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Auteur Sujet: L'HISTOIRE de la Thaïlande et du Siam...  (Lu 48057 fois)

SUDOKU

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Re : L'HISTOIRE de la Thaïlande et du Siam...
« Réponse #50 le: février 08, 2017, 11:55:10 pm »


Terrible anniversaire , en espérant que cela ne se reproduise plus .


+1 triste anniversaire !
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Manu de Chiang Mai

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Re : L'HISTOIRE de la Thaïlande et du Siam...
« Réponse #51 le: juin 18, 2017, 08:17:40 am »


Ko Korutao, une île à l'histoire étonnante !

Cette île thaïlandaise a beau être paradisiaque, aucun touriste ne l'a visité pendant des décennies. Découvrez quel est son lourd secret !

Les côtes thaïlandaises comptent des milliers d’îles, et des millions de voyageurs viennent chaque année y chercher leur petit coin de paradis. Pourtant, l’une d’entre elles, bien entourée par ses sublimes voisines, cache un secret particulièrement lourd. Et pendant très longtemps, elle l’a gardé inviolé.

Cette île, c’est Ko Tarutao, l’une des plus grandes du pays en termes de superficie. Elle est également la plus vaste du Parc marin national de Tarutao, qui possède 51 îles. En effet, avec ses 26 kilomètres de longueur pour 18 de large, sa taille n’a pas vraiment de comparaison possible avec les autres. Malgré sa beauté et sa présence dans une zone naturelle protégée, aucun touriste n’y a posé les pieds. D’ailleurs, si des visiteurs parvenaient à s’y rendre, ils seraient sans doute déçus de ne trouver ni bars, ni restaurants, ni hôtels de standing comme c’est le cas sur la plupart des îles thaïlandaises.

Mais alors, pourquoi un tel bijou situé à l’extrême sud-ouest du territoire, à environ 25 kilomètres au large du continent, n’a pas eu la même trajectoire que ses semblables ? La raison est tout simple. Dans les années 1930, les prisons de la capitale ne parviennent plus à accueillir tous les criminels jugés. Ainsi, le gouvernement décide de partir à la recherche d’un terrain isolé et calme afin de construire une immense prison, une sorte de bagne où étaient envoyés les détenus qui ne pouvaient pas être logés à Bangkok.

Et de fil en aiguille, c’est Ko Tarutao qui a été choisie pour remplir ce rôle ! Résultat, de la fin des années 1930 au milieu des années 1940, plus de 3 000 prisonniers ont vécu sur cette île extraordinaire. Contrairement à une prison lambda localisée en zone urbaine, la distance entre l’île et les côtes permet d’éviter les évasions et de faire largement baisser le nombre de tentatives.

À l’époque, les détenus étaient incarcérés à l’est de l’île, à Talo Wao Bay. Aujourd’hui, l’endroit n’abrite plus aucun criminel, mais plutôt un petit musée dans lequel il est possible d’en apprendre davantage sur celles et ceux qui l’ont occupé pendant près de 10 ans. Toute l’Histoire du lieu y est racontée en détail, accompagnée de quelques photographies.

En parlant d’Histoire justement, celle qui avait commencé en 1930 lors de l’inauguration de la prison a dû se terminer bien plus rapidement que prévu. La faute en grande partie à la Seconde Guerre mondiale. Et pour cause, le conflit a empêché les provisions d’être acheminées jusqu’à Ko Tarutao et a donc mis en grande difficulté non seulement les prisonniers, mais aussi les gardes, qui n’avaient plus rien à manger.

Peu après 1941 et l’invasion de la Thaïlande par l’armée japonaise, pour survivre, les deux parties se sont finalement réfugiées dans la piraterie. À tel point que la situation est devenue vraiment tendue aux abords de l’île. En 1946, les militaires britanniques, avec le feu vert du gouvernement thaïlandais, pénètrent la zone afin de secourir les personnes encore sur place. Ces dernières seront finalement prises en charge, soignées et dispersées dans différents pénitenciers à travers le pays.

Pendant près de 30 ans, Ko Tarutao reste dans l’abandon et pas grand monde se bouscule pour trouver une autre utilité au lieu. Mais en 1974, des naturalistes locaux redécouvrent l’incroyable beauté de ce territoire sauvage et décident d’y créer le « Ko Tarutao Marine National Park », le deuxième plus parc naturel du royaume de Thaïlande !

Aujourd’hui, les anciennes prisons, et notamment le site de Talo Wao Bay se visitent. Une excursion qui permet de se rendre compte de ce qu'a pu être le quotidien des détenus entre 1939 et 1946, mis en cage et forcés à travailler. Si certains d’entre vous tentent l’expérience, sachez qu’il est aussi possible de marcher à travers un sentier de 12 kilomètres emprunté jadis par ces prisonniers.


https://www.demotivateur.fr/voyage/cette-ile-paradisiaque-thailandaise-a-cache-pendant-des-decennies-un-lourd-secret-decouvrez-le-aujourd-hui-10395
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SUDOKU

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Re : L'HISTOIRE de la Thaïlande et du Siam...
« Réponse #52 le: juin 19, 2017, 06:46:39 pm »


Le poilu de Bangkok !

Il est là, droit, le regard fixe, sous son casque Adrian, emmitouflé dans sa grossière capote d’hiver. Une large écharpe protège sa peau dorée de la morsure du froid… Pense-t-il au soleil de son pays, à la lumière des paysages du Siam, à la chaleur des siens ? Tout ce qui lui manque dans cette Europe froide et inconnue.

Comme 1,284 compatriotes, il a quitté au printemps 1918 son pays, le Siam, pour venir participer aux côtés des Alliés à la lutte contre l’agresseur allemand.

Une guerre qui le dépasse, des intérêts qui ne sont pas les siens, mais un combat pour défendre la liberté contre le barbarisme. C’est cela qu’il a compris et c’est pour cela qu’il n’a pas hésité à se porter volontaire pour ce grand voyage vers un autre monde.

Ils partirent, mais 19 ne revinrent jamais. Non pas morts au combat, mais souvent morts de froid tout au long d’un hiver épouvantable dans le nord de l’Allemagne où les avait envoyés les drôles de décisions d’un État-major qui ne connaissait peut-être pas la vie quotidienne de ces enfants du soleil, bien mal équipés pour affronter les rigueurs hivernales de notre continent.

Et lui, dont nous ne connaissons pas le nom ? A-t-il défilé, en pleine gloire, le 14 juillet 1919 sur les Champs-Élysées parisiens, est-il rentré dans son pays, fort du prestige d’un ancien combattant héroïque, revenu victorieux sur le sol de sa Patrie ?

Ou bien a-t-il fait partie de ses compatriotes, morts pour la liberté, bien petit contingent de sacrifiés, mêlés aux millions de morts de la Grande Guerre ?Nous ne le savons pas…

La statue est en bronze de couleur beige et mesure 80 cm de haut sur 30 cm de large. Elle porte la prestigieuse signature de Paul Ducuing, célèbre sculpteur français.

Envoyé en mission en Indochine en 1921-22, il réalisa la statue d’Auguste Pavie au Laos, celle de l’empereur d’Annam Khaï Dinh et celle du roi Sisowath qui se trouvait autrefois au Palais Royal et aujourd’hui est au Musée National.

Le propriétaire ne se rappelle plus l’origine de cette statue mais déclare la posséder depuis plus de 15 ans. Pour lui, elle représente le roi Rama VI Vajiravudh, ce qui nous semble inexact. Mais c’est aussi pour cela sans doute qu’il en demande le prix déraisonnable de 36,000 dollars…

Il est là, aujourd’hui, dans le coin d’une galerie d’antiquités du 4ème étage de River City, tristement oublié.

Bien sûr il serait mieux dans la chaleur historique d’un Musée de son pays, image muette du courage de ses compatriotes…

Nous ne pouvons que souhaiter que ces quelques lignes puissent rappeler à la Nation thaïlandaise, le sacrifice de ses enfants... !

https://www.le-souvenir-francais-thailande.com/le-poilu-de-bangkok/

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Re : L'HISTOIRE de la Thaïlande et du Siam...
« Réponse #53 le: juin 27, 2017, 11:46:13 am »


Sans le musée Guimet, des milliers d'oeuvres provenant de pays asiatiques (Thaïlande, Cambodge, Vietnam, etc.) auraient disparu à jamais... J'espère bien qu'il va les conserver !


La Thaïlande va réclamer des trésors nationaux qui se trouvent dans des musées à l'étranger

La Thaïlande espère pouvoir récupérer 133 objets historiques se trouvant actuellement dans des musées étrangers ou des institutions éducatives.

Deux objets venant des USA ont déjà été récupérés et deux autres linteaux devraient aussi revenir.

Le ministre de la culture Vira Rojpojchanarat affirme "Nous avons des preuves évidentes que les linteaux de Khao Lon et Prasat Nong Hong nous appartiennent." Il ne dit pas clairement que ces linteaux seront rendus par le Musée d'Art Asiatique de San Francisco.

Le 13 juin, une commission a été créée dont le but est de réclamer ces trésors historiques à l'étranger. Parmi les membres de cette commission Jade Donavanik, qui a récemment informé les fonctionnaires thaïlandais en charge des différents trésors qu'il a vu à l'étranger. "J'ai vu 20 de ces pièces manquantes dans des musées de San Francisco". dit-il.

On ne sait pas si le musée Guimet est visé.


https://www.thaivisa.com/forum/topic/989682-thailand-aims-to-reclaim-133-historical-items-held-overseas/
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Re : L'HISTOIRE de la Thaïlande et du Siam...
« Réponse #54 le: juin 27, 2017, 05:52:57 pm »


Sans le musée Guimet, des milliers d'oeuvres provenant de pays asiatiques (Thaïlande, Cambodge, Vietnam, etc.) auraient disparu à jamais... J'espère bien qu'il va les conserver !


La Thaïlande va réclamer des trésors nationaux qui se trouvent dans des musées à l'étranger

superbe ce musée !  à voir et à revoir !
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Re : L'HISTOIRE de la Thaïlande et du Siam...
« Réponse #55 le: juillet 22, 2017, 07:50:57 am »


"Les Thaïs détruisent les traces de leur passé" déplore un historien !

PHETCHABURI: - Un historien thaïlandais à Phetchaburi a critiqué le travail effectué dans la grotte historique de "Khao Luang" datant du règne du roi Rama IV au XIXe siècle.

Lorm Phengkaew a dirigé une délégation d'experts pour inspecter le travail qui est prévu dans la grotte au cours des prochains mois. Mais le mal est déjà fait et des plaintes ont été reçues de la part de touristes (thaïlandais) au sujet de la destruction du patrimoine thaïlandais.

Lorm et son équipe ont constaté que l'entrepreneur, qui va recevoir plus de 16 millions de bahts pour effectuer ce travail qui devait être achevé en décembre, avait retiré toutes les briques historiques du sol et en a fait un tas.

Lorm a déclaré que même si certains endroits du sol avait besoin de remplacement, la majeure partie pouvait être rénovée et réparée. Il a dit que l'entrepreneur venait tout juste de tout retirer et a "jeté l'histoire thaïlandaise dans un tas de briques". (pour cimenter à la place?)

"C'est la destruction du passé", a-t-il déclaré aux journalistes de Thai Rath.

Les experts locaux prévoient contacter le Dpt des beaux-arts pour se plaindre de la manière ont les travaux en cours sont effectués.


https://www.thaivisa.com/forum/topic/993508-thais-ripping-up-their-history-local-historian-complains-about work-being-done-at-historic-cave/
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Re : L'HISTOIRE de la Thaïlande et du Siam...
« Réponse #56 le: septembre 07, 2017, 10:32:02 pm »


"Les Thaïs détruisent les traces de leur passé" déplore un historien !

PHETCHABURI: - Un historien thaïlandais à Phetchaburi a critiqué le travail effectué dans la grotte historique de "Khao Luang" datant du règne du roi Rama IV au XIXe siècle.



Bien dommage...  :(
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Manu de Chiang Mai

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Re : L'HISTOIRE de la Thaïlande et du Siam...
« Réponse #57 le: septembre 11, 2017, 08:11:57 am »


Il faut hélas reconnaître qu'à part une toute petite élite, les Thaïlandais ne connaissent pas du tout leur histoire... Ils n'ont connaissance que de deux ou trois grands événements flattant leur nationalisme (Bang Rajan, résistance de Naresuan aux Birmans, etc.) et c'est tout...

Mon épouse m'avaouait que même à l'université, les cours d'Histoire sont totalement insignifiants !
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Manu de Chiang Mai

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Re : L'HISTOIRE de la Thaïlande et du Siam...
« Réponse #58 le: septembre 29, 2017, 08:15:25 am »


Le drapeau de la Thaïlande à 100 ans. Et le plus grand se trouve à Phitsanulok !

Le plus grand drapeau thaïlandais jamais fabriqué a été déployé sur le terrain de football à l'Université de Phitsanulok jeudi matin pour commémorer le 100e anniversaire du drapeau national.

Le vice-gouverneur de Phitsanulok Thatchai Sisuwan et l’officier local Lt-Gen Vichak Siribansop ont dirigé les fonctionnaires de l'État et d'autres citoyens tout fiers de chanter l'hymne national à 8h pour célébrer cet évènement historique.

Ils ont ensuite présidé une cérémonie durant laquelle la Fondation Rakthongchatthai 189 a officiellement présenté ce drapeau de 40 par 60 mètres.

Le drapeau pèse 600 kilogrammes et nécessite 300 personnes pour le déployer complètement.

Le drapeau flottera en haut d'un mat de 189 mètres dans le district de Chiang Saen à Chiang Rai, devenant un symbole de l'unité nationale.

Le 100 ème anniversaire du drapeau a été l’occasion de moult cérémonies partout dans le pays et de quelques rappels historiques dans les journaux les écoles et sans doute à la télévision.

 
https://www.thaivisa.com/forum/topic/1004549-national-flag’s-centenary-sees-largest-ever-unfurled/
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Manu de Chiang Mai

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Re : L'HISTOIRE de la Thaïlande et du Siam...
« Réponse #59 le: octobre 23, 2017, 10:27:35 am »


La disparition de Jim Thompson : le cas résolu ?

Un nouveau documentaire est en passe de susciter de nouveaux débats sur l'un des mystères les plus durables d'Asie: qu'est-il arrivé à Jim Thompson, le légendaire roi de la soie en Thaïlande ?

L'ancien officier de renseignement américain devenu magnat du textile s'est promené dans la jungle malaisienne il y a 50 ans et n'est jamais revenu. Malgré une recherche massive, aucune trace de Jim Thompson n'a jamais été retrouvée. L'un des Occidentaux les plus éminents d'Asie avait simplement disparu.

Les théories abondent: il a été tué par un tigre; il s'est perdu et a péri dans la forêt profonde; il a disparu volontairement dans le cadre d'une intrigue politique. Ceux qui sont derrière le documentaire disent qu'ils ont de nouvelles preuves que Thompson a été tué.

Leur film « Qui a tué Jim Thompson » a été présenté le 20 octobre au festival Eugene International Film dans l’état de l’Oregon, aux USA

"Il y a eu toutes sortes de théories et surtout des théories idiotes, mais j'espère que cela mettra un terme à toute l'histoire", a déclaré Barry Broman, le producteur du film.

Les cinéastes, d'Adventure Film Productions, ont dit avoir eu un coup de main: un ancien contact les a approchés avec une histoire de confession sur son lit de mort. Ils ont finalement trouvé une seconde source dont les informations ont confirmé la première source.

Leur conclusion: Jim Thompson a été tué par des rebelles du Parti communiste de Malaisie, qui sont devenus suspicieux après son arrivée dans la jungle lorsqu’il a commencé à demander une rencontre avec le secrétaire général du parti, alors l'homme le plus recherché de Malaisie. Plutôt que d’être parti en vacances, les cinéastes ont dit que Jim Thompson était sur une dernière et mortelle mission.

Broman, qui a des dizaines d’années d’expérience en Asie comme photographe, U.S. marine et diplomate, dit que la conclusion est sans équivoque: « Jim ne sera jamais retrouvé. Il a été assassiné »

Les cinéastes ont reconnu que la théorie du meurtre n'est pas nouvelle, mais ils croient que leur version est la plus complète.

Bien que certaines des conclusions du film soient plausibles sur la base de ce que l'on sait de la vie de Thompson, il n'y a rien de définitif étant donné que le film repose sur des informations de seconde main des proches des personnes impliquées et laisse de nombreuses questions sans réponse.

Durant la seconde guerre mondiale, Jim Thompson a été un agent hautement décorée de l’OSS (Office of Strategic Services), l’ancêtre de la CIA. Après la guerre, il a été posté en Thaïlande avec l'OSS et a choisi d'y établir sa maison après être devenu homme d'affaires et avoir fondé sa société travaillant dans la soie en 1948.

Jim Thompson a aidé à relancer l'industrie de la soie thaïlandaise et sa société est devenue depuis l'une des marques de luxe de la Thaïlande. Son ancienne maison de Bangkok, autrefois le site de fêtes légendaires, est maintenant un musée rempli de sa fabuleuse collection d'art asiatique et d'antiquités. Les deux sont devenus des attractions incontournables pour les millions de touristes qui visitent la Thaïlande chaque année.

La société a refusé de commenter les nouvelles informations sur le sort de son fondateur.

Thompson avait une activité de 1,5 million de dollars par an en 1967, lorsque la guerre du Vietnam battait son plein avec la Thaïlande jouant un rôle essentiel, abritant des bases de l’U.S. Air Force qui bombardait les zones contrôlées par les communistes en Indochine.

Thompson était parti en mars de cette année à Cameron Highlands en Malaisie, une station de montagne parsemée de plantations de thé qui était autrefois populaire auprès des colons britanniques, pour un peu de repos et de détente. Il était chez des amis singapouriens, dans leur maison de vacances Moonlight Cottage de style Tudor.

Le 26 mars, dimanche de Pâques, alors que ses hôtes se reposaient après le repas, ils ont entendu leur invité de Bangkok quitter la maison, sans doute pour se promener dans l'air frais de la région.

Aucune trace de Jim Thompson n'a été trouvée après cela. Des centaines de personnes ont été impliquées dans le premier balayage pour le retrouver: des soldats, des policiers, des pisteurs professionnels de la jungle, des tribus autochtones. Quand aucun indice n'a été découvert, des médiums et des guérisseurs ont rejoint la quête infructueuse.

"J'ai encore des questions. J’aurai aimé avoir d’autres sources », a reconnu Broman. Il espère que avoir porté cette histoire à l'écran pourrait raviver quelques souvenirs, et que peut-être quelqu'un, quelque part sera frappé en voyant ce documentaire et se dira "dis, Papy n'a pas parlé de cela?"


http://www.khaosodenglish.com/news/2017/10/21/jim-thompson-disappearance-case-solved/
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Malco

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Re : L'HISTOIRE de la Thaïlande et du Siam...
« Réponse #60 le: octobre 23, 2017, 10:39:33 am »


Le 23 octobre, à la mémoire de SM le roi Rama V.

Le 23 octobre est un jour férié en Thaïlande. Comme toute la Thaïlande, Kanchanaburi célèbre la mémoire du roi Rama V, Chulalongkon,

Chulalongkon est le roi les plus respecté et le plus aimé de la monarchie thaïlandaise.

Le monument du roi Rama V à Tha Muang, Kanchanaburi

Chulalongkon a régné 42 ans, de 1868 à 1910. Il est mort le 23 octobre 1910 après avoir eu 77 enfants de 36 de ses 92 femmes. Il est l'arrière grand-père du roi actuel Rama X.

SM Chulalongkon, le premier des 39 fils du roi Mongkut, Rama IV, est né à Bangkok le 20 septembre 1853

La Photo la plus populaire : le roi Chulalongkorn cuisine sur le porche de la résidence Ruen Ton , en face du palais Vimanmek. Bibliothèque et archives du Prince Damrong à Bangkok.).

Il a reçu une éducation à la fois moderne, par une gouvernante anglaise, Anna Leonowens, engagée par son père pendant cinq ans et traditionnelle par des moines bouddhistes.

Le roi Chulalongkon est l’objet aujourd’hui d’un culte actif, de très nombreuses maisons thaïlandaise sont ornées de son portrait, des prières et des offrandes lui sont adressées. De nombreuses statues à son effigie sont érigées presque partout dans le pays.

Continuant l’œuvre de son père, Chulalongkon a été un grand modernisateur du royaume de Siam. Il fut le premier roi à voyager à l’étranger, à Singapour, en Inde et en Europe, il fut reçu deux fois en France, en 1897 et 1903.

Son action a été fondamentale dans tous les domaines. Il modernisa et centralisa l’administration, organisa les services postaux (1885), les chemins de fer (1893), établit un calendrier solaire (1889), fonda la première université, la première école d’administration, l’école militaire et l’école navale. Les billets de banque furent introduits en 1902 et le système décimal imposé en 1908. L’esclavage fut aboli en 1905.

Rama V a séjourné souvent dans la province de Kanchanaburi. Il a visité le Wat Tham Khao Pun en 1870. Le Roi Rama V aimait se réfugier et se baigner dans la région de Sai Yok au bord de la rivière Kwaï. Chulalongkon était un admirateur des chats et en particulier du khao mani (gemme blanc - เขามณี).

Publié dans Kanchanaburi, Thaïlande, Histoire, Sai Yok, Tha Muang, Rama IV, Rama V, Mongkut, Chulalonkorn, 23 octobre, Rama X, Wat Tham Khao Pun, Rivière Kwaï .
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Re : L'HISTOIRE de la Thaïlande et du Siam...
« Réponse #61 le: décembre 11, 2017, 03:48:45 pm »



Une collection royale inscrite au registre de la «Mémoire du Monde» !   :clap


Une importante collection comprenant des négatifs-photo sur plaques de verre et des gravures originales relatant la transition du Siam vers le royaume moderne de Thaïlande a été inscrite au registre de la « Mémoire du monde » par l’Unesco.

Le patrimoine soumis par la Thaïlande figure désormais parmi les 78 nouvelles entrées au « Registre International de Mémoire du Monde » de l’Unesco, il est ajouté notamment au meme moment que des documents sur Shakespeare (dont un documentaire sur la vie de William Shakespeare), des archives indonésiennes sur la conservation de Borobudur, des inscriptions chinoises en os d’oracle, entre autres…

« La collection royale contient près de 35 427 négatifs sur plaque de verre et 50 000 estampes (gravures), couvrant une période longue et continue de 1855 à 1935″ a déclaré la ministre de la Culture, Vira Rojpojchanarat

La collection était jusqu’alors conservée dans trois bibliothèques royales distinctes, dont les propriétaires originaux, le roi Chulalongkorn (Rama V), le roi Vajiravudh (Rama VI) et le prince Damrongrajanubhab, fils du roi Monkut (roi Rama IV).

En 1977, ils ont été confiés aux archives nationales de Bangkok. À ce jour, 24 800 plaques ont déjà été numérisées dont 4 149 plaques qui ont été incluses dans la base de données nationale.

La collection massive dépeint le vieux Siam jusqu’au royaume moderne de la Thaïlande pendant les règnes du Roi Mongkut (Rama IV) au Roi Prajadhipok (Rama VII).

« Travail admirable » … « Cette collection offre une chronique inégalée d’une période critique dans l’histoire de la Thaïlande moderne et ses relations avec le reste du monde » … «

Les archives nationales thaïlandaises ont fait un travail admirable pour préserver et restaurer la collection en utilisant la technologie numérique, désormais avec l’inscription de la collection dans le registre « Mémoire du monde », un pas de plus à est fait pour garantir que ce précieux patrimoine soit sauvegardé et apprécié » a déclaré Misako Ito, conseiller en communication et information pour l’Unesco à Bangkok

Le site Web de l’Unesco présente la collection pour documenter les importantes transformations en cours au Siam à une époque de changements mondiaux majeurs.

Lire la suite de long et intéressant article chez nos amis de

zonesamui.png.d53a7642bcf9aafcf217edf971a9dba8.png

https://zonesamui.com/2017/12/une-collection-royale-inscrite-au-registre-de-la-memoire-du-monde/

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Re : L'HISTOIRE de la Thaïlande et du Siam...
« Réponse #62 le: mars 08, 2018, 07:45:23 am »


Génial... J'adore croiser des Thaïlandais en tenue traditionnelle !


Une série de la "3" incite les Thaïlandais à se précipiter à Ayutthaya en costume traditionnel !

Des Thaïs s'habillent en tenue traditionnelle et se rendent au Wat Chaiwatthanaram pour des séances de photos depuis que la série issue d'un roman historique a créé une vraie tempête dans le pays.

Les sites touristiques historiques utilisées pour filmer la série romantique "Bupphesaniwat" ("Amour et Destin") ont vu leur fréquentation (de Thaïlandais) multipliée par trois, ont déclaré mercredi des responsables du tourisme local.

Sur un week-end normal, le Wat Chaiwatthanaram reçoit environ 3 300 visiteurs. Depuis que la série a débuté à la fin du mois dernier, les arrivées ont grimpé à plus de 9 000. Dimanche seulement, 5 773 personnes ont visité les sites.

"Bupphesaniwat" raconte l'histoire de Kadesura, une étudiante en archéologie qui se découvre une connivence avec Karakade, qui vit sous le règne du roi Narai en 1682.

Kadesura (Ranee Campen) doit accomplir de bonnes actions pour réparer sa cruauté dans une vie antérieure et soigner sa relation avec son fiancé Muen Suntharathewa (Tanawat Wattanaputi).

Beaucoup de personnages de la série ont réellement existé tel que l'aventurier grec et conseiller royal Constantine Phaulkon (Louis Scott) et Maria Guyomar de Pinha (Susira Naenna), qui était l'épouse de Phaulkon. Elle a inventé des desserts thaïlandais d'inspiration portugaise tels que foi thong, thong yip, thong yod et sangkhaya.

Comparé à d'autres séries récentes, "Bupphesanitwat" a obtenu à la fois des notes élevées, des éloges en ligne et la ferveur du public. En revanche, "Sri Ayodhya", un drame historique nationaliste pourtant promu avec beaucoup de publicité, n'attire pas les Thaïlandais. La série de 19 épisodes a débuté au moment de l'anniversaire du roi Rama IX en Décembre.

La fièvre  "Bupphe" atteint des sommets. Ainsi le roman dont il est tiré écrit par Chanyawee "Rompaeng" Somprida en 2010, est piraté en ligne.

Par ailleurs #Bupphesanitwat est en tendance sur Twitter depuis que la série est diffusée.

"Bupphesaniwat" est diffusé à 20h20 les mercredis et jeudis sur Channel 3 et peut être regardé en ligne. Des téléspectateurs ont créé des sous titres en chinois et en anglais.


https://www.thaivisa.com/forum/topic/1028074-romcom-fever-triples-ayutthaya-tourism-officials/
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Re : L'HISTOIRE de la Thaïlande et du Siam...
« Réponse #63 le: mars 08, 2018, 01:14:03 pm »


Génial... J'adore croiser des Thaïlandais en tenue traditionnelle !

Une série de la "3" incite les Thaïlandais à se précipiter à Ayutthaya en costume traditionnel !

Des Thaïs s'habillent en tenue traditionnelle et se rendent au Wat Chaiwatthanaram pour des séances de photos depuis que la série issue d'un roman historique a créé une vraie tempête dans le pays.



SUPERBE   :clap  j'adore  :D
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Re : L'HISTOIRE de la Thaïlande et du Siam...
« Réponse #64 le: novembre 11, 2018, 12:20:35 am »


14/18 :

Je poste cette page d'histoire trouvée par pur hasard ce jour, mais ne suis absolument pas sûre de la véracité des faits relatés... ???

J'espère que le connaisseurs voudront bien corriger les inexactitudes notifiées dans ce texte si nécessaire ... Merci 
:D

En août 1914, le Siam est un royaume indépendant mais fortement contraint par des liens imposés au début du XXème siècle par les puissances occidentales, dont la Grande- Bretagne et la France.

Également en relation avec l’Allemagne, le royaume du Siam rejoint pourtant le camp des alliés le 22 juillet 1917.

En effet, le roi Vajiravudh (Rama IV) voit dans le ralliement à la cause des alliés un intérêt stratégique et commercial, espérant ainsi obtenir l’égalité avec les nations engagées dans la guerre.

À la déclaration de guerre, plusieurs navires marchands allemands sont saisis par l’armée royale du Siam. En 1918, un corps expéditionnaire est envoyé sur le front occidental.

Composé de 1 284 volontaires, ce corps, dirigé par le lieutenant-général Phya Pijaijarnrit, débarque dans le port de Marseille en août 1918. Les soldats Siamois sont immédiatement dirigés vers le front, combattant dans les tranchées en septembre 1918.

Un groupe de pilotes siamois est également mis à contribution dans le conflit.

Formés dans les écoles de l’air françaises, notamment à l’école de Cazaux en Gironde, ces pilotes volontaires effectuent plusieurs missions vers la fin de la guerre.

Les troupes siamoises participent au défilé de la victoire sur les Champs-Élysées le 14 juillet 1919.
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Re : L'HISTOIRE de la Thaïlande et du Siam...
« Réponse #65 le: novembre 11, 2018, 12:25:20 am »


d'autres photo de cette période...

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Manu de Chiang Mai

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Re : L'HISTOIRE de la Thaïlande et du Siam...
« Réponse #66 le: décembre 20, 2018, 08:07:23 am »


Il y a 25 ans, la Thaïlande se lançait dans les télécommunications spatiales

Dans la nuit du 17 au 18 décembre 1993, avec la mise sur orbite du satellite Thaicom 1 par le lanceur européen Ariane 4, la Thaïlande devenait un acteur des télécommunications spatiales.

Au cours des années 60, les satellites de télécommunication font leur apparition (Echo 1 en août 1960, Courier 1B en octobre 1960, Telstar 1 en juillet 1962, Syncom 1 en février 1963, Early Bird en avril 1965…). Ils sont d’abord un enjeu national pour certaines grandes et moyennes puissances, comme les Etats-Unis, l’Union soviétique ou le Canada. D’autres nations suivent, en Europe (France, Royaume-Uni, Allemagne, etc.), mais aussi en Asie, avec des pays émergents (Inde, Indonésie) qui se dotent d’un système satellitaire national afin de résoudre le problème du sous-équipement et celui d’une géographie compliquée (taille, émiettement du territoire).

A la fin des années 1980 et au début des années 1990, d’autres nations – pour plupart en voie d’émergence – souhaitent se constituer un réseau de télécommunication, afin d’accéder à un statut régional en maîtrisant d’abord un système national. L’objectif consiste alors à développer des capacités d’échanges à différents niveaux d’échelle (national, régional, international). C’est notamment le cas de la Thaïlande. Avant de pouvoir disposer de son propre réseau, celle-ci a d’abord utilisé le Palapa indonésien. Néanmoins, l’ambition nationale pousse les Thaïlandais à vouloir leur propre système, d’autant plus que Palapa s’est révélé comme un système « national étroitement contrôlé par le gouvernement indonésien », comme le soulignait en 1997 le géographe Fernand Verger.

 

Le programme Thaicom.

L’aventure des télécommunications spatiales thaïlandaises commence surtout le 11 septembre 1991, lorsque le Ministère des transports et des communications accorde une concession pour déployer un réseau de télécommunication à l’entreprise Shinawatra Satellite Co (créée le 7 novembre 1991), du groupe Shinawatra Computer & Communications Co Ltd, appartenant à l’homme d’affaires et homme politique influent Thaksin Shinawatra (qui deviendra Premier ministre de 2001 à 2006). Précisons que la compagnie changera de nom à plusieurs reprises, en Shin Satellite Plc (2 août 1999), puis en Thaicom Public Company Limited (21 avril 2008). Quant aux satellites appelés à constituer le réseau, ils reçoivent le nom de Thaicom qui, décerné par le roi Rama IX (Bhumibol Adulyadej), symbolise le lien entre le pays et les communications modernes (Thai Communications).

Toutefois, la Thaïlande ne dispose pas de compétences technologiques suffisantes pour construire et lancer ses satellites. De ce fait, elle fait appel au groupe américain Hughes Space Aircraft pour fabriquer les deux premiers Thaicom. D’une hauteur de 3,48 m pour une masse de 629 kg (1 080 kg au lancement), ils sont équipés de dix répéteurs en bande C, ainsi que de deux répéteurs en bande Ku. L’énergie est fournie par des panneaux solaires cylindriques placés autour des satellites. Stabilisés sur trois axes et positionnés sur une orbite géostationnaire, ils ont alors la capacité de couvrir une zone allant de la Thaïlande au Japon.

Thaicom 1 est lancé dans la nuit du 17 au 18 décembre 1993 par une Ariane 44L européenne, depuis le Centre spatial guyanais. Le second Thaicom suit le 7 octobre 1994, placé sur orbite par le même type de lanceur. En mai-juin 1997, Thaicom 1 est déplacé sur une autre orbite (renommé à cette occasion Thaicom 1A), puis sur une « orbite cimetière » le 12 janvier 2010 où, après 16 ans de bons et loyaux services, il cesse de fonctionner ; Thaicom 2 connaît le même destin le 30 octobre 2010.


Diffuser, fournir, étendre.

Dans les années qui suivent, d’autres Thaicom plus performants sont construits par les Américains (Thaicom 4, 6, 7 et 8), mais aussi par la France (Thaicom 3 et 5) et la Chine (qui prépare la construction et assurera le lancement de Thaicom 9). Aujourd’hui, la flotte de satellites (Thaicom 4 à 8) permet à la compagnie thaïlandaise d’être un acteur de premier plan. De plus, en créant des filiales (IPSTAR Autralia Pty Ltd, Lao Telecommunications Company Ltd, etc.), celle-ci tisse d’ambitieux partenariats régionaux fournissant des prestations variées. En effet, le système offre en plus de la télécommunication, des services étendues au numérique et à l’internet à haut débit pour une quarantaine de pays d’Asie-Pacifique (dont l’Australie), mais aussi pour l’Afrique (Thaicom 6 ou Africom 1) et l’Europe (Thaicom 5) !

Par ailleurs, avec Thaicom 4, construit par Space System Loral et placé sur orbite le 11 août 2005 par un lanceur Ariane 5, la Thaïlande devient le premier pays à disposer d’un satellite conçu pour faire tout spécialement des services IP (Internet Protocol) - d’où son second nom IPSTAR 1 - capable de desservir jusqu’à deux millions d’utilisateurs ou près de 30 millions d’abonnés à la téléphonie mobile dans toute la région Asie-Pacifique. En 2008, la Thaïlande est ainsi le pays qui a le taux le plus élevé d’abonnés mobiles utilisant internet au sein des pays de la région Asie-Pacifique.


Une fierté nationale.

Sur son site, la société Thaicom Public Company Limited (TPCL) présente fièrement son réseau de satellites comme « une connectivité fiable et sécurisée pour des services de données et vidéo de qualité. Notre vaste réseau de satellites en Asie, en Océanie et en Afrique permet aux radiodiffuseurs de diffuser quotidiennement le dernier contenu télévisé numérique, aux opérateurs de télécommunication de fournir des réseaux haut débit dans les régions isolées de l’Asie-Pacifique et aux administrations gouvernementales d’étendre leur portée à l’échelle nationale ».

L’exemple thaïlandais illustre la complexité de l’aventure spatiale qui, désormais, a des implications au quotidien pour les populations, y compris pour celles des pays du sud. Pour en bénéficier, il n’est pas indispensable de posséder un lanceur, ni même d’avoir les capacités nationales pour fabriquer les satellites. En revanche, pour la gestion du réseau, il est nécessaire d’avoir un personnel qualifié, souvent formé auprès des nations du nord.

 

Références.

Un article : Alain Prestat, « Télévision de demain, l’Asie est déjà dans la course », in Les échos, 7 mars 1994.

Un atlas : Fernand Verger, Atlas de géographie de l’espace, Belin, Paris, 1997.

Le site officiel de Thaicom Public Company Ltd

Une vidéo sur la construction et le lancement de Thaicom 4 / IPSTAR par Space Systems Loral, 2005

 

Philippe Varnoteaux est docteur en histoire, spécialiste des débuts de l’exploration spatiale en France et auteur de plusieurs ouvrages de référence.
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Re : L'HISTOIRE de la Thaïlande et du Siam...
« Réponse #67 le: février 08, 2019, 08:42:36 am »


Des tombes françaises retrouvées en Thaïlande. Cérémonie d’hommage.

Tout à commencé, lorsque nous avons essayé de retrouver la trace de la tombe du jeune Marcel Henry, gazé sur le front en 1915, Mort pour la France, et qui avait été inhumé en 1920, après son retour auprès de ses parents au Siam, dans le cimetière catholique de Silom Road, dans le centre de Bangkok.

Convoité par les promoteurs car se trouvant dans le quartier de la ville où le m2 est le plus cher, ce cimetière, qui accueillait les dépouilles des défunts catholiques depuis 1888, était alors laissé à l’abandon. Les inhumations, depuis les années 60, se faisaient dans des cimetières plus modernes, situés dans des banlieues éloignées de la capitale thaïlandaise.

Dans les premières années du XXIème siècle, décision fut prise de vendre à bail les terrains des deux grands cimetières catholiques. Les services du Collège de l’Assomption entreprirent alors l’ouverture des tombes, l’exhumation des restes qui s’y trouvaient et leur transfert vers le grand cimetière de Santikham, qui se trouve à 60 km à l’ouest de Bangkok.

Il ne semble pas que les familles ou descendants des défunts aient pu être prévenus.

Les inscriptions qui se trouvaient gravées sur les pierres tombales avaient été recopiées, mais souvent avec beaucoup de difficultés et les erreurs de transcription sont nombreuses, certaines très anciennes étant particulièrement difficiles à déchiffrer.

C’est après de longues recherches, que nous avons pu retrouver où avaient été transportés tous ces restes, tous semble t-il, oubliés de leurs famille et de leurs pays.

L’étude attentive de deux grimoires poussiéreux rédigés en latin, conservés aux archives de l’Assomption, nous a permis de retrouver la trace de toutes les inhumations ayant eu lieu dans le cimetière catholique. Le Père Colombet, fondateur du Collège, en tenait soigneusement et jour après jour les entrées.

C’est alors que nous avons découvert, outre l’acte d’inhumation de Marcel Henry, les mentions des inhumations de sept marins français, morts pendant leur service au Siam, à différentes époques.

Nous nous sommes donc attelés à essayer de retrouver l’histoire de ces braves, oubliés de leur pays, et morts si loin de chez eux. Ceci à pu être réalisé grâce à l’aide de nos amis généalogistes.

Il ne restait donc plus au Souvenir Français de Thaïlande, que de rendre un hommage officiel à ces tombes redécouvertes.

C’est le 11 janvier 2019, que S.E. M. l’ambassadeur de France, M. Jacques Lapouge, entouré du Chef de notre Mission de Défense, le Lt-Colonel Nadia Piercy et de notre délégué général qu’eut lieu notre cérémonie du souvenir. Les drapeaux de la France vinrent saluer leurs frères d’armes. Une bénédiction religieuse par le Père Supérieur du cimetière fut suivie du dépôt de gerbes devant les plaques installées par le Souvenir Français.

Cette belle cérémonie fut le point d’orgue d’une recherche de plusieurs mois.

Tous sont des marins, à l’exception de Marcel Henry, seul ‘Mort pour la France’, qui était sous-officier au 8ème RIC.

Marcel Henry était le fils du directeur de la Banque de l’Indochine au Siam, et était parti avec une soixantaine de ses compatriotes résidant au Siam, dès octobre 1914, vers la Métropole pour répondre à l’ordre de mobilisation générale. Gazé pendant les durs combats de la Main de Massiges en septembre 1915, il sera hospitalisé, puis envoyé pendant l’hiver 1916-17 sur le front de Serbie. Atteint de laryngite tuberculeuse, il sera réformé en juillet 1918. Il rejoindra alors sa famille a Bangkok, mais les poumons détruits, il décèdera en octobre 1920. Il avait 25 ans.

Son nom figure également sur le monument du Souvenir de l’Ambassade de France de Bangkok.

Les sept marins eux, sont tous morts de maladie.

Peu après les évènements de juillet 1893, du bref conflit franco-siamois et du refus des autorités siamoises de signer un traité qu’elles jugeaient injuste, les forces navales françaises mirent en place un blocus de l’estuaire de la rivière Chao Phaya par où transitait tout le commerce maritime entre le Siam et le reste du monde.

C’est au cours de ce blocus, que le marin Louis Henry et l’officier médecin de 2ème classe, Jean-Baptiste Comte-Lagauterie, vont mourir :

Louis Henry était né le 2 novembre 1870 à Lanmodez, dans les Côtes du Nord. Engagé à Brest à l’âge de 16 ans, il était gabier breveté de 1ère classe. Il meurt à bord de ‘La Triomphante’. Il avait 23 ans.

Le Dr. Jean-Baptiste Comte-Lagauterie était né le 29 octobre 1858 à St Paul de Lizonne, en Dordogne. Il avait obtenu son diplôme de Docteur en médecine à Bordeaux en 1888. Et alors qu’il était l’auteur d’une thèse sur une ‘Etude d’une épidémie de dengue en Nouvelle–Calédonie en 1884-87’, c’est sans doute à la suite d’une maladie tropicale qu’il décèdera à Bangkok le 21 août 1893. Il avait 35 ans.

Un an plus tard, le 28 août 1894, c’est à bord de la canonnière française ‘La Vipère’ que le jeune Edmond Héloury va mourir. Il était né le 12 septembre 1876 à Plouézec, dans les Côtes du Nord. Il avait 21 ans.

Augustin Tréguy était second-maître également à bord de la canonnière ‘La Vipère’, à bord de laquelle il meurt le 12 juillet 1895. Il était né le 6 février 1862 à Ploubalay, dans les Côtes du Nord, et laissait en Bretagne, une veuve, Marie-Anne. Il avait 32 ans.

Louis Le Tertre meurt le 10 août 1895. Nous ne connaissons que son année de naissance, en 1872. La mention de son décès se trouve dans le journal de Raphaël Réau, jeune diplomate attaché à la Légation du Siam, qui à la date du 10 août écrit : ‘Un marin du Pluvier, poitrinaire, est mort hier soir, dans la nuit. Pauvres marins, si à l’étroit sur leurs bateaux, privés de toute douceur. Chaque canonnière laisse quelqu’un ici…’. Notons que pendant cette époque troublée, la France maintenait en permanence à poste, sur le fleuve, devant la Légation, une canonnière. Louis Le Tertre avait 23 ans.

C’est en 1922 que le gouvernement Poincaré a décidé d’envoyer en mission vers le Pacifique, le grand croiseur ‘Victor Hugo’. Après une longue croisière qui l’a mené jusqu’à Nouméa puis au Japon, le bâtiment fait escale à Bangkok en mai 1923. C’est au cours de cette escale que deux marins vont mourir :

Julien le Douairon est né le 30 septembre 1902 à Trélazé, dans le canton d’Angers (Maine et Loire). Son père, qui était de Bubry dans le Morbihan, avait été tué pendant les combats en Haute-Marne en mai 1916. Pupille de la Nation, Julien s’était engagé dans la Marine. Et c’est le 13 mai 1923 qu’il meurt, au large des côtes du Siam. Il avait 20 ans.

Ce n ‘est que trois jours plus tard, le 16 mai 1923, que Yves Bellec, maître-mécanicien du ‘Victor Hugo’ décède à son tour. Il était né le 21 septembre 1881 à Lanvéoc (Finistère), était marié et avait deux enfants. Il avait 42 ans.



https://www.le-souvenir-francais-thailande.com/des-tombes-francaises-retrouvees-en-thailande-ceremonie-dhommage/?fbclid=IwAR0XfXqPahu0WgrlVySC5LagCvvidRhPe1yvN1YmUWflOTxEvkQ6LowqYec
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Re : L'HISTOIRE de la Thaïlande et du Siam...
« Réponse #68 le: février 11, 2019, 08:52:39 am »


Auguste Pavie

À l'origine agent des télégraphes en Cochinchine, Auguste Pavie devint explorateur, ethnologue, photographe des rives du fleuve Mékong ("mission Pavie" 1889-1890), il fut le premier vice-consul de France au Laos (1887), consul-général de France à Bangkok en 1892, puis commissaire général au Laos en 1893.

Engagé dès 17 ans tout d'abord dans l'armée de terre, Pavie intègre l'infanterie de marine, les "Marsouins", dans l'espoir de participer aux expéditions militaires au Mexique lancées par Napoléon III. Il est en fait affecté en Indochine, à Saïgon (1867). Lassé par l'ennui de la caserne et bercé de récits d'aventure par son ami Raphaël Garcerie, il se fait employé au service des Postes et Télégraphes. Fervent patriote, il tente de participer aux combats de la guerre franco-prussienne de 1870, mais arrivé trop tard, il ne prendra part qu'aux douloureux assauts de la Commune de Paris. Humilié et dépité par la défaite française, il ne rêve plus que de relever l'honneur national par la découverte de nouveaux territoires. De retour en Cochinchine, il est muté à Kampot au Cambodge (1876) où il est seul Occidental parmi les indigènes, et il s'immerge pendant trois ans dans la culture khmère et adopte le mode de vie local, renonçant à l'arrogance du jeune colonialiste qu'il a été, sous l'enseignement bienveillant de moines bouddhistes.

Remarqué pour ses notes d'exploration, il se voit confier par le nouveau gouverneur civil Le Myre de Vilers la direction du chantier de la ligne télégraphique entre Phnom-Penh et Bangkok (1881-1885); une épreuve d'autorité et de charisme pour conduire une équipe de plus de cent ouvriers, annamites et khmers. Pour récompense du zèle et de l'efficacité de son travail, il est décoré à 37 ans de la Légion d'honneur. Ce sera aussi l'occasion de démontrer ses qualités de négociateur avec les autorités siamoises, qui lui vaudront d'être nommé vice-consul au Laos, à Luang Prabang. Lors d'un voyage à Paris en 1886 il embarque avec lui treize jeunes fils de la haute société cambodgienne et fonde "l'École cambodgienne", qui devient rapidement l'École coloniale, dont le but initial est la formation de cadres indigènes pour l'administration des colonies.

De retour à Bangkok, il pense pouvoir entamer l'œuvre de sa vie, l'exploration des régions inconnues du Haut-Laos. Mais il lui faut subir la forte réticence des autorités siamoises pour organiser son voyage, et il atteint péniblement la petite capitale de Luang-Prabang, le 10 février 1887, six mois après son départ de la capitale du Siam. Il se fait apprécier du vieux roi Oun Kham, cerné d'agents siamois, en organisant son sauvetage lors d'un sac de la ville par les mercenaires chinois, les "Pavillons Noirs", déjà connus pour l'assassinat de Francis Garnier. Dès lors, sa vie est liée au devenir de ce petit royaume, petite poche de survie de l'ancien royaume Lao. Par une attitude patiente, toute stratégique, respectueuse et pacifique à l'égard des peuples indigènes, il obtient le protectorat de Luang-Prabang par la France, déjouant les perspectives expansionnistes du royaume du Siam, soutenu par l'Empire britannique. En 1888 il pacifie la région de la Rivière Noire avec Théophile Pennequin.

Il commande néanmoins le blocus de Bangkok par l'escadre de l'Extrême-Orient à l'automne 1893 pour obtenir la signature du Traité d'octobre 1893, pierre angulaire de la renaissance du Laos. Devenu commissaire général au Laos, Auguste Pavie signe la paix avec les bandes de mercenaires chinois, et se fait l'ami du chef emblématique Deo Van Tri dont les fils et neveux iront suivre l'enseignement de l'École coloniale. Son unique objectif est désormais la pacification effective des territoires laotiens et leur administration autonome, qui goûteront une paix éphémère, depuis les troubles et conflits répétés dès 1944 jusqu'aux massacres de la révolution communiste en 1975.

Les frontières du nord de la future Indochine fixées avec le Siam, l'Angleterre et la Chine; Auguste Pavie, épuisé (il a été souvent victime de fièvres et de la dysenterie), rentre définitivement en France en 1895. Il devient un temps la vedette de la presse parisienne, puis, s'étant rasé sa barbe légendaire, retombe dans un anonymat qu'il préfère. Par l'entremise de sa sœur Adèle, à 50 ans (25 octobre 1897) il épouse une jeune dinannaise, Hélène Louise Marguerite Gicquelais, et se consacre à la rédaction et l'édition de son travail d'explorateur, la Mission Pavie en dix volumes, qui retrace les 36 000 km explorés et la première carte complète de l'Indochine. Le couple aura un fils, Paul-Auguste, trop tôt victime de la tuberculose en 1940, alors qu'il préparait un ouvrage sur la vie de son père depuis son retour en France.

Bien que ministre plénipotentiaire en titre, Auguste Pavie décline toutes les offres d'ambassades, pour se consacrer uniquement au Laos, "l'unique œuvre", encore menacé par les convoitises anglaises et siamoises. Devant la fadeur de la politique du ministre des Affaires étrangères sur la question, il demande sa mise à la retraite anticipée, consterné par le manque de détermination du gouvernement.

Il veille toujours avec son frère Pierre sur les jeunes étudiants de l'École coloniale, dont les princes Piranit et Monivong, fils du roi Sisowath du Cambodge..
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Re : L'HISTOIRE de la Thaïlande et du Siam...
« Réponse #69 le: février 11, 2019, 05:29:20 pm »

Auguste Pavie

très intéressant, merci Manu... :)
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" Les compliments, c'est bien beau, c'est bien agréable, mais on ne sait jamais si c'est sincère, tandis que les insultes, ça vient du coeur ".

Manu de Chiang Mai

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Re : L'HISTOIRE de la Thaïlande et du Siam...
« Réponse #70 le: juin 10, 2019, 09:33:10 am »


Quel est l’ancien nom de la Thaïlande ?

Avant 1939 la Thaïlande était connue sous le nom de Siam, ou royaume de Siam.

Le changement du Siam à la Thaïlande a eu lieu au cours du mandat de Phibun Songkhram en 1939, une période qui a coïncidé avec la deuxième guerre mondiale.

Phibun Songkhram dirige le pays avec une tendance ultra nationaliste qui a influencé les politiques nationales et étrangères du royaume.

Avant 1939 la Thaïlande était connue sous le nom de Siam, ou royaume de Siam.

Le 24 Juin 1939, le général Phibun Songkhram Luang, 42 ans, qui avait été nommé premier ministre six mois auparavant, a déclaré que le nom du pays devait changer de Siam (Prathet Syam) à Thaïlande (Prathet Thai).” Le premier ministre a alors déclaré que:

“L’usage du nom du pays a été à la fois Thaï (prathet Thaï = le pays des Thaïs) et le Siam, et puisque le peuple thaïlandais est plutot enclin à appeler le pays Thaï, le gouvernement estime donc qu’il s’agit d’un ratthaniyom [mandat culturel de l’État ] que le nom du pays doit être en conformité avec le nom de la race et de la nyom [inclinaison] de la population thaïlandaise"

Le gouvernement de Phibun Songkhram (1938-1944) a été soutenu par des hommes comme Luang Wichit Wathakarn (qui a contribué au changement de nom), Luang Promyothi (qui a commandé l’armée thaïlandaise, et envahi l’Indochine française en 1940), et Luang Saranupraphan (qui a composé l’hymne national qui est encore en usage).

Phibun Songkhram et sa clique ont, depuis, été considérés par beaucoup comme une dictature militaire liée avec le mouvement fasciste de l’époque.


Le Siam mieux que la Thaïlande ?

Certains considèrent que l’ancien nom du Siam serait plus adapté à l’actuelle situation de la Thaïlande.

Charnvit Kasetsiri, éminent professeur d’histoire à l’université Thammasat de Bangkok, a relancé sa campagne en faveur du nom Siam, estimant qu’il reflète mieux la diversité ethnique du pays.

Pour lui, l’adoption de l’appellation Thaïlande avait un objectif évident, celui de faire référence à un peuple particulier, censé descendre des Thaïs, habitant originaires la Chine, et exclure les autres.


L’ annexion d’une partie de l’Indochine française

Au cours de cette période, la Thaïlande a annexé plusieurs zones en Asie du Sud-Est continentale, qui avait été divisées entre les empires français et britannique après la première guerre mondiale.

Au début des années 1940, la Thaïlande a annexé les provinces cambodgiennes de Siem Riep, Battambang et de Champassak de l’Indochine française, en partie occupé de l’Etat Shan (Keng Tung), et a pris plus de quatre États du nord de la Malaisie (Kedah, Perlis, Kelantan et de Terengganu) à l’empire britannique.

La perception des sympathies fascistes de Phibun Songkhram, provient aussi en partie du fait qu’il a signé un pacte de coopération avec les Japonais et a déclaré la guerre aux États-Unis et à la Grande-Bretagne.



https://www.thailande-fr.com/culture/85193-quel-est-lancien-nom-de-la-thailande
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Re : L'HISTOIRE de la Thaïlande et du Siam...
« Réponse #71 le: juin 10, 2019, 07:43:43 pm »

Quel est l’ancien nom de la Thaïlande ?
Avant 1939 la Thaïlande était connue sous le nom de Siam, ou royaume de Siam.


un topic très intéressant merci manu !
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(Frédéric Dard)

Manu de Chiang Mai

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Re : L'HISTOIRE de la Thaïlande et du Siam...
« Réponse #72 le: juin 30, 2019, 09:28:27 am »


Centenaire du traité de Versailles : la Thaïlande dans la Première Guerre mondiale

En 1917 le Siam déclare la guerre à l'Allemagne et s'engage dans la Première Guerre mondiale, envoyant un contingent de 1280 volontaires en France en 1918.

Le 28 juin 2019 marquera les cent ans du traité de Versailles, ayant mis fin à la première guerre mondiale.

Au milieu des grandes puissances occidentales, on retrouve le Royaume de Siam, qui tente d’accroître sa souveraineté et de se donner une légitimité internationale.

Il y a tout juste cent ans, le 28 juin 1919, au château de Versailles, le monde mettait officiellement fin à guerre la plus atroce que l’humanité avait jusqu’alors connue.

Dans la grande galerie des glaces, les représentants des 31 pays victorieux signèrent le traité de paix, quelques mois après l’armistice.

Vendredi marque le 100e anniversaire du Traité de Versailles, l’un des documents les plus importants du 20e siècle.

Ce traité ne met pas uniquement fin à la première guerre mondiale, mais prévoit également des sanctions à l’encontre de l’Allemagne.

Il contient aussi la création de la SDN (Société des Nations), ancêtre des Nations Unies, imaginée par le président américain Woodrow Wilson dans le but de maintenir la paix mondiale.

Parmi les signataires, figurent deux princes thaïlandais, Charoonsakdi Kritakara et Traidos Prabhandh Devakula: un des plus plus grand succès de la politique étrangère thaïlandaise à l’époque de l’impérialisme.


Le Royaume de Siam rejoint les Alliés en 1917

Lorsque la Première Guerre mondiale a commencé en 1914, il s’agissait d’un lointain conflit européen pour le Royaume de Siam. Le Royaume ne se sentait alors pas réellement affecté et décida d’adopter une position neutre entre les principaux belligérants.

Mais à mesure que le conflit gagnait en ampleur et s’étendait au niveau mondial, des pressions se sont exercées sur la Thaïlande pour qu’elle prenne position avec un camp. Pour des raisons de stratégie politique, mais aussi personnelle, le roi Rama VI et ses principaux conseillers décidèrent de déclarer la guerre à l’Allemagne en juillet 1917 et de rejoindre les Alliés (alliance entre la France, la Grande-Bretagne, la Russie, les États-Unis et le Japon).

Le choix avait également été renforcé par l’entrée des États-Unis dans le conflit en avril 1917

Dès son entrée en guerre, le Royaume de Siam emprisonna les 300 citoyens allemands et austro-hongrois présent sur ses terres, confisquant leurs entreprises et saisissant une flotte de navires marchands allemands.

La Thaïlande prit l’audacieuse décision d’envoyer un contingent de 1 300 hommes en France à la fin de l’été 1918, et fournit un soutien logistique derrière les lignes de front. Les troupes siamoises opéraient sous leur propre drapeau et leur propre commandement :  ce qui fit du Royaume de Siam le seul belligérant indépendant d’Asie du Sud-Est sur les champs de bataille d’Europe.

L’unité médicale comprenait des infirmières et furent, selon des sources thaïlandaises, les seules femmes à servir dans les tranchées du front occidental.

Le contingent siamois participa au défilé de la Victoire à Paris le 14 juillet 1919 et fut de retour au Siam le 21 septembre 1919.

Le roi Rama VI était convaincu que la participation du Siam serait l’occasion de contrer les visées impérialistes tant des Britanniques (cession de quatre provinces du Sud par le traité anglo-siamois de 1909) que des Français (perte du Laos et du Cambodge).


Une victoire permettant de participer au célèbre traité de Versailles

Sa participation, de manière indépendante, du côté des Alliés, permit à la Thaïlande de participer à la conférence de paix de Paris, où ses délégués eurent l’occasion de rencontrer les grandes puissances.

A Versailles, le Royaume de Siam a fait valoir ses intentions : se débarrasser des traités inégaux avec lesquels les puissances coloniales obtenaient des avantages commerciaux dans le Royaume et obtenir la pleine souveraineté en faisant partie du nouvel ordre international de l’après-guerre.

Le Bangkok Times, la veille de la conférence, a commenté ” une grande porte est maintenant ouverte pour ce pays. Et nous, Occidentaux, nous ne devons pas oublier que nous sommes également en procès”.

Les princes Charoon et Traidos firent offices de très bons représentants lors des négociations : diplomates expérimentés, ils étaient cosmopolites, polyglottes et connaissaient bien le droit international.

Parmi les autres membres éminents de la délégation siamoise figuraient le célèbre homme d’affaires et diplomate Phraya Bibadh Koshsa (Celestino Xavier), ainsi qu’un jeune prince récemment diplômé de Sciences Po Paris, Wan Waithayakorn.


Les enjeux diplomatiques: affirmer la souveraineté du Royaume de Siam face aux puissances coloniales

A l’époque, le Royaume de Siam avait modernisé le pays selon les lignes occidentales afin de montrer aux puissances impériales le degré de civilisation du Royaume.

En se joignant activement à la guerre, la Thaïlande a souhaité renforcer sa position pour être traité sur un pied d’égalité par l’Occident.

Lorsque les négociations du traité de Versailles commencèrent en janvier 1919, la délégation thaïlandaise mena une stratégie discrète et efficace, mais sa réussite fut partielle.

Alors que l’Allemagne a été contrainte d’abandonner tous ses traités inégaux en Thaïlande, la Grande-Bretagne et l’Allemagne ont refusé de faire de même. Encore trop colonialistes, il a fallu attendre encore plusieurs années de négociations pour se défaire de ces traités.

Mais victoire pour le Royaume de Siam, qui parvint à s’inscrire parmi les membres fondateurs de la première organisation internationale permanente, la SDN.
Ce dernier allait succéder au Prince Charoon comme premier diplomate thaï pendant la majeure partie du XXe siècle.

Citer

    « Que nous soyons membres de la Ligue dont le devoir est de réglementer les affaires mondiale selon les principes du droit et de la justice, se révèle être pour nous une satisfaction et une fierté ”
   
                                                                                                   Le Roi de Thaïlande RAMA VI.



Par la suite, la Thaïlande s’abstint de s’impliquer dans les questions politiques qui auraient pu mener à la chute de la SDN. Mais le Royaume fut actif dans les travaux techniques sur le contrôle de l’opium, la traite des êtres humains ou encore la santé publique.

Ces secteurs ont eu un fort impact sur le développement social et les politiques publiques du Royaume pendant l’entre deux guerre.

Le Royaume put alors s’appuyer sur ses références multilatérales lorsqu’il rejoindra après la seconde guerre mondiale le successeur de la SDN : l’Organisation des Nations Unies

Le traité de Versailles a marqué la fin formelle de la Première guerre mondiale, et fut une profonde humiliation pour l’Allemagne. Traumatisme qui hantera l’Europe deux décennies plus tard, lorsqu’une Allemagne belliqueuse entraînera le continent, puis le monde, dans un nouveau conflit.

Mais le 28 juin 1919, l’atmosphère est joyeuse et optimiste, puisque le traité de Versailles est signé lors d’une célébration festive dans la galerie des Glaces, où l’Empire allemand a été proclamé en 1871 et où le roi Louis XIV a reçu l’ambassade du Royaume de Siam en 1686.

Le 28 juin met aussi en avant le succès de la stratégie de la Thaïlande, ayant choisi de combattre au côté des Alliés. C’est une nouvelle avancée pour l’indépendance du Royaume, même si ce dernier est encore entouré de colonies européennes et de puissances occidentales qui  continuent d’exercer une influence sur la politique et l’économie du pays.

Deux semaines plus tard, à l’occasion du 14 juillet 2019, les soldats thaïlandais ont défilé avec leur drapeau dans le centre de Paris : signe que le Royaume de Siam était parvenu à se créer une place sur la scène internationale.

Le Traité de Versailles a marqué une étape décisive dans l’évolution du droit international et vers l’organisation d’un système mondial.

Pour certains pays, le traité a perpétué l’ordre colonial, pour d’autres, comme la Thaïlande, il a constitué un pas vers une plus grande souveraineté.

L’héritage de la participation du Royaume à ces événements est symbolisé par le monument commémoratif, dédié aux soldats siamois de la Première Guerre mondiale, qui se trouve à Sanam Luang, à Bangkok.


https://www.thailande-fr.com/culture/86751-centenaire-du-traite-de-versailles-la-thailande-dans-la-premiere-guerre-mondiale
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Re : L'HISTOIRE de la Thaïlande et du Siam...
« Réponse #73 le: juillet 14, 2019, 11:29:16 pm »

http://www.gavroche-thailande.com/actualites/societe/110339-thailande-le-ho-chi-minh-thailandais-est-decede-a-98-ans


THAILANDE: Le «Ho Chi Minh» thaïlandais est décédé à 98 ans...

Thong Jamsri, qui a exercé les fonctions de secrétaire général du parti communiste thaïlandais au cours de ses années de résistance armée, est décédé à 98 ans cette semaine des suites d’une maladie respiratoire. 77Thong
- «camarade Pracha» sous son nom de guerre - est resté une figure marquante dans les mémoires de nombreux intellectuels qui se sont battus sous sa direction dans la jungle thaïlandaise pendant la guerre froide.
Il a continué à faire campagne pour les droits civils longtemps après la chute de l'insurrection dans les années 1980.


« Il a gardé l'idéologie d'un révolutionnaire jusqu'à son dernier souffle, a écrit dans la presse le chroniqueur et ancien combattant de la guérilla Atukkit Sawangsuk. C'était un ancien camarade qui s'est opposé fermement et fermement à la tyrannie militaire depuis le début. »

Un autre ancien communiste et ami de longue date de Thong l'a également félicité en tant que combattant du peuple.

« Pendant des décennies, il a consacré sa vie à révolutionner la Thaïlande, a écrit l'opposant Jaran Ditapichai, qui vit aujourd'hui en exil à Paris pour se soustraire à des accusations de diffamation royale. Mon camarade s'est tenu aux côtés du peuple et s'est battu pour la démocratie jusqu'à sa mort. »


La vie sous l'étoile rouge

Thong était né le 17 décembre 1921 dans la province de Pichit dans une famille d’exilés politiques vietnamiens.

Son père a rejoint le Parti communiste vietnamien à l'âge de 9 ans.

Il a engagé son fils dans la même voie en inscrivant Thong dans des écoles fondées par des communistes chinois, d'abord à Sakon Nakhon, puis dans la capitale.

Le communisme était illégal à l'époque, interdit à la fois par le gouvernement royal et par le régime qui lui succéda en 1932.

Quand Thong n'avait que 15 ans, il fut arrêté pour avoir distribué des tracts appelant à un soulèvement socialiste et condamné à près de deux ans de prison.

Une fois sa peine de prison terminée, Thong, âgé de 17 ans, a rejoint ce qui allait devenir le Parti communiste de Thaïlande.


Sous le drapeau du parti

Thong passa une grande partie de sa vie adulte sous le drapeau du parti, passant d’un humble apparatchik au Politburo.

Il s'est battu aux côtés d'autres guérillas lorsque le parti a lancé une offensive totale dans les jungles du nord-est et du sud pendant la majeure partie de la guerre froide.

Il a finalement été choisi comme quatrième et dernier secrétaire général du parti en 1982, au moment même où la lutte armée diminuait sous la puissance de feu écrasante du gouvernement et en affaiblissant ses alliés ; La Chine, le Laos et le Vietnam avaient alors retiré leur soutien aux communistes thaïlandais.


Il quitte la jungle en 1993

Bien que Thong ait essayé d'apporter une réforme indispensable à un parti enlisé dans l'orthodoxie, il était trop tard. L'insurrection armée s'est effondrée à la fin de la guerre froide.

Les combattants sont revenus dans les villes et ont repris leur vie civile. Thong lui-même a quitté la jungle en 1993.

Mais Thong ne s’est jamais totalement rendu. En tant que dernier représentant du Parti communiste thaïlandais, il n’a jamais signé un cessez-le-feu formel avec le gouvernement.

Au cours des années qui ont suivi, Thong a occupé des postes d'écrivain et de chroniqueur, s'attaquant souvent aux autorités qu'il jugeait non démocratiques - tout récemment, le gouvernement militaire du général Prayuth Chan-ocha.

Par ses discours et ses écrits, Thong a appelé à une société plus démocratique et à moins de pouvoir entre les mains de l'armée.
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Manu de Chiang Mai

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Re : L'HISTOIRE de la Thaïlande et du Siam...
« Réponse #74 le: septembre 02, 2019, 08:23:25 am »


Le mystérieux Potez 25 des Thaïlandais et l’aventure de Robert Barbier


Une guerre non-déclarée

Si en règle générale, et bien tristement d’ailleurs, il y a toujours, au terme d’un conflit armé, un vainqueur et un vaincu, ce ne semble pourtant pas être le cas dans cette guerre jamais déclarée entre la Thaïlande et l’Indochine française qui dura depuis octobre 1940 jusqu’à janvier 1941.

Les combats furent intenses et sanglants. Les pertes nombreuses, bien que là encore minimisées par les deux camps.

Tout commença par des escarmouches où l’on se provoquait depuis chaque rive du Mékong : les Thaïlandais sur la rive droite, les Français sur la rive gauche. Signalons d’ailleurs dans ces troupes françaises, la présence du lieutenant Pierre Boulle, qui y prit part avec son peloton de quatre auto-mitrailleuses, un peu obsolètes.

Puis ce fut l’escalade, avec l’intervention des forces aériennes : les avions thaïlandais attaquaient les objectifs terrestres de jour, l’aviation française, dont les matériels étaient assez anciens, bombardait de nuit les aérodromes siamois.

Après trois mois de ces opérations limitées, les Siamois sortirent leurs griffes et regroupèrent leurs forces en un assaut terrestre contre le Cambodge, à partir du 9 janvier 1941 dans la région de Poïpet. Les troupes françaises résistent et même lancent le 15 janvier une contre-offensive plus au nord, près du village khmer de Yang Dang Kum. Les forces thaïlandaises répliquent par une contre-attaque surprise plus au sud, vers Pum Preav. Malgré la présence des forces aguerries du 5ème REI, les troupes françaises sont culbutées et doivent se replier vers une ligne de défense plus à l’est à la hauteur de Sisophon, pour mettre en place la défense de la route qui mène à Phnom Penh.

L’armée thaïlandaise ne poursuivra cependant pas son avantage et se contentera de cette victoire qui coûtera à l’armée française au total, 98 tués, 162 blessés et 61 disparus (Hesse d’Alzon, p.98).

Et c’est exactement à la même date, le 16 janvier, que cette fois-ci la victoire reviendra à la France, lorsque la force navale du futur amiral Régis Béranger attaquera un détachement de la marine thaïlandaise au mouillage à Koh Chang, et y coulera entre trois et cinq navires, là encore un chiffre difficile à vérifier, les intéressés et historiens des deux Marines, n’étant pas d’accord sur la réalité des pertes.

La Marine thaïlandaise reconnaîtra le chiffre de 32 marins tués, tandis que la flotte française rejoindra sa base de Saïgon sans aucun dégât.

Sans contestation possible, cette fois-ci la victoire est à la France.


Défaite et victoire

C’est donc à la suite de ces deux tragiques évènements, survenus presque à la même date, que vont entrer en jeu les services de propagande des deux pays. A cette époque trouble, où il fallait rassembler ses populations autour de son drapeau, de ses valeurs et d’un nationalisme exacerbé, la Thaïlande et l’Indochine vont faire assaut de ce qu’on appellerait aujourd’hui des ‘fake-news’, ou comment mettre en avant ses succès, tout en minorant ou en cachant ses propres revers.

La Royale, sera heureuse de faire visiter à la presse internationale et aux militaires japonais, à Saïgon, son navire amiral, le Lamotte-Piquet, pour bien leur montrer qu’il était toujours là, contrairement à ce que prétendaient les médias thaïs qui l’avaient annoncé coulé, et qu’il était revenu du combat sans aucune avarie où dommage.

De leur côté, les Thaïlandais eux aussi, forts de leur victoire terrestre, voulurent montrer à leur population et à la presse internationale les preuves de leurs succès.

Ils réunirent donc, sur l’esplanade populaire de Suan Amphorn, à Bangkok, les dépouilles de l’armée française saisies au cours des divers combats de janvier.

Et c’est à côté de nombreuses armes individuelles, que les Thaïlandais purent admirer avec fierté 5 chenillettes Renault, saisies sur le front cambodgien, et un avion français.

L’avion, un Potez 25A2, est donc ce mystérieux appareil, ‘capturé dans des circonstances inconnues’ (Ehrengardt, p. 92), que l’on retrouve sur des photos d’époque, et dont nous avons essayé de retracer l’histoire.

Pour les Thaïlandais, cet appareil a été saisi par leurs forces armées. Sur chaque côté du fuselage, a été portée la mention : ‘a été saisi à Songkhla’.


La véritable histoire du Potez 25 : l’aventure de Robert Barbier

Mais cette prise de guerre, en réalité, n’en fut pas une ; c‘est dans leur ouvrage magistral que MM. Cony et Ledet, aux pages 355-356, vont nous révéler sa véritable histoire.

Tout commence en septembre 1939, en Malaisie. Les jeunes Français qui travaillent sur les plantations d’hévéas sont mobilisés par les soins du Consul de Singapour. Mais ce n’est qu’en novembre suivant que deux des plus jeunes de cette petite population sont appelés en Indochine, point de ralliement de tous les Français résidant en Asie orientale. Ces deux jeunes planteurs sont Pierre Boulle et Robert Barbier.

Si l’épopée courageuse et à peine croyable de Pierre Boulle est bien connue par son livre ‘Aux sources de la Rivière Kwaï’, par contre l’histoire de son compagnon, qui n’est pas moins incroyable, l’est beaucoup moins.

Dès leur arrivée à Saïgon, le conseil leur est donné de me pas faire trop de zèle, la métropole et le front européen se trouvant bien trop éloignés pour qu’ils puissent y être envoyés. C’est vers la fin décembre, qu’ils apprennent leurs affectations : Boulle est affecté au 2ème Régiment d’Infanterie Coloniale. Il rejoindra Mytho, puis l’Annam et enfin la frontière thaïlandaise le long du Mékong, à côté de Savannakhet, comme nous l’avons vu ci-dessus.

Robert Barbier, lui, est envoyé dans un régiment de tirailleurs annamites à Thu-Dau-Mot. Il va y rester quelques temps, puis passera stagiaire dans l’Armée de l’Air. Mais il n’a pas oublié son souhait d’aller se battre en Europe contre l’ennemi de son pays. L’évolution politique de l’Indochine française sous l’amiral Decoux ne correspond pas à ses idées. Il est Gaulliste et refuse de se rallier aux Vichystes. Pourtant il sait que depuis septembre 1940, tout Français qui quitte le territoire national pour un territoire étranger est automatiquement déchu de sa nationalité et ses biens mis sous séquestre.

Malgré cela, les évènements de janvier 1941, les combats contre les troupes siamoises et les incertitudes devant l’ingérence japonaise dans les affaires de la Colonie, vont le décider à tenter un coup d’éclat : s’emparer d’un des vieux Potez 25 qu’il a appris à piloter, et s’enfuir de l’Indochine par les airs, pour rejoindre les forces britanniques dans cette Malaisie qu’il connaît bien.

Hélas, le sort sera contre lui. Des vents violents, une navigation difficile au dessus du golfe de Siam, vont l’obliger à se poser sans doute à court d’essence à Songkhla, dans le sud de l’isthme thaïlandais. Pas de chance, car la Malaisie n’était plus qu’à moins d’une centaine de kilomètres…

A son arrivée à l’aérodrome de Songkhla, il est arrêté par les militaires thaïlandais et son avion est saisi. Ils seront ensuite acheminés tous les deux vers Bangkok.
Comme avec nos autres compatriotes capturés sur le front cambodgien, les Thaïlandais ne seront pas tendres avec leurs prisonniers. Et l’on a écrit (Ehrengardt, p.23) que Barbier sera emprisonné dans une cage, ‘enfermé nu dans une cage en bambou, il est promené de ville en ville et exposé aux insultes et projectiles de la populace‘ Nous n’avons cependant pas de confirmation des conditions de sa séquestration.

Pour l’amiral Decoux, tout militaire qui quitte le territoire de l’Indochine est considéré comme un traître ; il s’agit à ses yeux d’une trahison impardonnable. Barbier est condamné à 20 ans de prison par contumace par la justice indochinoise de l’époque. De plus, l’amiral refusera de demander aux Thaïlandais de le renvoyer vers l’Indochine, alors que les militaires français faits prisonniers pendant les évènements de la frontière, seront libérés et expédiés vers Saïgon.

Et ce n’est finalement que grâce à l’intervention des Anglais auprès du gouvernement thaïlandais, que le pauvre Barbier sera libéré et envoyé à Singapour d’où il rejoindra enfin les rangs des Forces Françaises Libres à Londres.


Une suite de carrière chaotique

Robert Barbier est né le 02 juillet 1914 à Raffetot (Seine Maritime). Il nous a été très difficile d’essayer de retrouver son histoire à travers de bien rares archives. Pratiquement rien n’existe qui aurait pu nous livrer un peu de sa vie, et seuls, malgré leur sècheresse, les Etats de Service qui retracent sa vie militaire nous ont ont permis de retrouver un peu de son parcours exceptionnel.

De la classe 1934, il est incorporé au 24è R.I. en 1935. Après son peloton des Elèves Officiers, il passe sous-lieutenant de réserve dès 1936.

Mis en disponibilité à la fin de 1937, il part en Malaisie pour rejoindre les immenses plantations d’hévéas qui couvrent le nord du pays et où les jeunes ingénieurs européens étaient les bienvenus.

C’est là qu’il rencontrera Pierre Boulle.

Dès 1939, nous l’avons vu, il rejoint le dépôt des Tirailleurs Annamites. En août 1940, il est détaché auprès de l’aviation militaire à Bien Hoa, où il obtient son brevet de pilote.

C’est alors l’évasion spectaculaire de l’Indochine vichyste vers Singapour. Les Anglais organiseront son retour vers Londres, où Barbier s’engage en août 1941 dans les FFL.

Après deux stages sur des bases anglaises, puis l’Etat major à Londres, il rejoint le Moyen Orient et le groupe Picardie. Il reprend des cours de pilotage et d’observateur sur les bases de Mezzeh (Syrie) et Rayak (Liban).

En 1943, nous retrouvons notre aviateur dans une escadrille de surveillance des côtes de l’Afrique Occidentale Française du groupe Artois, à Pointe Noire et Douala.

Après un passage à la base de Meknès (Maroc), en mars 1945 il rejoint le Groupe de Chasse 2/7 pour la campagne de France en Alsace puis en Allemagne occupée. Il est démobilisé en septembre 1945 et va pouvoir se marier à Paris en novembre 1950. La même année, nous le retrouvons à Madagascar, où il dirige la succursale des Potasses d’Alsace.

Hélas, il faut croire que cette extraordinaire aventure ne sera pas bien récompensée. Un dossier daté de 1989 le présente comme essayant de faire reconnaître ses droits à son dossier d’Aviateur de la France Libre (FAFL). Il semble bien que l’administration française aura du mal à le reconnaître, ne considérant son statut que comme Tirailleur détaché à l’Aviation.

Il vit à partir de 1963 à Mulhouse, mais c’est bien tristement que nous ne trouverons plus rien d’autre que la date de son décès, le 09 juillet 1999. Il avait 85 ans.

Une existence courageuse bien mal reconnue !

Les évasions de Français qui quitteront l’Indochine vichyste pour rejoindre le général de Gaulle ne seront pas très nombreuses. L’obstacle de la distance vers la Métropole et l’arrêt des liaisons maritimes régulières, rendaient presque impossible toute tentative.

Pourtant, certains eurent le courage d’essayer.

Dans un prochain numéro, nous présenterons quelques aviateurs qui, en osant affronter tous les dangers d’une aventure souvent désespérée, ont voulu sauver leur honneur et tenté ‘la belle’ malgré les menaces de la cour martiale et des condamnations à mort de l’Amiral Decoux.

Avec nos remerciements au Air Chief Marchal Sakpinit Promthep, directeur du superbe Musée de l’Air Thaïlandais de Bangkok, pour son aide dans nos recherches, et au Docteur Serge Franzini, infatigable généalogiste parisien.



https://www.le-souvenir-francais-thailande.com/le-mysterieux-potez-25-des-thailandais-et-laventure-de-robert-barbier/?fbclid=IwAR2uy2LaJ8RAK8de5y76hK1scmrt4JLLl4x1tFjB6JLTfdNcM730OH6_tcY
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