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Auteur Sujet: MYANMAR - BIRMANIE  (Lu 187259 fois)

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MYANMAR - BIRMANIE
« le: septembre 13, 2009, 09:22:59 pm »

SEPTEMBRE (20minutes.com)

Je suis tombée sur cet article qui n'est pas "à piquer des vers"...


"TOTAL engraisse la junte birmane et nous en avons la preuve..."  


EarthRights International n'y va pas par quatre chemins : selon l'ONG américaine, Total et Chevron enrichissent la junte birmane avec un projet gazier et pétrolier et dissimulent les exactions commises par les forces de sécurité sur les populations locales.
Elle publie deux rapports des plus accusateurs en ce sens... et ranime un vieux débat sur les deux groupes pétroliers, dont les noms ressortent régulièrement lorsque sont évoquées des sanctions renforcées contre la junte birmane.

Total et Chevron enrichissent la junte birmane avec un projet gazier et pétrolier et dissimulent les exactions commises par les forces de sécurité sur les populations locales, affirme jeudi une organisation non gouvernementale, EarthRights International. Etablie aux Etats-Unis, ERI affirme dans deux rapports distincts que «le projet de gaz de Yadana de Total et Chevron a généré 4,83 milliards de dollars pour le régime birman».

La très grande majorité de cet argent, assure l'organisation en citant des sources «confidentielles et crédibles», échappe au budget national et repose dans des banques basées à Singapour, l'Overseas Chinese Banking Corporation (OCBC) et le groupe DBS. «L'élite militaire cache des milliards de dollars de revenus à Singapour alors que le pays souffre sans raison, avec des dépenses pour les services sociaux les plus faibles d'Asie», affirme Matthew Smith, coordinateur d'ERI pour la Birmanie.

Selon l'ONG, le revenu du pipeline de Total et Chevron «est ce qui permet au régime birman de survivre»

Total est présent en Birmanie depuis 1992 sur le champ gazier de Yadana, dont il possède 31,24 %, tandis que Chevron détient 28 % des parts de ce champ, qui représente 60 % du volume des exportations de gaz de la Birmanie vers la Thaïlande. Les deux groupes sont régulièrement cités dès lors que sont évoquées des sanctions renforcées contre la junte birmane.

« Le revenu de ce pipeline est ce qui permet au régime de survivre et constitue un point de levier essentiel que la communauté internationale devrait utiliser pour soutenir le peuple de Birmanie », estime Matthew Smith. ERI ne demande toutefois pas aux deux sociétés de renoncer à la Birmanie, mais notamment de publier leurs versements au régime birman depuis 1992 et de rétablir la vérité sur les conditions de travail sur le site.

Comme d'autres avant elle, l'organisation accuse en effet les forces de sécurité birmanes de violations des droits de l'homme, meurtres et autres recours au travail forcé, estimant que les deux groupes pétroliers mentent sur cet aspect du projet. «Total et Chevron affirment que les abus en lien avec leur projet ont cessé, mais c'est tout simplement faux !», écrit un autre auteur des rapports, Naing Htoo.

ERI affirme ainsi que les deux groupes ont fait appel aux services de l'organisation américaine CDA, spécialisée dans les études d'impact, et dont les conclusions sont «inexactes et trompeuses», consécutives à des entretiens avec des villageois «en présence de personnels de Total et des renseignements militaires» birmans.

On reparle régulièrement du retrait de Total et Chevron de Birmanie... mais la peur de voir la Chine prendre le relais empêche toute décision en ce sens.

Le débat sur l'implication de Total en Birmanie avait été relancé en août, après la nouvelle condamnation de l'opposante Aung San Suu Kyi à 18 mois supplémentaires d'assignation à résidence, et l'annonce par les Occidentaux d'un renforcement des sanctions. Mais les autorités françaises ont jusqu'à présent exclu d'exiger du groupe son retrait de Birmanie, arguant notamment du fait que la Chine prendrait aussitôt le relais et s'embarrasserait de moins de scrupules.

En juillet 2008, Chevron avait présenté un argumentaire similaire devant la Chambre des représentants à Washington, échappant finalement à un projet de loi qui aurait mis fin aux déductions fiscales dont jouit le groupe sur les bénéfices de son activité en Birmanie.
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Manu (de Chiang Mai)

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Re : Hors sujet : "TOTAL engraisse la junte birmane..."
« Réponse #1 le: septembre 14, 2009, 10:52:08 am »


Les grosses sociétés françaises, chinoises et thaïlandaises ainsi que le peuple Wa et d'autres grands producteurs de drogue, engraissent la junte militaire birmane qui je le rappelle, est probablement la plus dure du Monde...

Quant aux touristes qui y vont incrédules, ils permettent à cette atroce narco-dictature de blanchir l'argent gagnée !

A lire ces passages de l'excellence livre de Francis Christophe, "Birmanie, la dictature du Pavot" (édition Philippe Picquier)... Très instructif !
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Manu (de Chiang Mai)

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Re : Hors sujet : "TOTAL engraisse la junte birmane..."
« Réponse #2 le: septembre 14, 2009, 10:54:55 am »


La suite sur le tourisme... Edifiant !
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Rugby15

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Re : Hors sujet : "TOTAL engraisse la junte birmane..."
« Réponse #3 le: septembre 16, 2009, 12:32:40 pm »

Suffit d'aller sur le site Internet de FBR (Free Burma Rangers) pour voir comment se conduisent les mili en Birmanie. t'as les rapports de tous les derniers massacres, et ça date de cette année !

http://www.freeburmarangers.org/

Les derniers viols et flingage, ça date du 26 aout 2009:

http://www.freeburmarangers.org/Reports/2009/20090904.html

Et après, chez nous, on dit c'est bien d'aller jouer au touriste chez les gentils Birmans qui se font fliguer en souriant. Dégouté !  

>:( >:(
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Manu (de Chiang Mai)

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Re : Hors sujet : "TOTAL engraisse la junte birmane..."
« Réponse #4 le: septembre 17, 2009, 09:33:28 am »


Effectivement, le junte militaire birmane se livre à un véritable génocide des minorités ethniques de l'est depuis 30 ans (en particulier des Karenni). Voilà pourquoi par exemple les Padong ("Femmes Girafes") viennent se réfugier en Thaïlande...

Quelques photos des combats entre militaires Birmans et Karenni prises par le copain Dean Chapman...

1/ Les combattants Karenni lors d'un assaut...

2/ Un jeune Karenni dans son trou de combat...

3/ Un soldat Karenni blessé par les birman est évacué de la zone des combats...

4/ Un combattant karenni dans un village fortifié en haut d'une colline subissant un bombardement birman...

5/ Une jeune femme karenni blessé par les soldats birmans...

6/ Une petite fille Karenni ayant sauté sur une mine...
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Manu (de Chiang Mai)

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Re : Hors sujet : "TOTAL engraisse la junte birmane..."
« Réponse #5 le: septembre 17, 2009, 09:38:54 am »


7/ Des Padong fuyant les combats réfugiés dans un village...

8/ Une Padong et son bébé vient d'échapper à une embuscade tendue par les soldats birmans...

9/ Un Karenni vient d'être blessé par balles...

10/ Des combattant Karenni prennent une barque pour se rendre au front...

11/ Le résultats de cette guerre: des milliers de tués et d'amputés: les soldats birmans truffent la zone frontière de mines...
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Manu (de Chiang Mai)

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Re : MYANMAR - BIRMANIE
« Réponse #6 le: janvier 30, 2010, 12:12:23 pm »


Sur le site du Free Burma Rangers que cite Bruno, le rapport des dernieres exactions de l'Armée birmane de ce mois-ci (janvier 2010):

- On January 17: Keh Der village in Ler Doh Township was attacked by LIB 367. 10. Ten houses were burned down. 2 villagers were shot and killed.

This and related attacks have now displaced 1,000 people from 10 villages in the area.

- On January 18th the Burma Army shot villagers at Hti Aw Top and captured two women and one man in Mon Township.

- On January 19 LIB 427 from Naw Soe camp shot at villagers from Kaw Htoo Toe while they were harvesting bamboo, scattering the villagers. Today (January 21) an FBR team responding to the attacks found the decapitated body of one of these villagers.

- In total, more than 2000 people have been displaced by Burma Army attacks this week.

Le texte complet (en anglais) ici:

http://www.freeburmarangers.org/Reports/2010/20100121.html

 :(


L'esclavage du mois (travail forcé pour Janvier):

In Toungoo District, Karen State Burma MOC 7 (Military Operation Command) commander Kyaw Myo Aye and TOC 3 (Tactical Operation Command) commander Yae Min stay at Kler La (Baw Glee Gee) camp, and LIB 542 (Light Infantry Battalion) commander Kyaw Zay Oo stay at Play Sa Lo camp.

- On 12.1.10 LIB 542 forced 36 villagers to carry Burma Army food supplies from Lay Day camp to Play Sa Lo camp. Villagers from Play Sa Lo (4 female and 5 male), Yay Lo (10 female, 10 male), Glow Ba Der (2 female, 5 male) are forced to carry loads.

- On 13.1.10 the Burma Army forced 87 villagers from Play Sa Lo (26 female, 21 male) and Lay Gho Lo village (25 female, 15 male) to carry loads of food for the Burma Army.

- On 14.1.10 the Burma Army forced 40 villagers from Play Sa Lo (16 female, 21 male), Yay Lo (1 female, 1 male), Glow Ba Der (1 female) to carry loads of food for the Burma Army

- On 15.1.10 the Burma Army forced 38 villagers from Yay Lo (2 female, 2 male), Glow Ba Der (6 female, 4 male), Play Sa Lo (13 female, male 11) to carry loads of food for the Burma Army

- From 12.1.10 to 15.1.10 the Burma Army forced 201 villagers to carry their food supply from Lay Day to Play Sa Lo two times each day. They forced each male to carry 20Kg and each female to carry 15Kg loads each time.

- On 16.1.10 forty more BA soldiers from LIB 542 arrived at Play Sa Lo camp

- On 17.1.10 The Burma Army forced villagers including school students to carry food supplies from Lay Day camp to Play Sa Lo camp. The villagers forced to carry loads were: Naw Koo Htoo 16 years old, Naw Ka Moo 15 years old, Naw Nay Ree 16 years old, Naw Blu Gay Paw 14 years old, Naw Bway Moo 10 years old, Saw Eh Dee Htoo 9 years old, Saw Nay Do 10 years old, Saw Then Oo Kyai 40 years old.


Des volontaires pour des vacances en Birmanie ?...  8)
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Manu (de Chiang Mai)

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Re : MYANMAR - BIRMANIE
« Réponse #7 le: janvier 30, 2010, 12:21:06 pm »


Si quelqu'un veut la traduction, il n'y a qu'à demander... Mais comme c'est de l'Anglais simple, cela devrait aller...
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Re : MYANMAR - BIRMANIE
« Réponse #8 le: janvier 30, 2010, 07:52:46 pm »

La croix

et Vive la Liberté d'Expression en Birmanie...   >:( >:(


Un journaliste birman écope de 13 ans de prison pour avoir travaillé pour un média en exil


Un journaliste birman a été condamné cette semaine à 13 ans de prison pour avoir travaillé pour un média en exil, a-t-on appris vendredi auprès de son avocat.


Ngwe Soe Lin avait été arrêté en juin dernier après avoir quitté un cybercafé. Un tribunal spécial de la prison d'Insein, à Rangoon, l'a reconnu coupable d'avoir travaillé illégalement pour des médias exilés. "Il n'y a aucune preuve qu'il travaillait pour un média étranger", a souligné l'avocat, Aung Thein.

La France a condamné vendredi cette nouvelle condamnation. Elle est "préoccupée par les violations multiples de la liberté d'expression auxquelles se livrent les autorités birmanes, ainsi que par l'absence de liberté des médias", a expliqué lors d'un point-presse le porte-parole du Quai d'Orsay, Bernard Valéro.
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knom

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Re : Re : Hors sujet : "TOTAL engraisse la junte birmane..."
« Réponse #9 le: janvier 31, 2010, 10:48:22 am »


Quant aux touristes qui y vont incrédules, ils permettent à cette atroce narco-dictature de blanchir l'argent gagnée !


C'est vrai  pour ceux qui passent par des agences à la solde de cette dictature.

Mais pour ceux qui visitent et vont à la découverte du pays par leurs propres moyens je serais beaucoup plus nuancé.

Et ce pour au moins 3 raisons:

Parce qu'il est difficile pour les militaires de massacrer au vu et au su des touristes et qu'une fermeture totale du pays ( du style Corée du Nord) permettrait de liquider les adversaires du régimes avec encore plus de facilité.

Parce que les voyageurs peuvent nouer des liens et des échanges avec les birmans, et ensuite exprimer des témoignages.

Parce qu'ils consomment sur place: restaurants, hôtels, taxis, samlos, petites échopes... et que cette argent profitent directement aux birmans.



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Manu (de Chiang Mai)

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Re : MYANMAR - BIRMANIE
« Réponse #10 le: janvier 31, 2010, 11:43:25 am »


Et ça ne te dérange pas que les touristes qui voyagent en Birmanie permettent le blanchiment de l'argent sale que possède la junte militaire (voir texte ci-dessus) et que 7,5 dollars sur 10 que dépensent ces mêmes touristes (même les Routards) retombent inévitablement dans les poches de cette même junte militaire par le biais de la corruption d'état ?...

Effectivement, les touristes étrangers restent cantonnés dans la vallée historique (Rangoon, Mandalay, Pagan, etc...) et n'ont pas accès à 80 % de la surface du pays...

Lorsque l'on connait le génocide qui est en cours dans ce pays et que tout est parfaitement dissimulé aux yeux des touristes, partir en vacances en Birmanie, c'est comme aller en vacances en Allemagne en 1943 et fermer les yeux sur les camps de concentration...

Pire que cela, c'est cautionner l'atroce système de la junte militaire qui chaque année, dans des communiqués médiatiques retentissants, se vente d'avoir de plus en plus touristes, preuve que tout va bien dans ce beau pays !

 :(

Photo: Dans la capitale birmane, Naypyidaw, le général Than Shwe passe en revue les troupes, lors du traditionnel Jour des Forces armées birmanes
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Re : Re : MYANMAR - BIRMANIE
« Réponse #11 le: janvier 31, 2010, 04:24:49 pm »


Et ça ne te dérange pas que les touristes qui voyagent en Birmanie permettent le blanchiment de l'argent sale que possède la junte militaire (voir texte ci-dessus) et que 7,5 dollars sur 10 que dépensent ces mêmes touristes (même les Routards) retombent inévitablement dans les poches de cette même junte militaire ?...


effectivement, et je suis pour une fois, de l'avis de Manu, CE N'EST PAS TOLERABLE !



Effectivement, les touristes étrangers restent cantonnés dans la vallée historique (Rangoon, Mandalay, Pagan, etc...) et n'ont pas accès à 80 % de la surface du pays...


quel est l'intérêt, si c'est pour suivre bien sagement le chemin du petit poucet, sans pouvoir faire un écart ne serait-ce que d'un centimètre à droite ou bien à gauche ?



Lorsque l'on sait le génocide qui est en cours dans ce pays et que tout est parfaitement dissimulé aux yeux des touristes, partir en vacances en Birmanie, c'est comme aller en vacances en Allemagne en 1943 et fermer les yeux sur les camps de concentration...


bien vu pour l'image... c'est à peu près ca... quand on voit, comme je l'ai vu en novembre, les barbelés et les soldats armés sur toute la frontière birmane, on a tout compris ! On a vraiment intérêt à ne pas bouger...



Pire que cela, c'est cautionner l'atroce système de la junte militaire qui chaque année, dans des communiqués médiatiques retentissants, se vente d'avoir de plus en plus touristes, preuve que tout va bien dans ce beau pays !


Enfin, pour terminer et c'est bien dommage car il paraîtrait que le pays est beau, la junte est un beau ramassis de CRIMINELS qui n'hésitent en rien à tuer et à incarcérer à tour de bras (ethniques, moines, gens du peuple etc... etc...) et qui est dénoncée par le monde entier en tant que pays qui ne respecte pas "Les droits de l'Homme"   >:( >:( donc tout est dit...


P.S. Quant aux témoignages qui peuvent être fait (dont nous parle knom), je ne vois pas comment ca peut se faire, puisque les habitant de ce pays n'ont pas le droit "de l'ouvrir"...
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Manu (de Chiang Mai)

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Re : Re : Re : MYANMAR - BIRMANIE
« Réponse #12 le: janvier 31, 2010, 05:31:22 pm »


P.S. Quant aux témoignages qui peuvent être fait (dont nous parle knom), je ne vois pas comment ca peut se faire, puisque les habitant de ce pays n'ont pas le droit "de l'ouvrir"...


Et puis sérieusement, est-ce que tu as déjà vu Monsieur Duranton, rentrant de 15 jours de vacances en Birmanie avec sa petite famille, témoigner de quoi que ce soit ?!?...
Il pense plutôt à la reprise du boulot, à la rentrée scolaire et puis peut être même à ses futures vacances, cette fois-ci au Mexique ou au Maroc...

A chaque fois qu'à la Guesthouse, je vois passer des touristes rentrant du Myanmar et que je leur explique quelle est la véritable situation là-bas, ils font les étonnés et m'avouent qu'ils n'étaient pas au courant... Ils ne risquent pas de témoigner de grand chose !...

 :o
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Manu (de Chiang Mai)

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Re : MYANMAR - BIRMANIE
« Réponse #13 le: janvier 31, 2010, 05:41:55 pm »


Finalement, ce qui me surprend le plus, c'est avec quel vitesse les gens oublient leurs grandes résolutions genre lutte pour la Paix, combats contre les dictatures ou l'esclavage dès que cela concerne leur intérêt personnel...

"Et puis quoi encore, la Birmanie, c'est des vacances pas chères dans un très beau pays... Et puis, tant pis si c'est aussi une dictature qui massacre ses étudiants, ses moines, ses minorités ethniques, de toute façon, je n'y peux pas grand chose !"...

 :(
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Rugby15

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Re : MYANMAR - BIRMANIE
« Réponse #14 le: février 01, 2010, 11:06:35 am »

OK avec toi 100 % manu (on en a déjà parlé ensemble). Les Français, c'est toujours comme ça, faites ce que je dis mais pas ce que je fais. Ils vont chialler à la télé devant les massacres de Birmanie, mais quand ils vont voir que les vacances laba coutent queudale, ils vont se précipiter. Finit les bonnes résolutions, c'est leur nombril qui parle.  >:(
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knom

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Re : MYANMAR - BIRMANIE
« Réponse #15 le: février 01, 2010, 10:49:48 pm »

Pour répondre de manière synthétique à ces remarques:


Et ça ne te dérange pas que les touristes qui voyagent en Birmanie permettent le blanchiment de l'argent sale que possède la junte militaire (voir texte ci-dessus) et que 7,5 dollars sur 10 que dépensent ces mêmes touristes (même les Routards) retombent inévitablement dans les poches de cette même junte militaire par le biais de la corruption d'état ?...

Je ne vois pas très bien comment les quelque dollars que je donne au conducteur de samlo vont alimenter la junte militaire ? Ne noircissons pas le tableau qui est déja assez sombre. Ces quelque dollars sont précieux pour les birmans généralement pauvres, alors ne les privons de ces quelque ressources en jetant l'anathème sur les touristes.


Lorsque l'on sait le génocide qui est en cours dans ce pays et que tout est parfaitement dissimulé aux yeux des touristes, partir en vacances en Birmanie, c'est comme aller en vacances en Allemagne en 1943 et fermer les yeux sur les camps de concentration...

Si on devait interdire aux touristes l’accès aux pays où ils se passent des choses graves et où sont portées de lourdes atteintes aux droits de l’homme ça représenterait un paquet de pays blacklistés… Finie la visite de la muraille de Chine, de Moscou, de la baie d’Along, l’afrique deviendrait un no tourist’s land, etc…

Pire que cela, c'est cautionner l'atroce système de la junte militaire qui chaque année, dans des communiqués médiatiques retentissants, se vente d'avoir de plus en plus touristes, preuve que tout va bien dans ce beau pays !



Mais qui pourrait encore croire ça ? L’opinion publique internationale est suffisamment informée par les médias que les militaires sont de dangereux guignols absolument pas crédibles.




Et puis sérieusement, est-ce que tu as déjà vu Monsieur Duranton, rentrant de 15 jours de vacances en Birmanie avec sa petite famille, témoigner de quoi que ce soit ?!?...
Il pense plutôt à la reprise du boulot, à la rentrée scolaire et puis peut être même à ses futures vacances, cette fois-ci au Mexique...
A chaque fois qu'à la Guesthouse, je vois passer des touristes rentrant du Myanmar et que je leur explique quelle est la véritable situation là-bas, ils font les étonnés et m'avouent qu'ils n'étaient pas au courant... Ils ne risquent pas de témoigner de grand chose !...




Je crois qu’il ne faut pas prendre tous les touristes pour des abrutis… Partir en birmanie c’est l’occasion de découvrir la tension qui règne dans ce pays, de voir divers aspects de la misère, de découvrit l’état d’arriération du pays, et je maintiens, de pouvoir entrer en contact avec des birmans pour entendre parfois des témoignages engagés et éclairants… C’est aussi l’occasion de témoigner ensuite de tout cela autour de soi ou sur internet par exemple. Mais on peut aussi conseiller aux gens de rester bien sagement chez eux, de ne surtout pas voyager  et de regarder les matchs de foot à la télé et les variétoches.

Et puis pour conclure, soyons réalistes ce n’est pas l’absence ou la présence de touristes qui pourra mettre fin à cette horrible dictature. Les choses se passent à un tout autre niveau, c'est-à-dire dans un rapport de force géopolitique entre diverses puissances.
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Manu (de Chiang Mai)

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Re : MYANMAR - BIRMANIE
« Réponse #16 le: février 03, 2010, 03:27:06 pm »


Je ne vois pas très bien comment les quelque dollars que je donne au conducteur de samlo vont alimenter la junte militaire ? Ne noircissons pas le tableau qui est déja assez sombre. Ces quelque dollars sont précieux pour les birmans généralement pauvres, alors ne les privons de ces quelque ressources en jetant l'anathème sur les touristes.

Belle façon de se dédouaner: c'est pas moi le méchant, c'est les autres !... Tu connais peut être le proverbe, "ce sont les petits ruisseaux qui font les grandes rivières !"

A chaque fois qu'un touriste séjourne chez un Birman, une fois qu'il est parti, un agent du gouvernement vient le ponctionner !

Et pire que cela, cela permet chaque année à la junte de balancer des communiqués qui justifient sa politique: "nous avons de plus en plus de touristes, vous voyez qu'on est des gentils et que tout va bien chez nous !


Si on devait interdire aux touristes l’accès aux pays où ils se passent des choses graves et où sont portées de lourdes atteintes aux droits de l’homme ça représenterait un paquet de pays blacklistés… Finie la visite de la muraille de Chine, de Moscou, de la baie d’Along, l’afrique deviendrait un no tourist’s land, etc…

Il faut comparer ce qui est comparable: En Birmanie, il ya une guerre terrible à l'Est avec des combats, des viols, des petites filles de 5 ans clouées contre des portes, des bombardements, des milliers de mines enterrées... un véritable GENOCIDE des ethnies...

La junte est de plus la plus grosse narco-dictature du Monde,1er fabriquante au Monde de méthaphétamines (Ya baa), 2ème producteur au Monde d'opium... Elle emprisonnent les étudiants, tuent les moines et les enseignants...

Le Myanmar a été classé il y a un an avant-dernier sur les 205 pays que compte la Planète, quant à sa situation sanitaire (bref, il n'y a plus de médecin, plus de médicament, plus d'hopitaux !)...

A preuve du contraire, la Chine et la Russie sont loin d'être dans cette situation... Pas plus que les pays Africains, hormis bien sûr ceux qui sont encore en guerre (de moins en moins nombreux !)...


Mais qui pourrait encore croire ça ? L’opinion publique internationale est suffisamment informée par les médias que les militaires sont de dangereux guignols absolument pas crédibles.

Ah oui, alors si tout le monde est au courant, pourquoi leur permettre de blanchir leur argent grace au tourisme ? (je n'ai pas dis gagner, la Chine et la Thailande les aident suffisament pour cela !)...

Et puis, depuis quand les touristes sont informés sur le drame que vit la Birmanie ?!... J'en recontre de pleines brassées à la Guesthouse qui ne sont au courant de rien... Bien sûr, la junte les cantonne dans les 20 % du pays ou tout est à peu près calme (Rangoon, Mandalay, Pagan, etc...)

Même les journalistes qui veulent informer et vont dans les régions interdites risquent la peine de mort s'ils sont pris... alors, les touristes !!!....


Je crois qu’il ne faut pas prendre tous les touristes pour des abrutis… Partir en birmanie c’est l’occasion de découvrir la tension qui règne dans ce pays, de voir divers aspects de la misère, de découvrit l’état d’arriération du pays, et je maintiens, de pouvoir entrer en contact avec des birmans pour entendre parfois des témoignages engagés et éclairants… C’est aussi l’occasion de témoigner ensuite de tout cela autour de soi ou sur internet par exemple. Mais on peut aussi conseiller aux gens de rester bien sagement chez eux, de ne surtout pas voyager  et de regarder les matchs de foot à la télé et les variétoches.

Laisse-moi rigoler... Je le redis, depuis quand les touristes sont informés sur le drame de la Birmanie ?!... Les Birmans sont terrifiés, ils sont espionnés par des agents de la junte jusque dans la rue... Ils n'osent même pas se confier aux journalistes faisant des reportages en sous main, alors je les vois mal se confier à des touristes incapables de tenir leur langue au moindre coup de pression d'un policier ou d'un militaire...

J'ai d'ailleurs recontré à la Guesthouse de nombreux touristes rentrant de Birmanie, qui n'étaient au courant de rien... En effet, la junte militaire les cantonne dans les zones calmes (la vallée historique, c'est à dire 20 % du pays ou rien ne se passe (Rangoon, Mandalay, Pagan, etc...)


Et puis pour conclure, soyons réalistes ce n’est pas l’absence ou la présence de touristes qui pourra mettre fin à cette horrible dictature. Les choses se passent à un tout autre niveau, c'est-à-dire dans un rapport de force géopolitique entre diverses puissances.

c'est une question de PRINCIPE... Si l'on veut soutenir la lutte des Birmans pour leur liberté et permettre la chute de la junte, il faut l'asphyxier économiquement... L'empêcher de blanchir son argent sale est une première étape... Chacun doit faire avec ses petits moyens...

Il faut arrêter de penser égoistement à son petit nombril et à ses petites vacances personnelles lors desquelles on pourra prendre de belles photos !
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knom

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Re : MYANMAR - BIRMANIE
« Réponse #17 le: février 04, 2010, 10:25:37 am »

En réponse à Manu :

Il faut comparer ce qui est comparable


Eh bien oui, comparons !
La Birmanie n’a malheureusement pas le monopole de l’horreur. Il suffit de lire le rapport annuel d’amnesty international pour s’en convaincre http://thereport.amnesty.org/

Prenons le simple exemple de la Chine : torture, emprisonnements arbitraires, entre 5 et 10 000 condamnations à mort chaque année, trafics d’organes après les exécutions, génocide du tibet etc…

A propos des touristes, un peu abrutis,  qui ne connaîtraient rien sur la situation.
Les touristes qui se rendent à Birmanie n’y vont pas pour le club med., les gogos bars, les plages et les cocotiers, la bonne bouffe, les hotels de luxe… NON, et d’ailleurs tout cela n’existe pas… les infrastructures touristiques sont minables ou inexistantes. Par conséquent la plupart n’y vont pas avec la mentalité du bof moyen qui voyage avec avec des œillères pour le fun et le farniente.

c'est une question de PRINCIPE... Si l'on veut soutenir la lutte des Birmans pour leur liberté et permettre la chute de la junte, il faut l'asphyxier économiquement.

Les principaux revenus du pays proviennent de la drogue, du gaz naturel, du pétrole, des pierres précieuses etc…
Ce n’est pas en boycottant le tourisme que l’on va «asphyxier économiquement » le régime puisqu’une toute partie de l’argent du tourisme profite à la junte. Le nombre de touristes est dérisoire, environ 200 000 chaque année.

Enfin sur le boycott…
Certes il faut éviter d’utiliser les infrastructures qui servent directement le régime et les militaires : train, certains ferries, Myanmar Airways, certains hôtels
Il ne faudrait pas croire que l’on fait un acte glorieux de résistance en évitant de se rendre en Birmanie. La junte globalement n’est pas vraiment pénalisée mais en revanche les taxis, les samlos, les petites boutiques d’artisanat,  les petites guesthouses, les petits restos ...le sont.
Je pense donc qu’il faut continuer d’aller à la rencontre des birmans, de nouer des échanges avec eux, de faire travailler l’artisanat local,  de faire des dons aux temples, aux monastères et aux écoles qui y sont  écoles rattachées, de faire des petits cadeaux aux enfants, éventuellement, selon ses possibilités, donner un peu d’argent aux familles…

Après chacun fait ce qu’il veut, en conscience, et j’espère que notre échange Manu permettra d’éclairer celles et ceux qui s’interrogent.
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Manu (de Chiang Mai)

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Re : MYANMAR - BIRMANIE
« Réponse #18 le: février 04, 2010, 05:10:50 pm »


Knom, arrêtes un peu tes comparaisons avec les autres pays, on s'en fout, la discussion d'ici porte sur la BIRMANIE, état où le gouvernement génocide des peuples entiers, tue ses étudiants et ses moines et mets en esclavage (travail forcé) tous ses citoyens quand c'est nécessaire...

En Chine, ce sont les assassins qui sont condamnés à mort, pas les populations innocentes ! (et tu sais combien il y a d'assassins dans un pays de 1,3 milliard d'habitants !), bref, on n'y viole pas les femmes sous pretexte qu'elles sont Karen et on y rase par les villages sous prétexte qu'ils sont Shan ou Karenni !...

Après bien sûr, il y a le Tibet mais rassure-toi, je suis aussi remonté vis à vis de ce sujet que vis à vis du Myanmar !

Et puis, j'en ai assez d'argumenter avec toi, on dirait Don Quichotte face aux moulins à vent... Alors, tu as raison, continue à aller passer tes vacances en Birmanie, t'es un super bon mec, un grand humaniste !

"C'est pas de ma faute, il n'y a pas que moi, je ne savais pas, etc..." ce sont des arguments éculés que tous les touristes nous ressortent à chaque fois...

Mais, un jour, quand t'auras le temps, pense à tous les dollars que tu y a dépensés et à tous les gens qui sont mort par ta faute (1 balle de 5,56 mm = 50 cents de dollars)...

Pour ma part, je considère qu'il deux autres notions importantes pour un homme: c'est la notion de PRINCIPE et la notion d'HONNEUR... A la Légion Etrangère, on était capable de mourir pour ces deux idées !...

C'est toute la différence entre un type comme moi et un type comme toi... Avec le Principe et l'Honneur, je ne transige pas, je ne fais pas compromis...

Si je sais qu'un seul de mes dollars va permettre à une petite fille Padong de sauter sur une mine, c'est déjà trop pour moi !...

Si je sais que les 1000 dollars que je pourrais dépenser en vacances au Myanmar vont permettre à la junte militaire de blanchir 1000 autres dollars (ils n'auront qu'à dire que j'en ai dépensé 2000 !), c'est déjà trop pour moi !

Evidemment, je n'ai pas les mêmes yeux que toi, parceque pour moi, la guerre, c'est pas seulement des images à la télé ! Je l'ai vécu en réel... Et pas qu'une fois !

Quand je vois dans quel état sont mes amis Karen, Shan, Padong, Karenni lorsqu'il arrivent en Thaïlande: blessés, violés, villages rasés, familles exterminées par les mêmes militaires ou policiers qui accueillent les touristes, j'ai envie de pleurer !

Dommage que cela ne fasse pas le même effet à tout le monde...

...

BILAN du tourisme en Birmanie d'après l'Association Info-Birmanie :

Citer

Faire du tourisme en Birmanie pose un problème d’ordre éthique. Selon le message de l’opposition birmane, avec comme figure de proue Aung San Suu Kyi, Prix Nobel de la Paix, les touristes internationaux doivent s’abstenir de visiter la Birmanie tant que la démocratie ne sera pas restaurée.

En allant en Birmanie, les touristes cautionnent en effet la dictature militaire au pouvoir, une économie fondée sur les drogues, le travail et les déplacements forcés. La Birmanie est l’un des rares pays au monde où le développement touristique est aussi directement lié aux violations des droits de l’Homme les plus graves.  
    
Dans de nombreux pays en développement, le secteur du tourisme reste un formidable moyen pour attirer les devises étrangères. Utilisé comme une stratégie de développement économique, cela souligne la nécessité de permettre aux populations locales de participer pleinement à la prise de décisions concernant leur propre avenir. Ainsi, le développement touristique ne peut mener à la démocratie qu’au prix d’une participation active de la population aux prises de décision. Ce sujet doit faire l’objet d’un débat public permettant au peuple d’émettre son opinion sur les options envisageables.

En Birmanie, une telle consultation est aujourd’hui improbable, voire utopique. La junte a tenté de légitimer le développement touristique au nom du développement économique. Or, l’aménagement touristique n’a pas été entrepris dans le cadre d’une politique de développement globale et la Birmanie reste l’un des pays les plus répressifs au monde, sans aucune stratégie de développement.

Le produit des investissements touristiques, dont le coût se mesure en vies humaines, viols et mauvais traitements, vient remplir les caisses du régime et celles des compagnies privées étrangères, partenaires de ces investissements. Etant donné que le régime en place n’envisage aucune réforme démocratique et tant que le développement touristique ne l’y contraindra pas, son renforcement ne pourra se faire qu’au détriment du peuple birman.

La rénovation des sites touristiques et les circuits balisés proposés par les agences de voyages donnent l’impression d’un pays stable et prospère. Derrière ces décors factices, la répression s’accentue sur les membres de l’opposition démocratique.

Aux frontières, dans les zones fermées aux étrangers, la junte militaire poursuit sa stratégie de terreur : réquisitions de travailleurs forcés, déplacements de population, exécutions sommaires, viols, arrestations et destructions de biens.
  

1/ Historique:

Dès 1990, la junte a fait du développement touristique l’une de ses priorités économiques. Les raisons de ce développement étaient évidentes : maintenir le SLORC au pouvoir et polir l’image négative de la dictature, permettre à la Birmanie d’entrer sur la scène économique internationale, attirer les investisseurs étrangers et blanchir l’argent de la drogue.

Cette politique d’ouverture au tourisme s’est rapidement concrétisée par l’expulsion manu militari des populations habitant près des sites touristiques et par l’utilisation du travail forcé pour la rénovation des monuments, la construction des routes et des hôtels.

En novembre 1996, la junte a officiellement ouvert le pays au tourisme en lançant la campagne de promotion « Visit Myanmar Year ». Cette campagne n’était autre qu’un stratagème économico-politique offrant à l'armée la possibilité de blanchir l’argent de la drogue et d’infliger des travaux forcés, en ne faisant découvrir qu’une façade de la Birmanie.

Toutefois, le Visit Myanmar Year n’aura finalement pas eu le succès escompté et les touristes internationaux, attirés par l’Asie du Sud-Est, lui préfèrent encore la Thaïlande et le Vietnam, plus accessibles financièrement.


2/ Le travail forcé :

Le tourisme en Birmanie est fondé sur le travail forcé et ne bénéficie en rien aux populations locales.

En 1998, une commission d’enquête de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) a constaté que le recours au travail forcé par la junte militaire était généralisé et systématique. Des millions de Birmans, tous âges et sexe confondus, ont été obligés de travailler dans des conditions d’esclavage : ni payés, ni nourris, parfois battus et violés, beaucoup d’entre eux y ont laissé leur vie.


3/Les déplacements de population :

Les autorités birmanes ont nettoyé la proximité des sites historiques. Les quartiers pauvres ont été détruits et les habitants relogés dans des cités nouvelles. Au nom du tourisme, environ trois millions de personnes ont été chassées de chez elles. Le cas le plus flagrant reste celui de la cité historique de Pagan.


Pagan :En avril 1990, les 5200 habitants de Pagan furent obligés de déménager à une trentaine de kilomètres de la ville, dans une zone aride et dépourvue d’équipements élémentaires. Certains ont bénéficié d’un préavis de 2 semaines, d’autres, moins chanceux, n’ont eu que quelques heures pour partir.
 

4/ Blanchiment de l’argent sale :

Il est de notoriété publique que le tourisme en Birmanie sert de couverture pour blanchir l’argent de la drogue.

La Birmanie étant le deuxième plus gros producteur mondial d’opium après l’Afghanistan, elle en retire des sommes d’autant plus conséquentes que les militaires en contrôlent toute la chaîne.

Le tourisme alimente les circuits de l’argent sale : le système de blanchiment par empilement consiste à ajouter l’argent de la drogue à un premier apport de capitaux frais pour le financement d’un hôtel par exemple.


5/ Tourisme sexuel :

Parallèlement à l’ouverture économique et touristique du pays, l’industrie du sexe prend son essor en Birmanie et la prostitution destinée aux étrangers ne cesse de croître.

Il est fort à craindre que le développement du tourisme en Birmanie ait le même effet que celui de la Thaïlande dans les années 80. Ce dernier a énormément contribué à l’explosion du tourisme sexuel et à une flambée du taux de contamination par le virus du SIDA.

L’ONG ECPAT International, qui lutte contre le tourisme sexuel et la prostitution enfantine, estime que 700 000 personnes seraient séropositives et que ce chiffre ne cesse d’augmenter. Le gouvernement nie la réalité de ces chiffres alarmants et aucune mesure n’est prise pour prévenir et enrayer l’épidémie.


6/ Des zones interdites aux touristes :

Les séjours en Birmanie se font principalement dans le cadre de circuits organisés par les tours opérateurs et très peu de touristes voyagent par leurs propres moyens.

Actuellement, seule la plaine centrale de Birmanie, le triangle Rangoon-Mandalay-Pagan, est ouverte au tourisme.

L’autre partie du pays, qui comprend les régions frontalières peuplées de minorités ethniques, n’est pratiquement pas accessible.

Afin d’enrayer d’éventuels mouvements de rébellion contre le pouvoir central de Rangoon, la junte militaire mène une politique d’annihilation systématique de ces minorités. Elles subissent de nombreuses violations des droits de l’Homme et les touristes ignorent le plus souvent la situation.


7/ Conséquences socio-économiques :

Les richesses engendrées par le tourisme ne profitent que très peu aux populations locales.

Les profits sont exportés d’une manière ou d’une autre et ne sont donc pas réinjectés dans des projets de développement local.

Cet argent quitte le pays par le biais d’importations de biens d’équipements (les climatiseurs par exemple) et autres denrées alimentaires afin de satisfaire les besoins des touristes, ou par les investissements massifs des multinationales dans la construction d’hôtels ou l’achat d’avions.

Le confort exigé par les touristes internationaux se fait au détriment du bien-être des populations locales. Ainsi, les grands hôtels sont tous pourvus de l’eau courante, au détriment de la population, très souvent privée d’eau. Idem pour l’arrosage des terrains de golf.

Les touristes, en quête de divertissement, exigent des bars, night-clubs et autres karaokés, jusqu’alors bannis en Birmanie. On trouve aujourd’hui tous ces types de divertissements dans la plupart des grandes villes birmanes. La tradition de l’hospitalité et les cérémonials se muent en pratiques commerciales.

Les investissements massifs de l’industrie du tourisme engendrent un manque à gagner considérable pour d’autres secteurs de l’économie birmane, complètement laissés de côté, tels l’éducation et la santé.


 >:(
 
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knom

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Re : MYANMAR - BIRMANIE
« Réponse #19 le: février 04, 2010, 06:35:46 pm »

Manu je n'ai pas de leçons d'humanisme à recevoir de toi.

J'ai eu moi l'occasion d'agir concrètement avec un proche Aung San Suu Kyi alors tes remarques me laissent de marbre.

Quand au principe d'honneur s'il te plait, ne t'adresse pas comme ça à quelqu'un que tu ne connais pas. On est dans l'échange d'arguments pas dans les attaques personnelles.

Puisque tu perds ton sang froid  j'arrête la discussion avec toi sur ce sujet.
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Manu (de Chiang Mai)

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Re : MYANMAR - BIRMANIE
« Réponse #20 le: février 05, 2010, 09:14:59 am »


Je ne perds pas mon sang froid... Je trouve seulement tes justifications sans aucune valeur... D'ailleurs, ce sont les mêmes que celles de tous les autres touristes rentrant du Myanmar...

Honnêtement, je préfèrai que tu me dises comme certains l'ont déjà fait: "oui, je vais en Birmanie parceque c'est des vacances pas chères et que c'est beau... et je me moque totalement de leurs problèmes politiques, je me fous du génocide des ethnies de l'Est et je me contrefous du fait que mes dollars servent à blanchir l'argent sale de la junte ou à acheter des mines sur lesquelles des gamins pètent tous les jours !"

Là, il n'aurait plus matière à discuter... Ce serait un choix assumé !...

Quant à Aung San Suu Kyi, elle a déjà réclamé dans plusieurs communiqués que les touristes étrangers ne se rendent plus en Birmanie !... Elle a compris que plus que des revenus, c'était un terrible justificatif pour les militaires de la junte... D'ailleurs, tous les partis birmans d'opposition à la junte militaire ont fait la même requête !

...

Extrait de l'EURO-MAG, étude géopolitique faite par la communauté européenne au sujet de la Birmanie (Mynamar):

Citer

"... Le pays est très peu industrialisé, la population est essentiellement rurale. L'organisation Internationale du Travail, dans son rapport de juillet 1998, décrit l'utilisation systématique par les militaires du travail forcé de la population civile. Abondante production d'opium. Transit de produits pétroliers via un oléoduc (société Total).

Malgré la persistance de violations répétées des droits de l'homme par la junte au pouvoir, la Birmanie reste une destination touristique importante.


Il est à noter que l'opposition désapprouve le tourisme (et l'aide humanitaire) qui représentent un soutien financier très important de la dictature.

En effet, ce secteur, tout comme le secteur bancaire, est détenu par la junte et ses sympatisans. Les habitants ont défense d'aborder les touristes. Des familles entières sont déplacées et utilisées comme main d'oeuvre gratuite pour améliorer l'infrastructure touristique..."



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Manu (de Chiang Mai)

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Re : MYANMAR - BIRMANIE
« Réponse #21 le: février 07, 2010, 01:49:19 pm »


Des réfugiés Karen renvoyés au Myanmar...

Raison d'état oblige, Il faut hélas reconnaitre que la Thaïlande et la Chine, en qûete de matières premières et de ressources énergétiques, sont devenues les "nouveaux grands copains" du Myanmar...

Alors que les réfugiés hmongs de Thaïlande ont été renvoyés vers le Laos en début d’année, ce sont maintenant 3 000 Karens qui seraient sous le coup d’une expulsion massive.

Comme on peut le lire sur le site du Courrier International, trente-cinq familles karens doivent être renvoyées au Myanmar avant le 5 février 2010. Celles-ci sont sur le territoire thaïlandais depuis le mois de juin 2009, date à laquelle elles avaient fui les terribles combats provoqués par l'offensive de la junte militaire birmane.

Et à plus large échelle, ce sont donc 3 000 personnes qui doivent repartir d’ici le 15 février prochain, suite à un accord entre les autorités thaïlandaises et birmanes. Accord qui là-aussi mobilise de nombreuses ONG.

Il y aurait environ 150 000 réfugiés birmans en Thaïlande, dont de nombreux Karens. Et d’après le site Irrawady.org, entre 2 et 3 millions de birmans supplémentaires travailleraient en Thaïlande, pour la plupart dans l’illégalité.

Je précise néanmoins que ces Karen qui doivent être renvoyés de Thaïlande prochainement, sont des réfugiés récents et n'ont rien à voir avec les 300 000 Karen Sgaw et Po qui eux habitent la Thaïlande depuis les 17-18ème siècles...
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Manu (de Chiang Mai)

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Re : MYANMAR - BIRMANIE
« Réponse #22 le: février 07, 2010, 02:26:15 pm »


Birmanie : le tourisme complice de la dictature !

source: Organisation Internationale du Travail (OIT) et Info-Birmanie


Crée en 1996, l'association Info-Birmanie  a pour vocation de diffuser des informations relatives à la situation politique et humanitaire en Birmanie et de faire connaître au public la réalité des atteintes aux droits humains perpétrées dans ce pays. Après avoir lancé des campagnes sur la présence de Total.

- l'investissement dans le pipeline Yadana a fait de Total le premier investisseur étranger en Birmanie depuis 1992 - , Info Birmanie veut agir sur l'industrie touristique et la responsabilisation de ses clients. " La Birmanie est l'un des rares pays au monde où le développement touristique est aussi étroitement lié aux violations des droits humains fondamentaux : développement du travail forcé sur les chantiers liés à l'aménagement touristique, déplacements des populations habitant à proximité des sites touristiques, tourisme sexuel, dégradations de l'environnement et des lieux de cultes ", souligne Farid Ghehioueche, président d'Info Birmanie.


Recours au travail forcé généralisé, selon l'OIT !

Dès 1990 (année de l'annulation des élections démocratiques en Birmanie), la junte militaire a fait du développement touristique l'une de ses priorités économiques, pour plusieurs raisons:

- améliorer l'image du pays, permettre à la Birmanie d'entrer sur la scène économique internationale;

- attirer les investisseurs étrangers;

- blanchir l'argent de la drogue.

La construction de vastes complexes hôteliers (500 000 chambres disponibles), en un temps record, a été faite par des millions de Birmans, tous âges et sexe confondus, obligés de travailler dans des conditions d'esclavage.

En 1998, une commission d'enquête de l'Organisation Internationale du Travail (OIT) a constaté que le recours au travail forcé par la junte militaire était généralisé et systématique.

Depuis, les représentants des Nations-Unies (et notamment le président de la Commission des droits de l'homme) se sont vus interdire l'octroi de visas pour se rendre dans le pays.

"Cette politique d'ouverture au tourisme s'est rapidement concrétisée par l'expulsion manu militari des populations habitant près des sites touristiques et par l'utilisation du travail forcé pour la rénovation des monuments, la construction des routes et des hôtels", témoigne Farid Ghehioueche.


Les Birmans  interdits de "véritables" contacts avec les étrangers !

En novembre 1996, la junte a officiellement ouvert le pays au tourisme en lançant la campagne de promotion "Visit Myanmar Year ".

311 000 touristes ont été recensés en 2002 et, sur les deux premiers mois de l'année 2003, les chiffres s'élèvent à 70 000. Avec une obligation à l'entrée : échanger au minimum 300 dollars contre une "monnaie de singe" locale, procédé mis en place par la junte pour  blanchir l'argent de la drogue.

Actuellement, 90 offres de tours opérateurs sont proposées aux touristes. "Les gens choisissant cette destination pensent trouver un pays intact, emprunt de spiritualité, explique Aurélie Zammarchi. "Ce sont des gens aisés, appartenant aux catégories sociales moyennes supérieures mais qui, paradoxalement, ne sont pas informés sur la situation politique du pays. Les voyagistes, dont certains sont par ailleurs spécialisés uniquement sur la Birmanie, évitent d'aborder le sujet".  

Les touristes continuent donc à ignorer que 3 millions de Birmans, vivant à proximité de leurs lieux de cultes, ont été déplacés pour permettre aux autorités d'aseptiser des zones entières, désormais réservées au tourisme.

"En avril 1990, les 5200 habitants de Pagan (ville où sont situés de nombreux sites archéologiques et spirituels) furent obligés de déménager à une trentaine de kilomètres de la ville, dans une zone aride et dépourvue d'équipements élémentaires, précise Farid Ghehioueche.

"Aujourd'hui, Pagan est devenue une ville fantôme hyper protégée". Les circuits montés par les tour opérators  évitent soigneusement les zones qui pourraient ternir l'image sereine qu'ils vendent à leurs clients."

Tout a été pensé pour que les touristes ne rencontrent pas la population non plus, précise Aurélie Zammarchi. La junte interdit aux Birmans tout contact avec les touristes, qui eux-mêmes, sont  obligés de traverser la pays par avion...Tout est fait pour  cacher la réalité dans certaines zones stratégiques de guérillas et de travail forcé ".  

Plus qu'ailleurs, les impacts sociaux et environnementaux du tourisme dans une dictature sont multiples.

Le lac Inle, site où vivaient des communautés de pêcheurs, a par exemple été " nettoyé " pour construire une sorte de " village témoin artificiel ". Outre le déplacement des communautés locales, cette opération a eu pour conséquence de détruire l'éco-système et de rendre inexploitable le lac par la population...

La tradition des " femmes girafes " (coutume qui consiste à enserrer le cou des femmes dès l'enfance dans des anneaux) a été réhabilitée pour les touristes, en Birmanie et en Thaïlande, où les réfugiées birmanes ne sont tolérées qu'en raison de l'important flux touristique qu'elles apportent.

Si Info Birmanie regrette que les touristes, même informés, choisissent cette destination, elle n'appelle pas pour autant au boycott.

Cette pratique reste anglo-saxonne - Lonely Planet a cessé de publier des guides sur la Birmanie, par exemple-.

L'ONG cherche plutôt, en France, à responsabiliser les touristes. " Nos contacts avec le syndicat national des voyagistes n'ont jamais abouti à quoi que ce soit, explique Aurélie Zammarchi. Et même si certains grands groupes reconnaissent que la situation n'est pas normale et ne s'y implantent pas, ils refusent de communiquer sur le sujet ".

La campagne, intitulée " Birmanie : et si on voyageait intelligent ? " vise en premier lieu les agences signataires de la Charte éthique du voyageur, afin qu'elles retirent de leur catalogue les offres sur la Birmanie, destination qu'elles vendent en outre à perte....

...

Photos: en Birmanie, la junte militaire utilise aussi des enfants lors des séances de travail forcé (esclavage) lors du nettoyage des sites touristiques...
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DocTournesol

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Re : MYANMAR - BIRMANIE
« Réponse #23 le: février 08, 2010, 05:45:23 pm »

Face à de tel arguments, difficile tout de même de soutenir la thèse du Tourisme. Cette junte militaire est abjecte !
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knom

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Re : Re : MYANMAR - BIRMANIE
« Réponse #24 le: février 08, 2010, 07:12:29 pm »


Face à de tel arguments, difficile tout de même de soutenir la thèse du Tourisme. Cette junte militaire est abjecte !
 

La junte militaire est effectivement abjecte DocTournesol mais avant qu'elle soit renversée il faut aussi penser au peuple birman et ne pas faire tomber une chape de plomb sur le pays...

Dans un article récent daté du 15/01/2010, intitulé:« Aller en Birmanie, mais les yeux bien ouverts » http://www.la-croix.com/-Aller-en-Birmanie-mais-les-yeux-bien-ouverts-/article/2410708/55351Frédéric Debomy, ,président de l’association Info-Birmanie (abondament citée plus haut), écrit: "je le répète, nous défendons l’idée qu’on peut aller faire du tourisme en Birmanie en sachant garder les yeux bien ouverts. » Et d'ajouter à propos du boycott du tourisme que "Depuis quelques années, les choses ont changé et Info-Birmanie a évolué sur le sujet (...)le secteur économique s’est libéralisé ces dernières années et les touristes individuels peuvent se rendre maintenant en Birmanie. Ils ont la possibilité de réserver eux-mêmes leur petit hôtel géré par des propriétaires privés, acheter des tickets de bus que tout le monde prend, louer un vélo ou une voiture sur place en faisant appel à des sociétés privées (...)Plus un touriste est informé, à travers les nouveaux guides touristiques disponibles qui précisent quel type de politique sévit en Birmanie, plus il pourra faire en sorte que l’argent qu’il dépense aille dans la poche des habitants.

Voila la réalité.


Et puis pour citer encore quelqu'un qui connait bien les réalités de ce pays et la problématique du tourisme, voici ce qu'écrit  Jacques Ivanoff, chercheur à l’Institut de recherche sur l’Asie du sud-est contemporaine (IRASEC), à Bangkok. « Le boycottage renforce l’idéologie de la Birmanie, qui veut se renfermer sur elle même et ne pas s’ouvrir sur l’Occident », estime-t-il. "Le tourisme est une nécessité pour ouvrir le peuple birman aux réalités du monde extérieur". « Même s’il n’est pas, selon moi, un bon vecteur de communication, s’il n’y a que ça, c’est mieux que rien ».

De quoi nuancer les jugements catégoriques....

Quant à Lonely Planet... marrante sa façon d'appeler au boycott et d'inscrire sur son site internet  les rubriques: "infos pratiques" "commeny y aller" "à ne pas manquer". Y aurait ti pas un double langage de leur part ?http://www.lonelyplanet.fr/_htm/destinations/index.php?mode=notice&param1=myanmar&param2=intro

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