement 50 000 hommes, desquels 12 000 étaient français, organisé en 41 bataillons d'infanterie, deux régiments d'artillerie, et d'un bataillon des ingénieurs. La faiblesse la plus évidente de l'armée française était son manque de chars : elle pourrait seulement mettre en place 20 Renault FT-17 contre 134 pour l'armée thaïlandaise.

L'armée de l'air était composée approximativement de cent avions, dont environ soixante pouvaient être envoyés en première ligne. Ceux-ci se sont composés de 30 Potez 25, de quatre Farman 221s, de six Potez 540, de neuf Morane-Saulnier M.S.406, et de huit Loire 130.

L'armée thaïlandaise était relativement bien équipée. Elle se composait d'environ soixante mille hommes, divisé en quatre armées, la plus grande était l'armée de Burapha avec ses cinq divisions. Les formations indépendantes sous la commande directe du haut commandement d'armée ont inclus deux bataillons motorisés de cavalerie, un bataillon d'artillerie, un bataillon des transmissions, un bataillon d'ingénieur et un régiment blindé. L'artillerie avait à disposition un mélange de Krupp âgé, d'obusiers Bofors modernes et des pistolets de champ, alors que soixante chenillettes Carden-Loyd et trente Vickers 6-Ton composaient l'arme blindée.

 
3/ Déclenchement et opérations.

Après des manifestations nationalistes et anti-françaises à Bangkok, des escarmouches frontalières se succèdent le long du Mékong.

L’aviation thaïlandaise, supérieure en nombre, bombarde de jour Vientiane, Sisophon, et Battambang en toute impunité. Les forces aériennes françaises tentent des raids en représailles, mais les dégâts causés à la Thaïlande sont bien moindres. L’amiral Jean Decoux, gouverneur général d’Indochine, reconnaît d’ailleurs que les aviateurs thaïlandais pilotaient comme des hommes ayant plusieurs campagnes à leur actif. En décembre 1940, la Thaïlande occupe Pak-Lay et le Bassac.

Début janvier 1941, le Burapha Thai et les armées Isaan lancent une offensive sur le Laos et le Cambodge. La résistance française est immédiatement en place, mais de nombreuses unités sont surpassées par les forces thaïlandaises, mieux équipées. Les Thaïlandais occupent rapidement le Laos, alors qu’au Cambodge la résistance française est meilleure.

Le 16 janvier, la France lance une large contre-offensive menée par le 5e régiment étranger d'infanterie sur les villages thaïlandais de Yang Dang Khum et de Phum Préav, où se déroulent les plus féroces combats de la guerre. La contre-attaque française est bloquée et s’achève par une retraite, mais les Thaïlandais ne peuvent poursuivre les forces françaises, leurs chars ayant été cloués au sol par les canons anti-char français.

 
4/ Bataille de Koh Chang.

Alors que la situation à terre est critique pour la France, l’amiral Jean Decoux donne l'autorisation à l'amiral Terraux, commandant la Marine en Indochine, d'exécuter une opération contre la Marine thaïlandaise.

L'ordre est donné aux navires de guerre disponibles d’attaquer dans le golfe de Thaïlande. Une reconnaissance aérienne est effectuée le 16 janvier à Satahib (pointe Est de la baie de Bangkok) et à Koh Chang.

Au matin du 17 janvier 1941, le « groupe occasionnel », flotte de circonstance formée du croiseur Lamotte-Picquet, des avisos coloniaux Dumont d'Urville, Amiral Charner et des avisos Marne et Tahure, placé sous le commandement du capitaine de vaisseau Régis Bérenger, commandant le croiseur Lamotte-Picquet, attaque les navires thaïlandais à Koh Chang.

Bien que la flotte ennemie la surclasse en nombre — et de loin —, l'opération de la marine française, menée avec brio, s'achève par une victoire complète. À l'issue du combat, qui dure presque deux heures, le bilan est lourd côté thaïlandais. Les torpilleurs Chomburi et Songkla sont coulés. Le garde-côtes cuirassé Dombhuri chavire, en flammes. Une bonne partie de la flotte de guerre thaïlandaise est détruite.

Le bilan des pertes humaines diverge selon les sources. Selon la marine française, plus de 300 hommes sont morts du côté thaïlandais et il n'y a guère que 80 survivants.

C'est une victoire importante: la bataille de Koh Chang est la dernière bataille navale remportée par la France et la seule victoire navale remportée par la France au cours des deux guerres mondiales.

Cependant, le 24 janvier, la bataille aérienne finale a lieu lorsque l’aéroport français d’Angkor est atteint par un raid des bombardiers thaïlandais.

 
5/ Conclusion et conséquences.

La guerre fait selon certaines sources environ 3 400 morts. Ce bilan diverge selon les sources.

Le Japon, désireux de s'assurer la collaboration militaire de la Thaïlande, intervient rapidement en médiateur dans le conflit. Un ultimatum impose d'abord aux deux belligérants un armistice, proclamé le 28 janvier. Le 9 mai, la France, sous contrainte japonaise, signe un traité de paix, par lequel elle abandonne les provinces de Battambang et Siem Réap, prises au Cambodge, de Champassak et Sayaburi (prises au Laos qui cède ainsi les territoires sur la rive droite du Mékong) soit un territoire de plus de 50 000 km2 habité par 420 000 personnes. Ce traité est suivi d’un autre entre la France et le Laos le 21 août.

Cette annexion provoque, en juillet 1941, l’imposition par les États-Unis d'un embargo sur les livraison de pétrole vers le Japon et la création, avec l'aide des services secrets anglo-saxons, du Thaï Séri (les Thaïs libres), organisation clandestine anti-japonaise.

Le gouvernement thaïlandais promet oralement aux Japonais de leur laisser le passage sur son territoire dans le cadre de l'attaque sur la Malaisie prévue par l'Empire.

Le 8 décembre 1941, la Thaïlande n'ayant toujours pas répondu aux demandes japonaises, le Japon décide de passer outre et, afin de pouvoir passer en Malaisie, envahit le territoire de la Thaïlande. Cette invasion se conclut par la bataille de Prachuab Khirikhan et un cessez-le-feu quelques heures plus tard, puis la Thaïlande s’allie au Japon.

Les territoires annexés par la Thaïlande ne sont restitués à la France qu'en novembre 1947, qui ne les conserve pas longtemps, car les territoires d'Indochine obtiennent l'indépendance peu après. La faiblesse que la France a révélé est un des facteurs de cette décolonisation.


6/ Les pertes.

L'armée française eut un total de 321 tués, dont 15 étaient des officiers. Après le 28 janvier, elle avait 178 disparus (6 officiers, 14 sous-officiers, et 158 hommes enrôlés). Les Thaïlandais avait capturé 222 hommes (17 Nord-africains, 80 Français, et 125 Indochinois).

L'armée thaïlandaise eut un total de 54 tués et 307 blessés. 41 marins et soldats de la marine thaïe ont été tués, et 67 ont été blessés. À la bataille de Ko Chang, 36 hommes ont été tués, dont 20 ont appartenant à HTMS Thonburi, 14 à HTMS Songkhla, et 2 à HTMS Chonburi. L'Armée de l'Air thaïlandaise a perdu 13 hommes. Le nombre de militaires thaïlandais capturé par les Français est de 21.

Environ 30% des avions français ont été rendus inutilisables vers la fin de la guerre, une partie en raison de dommages mineurs iréparés dus à des raids aériens. L'Armée de l'Air a admis la perte d'un Farman F221 et deux Morane-Saulnier MS.406 détruits au sol, mais en réalité ses pertes étaient plus grandes.

Au cours de sa première expérience de combat, l'Armée de l'Air Royale thaïlandaise a prétendu avoir abattu cinq avions français en l'air et dix-sept détruits au sol, pour la perte de trois de ses propres avions dans le ciel et de cinq à de dix détruits dans des raids aériens français sur les terrains d'aviation thaïs.


Citer

  FICHE TECHNIQUE : La Guerre franco-thaïlandaise

  Informations générales :

  - Date : Octobre 1940 - 9 mai 1941

  - Lieu : Indochine
  
  - Issue : Médiation du Japon qui aboutit à un cessez-le-feu.


  Belligérants :
 
  - État français (Vichy) Indochine française  
  - Thaïlande


  Commandants :
 
  Jean Decoux (France)  -  Plaek Pibulsonggram (Thaïlande)


  Forces en présence :
  
  - Thaïlande

    * Terre : 60 000 hommes assez bien équipés (matériel américain)
       300 000 hommes sont mobilisables en cas de nécessité.

    * Air : 150 appareils environ dont des biplans Vought et des Curtiss Hawk 75

    * Mer : 2 gardes-côtes cuirassés (2300 t, 15,5 nds, 4 X 203 mm)
               - Sri Ayuthia (lancé en 1937, construit au Japon, appelé parfois Ahidéa)
               - Dhonburi (lancé en 1938, construit au Japon)

              2 canonnières cuirassées (900 t, 2 X 152 mm)

              9 torpilleurs classe Phuket (470 tonnes, 31 nds, 3 X 75 mm, construit en Italie)
              dont : Chonbury (lancé en1937), Songhkla (1937) et Trad ou Trat (1935)

              2 patrouilleurs classe Kantan (110 tonnes, 19 nds, 1 X 75 mm, lancés en 1937)

              2 avisos classe Tachin (2000 t, 17 nds, 4 X 105 mm, lancés en 1936)

              4 sous-marins classe Sinsamudar (430 t, fabrication japonaises)


  - France :

    * Terre : 50 000 hommes pour toute l'Indochine (dont 12 000 européens)
                 Armement dépassé datant de 14-18
                 Peu de stock (en particulier en munitions)

    * Air : environ 80 appareils dépassés
             20 MS 406 (la plupart sont immobilisés faute de pièces de rechange)

    * Mer : 1 croiseur léger de 8000 tonnes classe Duguay Trouin
               - Lamotte-Picquet (8 X 155 mm, 33 nds, lancé en 1924)

               2 avisos coloniaux de 2 200 tonnes, classe Dumont d'Urville
               - Dumont d'Urville (16 nds, 3 X 138 mm, lancé en 1931)
               - Amiral Charner (16 nds, 3 X 138 mm, lancé en 1932)

               2 avisos anciens
               - Marne (600 t, 21 nds, 2 X 65 mm, lancé en 1918 )
               - Tahure (850 t, 20 nds, 2 X 138 mm, lancé en 1919)

               1 sous-marin de 1 500 tonnes classe Redoutable.


  Pertes :

  - France : 321 tués ou blessés, 178 disparus, 222 prisonniers, 22 avions détruits

  - Thaïlande : 54 tués, 307 blessés, 21 prisonniers, 8 à 13 avions détruits





Photos:

1/ Les Officiers Thaïlandais pris en photos juste avant le conflit. ils portent la tenue vert-olive et le casque français de modèle Adrian.

2/ et 3/ Légionnaires en tenue de campagne modèle Indochine 1940-1941. Le 5e Régiment Etranger d'Infanterie va être au centre des combats contre les Thaïlandais.

4/ Les marsouins (Troupes de Marine) montent au front sur la frontière cambodgienne.

5/ Le Char léger type 95 d'origine japonaise qui fut le fer de lance de l'offensive thaïlandaise sur le Cambodge.

6/ Le canon antichar de 25 mm que les Français opposèrent au char type 95.
IP archivée

Manu (de Chiang Mai)

  • Invité
Re : REPORTAGES D'HISTOIRE...
« Réponse #3 le: octobre 04, 2009, 02:21:11 pm »


La Guerre franco-thaïlandaise: 1940-1941 : photos des combats...

7/ L'Adjudant Thongkham Blengkam à bord de son Faucon 75N abbat le Morane 406 du Chef-sergent Laboussière au dessus du terrain d'aviation Angkor le 10 janvier 1941.  

8/ La mort du lieutenant de Cros Peronard, chef de section à la 9ème compagnie du 3ème bataillon du 5ème REI à Phum Preav, le 16 Janvier 1941 (dessin de Louis Rollet).

9/ Les corps des soldats français tués au combat de Phum Preav.
IP archivée

Manu (de Chiang Mai)

  • Invité
Re : REPORTAGES D'HISTOIRE...
« Réponse #4 le: octobre 04, 2009, 02:32:51 pm »


La Guerre franco-thaïlandaise: 1940-1941 : La fin du conflit...

1/ Les Légionnaires capturés par les Thaïlandais lors du combat de Phum Preav arrive à la gare Hua Lamphong de Bangkok.

2/ L'Amiral Yuthasartkosoln, le Major General Phibunsongkhram, premier ministre, et le Colonel Luang Swasdironarong posent avec le fanion de la compagnie de Légion capturé au combat de Phum Preav.

3/ Le Major General Phibunsongkhram decore le Major Khun Nimmankolnlayuth pour son héroique conduite lors du combat de Phum Preav. La cérémonie se déroule dans un village à 20 kilomètres de Sisophon juste après la fin du conflit.

4/ La citation à la Crois de Guerre du 3ème bataillon du 5e REI pour sa conduite lors du combat de Phum Preav.

5/ La carte des frontières entre la Thaïlande et l'Indochine Française après le conflit de 1940-41.
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Manu (de Chiang Mai)

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« Réponse #5 le: octobre 04, 2009, 05:13:24 pm »


La bataille de Koh Chang (janvier 1941)


1/ Préambule

Au début de la guerre, le Japon qui supporte mal la présence française en Indochine et qui souhaite profiter de la défaite française de 1940, pense pouvoir réaliser ses rêves expansionnistes avec l'appui de son allié siamois.

La Thaïlande qui négociait avec la France un pacte de non-agression depuis plusieurs mois, déclare brutalement en juin 1940 que la signature d'un tel traité n'a plus raison d'être. Dès la fin de 1940, le Siam, qui revendique la souveraineté sur tous les territoires situés à l'est du Mékong, masse ses troupes aux frontières du Cambodge, et commence une série de provocations et d'incursions sur le territoire du Protectorat. Nos forces réagissent avec vigueur et ainsi s'établit un véritable état de guerre.

Il apparaît alors clairement que si la Marine siamoise n'était pas encore entrée en action, c'est qu'elle allait le faire très bientôt. Pourtant jusqu'à ce mois de janvier 1941, les opérations françaises contre le Siam s'étaient bornées à des opérations défensives... Mais pour l'amiral Decoux, Gouverneur général de l'Indochine, il était temps de prendre les devants. Le 15 janvier il donne son feu vert à l'amiral Terraux, commandant la Marine en Indochine, pour exécuter une opération contre la Marine siamoise qui devait aboutir au combat de Koh Chang.


2/ Les Forces en présence

Thaïlande :
- Garde-côtes cuirassés : Ayuthia - Dombhuri
- Torpilleurs : Phuket - Pattani - Surasdra - Chandhaburi - Rayong - Chumporn - Chomburi - Songkla - Phra-Ruang
- Avisos : Maikron - Tahchin
- Sous-marins : Maichanu - Wirun - Sinsamudar - Prichunboon
- Mouilleurs de mines : Bangrachan - Nonsaraï

France :
- Croiseur : Lamotte-Picquet
- Avisos coloniaux : Dumont d'Urville - Amiral Charner
- Aviso : Tahure - Marne

la Marine siamoise à Koh Chang est bien supérieure à la division navale française d'Indochine et cela, aussi bien en tonnage (16 600 tonnes contre 12 500 pour la France) qu'en hommes (2300 contre 950).

Les garde-côtes cuirassés type Dombhuri sont aussi d'un modèle très récent (mis en service en 1938) ainsi que les torpilleurs de type Trat (mis en service de 1935 à 1937). Face à eux, la flotte française est âgée...

De plus les côtes siamoises sont fort mal connues, les fonds ne sont pas sains et les risques d'échouages sont importants.

L'issue de la bataille est très incertaine !


3/ L'engagement

Le groupe occasionnel, formé du croiseur Lamotte-Picquet, des avisos coloniaux Dumont d'Urville, Amiral Charner et des avisos Marne et Tahure, est placé sous le commandement du capitaine de vaisseau Bérenger, commandant le croiseur Lamotte-Picquet. Le CV Bérenger connaissait bien l'Extrême-Orient, il y avait commandé en second, en 1911, de petits torpilleurs, puis en 1929, l'aviso Marne.

Le croiseur Lamotte-Picquet parti faire le plein de carburant dans la matinée du 15, rallie les avisos dans la soirée au mouillage dans la baie sud-ouest de Poulo Condore. Vers 21h00, le groupe appareille et se dirige vers le golfe de Siam à 13.5 noeuds (vitesse maximum de route des avisos).

Dans la matinée du 16 janvier des reconnaissances aériennes sont effectuées et rapportent de précieux renseignements sur les positions des bâtiments siamois :

- à Satahib (pointe Est de la baie de Bangkok) : 1 garde-côte cuirassé, 4 torpilleurs, 2 sous-marins, 2 bâtiments légers ;
- à Koh Chang : 1 garde côte cuirassé, 3 torpilleurs.

Le CV Bérenger décide de concentrer ses forces sur Koh Chang et adresse le message suivant aux bâtiments placés sous ses ordres : "Attaque au jour des bâtiments au mouillage sud de Koh Chang. Présentation dans le sud-ouest de Koh Kra au jour. Dislocation sur ordre pour gagner rapidement secteurs de tirs répartis comme suit : section Tahure - Marne entre Koh Chang et Koh Kra, section Dumont d'Urville - Amiral Charner entre Koh Kra et Koh Klum, Lamotte-Picquet entre Koh Klum et îlots Koh Chan. Ouverture du feu dès que visibilité le permettra. La désignation des objectif se fera sur place si possible. Décrochage au signal. Dégagement des avisos se fera dans le sud-ouest."


4/ Les choses se compliquent !

Le 17 janvier à 5h45, l'ordre de dislocation est donné, l'action devant commencer à 6h15. Le Lamotte-Picquet n'avait pu embarquer son hydravion, car ce dernier, comme tous les appareils de l'aviation embarquée, avait été remis à Catlaï pour y compléter une escadrille aux ordres du LV Gaxotte. Cette escadrille (dont deux Loire 130) était basée à Réam depuis le début des hostilités. C'est un Loire 130, parti de Ream et piloté par le LV Plainemaison qui survole le site de Koh Chang à 6h05. Mais surprise, c'est cinq unités qu'il aperçoit dont deux garde-côtes cuirassés au lieu d'un. En fait, ce sont les deux torpilleurs Chomburi et Songkla. Les trois autres sont le Dombhuri, le Nonsaraï et le Thieu Tok.

Ce n'était pas prévu au programme ! L'aéronef est repéré, et se retrouve sous le feu violent de 76 CA. Il parvient néanmoins à regagner la base sans dommage.

Je reprends ici le récit du médecin major de l'Amiral Charner, le MDA J.Billiottet : "Le temps est calme, le ciel est clair, et nos bateaux qui sont maintenant à pied d'oeuvre, se profilent nettement sur l'horizon dégagé alors que l'ennemi, dissimulé dans la grisaille du petit matin et se confondant avec la terre, est encore mal visible."


5/ Les Siamois ouvrent le feu les premiers.

Alertés, les deux torpilleurs siamois ouvrent le feu à 6h14. Les deux sections d'avisos ripostent presque immédiatement. Les premiers coups, tirés à 12500 mètres par les avisos coloniaux furent longs mais n'en furent pas moins très utiles.

Le Lamotte-Picquet tire sa première salve de 155 à 6h19, à 10000 m des bâtiments siamois, puis à 6h20, il lance une gerbe de 3 torpilles, et ouvre dans le même temps le feu avec ses 75 à grand débit sur un torpilleur. De 6h25 à 6h35, les deux artilleries (155 et 75) concentrent leur feu sur un second torpilleur, le premier ayant été durement touché dès les premiers coups de 155.

Selon le contre-amiral Romé, à l'époque embarqué sur le Lamotte-Picquet en tant qu'enseigne de vaisseau, c'est la première salve du Lamotte-Picquet qui aurait détruit un poste d'observation situé à terre et relié téléphoniquement à Chantaboun. Le télémétriste du Lamotte-Picquet avait cru voir le chiffre 11 (numéro de coque du torpilleur Trat), ce qui crée une certaine confusion. En fait, il s'agissait peut être seulement des pignons de maisons du poste, touchés par la première salve trop longue.

Pris sous le feu des cinq bâtiments français, les deux torpilleurs siamois auront durement encaissé entre 6h19 et 6h37. L'un deux explose presque immédiatement. De 6h37 à 7h00, les quatre avisos qui se sont rapprochés entre 5000 m et 8000 m de l'adversaire, concentrent leur feu sur les les torpilleurs qui chavirent et coulent la quille en l'air. La colonne de fumée atteint trois ou quatre cents mètres.

Il ne reste plus rien sur rade. La première phase de l'engagement est terminée. Ayant laissé le soin aux avisos d'achever les torpilleurs, le Lamotte-Picquet manoeuvre pour reprendre la vue du mouillage.


6/ L'agonie du garde-côte cuirassé Dombhuri

A 6h38, le Lamotte-Picquet aperçoit, entre les îles et à 4000 m un garde-côtes faisant route au nord-est et l'engage immédiatement avec ses 155. C'est le Dombhuri. Celui-ci fait tête, évolue sans arrêt avec une vitesse de giration très grande et essaie de dérégler le tir des français en se cachant derrière les îles. Son propre tir est lent mais précis en direction.

Le Lamotte-Picquet évolue constamment à 27 noeuds, ses hélices brassent la vase mais sans pénétrer dans le fond inférieur à 10 mètres. Il serait plus que téméraire pour lui de continuer à évoluer sur des petits fonds totalement inconnus. Le commandant Bérenger décide donc, à contre-coeur, de s'éloigner de son adversaire en revenant vers l'ouest. Le Dombhuri, sur lequel plusieurs incendies se sont déclarés, fait route au sud-ouest pour se cacher derrière les îlots mais, chaque fois qu'il apparaît dans un créneau, le Lamotte-Picquet reprend le tir.

A 7h15, les avisos ouvrent le feu à leur tour sur le Dombhuri et le touchent à plusieurs reprises. Le Lamotte-Picquet voulant les soutenir contre la riposte dangereuse du garde-côte se place entre eux et ce dernier, et reprend son tir à grand débit pendant un quart d'heure d'affilée.

Trois incendies au moins dévorent le Dombhuri qui ne tire plus qu'avec sa tourelle avant, manifestement maniée à bras et seulement quand les mouvements du bâtiment la mettent en direction. Il est gîté sur tribord avec son château en feu et son arrière est enfoncé, l'avant relevé.

A 7h50, le CV Bérenger ordonne aux avisos de se retirer et le Lamotte-Picquet cesse lui-même le feu à 8h00. Il est en effet impossible de continuer à poursuivre le Dombhuri, blessé à mort, dans les eaux peu profondes où il s'est réfugié, derrière les îlots. En outre, il est à prévoir que les attaques aériennes ne vont pas tarder à se produire.


7/ Tout le monde attend la riposte aérienne.

A 8h30, tous les bâtiments du groupe sont en mer libre vers l'ouest. Tout le monde attend maintenant la riposte aérienne en s'étonnant qu'elle n'ait pas encore eu lieu. Le groupe navigue perpendiculairement à la côte. Les avisos, placés sous le commandement du Dumont d'Urville, marchent à 13 noeuds. Le Lamotte-Picquet, placé comme un bâtiment hors rang, navigue à la vue du groupe.

A 8h58, un biplan Vought Corsair attaque le Lamotte-Picquet dans le soleil. Une bombe tombe par le travers de bâbord milieu. Une autre la suit, plus loin, sur l'arrière, tandis qu'un deuxième appareil largue les siennes à 200 m du bord. Plusieurs éclats ont été trouvés sur le Lamotte-Picquet, mais après le combat et largement avant l'attaque aérienne. Ils provenaient probablement des obus CA (contre-avions) tirés par les torpilleurs siamois quand, surpris par notre arrivée, ces derniers ont tourné leurs pièces de l'hydravion français vers le croiseur (en oubliant peut être de modifier les munitions utilisées)

A 9h00, une bombe manque l'Amiral Charner de 500 m. Jusqu'à 9h40, d'autres avions, d'ailleurs peu nombreux, groupés par deux ou isolés essaient de gagner des positions d'attaque dans le soleil ou sont aperçus, survolant les bâtiments à 3000 m d'altitude.

Chaque fois, la vigueur de la défense anti-aérienne de tous les bâtiments, 75 et mitrailleuses de 13.2, les décourage et les force à s'éloigner rapidement ou à renoncer à leur piqué, parfois en se débarrassant de leurs bombes à plusieurs milliers de mètres de nos bateaux.


8/ Bilan et enseignements

Le bilan est particulièrement lourd côté siamois. Les torpilleurs n°32 Chomburi et n°33 Songkla ont été coulés. Le garde-côte Dombhuri a chaviré au large du feu de Lem Ngoz. Les pertes en hommes sont effroyables, sur les quatre premiers bâtiments, vraisemblablement 300 hommes, dont plus de 80 sur les torpilleurs. Seuls 82 survivants seront sauvés. Au total, c'est un quart de la flotte de guerre siamoise qui a été détruit ou mis hors de combat pour longtemps. Du côté français, on ne déplore aucune perte, aussi bien en hommes qu'en matériel.

Qu'est-ce qui peut expliquer une victoire aussi éclatante ? Car, contrairement à ce que l'on pourrait penser, l'effet de surprise de l'attaque française a été raté. Il semble que des veilleurs installés sur les îles aient signalé la présence de notre flotte. De plus l'hydravion Loire a mis en alerte tous les bâtiments siamois au mouillage. Trois facteurs, je pense, ont contribué à la vistoire de Koh Chang :

Un brillant stratège, le CV Bérenger : Placé devant un choix tentant, il résiste à la tentation d'essayer de détruire en deux attaques séparées la flotte siamoise. Lorsque l'on analyse de près l'ensemble des choix du commandant, on se rend compte combien sa lucidité est grande. Le bon sens et la simplicité conduisent son action, ce qui dans l'urgence des combats est loin d'être toujours évident.

La qualité et l'entraînement des équipages : De notre côté, les bâtiments sont servis par des équipages enthousiastes et parfaitement entraînés. Malgré l'âge certain du matériel, ils firent preuve jusqu'à la fin de l'engagement d'un sens manoeuvrier et d'un esprit de combativité dignes d'éloges.

La chance : Si les premiers obus tirés par le Lamotte-Picquet n'avaient pas détruit le poste de guet terrestre relié téléphoniquement à la base ennemie, l'intervention de l'aviation siamoise aurait eu sans doute lieu plus tôt et, en plein combat naval, ceci aurait été extrêmement gênant pour nos bâtiments. On sait également aujourd'hui que le Dombhuri encaissa dès la première phase du combat un coup heureux du Lamotte-Picquet qui tua son Commandant et l'officier de manoeuvre à la passerelle. A noter que la veille, avait eu lieu la relève du groupe Ayuthia (un garde-côte et trois torpilleurs) par le groupe Dombhuri (même composition). A un jour près, notre escadre aurait pu tomber sur deux garde-côtes et six torpilleurs, ce qui lui aurait sensiblement compliqué la tâche.

La France ne put profiter des résultats de la bataille de Koh Chang. Le Japon, le 20 janvier 1941, décidait de mettre fin aux hostilités entre Français et Siamois en proposant ses "bons offices aux deux belligérants". L'amiral dut accepter la cessation des hostilités sous la menace d'un ultimatum japonais auquel l'Indochine française était incapable de faire face militairement. Après de difficiles discussions les diplomates français devaient admettre, le 11 mars, les termes d'un compromis peu avantageux pour la France.


Citer

  FICHE TECHNIQUE : La Bataille de KO CHANG

  Informations générales :

  - Date : 16 - 17 janvier 1941

  - Lieu : Golfe de Thaïlande
  
  - Issue : Victoire française


  Belligérants :
 
  - État français (Vichy) Indochine française  
  - Thaïlande


  Commandants :
 
  Régis Bérenger (France)  -  Luang Phrom Viraphan (Thaïlande)


  Forces en présence :
  
  - France : 1 croiseur léger, 4 avisos. Un total de 12 500t de tonnage
  
  - Thaïlande : 2 Garde-côtes cuirassés, 9 Torpilleurs, 2 Avisos, 4 Sous-marins, 2 Mouilleurs de mines. Un total de 16 600 t de tonnage.


  Pertes :

  - France : - - -

  - Thaïlande : 3 torpilleurs (Chomburi, Songkla, Trat), 2 garde-côtes cuirassés (Dombury, Sri Ayuddaya), 36 morts





Photos:

1/ carte de la bataille de Ko Chang

2/ Le CV Béranger commandant l'escadre française

3/ Le croiseur La Motte Picquet

4/ Le Dombhuri est touché à mort... Il coulera un peu plus tard.

5/ Le torpilleur Songkla est en feu...

6/ Sur la passerelle de commandement du La motte Picquet, le CV Béranger donne ses ordres...
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Manu (de Chiang Mai)

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Re : REPORTAGES D'HISTOIRE...
« Réponse #6 le: octobre 04, 2009, 05:58:05 pm »


La bataille de Ko Chang (photos suite):

1/ L'ordre du jour de victoire.

2/ La Cérémonie de remise de Légion d'honneur après la bataille.

3/ La garde au drapeau lors de la cérémonie célébrant la victoire française de Ko Chang

4/ Les marins thaïs essayant d'éteindre le feu à bord du HTMS Dhonbury

5/ Les marins du HTMS Chnag sauvant les marins du HTMS Dhonbury

6/ L'équipage du Lamotte-Picquet après la victoire de Ko Chang
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Rugby15

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Re : REPORTAGES D'HISTOIRE...
« Réponse #7 le: octobre 05, 2009, 12:26:07 pm »

bien manu, je sais pas où tu l'as trouvé ton certif. de Marine de 1941 mais tu m'en feras une copie ca vaut de l'or un truc comme ca
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"En avant poussez, poussez, les Avants de Bayonne..."

Manu (de Chiang Mai)

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Re : REPORTAGES D'HISTOIRE...
« Réponse #8 le: octobre 21, 2009, 07:59:56 am »


Le Royaume Lan Na Thaï


1/ Introduction :

Le terme Lan Na désigne le royaume thaï qui s'établit au 13ème siècle au nord de l'actuelle Thaïlande. Il semble avoir été utilisé pour la première fois durant le règne de Phaya Kuena (roi Kuna) et non sous Mangrai son fondateur historique, mais c'est durant le règne de Tilokarat (1441-1447) que son emploi se généralisa; à partir de cette époque, les souverrains commençèrent à être nommé "Thao Lan na" ou "Thao Phaya Lan na" par les officiels et "Chao Lan Na" par la population.

Sous le règne de Phaya Samfangkaen (1402-1441), les villes commençèrent également à être préfixée de ce terme et les noms de "Lan Na Chiang Saen" et "Lan Na Chiang Mai" ont pu ainsi être retrouvés dans les écrits de l'époque.

De nos jours, on parle de culture Lan Na, d'architecture Lan Na ou encore d'art Lan Na afin de désigner le style spécifique qui se développa dans le nord de la Thaïlande du 13ème au 19ème siècle et plus particulièrement entre Chiang Mai, Chiang Rai et Chiang Saen.


2/ Histoire :

C’est à la fin du 13ème siècle que le roi Mangrai fonda le royaume du Lan Na Thaï (« royaume du million de rizières ») qui allait dominer la Thaïlande du nord jusqu’au début du 16ème siècle.
  
Le prince Phaya Mangrai (1239-1311) succéda à son père, souverain du petit royaume de Ngoen Yang (l’actuelle Chiang Saen) en 1261. L’année suivante, il construisit la ville de Chiang Rai et mit en œuvre une politique de conquêtes. Allié à deux autres souverains thaïs, Rama Kamheng de Sukhothai et Ngam Muang de Phayao,  il profita alors de la décadence de l’empire Khmer pour s’emparer successivement de Chiang Kong sur le Mékong en 1269, de Fang et de la haute vallée de la rivière Kok en 1273 ainsi que de la citée Mône d’Haripunchai (l’actuelle Lampun) en 1281.  A la suite à cette victoire lui ouvrant la vallée de la rivière Ping, il déplaça sa capitale au Wiang Kum Kam vers 1288. Cette cité subissant de régulières inondations, il entreprit de bâtir une nouvelle cité dans une vallée fertile plus proche de la montagne. Chiang Mai (« La ville nouvelle ») naquit en 1296 et devint rapidement un centre urbain dynamique et prospère.
  
Abandonnée quelques années par le roi Saen Phu (1325-1334)  qui lui préférait Chiang Saen afin de contrôler plus efficacement le Mékong, Chiang Mai redevint la capitale du Royaume sous le règne de Phayu (1336-1355) qui y fit bâtir le temple Wat Phra Sing en 1345. La montée sur le trône de son fils Kuena (ou Kuna, 1355-1385) inaugura l’âge d’or du Lan Na. Ce dernier, ainsi que ses successeurs Saenmuangma et Samphrayafangkaen favorisèrent l’expansion du Bouddhisme et mirent en chantier de nombreux temples et monastères (dont le célèbre Wat Phrathat Doi Suthep en 1371).
  
Le roi Tilokarat (1441-1487) considéré comme le plus grand souverain du Lan Na, étendit encore ses frontières en s’empara de Nan en 1449. Il régna bientôt sur un vaste état constitué par la Thaïlande du nord, le nord-ouest du Laos, l’est de la Birmanie et le Xishuangbanna au sud du Yunnan chinois. Insigne honneur, Chiang Mai fut choisie en 1477 pour accueillir le huitième concile bouddhique qui commémorait les deux mille ans d’existence de la religion théravada.
  
Au siècle suivant, la constitution du puissant royaume birman de Toungou et de nombreux conflits internes sonnèrent le glas du Lan Na. En 1558, Phraya Maeku (ou Mekuti, 1551-1564), monarque impopulaire et oppressif, devint le vassal du roi Bayinnaung à qui il dut payer un tribut, mais qui le fit néanmoins remplacer par la reine Wisuthithevi (1564-1578). Deux siècles d’occupation birmane s’ensuivirent malgré la brève reconquête de Chiang Mai par le roi thaï Naresuan en 1598. Les Birmans instaurèrent un contrôle direct sur le Royaume thaï du nord qui fut dirigé par des gouverneurs birmans de 1578 à 1774. En 1660, le roi Naraï d’Ayutthaya reprit une nouvelle fois Chiang Mai qui devint indépendante en 1727 mais ne put résister longtemps à la pression birmane. La ville retomba aux mains de l’occupant en 1763, fut lourdement taxée et vit une partie de sa population déplacée. Quatre ans plus tard, les Birmans rasèrent la ville d’Ayutthaya, ce qui marqua la fin du grand royaume thaï du même nom.
  
La reconquête débuta une décennie plus tard. Le roi du Siam Thaksin, après avoir réunit une puissante armée reprit le contrôle du centre du pays à partir de 1769. Au Nord, son général Chao Phraya Chakri aidé de Phraya Chaban et de Chao Kawila défirent les Birmans à Lampang puis reprirent Chiang Mai en 1774. Kawila reçut alors pour mission de reconstruire la cité et de poursuivre la guerre contre les Birmans. Chao Phraya Chakri qui était devenu roi du Siam en 1782 sous le nom de Rama 1er le nomma officiellement seigneur du Lan Na en 1802, fondant ainsi la dynastie Chao Chet Ton (1782-1939). Installant sa capitale à Chiang Mai en mars 1796, Kawila entreprit alors de fortifier la ville   puis mena plusieurs offensives vers les cités encore occupées par les Birmans. Chiang Saen fut la dernière ville libérée en 1804, après un siège d’une grande violence.
  
Au début du 19ème siècle, Chiang Mai devint un important centre de commerce régional. Après l’application du traité Bowring en 1855 qui réduisait les taxes de douanes pour les sujets britanniques et abolissait le monopole royale sur l’opium, de nombreux négociants anglais s’implantèrent dans la région afin d’exploiter les forêts de teck. L’arrivée des Européens obligea le roi du Siam Chulalongkorn (Rama V, 1868-1910) à reprendre le contrôle de son vassal et les régents du Nord perdirent peu à peu leur indépendance ainsi que leur pouvoir économique à la fin du 19ème siècle. En 1880, le Lan Na fut inclus à l’administration territoriale siamoise et devint le monthon (sous division provinciale) Phayap.
  
Entre 1885 et 1892, Le Royaume Lan Na se vit une nouvelle fois amputé d’une partie de ses territoires. Les Britanniques, victorieux lors de la troisième guerre anglo-birmane, s’emparèrent des muang Shan et Karenni formant sa frontière est, afin de les intégrer à leur colonie. Entre 1893 et 1903, les Français imposèrent au Siam la cessation de Luang Prabang ainsi que des terres situées à l’est du Mékong, plaçant sous leur influence directe la ville de Nan et sa riche vallée.
  
Le roi Chulalongkorn et ses successeurs n’en poursuivirent pas moins leurs réformes afin de moderniser le Lan Na. L’intégration économique au Siam devint effective avec l’ouverture de la ligne de chemin de fer Bangkok-Chiang Mai en 1921. Elle permit d’augmenter les échanges commerciaux de façon considérable. En 1932, Chiang Mai devint une province siamoise, ce qui marqua la fin de l’indépendance du royaume.


Photos:

1/ la carte du Royaume Lan Na, ces villes et ses fleuves principaux.

2/ La récolte du riz dans le Lan Na en 1882.

3/ Une paysanne du Lan Na en 1902 à Chiang Mai.

4/ Vendeuse auprès du temple Wat Phra Sing de Chiang Mai en 1926.

5/ Le roi Mangrai, fondateur du royaume Lan Na.

6/ Le roi Kuna qui fit construire le temple du Doi Suthep de Chiang Mai.
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Manu (de Chiang Mai)

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Re : REPORTAGES D'HISTOIRE...
« Réponse #9 le: octobre 21, 2009, 08:34:09 am »


L'architecture religieuse Lan Na.


Le style Lan Na apparut en Thaïlande du Nord au 13e siècle est appelé aussi style Chiang Saen en référence à une de ses capitales sur le Mékong.

Il se développa surtout à Chiang Mai et à Chiang Rai. Influencé par les styles Dvaravati, birman et Sukhothai, l’art Lan Na se caractérisait par des bâtiments aux formes fines et élancées, des toitures à deux ou trois étagements, décorées de Nagas et de Chofas (Wat Phra Sing de Chiang Mai).

Les chédis les plus anciens reposaient sur des bases carrées (Wat Pa Sak de Chiang Saen) puis prirent des formes hexagonales (Wat Chedi Luang de Chiang Saen ou Doi Suthep de Chiang Mai). Ils étaient recouverts de stuc, de cuivre ou parfois d’or.
          
Utilisant des matériaux périssables comme le bois ou la brique badigeonnée de chaux blanche (influence birmane), la plupart des constructions Lan Na ont aujourd’hui disparu ou ont été reconstruites au 19e et 20e siècles.


Photos:

1/ Le temple Wat Phra Sing, avec son vieux bot central en bois de style Lan Na.

2/ Le temple Wat Chiang Man de Chiang Mai et son bot Lan Na caractéristique.

3/ Chedi de style Lan Na ancien au Wat Ched Yot de Chiang Mai.

4/ Chédi de style Lan Na plus tardif au Doi Suthep. La base de la structure est devenue hexagonale.

5/ Les vestiges de l'ancienne cité du Wiang Kum Kam construite par le roi Mangrai.
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Manu (de Chiang Mai)

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Re : REPORTAGES D'HISTOIRE...
« Réponse #10 le: octobre 21, 2009, 08:59:34 am »


Bouddha: Le style Lan Na Chiang Saen (XIIIème - XVIIIème siècle).             

Le style Chiang Saen apparaît avec la fondation du royaume Lan Na (ou Yonakarattha - royaume des Yûon) au début du XIIIème siècle. Les images du Bouddha appartiennent à l’école Theravada et peuvent être classées en deux groupes :

- Au XIIIème et XIVème siècles, le statuaire s’inspire du style Pala indien et du Dvaravati. La protubérance crânienne prend la forme d’un bouton de lotus, les boucles de cheveux sont larges, le visage est rond avec un menton proéminent. La physionomie est souriante, le corps est massif, la poitrine développée et le pan de la robe s’arrête au-dessus du sein gauche. Le Bouddha est le plus souvent assis sur un socle piédestal décoré de pétales de fleurs de lotus (Bhumiparsa Mudra ou Dhyana Mudra).
Néanmoins, les plus anciens Bouddhas de l'école Lan Na, que l'on peut admirer dans l'ancienne cité du Wiang Kum Kam, au sud de Chiang Mai, sont également représentés en position debout (Abhaya Mudra).
La plupart des statues sont encore à cette époque en pierre ou en stuc, plus rarement en bronze.

- Du XVème au XVIIIème siècle, les Bouddhas de style Chiang Saen, Lan Na ou Chiang Mai s’inspirent des influences de Sukhothai. Le visage prend une forme plus ovale et se coiffe d'un chignon Ushnisa surmontée d'une longue flamme (rasmi). Les boucles de cheveux sont plus petites. Le corps reste massif et le pan de la robe descend jusqu’au nombril. Les jambes sont croisées sur un socle plein.
Durant cette période, de nombreuses statues sont fabriquées par les artisans du Nord en métal précieux ou semi précieux, parfois même en cristal.


Photos :

1/ Bouddha de style Lan Na Chiang Saen ancien.

2/ Bouddha de style Lan Na Chiang Saen tardif.
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Re : REPORTAGES D'HISTOIRE...
« Réponse #11 le: octobre 22, 2009, 12:23:11 pm »


j'adore ce style ... 
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DocTournesol

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Re : Re : REPORTAGES D'HISTOIRE...
« Réponse #12 le: octobre 24, 2009, 06:08:34 pm »


j'adore ce style ...  


Moi aussi. Reportage fort intéressant.
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Manu (de Chiang Mai)

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Re : REPORTAGES D'HISTOIRE...
« Réponse #13 le: décembre 19, 2009, 11:27:51 am »


L’armée du Siam de la fin du XIXème siècle à la fin de la 1ère Guerre Mondiale


1/ La situation du Siam de 1851 à 1919.

Presque inconnu en Europe avant le XIXème siècle, il faut attendre 1850 pour voir apparaitre le nom du royaume du Siam dans les journaux. Pour le pays pourtant, ce siècle fut un véritable désastre : aux menaces birmanes succédèrent les appétits féroces des puissances coloniales et commerciales montantes. La France implanté en Indochine, la Grande Bretagne et les Etats-Unis, dont les comptoirs se trouvaient en Malaisie et en Birmanie, semblaient l’encercler peu à peu.

Le roi Mongkut (Rama IV : 1851-1868) était un être pacifique mais déterminé à protéger son royaume. Jouant la carte française, il proposa dès 1851 la signature d’un traité commercial avec la république. Mais dans ce marché de dupes, celle-ci profita de l’occasion pour s’emparer du Cambodge, contrée dont les rois siamois se prétendaient les suzerains. Sa perte fut durement ressentie à Bangkok.

Son fils Chulalongkorn (Rama V : 1868-1910) dut déchanter à son tour. Le traité franco-siamois de 1893, signé littéralement sous la menace des canons de la flotte française, reconnut définitivement la possession de la rive gauche du Mékong. Ceux de 1904 et de 1907 consacrèrent la perte des droits du Siam sur le Laos et la rétrocession des provinces de Battambang et de Siem Reap au Cambodge, qui lui avait autrefois demandé du secours face aux Annamites.

Rama V cherche donc une autre solution : moderniser son pays afin de l’affranchir de ses encombrants voisins. L’aide des petits pays européens, dont on pouvait supposer que les ambitions coloniales n’étaient pas celles de la France ou de la Grande Bretagne, allait se révéler être fort utile.

C’est à cette époque que la Belgique, petit royaume industrialisé, riche mais sans moyen militaire conséquent, entretint de bons rapports avec la cour de Bangkok. Progressivement, le roi s’attacha le conseil de hauts fonctionnaires belges, dont l’ancien ministre libéral Rolin-Jacquemyns, qui fut nommé « General Advisor » de 1892 à 1901, muni de compétences équivalente à celle d’un premier ministre. A sa demande, le capitaine de génie Carton mit au point à son tour, sur base des plans du général Brialmont, un ensemble de fortifications qui protégeraient désormais la capitale d’un nouveau coup de force naval.

Le roi Vajiravudh (Rama VI : 1910-1925) profita enfin des fruits de cette nouvelle politique. Eduqué à Eton, Oxford et Sandhurst, le nouveau souverain avait pu apprécier les méthodes militaires des Britanniques. Resté d’abord dans l’expectative après le déclenchement de la 1èere Guerre Mondiale, il engagea les hostilités avec l’Allemagne le 22 juillet 1917, suivant ainsi tardivement l’exemple japonais. Cette attitude attentiste s’expliquera sans doute par les relations difficiles avec les Alliés en Asie du sud-est. Mais l’envoi prévu, ne fut-ce que très limité, d’un corps expéditionnaire sur le front européen à un moment aussi délicat pour la France, fut très apprécié. Le 19 juin 1918, 1250 hommes sous les ordres du général-major Phya Bijai Janriddhi partirent pour Marseille, où ils débarquèrent  six semaines plus tard. Ces troupes furent essentiellement utilisées dans les services de ravitaillement. Un service d’ambulance et du personnel d’aviation ont été également formés par l’armée française mais n’ont pas pu être engagés au combat avant la fin des hostilités.

Homme habile, le roi obtint ainsi que le Siam soit présent lors des négociations de paix. Les bénéfices directs qui lui furent octroyés avaient été limités à la confiscation des biens allemands sur le territoire siamois. Mais en 1921, les Etats-Unis ‘Amérique renoncèrent officiellement à leurs intérêts dans la région, acte diplomatique d’une portée considérable puisqu’il décida de l’arrêt définitif des prétentions territoriales occidentales sur le Siam.


2/ L’Armée siamoise de 1868 à la fin de la Seconde Guerre Mondiale

Particulièrement mal équipée à la fin du XIXème siècle, l’armée siamoise était composée de descendants d’anciens prisonniers de guerre non-siamois. L’idée de service militaire était totalement étrangère au peuple thaï.

Les choses changèrent avec le roi Rama V, grâce à l’aide des conseillers italiens, danois et belges. Le pays fut alors divisé en 18 districts administratifs (Montons), base territoriale du système de recrutement. A l’origine existait un corps des « Tigres Sauvages », que l’on pourrait comparer à celui des troupes scoutes.

Tout homme physiquement apte à porter les armes (âgé de 21 à 22 ans), était susceptible d’effectuer un service militaire de deux ans. Le service militaire obligatoire était entré en vigueur en 1908 et avait doublé les effectifs de l’armée avant 1917. L’ensemble constituait une armée disciplinée de 7000 hommes en temps de paix, encadrée pour l’essentiel par des officiers danois.

En 1920, on comptait deux corps d’armée à deux divisions, regroupant deux régiments d’infanterie et un régiment d’artillerie (soit en tout, 8 régiments d’infanterie et 4 régiments d’artillerie), auxquels furent adjoints un régiment de cavalerie et un régiment du génie, soit environ 25 000 hommes en service actif.

Le corps expéditionnaire, quantité négligeable pour une grande nation, représentait donc une part significative des moyens militaires siamois.

Après la Grande Guerre, renforcé dans son indépendance, le Siam poursuivit l’espoir de restaure sa souveraineté sur les provinces perdues au début du siècle. En 1925, la couronne échut au frère du roi rama VI, Prajadhipok (Rama VII : 1925-1934), lequel, suite à un coup d’état militaire en 1932, dut accepter la création d’un gouvernement constitutionnel imposé par Phibun, un autocrate appuyé par une partie de l’armée. Tout en gardant des contacts avec les puissances occidentales, et plus particulièrement avec la Belgique, qui fournissait une bonne partie de l’équipement de son armée (casque Adrian M.15 et M.31, uniformes de la firme Fonson), le nouveau régime accordait un intérêt croissant à la politique expansionniste nipponne, preuve que la suprématie technologique n’était pas l’apanage de la race blanche.

Devenu Thaïlande en 1939, le pays conclut par l’intermédiaire de son gouvernement un traité de non agression avec le Japon et déclara la guerre à la France le 14 décembre 1940. Un peu trop tôt, car si la colonie française d’Indochine ne disposait plus du soutien de la métropole, ses moyens étaient encore suffisants pour faire face. En tentant de réoccuper une grande partie des territoires cambodgiens, l’armée thaïe se heurta à une sérieuse contre-offensive française et perdit sa flotte à Koh Chang le 17 Janvier 1941 (voir les articles plus haut). L’attaque éclair du Japon sur la Malaisie (4-10 décembre 1941) en direction de Singapour se fit grâce à une série de débarquements menés simultanément dans le Golfe du Siam, à Pattani, Songhla, Pakbanang, Bandon, Chumphon et Prachuabkirikan. Après deux jours de combats acharnés, l’armée thaïlandaise (70 000 hommes, 41 bataillons d’infanterie, 6 bataillons blindés) reçut l’ordre de laisser passer ses « alliés ». La division de la Garde impériale japonaise traversa le pays en passant par Bangkok. Les aéroports thaïlandais furent immédiatement utilisés. Pressés par les Japonais, le ministre Phibun décida de déclarer la guerre aux Alliés mais son ambassadeur à Washington, M.R.W. Seni Pramotch refusa de remettre la déclaration.

La Thaïlande, qui avait à nouveau prétendu reprendre une partie du Laos et du Cambodge, de la Birmanie et de la Malaisie, se trouvait désormais menacée de devenir le vassal de l’Empire du Soleil Levant, dont les exigences n’avaient rien à envier à celles des anciennes puissances coloniales.

Un mouvement de résistance Seri Thaï (Les Thaïs libres) prit peu à peu le dessus. Après le départ des Japonais, la proximité des combats pour l’indépendance qui faisaient rage en Malaisie et en Indochine et qui avaient été fortement teintés d’idéologie par les maquis communistes permirent au gouvernement de Phibun de se maintenir dans la sphère d’influence américaine (coup d’état de 1947).


Citer

L’armée siamoise en 1893

Extrait du Petit Journal du 29 juillet 1893

Ce compte rendu d'un journaliste français écrit en 1893, à l'époque où la France fait pression sur le Royaume du Siam pour s'emparer du Laos et d'une partie du Cambodge, est tout particulièrement significatif de l'absence de moyen chronique dont souffre l'armée siamoise incapable alors de résister aux appétit de la grande nation colonisatrice.

L’armée siamoise comprend :
- La garde royale consistant en un escadron de cavalerie, 2 bataillons d’infanterie, une compagnie de sapeur-artificiers;
- La Garde du Palais, 2 bataillons d’infanterie;
- Le corps des éléphants royaux;
- L’infanterie royale, 3 bataillons à quatre compagnies, un escadron de cavalerie et une brigade d’artillerie;
- La marine royale, forte d’environ 2000 hommes à bord des yachts et des canonnières du roi.

Le chef de l’armée (le Kralahom) est le prince Devavongse qui est le frère du roi.

L’état major comprend un lieutenant général, un général de brigade, un colonel chef d’état major et 10 officiers.

La Garde est commandée par un général de brigade.

L’escadron de cavalerie compte 180 chevaux australiens en mauvais état dont les 100 plus valides peuvent fournir une escorte. Il est commandé par un prince, demi-frère du roi.

L’artillerie de la Garde se compose de petits canons de bronze trainé par un cheval et espacés de place en place à chaque sortie du roi.

Un Européen, M.Beresford sert de professeur d’équitation.

Le corps des éléphants royaux comprend 5 éléphants gris parfaitement dressés pour la guerre et qui servent à porter le roi et les princes dans les grandes cérémonies.

Le chiffre officiel des effectifs est de 10 000 hommes environ ; mais en dehors de la capitale, qui a une garnison d’environ 2500 à 3000 hommes, c’est tout au plus si quelques compagnies sont disséminées du coté de Luang Prabang et du Mékong.

L’approvisionnement d’armes comprenait avant les derniers envois fait de Vienne, 10 000 fusils Mannlicher de petit calibre, avec un chargeur de 6 cartouches.

L’artillerie se compose de quelques batteries de vieux canons de campagne.

En fait de fortification, il existe deux batteries à Paknam, à l’entrée du Menam ; les prétendues murailles de Petriew, de Pekjn et de Siem Reap ne sont que des murs de terre.

Le chef de la marine est un Danois, le commodore Armand Duplessis de Richelieu. Les yachts et la dizaine de canonnières sont commandés par des officiers anglais ou étrangers. La flotte toutefois n’a jamais pu prendre la haute mer (trois ou quatre canonnières seulement sont en état de tenir la mer).




Photos:

1/ La Garde Royale en 1866

2/ Un éléphant de guerre siamois en 1866

3/ Soldat siamois en 1870; il ne porte pas encore l'uniforme de type européen

4/ et 5/ Soldats siamois vers 1870

6/ Eléphants de guerre siamois en 1880
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Manu (de Chiang Mai)

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Re : REPORTAGES D'HISTOIRE...
« Réponse #14 le: décembre 19, 2009, 11:43:53 am »


Photos "L'Armée du Siam" (suite):

Sous le règne du Roi Rama V et tout particulièrement au début du 20 siècle, l'armée simoise, conseillée par des Européens, s'équipe de matériels et d'uniformes occidentaux... Elle doit affronter la France qui s'empare d'une partie du Laos et du Cambodge en 1893, 1904 et 1907...

7/ Officier siamois en 1893

8/ Fantassins siamois en 1893

9/ Le gros de l'armée siamoise rassemblée devant le Palais du roi à Bangkok en 1893

10/  l’ancien ministre libéral belge Rolin-Jacquemyns, qui fut nommé « General Advisor » de 1892 à 1901 par le roi Rama V, muni de compétences équivalente à celle d’un premier ministre.

11/ En 1893, le chef de l’armée (le Kralahom) est le prince Devavongse qui est le frère du roi.

12/ En 1893, un poste militaire siamois sur la frontière laotienne.
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Manu (de Chiang Mai)

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Re : REPORTAGES D'HISTOIRE...
« Réponse #15 le: décembre 19, 2009, 11:56:12 am »


Photos "L'Armée du Siam" (suite):

13/ La Garde Royale défile en 1893

14/ Détachement d'artillerie siamois en 1893... Les canons sont obsolètes et ne pourront arrêter les unités d'élite françaises (légionnaire, marsouis, tirailleurs tonkinois).

15/ Milices siamoises dans un fort près de Batambang (frontière cambodgienne)

16/ Infanterie et artillerie siamoise en mouvement vers le Laos en 1893

17/ 1888, rentrée de troupes siamoises de la nouvelle frontière du Laos.

18/ Le roi Rama V et son état major en 1905
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Manu (de Chiang Mai)

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Re : REPORTAGES D'HISTOIRE...
« Réponse #16 le: décembre 19, 2009, 12:04:00 pm »


Photos "L'Armée du Siam" (suite):

Le soldat siamois durant la première Guerre mondiale (1917-18)

19/ Fantassin du 2ème régiment d’infanterie siamois en tenue d’été, 1917-1918

Le combattant siamois est habillé et équipé d’un matériel fortement marqué par les influences française (casque), britannique (coupe de la veste et équipement) et japonaise (armement).
Notre homme a adopté le casque Adrian français modèle 1915 (ici fabriqué en 1920 par la firme belge Fonson, dont les visières sont embouties en une pièce) peint d’un vert prononcé et muni d’un insigne frontal spécifique à l’armée siamoise. Cette version est dite « casque lotus ».
Le fusil est du modèle Mauser siamois daté RS 122, soit 122ème année du calendrier de la dynastie des Rattanakosin, ou 1904. Cette arme est montée sur un bois de type japonais, proche de l’Arisaka, dont il possède également des garnitures et un couvre-culasse qui en sont fortement inspirés. Quoi de plus normal puisque le Siam passa commande de 40 000 Mauser aux arsenaux de Tokyo et de Kokura.

20/ Fantassin de dos : l’équipement Mills modèle 1912 de l’armée siamoise est confectionné dans un ceinturon de type britannique M.1908, équipé de quatre cartouchières doubles pour munitions 8 x 50 mm. R et un havresac, qui possède l’originalité de disposer d’un porte-pelle intégré à sa pattelette. Les bandes molletières sont droites et fabriquées dans un drap sergé. Les brodequins de couleur brun-noir à partir de 1919 sont normalement du modèle français 1916 d’infanterie.

Le fond du cliché est composé d’un drapeau régimentaire siamois : le tablier comprend 5 bandes de couleur sur lesquelles sont disposés les armoiries royales et l’éléphant blanc, animal bénéfique et sacré au Siam. Lors des négociations précédant la signature du traité de Versailles, le drapeau du Siam fut erronément présenté à l’envers et moqué. L’ayant appris, le roi fit immédiatement supprimer la représentation de l’éléphant sur le drapeau national. L’inscription est une Mantra bouddhique destinée à assurer la victoire aux soldats.

21/ Rare cliché montrant le soldat siamois à son débarquement sur le front français en 1918 : il porte la tenue de drap (de même coupe que la tenue de toile), les souliers de repos (les brodequins étant attachés au havresac) et le paquetage complet comprenant le masque à gaz français 1917 ARS. Vu le poids du matériel, l’homme a donc arrimé le brêlage de suspension aux cartouchières (système de suspension « à la belge »). L’armement est constitué de la carabine Gras de gendarmerie à cheval modèle 1874/1880 à un coup, dont la petitesse était adaptée à la tailles des hommes. Le choix de cette arme désuète démontre par ailleurs la fonction de troupe auxiliaire dévolue aux unités siamoises envoyées en France.

22/ Le 19 juin 1918, 1250 hommes sous les ordres du général-major Phya Bijai Janriddhi partirent pour Marseille, où ils débarquèrent  six semaines plus tard.

23/ Le 14 Juillet 1919, les troupes siamoises défilent sous l'arc de triomphe.

24/ Juste avant, elles ont défilé à Londres en 1918...

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Manu (de Chiang Mai)

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Re : REPORTAGES D'HISTOIRE...
« Réponse #17 le: décembre 19, 2009, 12:13:08 pm »


La Marine siamoise en 1917-1918

La marine du Siam était surtout composée de canonnières qui complétaient le dispositif fortifié de l’embouchure du fleuve Chao Praya.

Au moment de la déclaration de guerre, le Siam disposait d’un croiseur, le Maha Chakri (4 canons de 4,7 pouces, 10 de 6 livres), d’un yacht royale, de quatre canonnières (un ou deux canons de 4,7 pouces, 4 ou 5 canons de 6 livres), trois torpilleurs (1 canon de 6 livres, un autre de 2 livres et demi), d’un navire des douanes. Deux autres torpilleurs étaient en construction.


Photos:

25/ Premier maître en tenue d’été du navire HMS Sinratanakosin, 1917-1918.

26/ Tableau des grades et insignes de fonction de la marine et de l’infanterie siamoise, modèle 1919. Sur la droite, 19 insignes de fonction pour la tenue blanche ; sur la gauche, les grades de sous-officier de marine, un chevron d’ancienneté ainsi que 7 insignes de grande tenue.

27/ Le yacht royal en 1909.
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Rugby15

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Re : REPORTAGES D'HISTOIRE...
« Réponse #18 le: décembre 20, 2009, 01:47:02 pm »

Super exposé Manu  :clap  Tu nous fais bientot 39-45 ?
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DocTournesol

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Re : REPORTAGES D'HISTOIRE...
« Réponse #19 le: décembre 21, 2009, 06:16:42 pm »

Passionnant comme d'habitude. Merci Manu.
Ce que j'apprécie tout particulièrement sur ce forum, c'est que l'on parle de sujets qu'aucun autre forum n'évoque jamais: la Préhistoire, l'armée, l'art, etc.
Bravo !  :clap
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Manu (de Chiang Mai)

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Re : REPORTAGES D'HISTOIRE...
« Réponse #20 le: janvier 26, 2010, 01:31:40 pm »


La Thaïlande durant la Seconde Guerre Mondiale


1/ L’invasion japonaise.
          
C’est le 8 décembre 1941, quelques heures après l’attaque de Pearl Harbor, que les troupes japonaises débarquèrent dans le sud de la Thaïlande, afin d’organiser une base offensive contre la Birmanie et la Malaisie britannique. La police et les unités de l’armée thaïlandaise présentes dans cette région, tentèrent vainement de leur résister. L'invasion  nippone se fit simultanément sur 7 zones côtières bordant le Golfe du Siam et sur la frontière cambodgienne.

1/ Battambang : à l'aube, la division des gardes impériaux, menant la 15ème armée, franchit la frontière dans la province récemment reprise de Battambang de la Thaïlande. L'armée impériale japonaise ne rencontra aucune résistance, puis avanca vers Sisophon dans l'Aranyaprathet (toujours une zone de la province de Prachinburi) le long de la ligne ferroviaire nouvellement construite entre Aranyaprathet et Monkhol Bourei.

2/ Chumphon : le 1er bataillon du 143éme régiment d'infanterie japonaise débarqua à Chumpon le matin du 8 décembre. Ils parvinrent à former un périmètre autour de leurs zones de débarquement, mais furent arrêtés par une résistance déterminée. Le combat prit fin l'après-midi quand les Thaïs reçurent l'ordre de cesser le feu.

3/ Nakhon Si Thammarat : cette ville était l'emplacement du quartier-général de la 6éme armée thaïe et du 39ème bataillon d'infanterie. Trois navires de transports de troupe japonais abandonnés ancraient à quelques kilomètres de la côte pendant la nuit du 7 décembre. Ces bateaux transportèrent le 3ème bataillon du 143ème régiment d'infanterie, le 18ème régiment aérien avec une unité des transmissions de l'Armée de l'Air , le 39ème bataillon antiaérien, et la 6ème compagnie de travailleurs. Peu de temps après minuit, ils ont commençèrent à débarquer leurs troupes. Le débarquement eut lieu à côté du camp thaï principal, le camp Vajiravudh. Les Thais, prévenus de l'invasion japonaise qui venait d'avoir lieu à Songkhla, opposèrent rapidement une sérieuse résistance. La bataille dura jusqu'à midi, quand les ordres du premier ministre pour un cessez-le-feu furent reçus.

4/ Pattani : à cause de sa proximité avec la frontière malaisienne, Pattani était l'objectif numéro deux de la 25ème armée japonaise. Les débarquements eurent lieux en dépit de la mer agitée et sur des zones difficiles peu. Les envahisseurs durent affronter le 42ème bataillon thaï d'infanterie, jusqu'à ce qu'il ait reçu l'ordre de cesser le feu à midi. Le commandant thaï du bataillon, Khun Inkhayutboriharn, fut tué dans l'action.

5/ Prachuap Khiri Khan :: cette petite ville était le QG de la cinquième Armée de l'Air thaïe, dirigée par commandant Pravat Chumsai. Le 2ème bataillon japonais du 143ème régiment d'infanterie y débarqua à 3 heures du matin, et l'occupa rapidement après avoir écrasé la résistance de la police. D'autres débarquements eurent lieu près du terrain d'aviation au sud que les japonais assiégèrent plusieurs heures. Les aviateurs thaïs parvinrent à résister jusqu'à midi le lendemain, lorsqu'ils reçurent l'ordre du gouvernement de cessez-le-feu.

6/ Samut Prakan : le 3ème bataillon du régiment des gardes impériaux, qui avait reçu pour mission de prendre Bangkok, débarqua à Samut Prakan le matin du 8 décembre.  L'unita rencontra un petit détachement de police siamoise. Malgré une confrontation tendue, le combat n'eut pas lieu et les Japonais acceptèrent de ne pas entrer dans la capitale thaïe jusqu'à ce qu'on ait conclu des négociations.

7/ Songkhla : la ville portuaire de Songkhla était l'un des objectifs principaux de la 25ème armée de Yamashita. Les débarquements japonais s'effectuèrent le matin du 8 décembre. La garnison thaïe de Khao Khor Hong (le 41ème bataillon d'infanterie et le 13ème bataillon d'artillerie) occupa immédiatement des positions permettant de barrer les routes menant à la Malaisie, mais fut écrasée par les Japonais. Une autre bataille se déroula à au Hat Yai. Le combat cessa à midi quand les ordres de cessez le feu furent reçus.

8/ Surat Thani : une compagnie du 1er bataillon du 143ème régiment d'infanterie japonaise débarqua au village côtier de Ban Don le matin du 8 décembre. Ils pénétrèrent dans Surat Thani défendue par les volontaires thaïs civils et policiers. De nombreuses escarmouches eurent lieux dans les rues et les maisons dans des conditions climatiques très difficiles (tempête) jusqu'au début de l'après-midi lorsque les Thaïs reçurent l'ordre de déposer les armes.

Constatant que son armée ne pouvaient résister aux forces nippones supérieurement équipées, le Maréchal Phibun Songkram, alors chef d’état en Thaïlande, donna l'ordre de cesser le combat dans l'après midi du 8 décembre 1941 et un premier cessez le feu de 24 heures fut conclut. Deux semaines plus tard, Le 21 décembre, il signa un traité avec l’Empire nippon. En échange du maintien de la souveraineté nationale, il autorisa ce dernier à faire stationner ses troupes sur le sol thaïlandais et à utiliser les infrastructures du pays.
          
Le 25 janvier 1942, la Thaïlande déclara la guerre aux puissances alliées. Cette décision ne fit pas l’unanimité auprès des élites du pays et Seni Pramoj, ambassadeur de Thaïlande aux Etats-unis, refusa même de transmettre la déclaration de guerre aux


2/ Le pont de la rivière Kwai.
          
De nombreuses troupes japonaises s’implantèrent au début de l’année 1942 dans le pays et s’y comportèrent rapidement comme une véritable armée d’occupation.
          
Afin de faciliter le ravitaillement de ses forces engagées contre les Anglais en Birmanie, l’état-major nippon décida la construction d’une nouvelle ligne de chemin de fer destinée à relier cette dernière avec la Thaïlande. Cette ligne, longue de 415 kilomètres, devait partir de Kanchanaburi, passer par le col des trois pagodes et comprendre plusieurs ouvrages d’art dont le plus important était le pont de la rivière Kwai.

Les travaux commencèrent le 16 septembre 1942, et s’achevèrent en octobre 1943. Pour venir à bout de cette tâche titanesque, les autorités japonaises mobilisèrent 60 000 soldats alliés prisonniers et environ 250 000 hommes originaires des pays de la région. Mal nourris et astreints à des cadences de travail inhumaines, près de 100 000 travailleurs asiatiques et 16 000 prisonniers alliés moururent d’épuisement au cours des travaux.


3/ La résistance.
          
Dans la population thaïlandaise, le mécontentement s’accrut rapidement en raison des contraintes imposées par les forces d’occupation japonaises. Un mouvement de résistance se développa, soutenu par les services secrets alliés et par les politiciens dissidents comme Seni Pramoj.

Dés 1942, les Seri thaïs (« Thaïs libres ») commençèrent à collecter des renseignements pour les alliés et lancèrent des opérations de harcèlement contre les troupes japonaises basées sur le sol national. En 1945, ce mouvement finit même par compter plusieurs dizaines de milliers d’hommes armés.


4/ La libération.
          
En 1944, le maréchal Phibun Songkram, devenu très impopulaire, démissionna. Il fut remplacé par un gouvernement proche de la résistance. Ce changement politique permit à la Thaïlande, après la capitulation japonaise en août 1945, de ne pas être traitée par les alliés comme un ennemi vaincu. Elle dut toutefois rendre les territoires accordés par les Japonais au Laos et au Cambodge, et fournir une aide alimentaire importante aux colonies britanniques dévastées par la guerre.


Photos:

1/ 2/ et 3/ Les Japonais débarquent dans le sud de la Thaïlande le 8 décembre 1941.

4/ Le maréchal Phibun Songkram, chef d'état.

5/ les Seri thaïs (« Thaïs libres »).

6/ Policiers thaïlandais et soldats japonais durant l'occupation.
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Manu (de Chiang Mai)

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Re : REPORTAGES D'HISTOIRE...
« Réponse #21 le: janvier 26, 2010, 01:40:18 pm »


Photos: la voie ferrée de la mort.

Afin de faciliter le ravitaillement de ses forces engagées contre les Anglais en Birmanie, l’état-major nippon décida la construction d’une nouvelle ligne de chemin de fer destinée à relier cette dernière avec la Thaïlande. Cette ligne, longue de 415 kilomètres, devait partir de Kanchanaburi, passer par le col des trois pagodes et comprendre plusieurs ouvrages d’art dont le plus important était le pont de la rivière Kwai.

Les travaux commencèrent le 16 septembre 1942, et s’achevèrent en octobre 1943. Pour venir à bout de cette tâche titanesque, les autorités japonaises mobilisèrent 60 000 soldats alliés prisonniers et environ 250 000 hommes originaires des pays de la région. Mal nourris et astreints à des cadences de travail inhumaines, près de 100 000 travailleurs asiatiques et 16 000 prisonniers alliés moururent d’épuisement au cours des travaux.

1/ La carte de la voie ferrée.

2/ Des prisonniers britanniques dans un camps japonais.

3/ des prisonniers encadrés par des Japonais travaillent sur la voie ferrée.

4/ Le camps de prionniers de Tamarkan.

5/ Le pont de la rivière Kwai photographié par un avion allié en 1945.
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Manu (de Chiang Mai)

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Re : REPORTAGES D'HISTOIRE...
« Réponse #22 le: janvier 26, 2010, 01:55:10 pm »


Photos: l'Armée thaïlandaise durant la Seconde Guerre Mondiale.

Une exceptionnelle série de clichés pris en 1940...

1/ Défilé de la cavalerie thaïe.

2/ Entrainement à l'assaut des fantassins thaïs appuyé par des chars 'd'origine japonaise).

3/ Mitrailleuse anti-aérienne (on reconnait une Vickers britannique)

4/ Défilé du personnelle féminin de l'Armée thaïe.

5/ Des clairons de l'Armée de terre thaïe.

6/ Un char d'origine japonaise (type 95) devant le Plaias Royal de Bangkok.
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Manu (de Chiang Mai)

  • Invité
Re : REPORTAGES D'HISTOIRE...
« Réponse #23 le: mars 22, 2010, 05:34:40 am »


L’HISTOIRE DES AVIONS JAPONAIS DANS L’ARMEE THAILANDAISE


C’est au début de la Seconde Guerre Mondiale que l’Armée de l’Air thaïlandaise commença à se doter d’avion japonais.

Après que les troupes nippones ait envahi la Thaïlande le 8 décembre 1941, afin d’organiser une base offensive contre la Malaisie et la Birmanie britannique, Le Maréchal Phibun Songkram signa un traité avec ses vainqueurs le 21 décembre puis déclara la guerre aux alliés.

A l’époque, la « Royal Thai Air Force » possédait déjà la seconde flotte aérienne militaire d’Asie avec plus de 200 appareils, dont la majorité était des Curtiss Hawk et des SPAD qui s’étaient avérés totalement inefficaces face aux avions japonais.


1/ Les avions de chasse

Après la signature du traité, le Japon commença à moderniser la flotte de son nouvel allié en lui offrant plusieurs chasseurs de combat. 12 Nakajima Ki-27 furent d’abord envoyés pour équiper les escadrilles de chasse siamoises en 1942 (la RTAF les désigna sous le nom de Chasseur type 12). Surnommé « Nate » par les Américains et « Otsu » par les Thaïlandais, le Ki-27 était un monoplan aile basse entièrement métallique et à train d'atterrissage classique fixe caréné, armé de 2 mitrailleuses de 7,7 mm et de 2 à 4 bombes de 25 kilos. Il fut le plus maniable et le plus agile de tous les chasseurs japonais jamais construits.

L’un des plus célèbre fait d’arme du Ki-27 dans la RTAF est celui du « 5 contre 21 dogfights ». Il débuta lorsque 5 chasseurs Ki-27 du 16ème escadron thaïs de Lampang furent envoyés intercepter des 8 P-51 Mustang et des 9 P-38 Lighting américains au dessus de la Chine. Tous les avions thaïlandais furent détruits mais ils abattirent un P-51 et en endommagèrent 4 autres.

En 1943, le Japon livra gratuitement 18 autres chasseurs à la RTAF, cette fois des Nakajima Ki-43 Hayabusa (la RTAF les désigna sous le nom de Chasseur type 13).

Le Ki-43 Hayabusa (Faucon pèlerin) était issu d'un développement par la firme Nakajima du modèle précédent, le Ki-27 Nate. C'était un avion simple et profilé avec un moteur radial et une voilure basse comme l'A6M Zéro. Il avait une verrière de bulle et était l'un des premiers chasseurs japonais à avoir un blindage. Il se révéla un adversaire de taille pour les Buffalos et les P-40 américains ainsi que les Hurricanes anglais. À partir de 1943, il fût surclassé par l'arrivée des Spitfire et des P-38 Lightning.

D’autres appareils furent livrés la même année après que le premier ministre japonais Hideki Tojo ait visité le Grand Palais de Bangkok. Un rapport de l’époque fait par le chef d’état major des forces nippones en Thaïlande, en garde la trace : « le 3 juillet 1943, le Premier Ministre Tojo visita la Thaïlande et le Grand Palais. Il fut très impressionné par l’élégance et la magnificence des bâtiments. Il se tourna vers moi et me dit : « ce temple est un grand héritage de la culture asiatique et un précieux trésor. Nous devrions installer des batteries de canons anti-aériens pour le protéger ». Je répondis aussitôt « Je n’ai qu’une section de défense anti-aérienne et si l’ennemi attaque Bangkok, je n’ai même pas une escadrille de chasse à leur opposer ». Il ne répondit rien, mais quelque temps après qu’il soit rentré au Japon, je reçu la bonne nouvelle que 21 chasseurs Hayabusa allaient être livré à l’Armée thaïlandaise… »

Les 39 Ki-43 devinrent rapidement la colonne vertébrale de la RTAF. Lors d’une célèbre mission le 29 novembre 1944. Le lieutenant Terdsak Vorasap commandant un groupe de 7 Ki-43 intercepta 50 B-29 américains qui allaient bombarder Bangkok. Il toucha un des appareils devenant ainsi le second homme au Monde à abattre une Superfortress.


2/ Les bombardiers

La RTAF ne toucha d’ailleurs pas que des chasseurs japonais. En 1940 furent également livrés 24 bombardiers Mitsubishi Ki-30 Nagoya (la RTAF les désigna sous le nom d’ Attacker type 2).

Le Ki-30 était un bombardier léger monomoteur biplace fabriqué dans les usines de la ville de Nagoya. Armé de deux mitrailleuses (parfois trois) de 7, 7 mm, transportant à 430 Km/h, sur 1 700Km, 450 Kg de bombes, en soute et sous la voilure, il était très moderne pour l'époque et avait déjà fait merveille dans le conflit sino-japonais. La RTAF l’utilisa principalement durant la guerre franco-thaïlandaise lors de laquelle il mena plusieurs missions de bombardement dans la province de Phra Tabong au Cambodge.

Au milieu de la Guerre, la RTAF reçu également 10  Nakajima Ki-21 (la RTAF les désigna sous le nom de bombardiers type 2, les Américains le surnommèrent « Sally ») afin d’équiper une escadrille de bombardiers.

Le Nakajima Ki-21 était un bimoteur à aile médiane, entièrement métallique, à train d'atterrissage classique escamotable et comportant 5 hommes d'équipage. Ses performances étaient brillantes pour l'époque : avec deux moteurs en étoile Nakajima Ha-5 KAI de 850 Ch, il pouvait transporter une tonne de bombes à 430 Km/h sur 2700 Km.

Les Ki-21 thaïlandais menèrent la majorité de leurs missions de bombardement dans l’état Shan de Birmanie.

Par ailleurs, la RTAF entraina également ses pilotes sur des avions Tachikawa Ki-36, appareil d'attaque et de soutien-coopération avec les troupes au sol. C'était un monoplan à aile basse, entièrement métallique, à train d'atterrissage fixe caréné, armé de deux mitrailleuses de 7,7 mm, avec deux hommes d'équipage. L'appareil avait été utilisé avec succès en Chine, mais, confronté aux chasseurs alliés dès le début de la guerre dans le Pacifique, il se montra très vulnérable et on le renvoya en Chine, où il était sans rival.


3/ L’aéro-navale

La Royal Thai Navy (RTN) opéra aussi sur des avions japonais. 6 Watanabe WS-103S (la RTN les désigne sous le nom de RTN 1) furent perçu et devinrent les premiers appareils aéronavals thaïlandais. Quelques temps plus tard, d’autres avions de reconnaissance  (2 Mitsubishi F1M et 3 Aichi E13As) permirent à la RTN d’accroitre son potentiel dans le domaine du renseignement.


4/ Conclusion

Durant les cinq années de guerre, l’Armée thaïlandaise utilisa ses avions d’origine japonaise dans de nombreuses missions. A la fin du conflit, les Etats-Unis demandèrent à la Thaïlande de détruire tous ses appareils nippons. Seuls deux ou trois modèles ont survécu. Ils peuvent encore être admirés au musée de la RTAF de Don Muang à Bangkok ainsi que sur la base aérienne de Chiang Mai.

De nos jours, la Thaïlande et le Japon entretiennent de bonnes relations. Leurs armées respectives participent régulièrement à des exercices communs dont la célèbre manœuvre « Cobra Gold ». Chaque année enfin, des cadets appartenant à la RTN sont reçus à la prestigieuse Académie de la Marine de Tokyo (Japan Maritime Self Defense Force Academy).


FICHES TECHNIQUES:

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Nakajima Ki-27

Modèle : Nakajima Ki-27
Envergure : 11.31 m
Longueur : 7.53 m
Hauteur : 3.25 m
Motorisation : 1 moteur Nakajima Ha-1b radial
Puissance totale : 1 x 710 ch
Armement : 2 mitrailleuses de 7.7mm
2 à 4 bombes de 25 Kg
      
Charge utile : -
Poids en charge : 1790 kg
Vitesse maximale : 470 km/h à 3500 m
Plafond pratique : 10000 m
Distance franchissable : 625 km
Equipage : 1




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Nakajima Ki-43 Hayabusa

Modèle : Nakajima Ki-43 Hayabusa
Envergure : 10.50 m
Longueur : 8.92 m
Hauteur : 3.29 m
Motorisation : 1 moteur en ligne Nakajima Ha-115
Puissance totale : 1 x 1150 ch
Armement : 2 mitrailleuses de 12.7 mm
500 kg de bombes
      
Charge utile : -
Poids en charge : 2932 kg
Vitesse maximale : 530 km/h à 4000 m
Plafond pratique : 11200 m
Distance franchissable : 1760 km
Equipage : 1




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Mitsubishi Ki-30

Modèle : Mitsubishi Ki-30
Envergure : 14.55 m
Longueur : 10.34 m
Hauteur : 3.65 m
Motorisation : 1 moteur Mitsubishi Ha-5 KAI Suisei
Puissance totale : 1 x 950 ch
Armement : 2 mitrailleuses de 7,7mm (aile et arrière de l'habitacle)
450 Kg de bombes
      
Charge utile : -
Poids en charge : 3320 kg
Vitesse maximale : 430 km/h
Plafond pratique : 8570 m
Distance franchissable : 1700 km
Equipage : 2




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Mitsubishi Ki-21

Modèle : Mitsubishi Ki-21
Envergure : 22.50 m
Longueur : 16.00 m
Hauteur : 4.85 m
Motorisation : 2 moteurs Mitsubishi Ha-101 radial
Puissance totale : 2 x 1490 ch
Armement : 1 mitrailleuse de 12,7mm
3 mitrailleuses de 7,7mm
de 750 à 1000 Kg de bombes
      
Charge utile : -
Poids en charge : 10610 kg
Vitesse maximale : 430 km/h
Plafond pratique : 8750 m
Distance franchissable : 2700 km
Equipage : 5




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Tachikawa Ki-36 Ida

Modèle : Tachikawa Ki-36 Ida
Envergure : 11.80 m
Longueur : 8.00 m
Hauteur : 3.64 m
Motorisation : 1 moteur Hitachi Ha-13a radial
Puissance totale : 1 x 510 ch
Armement : 2 mitrailleuses 7.7mm
150 Kg de bombes
      
Charge utile : -
Poids en charge : 1660 kg
Vitesse maximale : 350 km/h
Plafond pratique : 8150 m
Distance franchissable : 1235 km
Equipage : 2


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Manu (de Chiang Mai)

  • Invité
Re : REPORTAGES D'HISTOIRE...
« Réponse #24 le: mars 22, 2010, 06:08:11 am »


L’HISTOIRE DES AVIONS JAPONAIS DANS L’ARMEE THAILANDAISE

Photos:

1/ Lors d’une célèbre mission le 29 novembre 1944. Le lieutenant Terdsak Vorasap commandant un groupe de 7 Ki-43, intercepta 50 B-29 américains qui allaient bombarder Bangkok. Il toucha un des appareils devenant ainsi le second homme au Monde à abattre une Superfortress.

2/ Des instructeurs japonais forment les pilotes thaïs au combat aérien.

3/ Les pilotes thaïs sont équipés de matériel japonais. On reconnait l'éléphant blanc thaïlandais sur fond rouge ornant la queue de l'appareil d'origine nippone.
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