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Auteur Sujet: Les Hmong: Thailande - Laos - Vietnam  (Lu 55032 fois)

Rugby15

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Les Hmong: Thailande - Laos - Vietnam
« le: septembre 14, 2009, 12:35:02 pm »

vous avez lu ça. Vrai ou faux ?

Des milliers de Hmongs vont être rapatriés au Laos.

Article publié le 12/09/2009

Mais que vont devenir les Hmongs, ce peuple d'Asie originaire notamment du Laos ? Que vont devenir ceux qui ont trouvé refuge en Thaïlande voisine, il y a près de trente ans ? Le Premier ministre thaïlandais a annoncé vendredi qu'il compte renvoyer chez eux six mille de ces réfugiés. Et ce, malgré les menaces de persécution.

e Premier ministre thaïlandais a réitéré vendredi sa volonté de renvoyer au Laos quelque six mille réfugiés hmongs d’ici la fin de l’année, cela en application d’un accord entre les deux pays signé récemment.

Le problème de ces réfugiés n’est pas nouveau en Thaïlande, mais le renvoi systématique de ces derniers suscite bien des critiques notamment du côté des organisations humanitaires qui craignent pour leur vie.

Les Hmongs vivent en effet depuis près de 30 ans dans les camps de réfugiés du nord-est de la Thaïlande avec pour principal crainte d’être rapatriées dans leur pays d’origine où ils sont persécutés pour avoir aidé les Américains à combattre les communistes durant la guerre du Vietnam. Des allégations que le gouvernement laotien infirme alors que sur le terrain au Laos, le sort de ces rapatriés n’est pas clair, peu d’ONG ayant accès à cette minorité ethnique sur place.

Une chose est sûre, la poignée de Hmongs qui vivent cachés dans les forêts du Laos sont depuis trois décennies à la merci d’une armée qui les traque sans cesse.

La Thaïlande, de son côté, affirme que ces réfugiés le sont pour des raisons économiques et ne risquent rien de rentrer dans leur pays. Le porte-parole du gouvernement thaïlandais affirmant même que les rapatriements qui ont lieu depuis près d’un an ont été faits de manière volontaire alors que sur le terrain les spécialistes, notamment Médecins sans frontières (MSF), ont clairement dénoncé le caractère forcé de ces déplacements.


http://www.rfi.fr/
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Re : Les Hmong
« Réponse #1 le: septembre 14, 2009, 02:36:30 pm »


et oui, je l'avais lu cet article et c'est vrai que vont-ils devenir les Hmongs qui vivaient depuis 30 ans en Thaïlande ?? 


Tiens, j'ajoute une photo que j'avais répérée avec cet article 
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" Les compliments, c'est bien beau, c'est bien agréable, mais on ne sait jamais si c'est sincère, tandis que les insultes, ça vient du coeur ".

Manu (de Chiang Mai)

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Re : Les Hmong
« Réponse #2 le: septembre 15, 2009, 12:15:07 pm »


Comme je l'avais dit sur l'ancien forum, la situation des Hmong du Laos est actuellement en train de changer... et de s'améliorer.

Quelques explications:

Les Hmong durant la Guerre d'Indochine ont d'abord été les alliés des Français jusqu'en 1954, puis des Américains entre 1964 et 1973, les soutenant dans leur combat contre les communistes... Lorsque, ces derniers ont gagné la guerre puis pris le pouvoir au Laos, ils ont persécuté les Hmongs qui étaient leurs ennemis, faisant disparaitre les derniers mouvements de résistance et rééduquant les anciens membres de l'Armée du général Vang Pao...

Depuis quelques années, le Laos est entré dans l'ASEAN et le gouvernement a décidé d'adopter une nouvelle politique d'ouverture vis à vis du Monde et de ses voisins sud-est asiatiques... Le pays s'est ouvert au tourisme et une certaine forme de capitalisme économique a fait son apparition... La récente organisation des Jeux sud-est asiatique (Sea Games) à Vientiane, a d'ailleurs contribué à l'amélioration de la situation...

Lors de mes plus récents voyages au Laos (j'en fais 2 ou 3 par an !), j'ai pu constater que la situation des Hmong avait considérablement changé en bien... Il est d'ailleurs probable que la liquidation des derniers maquis Hmong du centre-est du pays par l'armée laotienne il y a cinq ans ait permis un relachement de la tension entre les deux communautés.

Mes derniers séjours dans de nombreux villages et les discussions que j'ai pu tenir avec plusieurs chefs de familles ou de villages Hmong (sans aucun pression policière ou gouvernementale puisque nous étions seuls) m'ont confirmé que le gouvernement n'agissait plus comme dans le passé, et cherchait même depuis peu à aider les minorités (création d'écoles et de nouvelles routes, installation de panneaux solaires, etc.)...

Les villages Hmong m'ont semblé être les plus riches de tous les villages minoritaires. L'explication de cet état de fait n'est pas vraiment un mystère. De nombreux Hmong se sont réfugiés aux Etats Unis et en France après 1975, et la diaspora Hmong a conservé des contacts relativement étroits avec les familles restées au pays. Ces dernières, depuis la réouverture du Laos au début des années 90, peuvent maintenant bénéficer des cette manne financière.


Photos: quelques clichés de villages Hmong au Laos que j'ai pris cette année et l'année dernière...
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DocTournesol

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Re : Les Hmong
« Réponse #3 le: septembre 15, 2009, 06:17:57 pm »

Texte très intéressant:

Remarques sur l'identité ethnique : les Hmong

Les Hmong forment un groupe ethnique du Laos dont un certain nombre se sont réfugiés en France après la prise de pouvoir par le Pathet Lao en 1975 à Ventiane. J.-P. Hassoun a étudié les Hmong réfugiés en France, notamment leur intégration par le travail.
A travers leur position de réfugiés, les Hmong découvrent de nouvelles formes de reconnaissance inter-ethnique. C’est le thème de la découverte du travail et des relations inter-ethniques.


Données sur les Hmong.

En 1975, c’est la prise de pouvoir par le Pathet Lao ; un immense exode de population s’en suit. Le Laos est un pays pluri-ethnique. Les Laotiens sont tous les individus de nationalité laotienne ; les Hmong sont donc des Laotiens. Les Lao forment une ethnie faisant parie du groupe Thaï. Les Sino-Laotiens sont nombreux et représentent un groupe important. Il y a ensuite au Laos un nombre important de petits groupes proto-indochinois dont les Khmou avec lesquels les Hmong font des échanges.

De 1975 à 1982, près de 400 000 Laotiens fuient le Laos ; ils représentent 10% de la population totale. Les Hmong constituent la majorité des populations qui quittent leur pays ; ils sont 120 000 dont 85 000 émigrent vers des pays occidentaux (65 000 aux USA, 8000 en France, 2000 au Canada, etc.). Pour bien comprendre leur stratégie d’intégration, il faut comprendre la société Hmong et leur trajectoire historique.

Le terme de Hmong n’est pas celui qui désigne ce groupe ethnique au Laos ; ils sont nommés Meo, mais n’ont jamais accepté cette désignation. Ils se revendiquent comme Hmong (L’Homme). Le terme de Méo leur a été attribué par les Chinois. Les Hmong sont des aborigènes de Chine, du groupe Miao-Yao. Depuis la prise de pouvoir des Han, ils ont été soumis à un processus de sinisation important ; les Chinois distinguent les Shu miao (Miao cuits) c’est-à-dire sinisés des Sheng miao (Mioa crus) plus récalcitrants à l’emprise étatique. Ils se sont révoltés deux fois au cours de la seconde moitié du XIXème siècle. La répression chinoise a été violente ce qui a causé leur départ vers l’Indochine (Nord Tonkin et Nord Laos). Les Hmong ont déjà connu l’expérience de l’exil forcé.

Arrivés au Laos, ils sont mal accueillis par les Lao et sont repoussés vers les hauteurs des massifs montagneux et forestiers. Ils s’établissent dans les montagnes et pratiquent une agriculture sur brûlis (essartage) et itinérante. La population Hmong est semi-nomade ; ils s’adaptent à l’environnement que leur a laissé les Lao. Ils constituent une minorité ethnique.

Les Hmong constituent une société acéphale ; il n’y a pas de chefferie stable ; c’est une société sans Etat au sein du système royal laotien. Le pouvoir passe par le système de parenté ; les clans sont patrilinéaires et exogamique. La société Hmong est égalitaire, sans structure pyramidale. Le pouvoir ne dépasse pas le cercle du lignage. Il n’existe pas dans le langage hmong de terme qui marque une supériorité ou une infériorité. D’autre part, il n’y a pas de religion culturelle bien déterminée comme le bouddhisme qui est pratiqué au Laos. Leurs croyances s’organisent autour de rites chamaniques et funéraires. La transmission de l'âme vitale à travers des générations alternées assurent la reproduction symbolique de ce groupe ethnique non territorial.

Les Hmong sont dominés par les Lao et par les Sino-laotiens qui sont essentiellement des commerçants colporteurs. Mais les Hmong sont dans une position dominante par rapport aux Khmou qui sont considérés comme des sauvages. On est toujours le sauvage de quelqu’un.

Dans la première moitié du XXe siècle, les contacts avec les Lao sont difficiles ; les Hmong doivent se conformer à leur place, sans l’accepter ; celle-ci leur est imposée : les enfants Hmong n’ont pas le droit à l’éducation du système lao, aussi se rapprochent-ils des autorités françaises. Les Français jouent la carte des Hmong en leur accordant des privilèges et en les intégrant dans l’administration.

Pendant la seconde guerre mondiale, les cadres français organisent à partir des zones Hmong des maquis de résistance à la présence nipponne. Puis, les Hmong fourniront de nombreuses unités supplétives dans la lutte contre le Viet-mhin. Enfin, ils se rangeront derrières les unités spéciales américaines dans la lutte contre le Pathet Lao.


L'insertion des Hmong en France : une insertion professionnelle uniforme.

Les Hmong occupent pratiquement tous des emplois identiques.

A partir de 1975, les Hmong sont disséminés dans toute la France au sein de centres d’accueil ; leur présence ne doit être que provisoire dans ces centres. Les autorités avaient fait le pari, compte tenu de leurs origines semi-nomade vivant de l’agriculture que les Hmong seraient mieux insérés dans le milieu rural. Ils vont donc s’installer dans le Limousin, les Cévennes, la Corrèze, des zones rurales défavorisées qui souffrent d’un déficit de main d’œuvre. Or c’est un échec car les Hmong ne supportent pas l’isolement dans les campagnes françaises. Ils veulent vivre regroupés en communautés.

Les Hmong s’installent donc dans les villes où ils peuvent reconstituer leur communauté. Ils sont confrontés aux emplois urbains. L’idée a été de diriger les Hmong vers les petites structures telles que les PME/PMI. Là encore c’est un échec car les emplois proposés ne leur conviennent pas : ils ne supportent pas la structure paternalisme des petites entreprises. Les relations de proximité du paternalisme les choque. Ils ne savent pas comment traiter avec le patron sans que les deux protagonistes de la discussion ne perde la face.

Ils préfèrent s’orienter vers les grandes entreprises comme Michelin car cela leur permet une attitude de réserve, de repli, une solution qui leur permet de conserver la face. Dans le travail traditionnel, les Hmong pratiquaient l’aide réciproque. L’aide, le travail est un échange de don et de contre-don. Or dans les usines, il s’agit d’une autre rationalité : c’est le domaine de la division du travail qui est basée sur l’emploi et la gestion du temps, notion totalement inconnue dans la société hmong traditionnelle. Le travail leur donne un sentiment d’aliénation, de perte d’identité.

L’exil n’est pas un drame pour les Hmong. Ils n’ont pas tout perdu dans l’exil : il y a eu création de nouvelles relations inter et intra-ethniques avec d’autres asiatiques. Ces nouveaux rapports sont positifs pour les Hmong.

Au niveau intra-ethnique. L’exil produit un certain nivellement social. Les Hmong vont connaître une nouvelle différenciation sociale. En raison de leur soutien à la politique française, puis américaine, certains Hmong ont peu a peu acquis une position privilégiée. L’exil a nivelé toutes ces positions : l’adjudant se retrouve OS chez Michelin, comme le simple cultivateur.


L’exil renforce la solidarité et l’identité Hmong.

- au niveau inter-ethnique.
L'exil a produit aussi un nivellement entre tous les Asiatiques dont les Lao. Si les différences existaient au Laos, elles ont fondu entre les groupes ethniques en France. Tous sont considérés comme des Asiatiques. Tout le monde occupe la même place dans le travail, l'habitat.

- relation avec les Français.
Les Hmong abordent le monde du travail rationalisé avec leur mentalité e leur conception propre du travail. Le travail est un échange de service. Ils travaillent pour la France, pour la remercier de on hospitalité. On reste dans le système du don, et du contre-don. Par cette volonté de contre don en échange de l'hospitalité, ils vont renforcer le stéréotype du « Jaune travailleur » ; or le contre-don se nourrit lui aussi d'un contre-don. Mais cette logique de réciprocité ne fonctionne pas dans le système de travail occidental. Ils attendent de leur travail une reconnaissance sociale qui ne vient pas ; au contraire, ils s'aperçoivent que leur travail d'OS est fort déprécié dans la société française. Ils sont de plus en plus perçus comme des immigrés et non comme un réfugié. Peu à peu la question du sens de leur travail se pose. Ils prennent peu à peu conscience de « faire le serviteur, l'esclave du français ». Le travail se conçoit dans un système de réciprocité. Ils se découvrent être dans la catégorie des Khmou et perdent leur identité d'hommes libres. Leur prise de conscience les conduit à prendre en compte la culture ouvrière et passent progressivement d'une culture ethnique à une culture de classe.

Bibliographie:

Hassoun : Les Hmong réfugiés en France - PUF - 1997
Hassoun : Les Hmong à l’usine in Revue française de sociologie - 1988.
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Manu (de Chiang Mai)

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Re : Les Hmong
« Réponse #4 le: septembre 16, 2009, 09:37:44 am »


Je souhaiterai revenir sur un ou deux points...

Tout le monde avait été bouleversé (moi le premier !) par le reportage "Guerre secrète au Laos" de Grégoire Deniaux, tourné pour Envoyé Spécial il y a quelques années. Il montrait la survie des derniers maquis Hmong (celui de Meuteuteu en l'occurrence)...

Vous pouvez d'ailleurs le visionner ici:

http://www.dailymotion.com/video/xhty9_guerre-secrete-au-laos-envoye-speci

Quelques commentaires doivent néanmoins être faits:

On ne peut nier les terribles persécutions dont les Hmong ont été les victimes, les dernières décennies, de la part des soldats communistes laotiens et vietnamiens... mais je rappelle que ce reportage a été tourné en 2003 !...

La situation aujourd'hui a changé (on est en 2009 !)... Les derniers maquis Hmong ont été en partie réduits (il ne resterait que quelques milliers de résistants Hmong au Laos) et depuis 3 ans, le gouvernement laotien, qui a soif d'ouverture sur l'extérieur ainsi que de reconnaissance internationale, s'est engagé dans un processus d'intégration des minorités, basé sur la coopération et le respect identitaire (ce qui n'était pas le cas dans le passé !)...

Des Hmong qui vivaient en France ou aux Etats Unis commencent à revenir au Laos... et même à créer des sociétés.

En fait, c'est pour les Hmong réfugiés en Thaïlande que la situation est la plus dramatique !... Ils ont tout perdu et vivent dans des camps depuis plusieurs années... Le gouvernement thaïlandais qui, comme celui des autres pays de l'ASEAN, est devenu un partenaire commercial et politique du Laos (ils étaient ennemis dans le passé !) ne souhaite plus conserver ces réfugiés, devenus gênants, sur son sol...

Il a donc entrepris des rapatriements, en concertation avec le gouvernement laotien, mais ceux-ci ne concernent que les Hmong des camps de réfugiés. La majorité des Hmong blancs et verts installés dans des villages entre Chiang Mai et la frontière birmane demeureront implantés définitivement en Thaïlande.

La situation, comme vous le voyez, est très complexe et surtout, elle évolue en permanence depuis 20 ans...
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Rugby15

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Re : Re : Les Hmong
« Réponse #5 le: septembre 17, 2009, 12:20:59 pm »


En fait, c'est pour les Hmong réfugiés en Thaïlande que la situation est le plus dramatique !... Ils ont tout perdu et vivent dans des camps depuis plusieurs années... Le gouvernement thaï qui, comme celui des autres pays de l'ASEAN, est devenu un partenaire commercial et politique du Laos (ils étaient ennemis dans le passé !) ne souhaitent plus conserver ces réfugiés devenus génants sur son sol...


Ils ont choisi la mauvaise option mais ils avaient pas le choix, c'était une question de survie. En plus, avant le Laos et la Thailande étaient pas copains. En 1987-88, ya même eu un conflit entre les deux sur la frontière. Personne pouvait se douter qu'avec des idéologies si différentes, les deux pays pourraient se remettre à coopérer !
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Manu (de Chiang Mai)

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Re : Les Hmong: Thailande - Laos
« Réponse #6 le: septembre 18, 2009, 09:44:21 am »


Effectivement, un conflit opposa la Thaïlande et le Laos de décembre 1987 à février 1988 sur leur frontière commune (il y avait déjà eu des clash en 1980 et 1984 !)...

Les deux raisons de ce conflit étaient:

1/ Une dispute pour 3 villages frontaliers que la France avait pris de force à la Thaïlande en 1907 et inclut dans ses possessions laotiennes. La Thaïlande souhaitait les récupérer.

2/ L'installation de bases en Thaïlande par la guerrilla anti-communiste Hmong. Après les coups de main au Laos, les combattants Hmong venaient se réfugier dans le Royaume, ce qu'évidemment, l'armée laotienne ne pouvait accepter.

Les combats se déroulèrent à Xaignabouri dans le district laotien de Boten et en Thaïlande dans le disctrict de Chat Trakan dans la province de Phitsanulok. Il firent en tout un millier de morts avant l'acceptation d'un cessez le feu en Février 1988.
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Rugby15

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Re : Re : Les Hmong: Thailande - Laos
« Réponse #7 le: septembre 20, 2009, 12:23:39 pm »


Les combats se déroulèrent à Xaignabouri dans le district laotien de Boten et en Thaïlande dans le disctrict de Chat Trakan dans la province de Phitsanulok. Il firent en tout un millier de morts avant l'acceptation d'un cessez le feu en Février 1988.


1000 morts en 3 mois ! Je ne savais pas que ca avait cartonner comme ça ! Bien pire que les problèmes du Preah Vihear.
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Manu (de Chiang Mai)

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Re : Les Hmong: Thailande - Laos
« Réponse #8 le: octobre 07, 2009, 11:12:36 am »


Pour mieux saisir la résistance Hmong durant les dernière décennies, ce texte de 2001...


Les restes de l'ancienne armée Hmong soutenue par la CIA...


Un pathétique mouvement messianique dans les jungles isolées du nord du Laos, qui croit que son chef est la réincarnation de Jésus, est tout ce qui reste des combattants, appartenant au même groupe ethnique, qui furent autrefois puissants et qui connurent leur apogée il y a 30 ans avec le soutien secret de la CIA. Ils s'appellent eux-mêmes les Chao Fa, qui signifie Seigneur du Ciel. Ils vivent de pousses de bambou et de pommes de terre sauvages dans quelques-unes des régions les plus inhospitalières de l'Asie du Sud-Est, et ils continuent à se battre contre les communistes qui gouvernent le Laos.

Les hommes du Chao Fa sont des Hmongs, une ethnie qui fut enrôlée par la CIA, l'agence américaine de renseignement, pour combattre les troupes nord-vietnamiennes et le Pathet Lao lors de la guerre du Vietnam. Au plus fort de la guerre, luttant contre les communistes, on a compté jusqu'à plus de 30 000 H'mongs, troupes anonymes combattant en première ligne pour le compte des Etats-Unis. Les combats menés au Laos durèrent de 1961 jusqu'à la victoire communiste en 1975 et devinrent connus sous le nom de "guerre secrète" parce que les Etats-Unis aussi bien que le Nord-Vietnam refusèrent de reconnaître qu'ils se battaient dans le Laos, qui était officiellement neutre.

Quand les communistes prirent le contrôle du pays, les H'mongs furent l'un des rares groupes qui refusèrent d'accepter le nouveau régime. Jusqu'à aujourd'hui, ils ont poursuivi à se battre au sein d'un mouvement de rébellion. Toutefois, le nombre et la force de leurs combattants n'ont cessé de décroître, les Hmongs étant abandonnés par leurs anciens alliés, les Etats-Unis et la Thaïlande.

Un ancien membre du Chao Fa qui est passé illégalement en Thaïlande en mars 2009 a déclaré à qu'il ne restait que 4 700 Chao Fa dans les collines du nord-Laos, et que ce nombre diminuait chaque année. "Je pense qu'ils seront complètement anéantis dans les dix ans", affirme Nhia Koua Lor, qui s'est enfuit avec sa femme et quatre de ses six enfants, et qui, depuis, se cache en Thaïlande. Un autre H'mong, qui combattait dans le mouvement de résistance jusque à il y a cinq ans et qui maintenant vit en Thaïlande, se montre plus pessimiste encore. "Dans les prochaines années, ils auront tous disparu. Ils mourront tous soit au combat, soit de faim, ou par manque de soins médicaux", dit Nao Chue Vang qui, comme Nor, refuse d'être identifié par son véritable nom. "Beaucoup de Hmongs, poursuit-il, assurent que le Chao Fa sont fous. Ils sont comme des volailles se battant contre un gros éléphant. Quant à moi, je sens violemment dans mon cœur et dans mon esprit qu'ils doivent continuer à combattre l'ennemi."

Vang et les autres Hmongs qui prennent part à la rébellion disent que si le Chao Fa a continué la rébellion en dépit des difficultés et des nombreux aléas qu'ils ont rencontré, c'est à cause de la persécution dont les H'mongs sont victimes, du fait de la politique menée par le gouvernement laotien. "Je suis très triste et en colère, déclare Vang, parce que j'ai perdu ma sœur, mon cousin, mon frère et mon pays. J'ai tout perdu à cause des communistes. Tous les Hmongs ont des histoires semblables à la mienne." Pour conclure, il ajoute : "Le gouvernement nous punit à cause de notre association passée avec la CIA américaine."

Le Comité hmong international pour la défense des droits de l'homme, basé aux Etats-Unis, qualifie le sort que connaissent les H'mongs au Laos comme un "génocide". "Depuis 1975, plus de 40 000 H'mongs ont été tués et 60 000 autres ont été déplacés dans les jungles de Phou Bia (une région montagneuse qui est la patrie traditionnelle des H'mongs au Laos) écrivait Chuhu Xiong, le directeur du Comité, dans une lettre à la Commission des Nation Unies pour les droits de l'homme.

Le gouvernement laotien, qui cultive le secret, publie rarement des déclarations au sujet du mouvement insurrectionnel et il nie persécuter les Hmongs, ni même les discriminer. Selon Gary Lee, intellectuel h'mong respecté, qui a été étudié et vit en Australie, le mouvement de résistance au Laos est soutenu par un certain nombre des 300 000 H'mongs qui ont fui vers les Etats-Unis, l'Australie, la France et d'autres pays occidentaux après 1975.

Pendant des années, les H'mongs qui vivent en Occident ont donné de l'argent au mouvement de résistance, qui a été formé de plusieurs factions - dont le Chao Fa -, et est dirigé par le général Vang Pao, un Hmong anciennement chef de l'armée financée de la CIA, qui depuis les Etats-Unis promet qu'il retournera au Laos pour libérer sa patrie. Mais le soutien des Hmongs vivant en Occident a diminué au fil des ans et le mouvement de résistance s'est écroulé petit à petit, au point que seuls restent actifs les rebelles les plus motivés, les Chao Fa.

Le Chao Fa place ses derniers espoirs dans son chef Vak Tsswc Cim, qui vit avec ses disciples guérilleros dans les jungles et les montagnes du nord du Laos. Dans un article récent d'une publication danoise, le Journal des Affaires indigènes, Lee a écrit que le Chao Fa est un mouvement de renouveau qui est né dans les années 1970. "Au milieu des souffrances endurées par les réfugiés h'mongs au cours de la guerre civile laotienne, le Chao Fa prônait une "vraie" société hmong, en attendant le retour du légendaire roi hmong qui sauverait les partisans du mouvement de l'oppression des autres groupes".

Chuhu Xiong estime que de nombreux H'mongs croyaient que Vak Tsswc Cim était la réincarnation de Jésus. "Il affirme qu'il a été réincarné pour sauver la population h'mong, déclare Xiong à lors d'une de ses derniers passages en Thaïlande l'an dernier. Il explique encore que, lors de sa précédente réincarnation, il a été réincarné pour sauver le peuple d'Israël. Maintenant, il est réincarné pour sauver les Hmongs".

Vang prétend qu'il a connu Vak Tsswc Cim quand ils grandissaient ensemble dans un village du nord-Laos au cours de la guerre secrète et il dit que ce personnage religieux se distinguait des autres à cause de sa peau blanche et de ses cheveux clairs. "Tous ses traits étaient asiatiques mais il avait des cheveux blonds, non des cheveux noirs, comme moi-même. Sa figure, quand il était jeune, était très semblable à celle d'un homme blanc", dit Vang qui ajoute qu'il croit que Vak Tsswc Dim a des pouvoirs religieux, mais qu'il est plus sceptique quant à ses liens avec Jésus. "C'est juste parce que les gens dans la jungle n'ont aucun pouvoir, dit-il. Ils sont pourchassés et ils n'ont aucun espoir, c'est pourquoi ils se déplacent comme des animaux et ils prient chaque jour. Ayant perdu tout espoir, Vac Tsswc Cim est la seule personne en qui ils peuvent placer leurs espérances. C'est pourquoi il a pris de plus en plus d'importance".


Notes :
Après la guerre du Vietnam, la fronde de la minorité hmong du Laos à l'égard du gouvernement central n'a jamais véritablement cessé. A des épisodes de calme relatif ont succédé des périodes de tensions, voire d'affrontements armés. A certains moments, les autorités laotiennes ont fait appel au Vietnam qui a envoyé des troupes pour épauler l'armée laotienne combattre les Hmongs.
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Manu (de Chiang Mai)

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Re : Les Hmong: Thailande - Laos
« Réponse #9 le: octobre 07, 2009, 11:22:53 am »


Le général Vang Pao

Le général Vang Pao né en 1931 à Xieng Khouang au Laos, est un chef de guerre historique hmong laotien, ayant combattu aux côtés de la France durant la Guerre d’Indochine (1945/1946-1954) et des États-Unis durant la Guerre du Vietnam (1959/1964-1975).


1/ Biographie :
 
Né en 1931, Vang Pao – en Hmong Vaj Pov, le nom du clan d’appartenance figurant en premier – rejoint la résistance anti-japonaise de Touby Lyfoung en 1945[1], il sera ensuite remarqué pour sa robustesse, son courage, son charisme ainsi que ses qualités tactiques de chef[réf. nécessaire] et sera recruté (fin 1947) formé et entraîné par l’armée française avant de devenir caporal (mars 1948), puis officier (après concours et école 1951-1952) au sein du Groupement des Commandos Mixtes Aéroportés (GCMA). Parmi ses atouts, Vang Pao parle le français et l’anglais.

Devenu major au sein de l’armée laotienne pendant l’entre deux guerres (1954-1959), les États-Unis remarqueront très vite ses qualités et les avantages qu’il pourrait leur procurer pour recruter une armée secrète au sein de la population hmong du Laos. Il sera dès lors élevé au grade de général par les États-Unis et combattra en étroite collaboration avec la CIA et d'anciens membres des forces spéciales, les bérets verts.

En 1975, la fin de la Guerre du Vietnam et le retrait américain de l’Asie du Sud-Est marque l’abandon de l’armée secrète des Hmong du Laos. Quelques milliers parviennent à fuir en Thaïlande et de là en France et aux États-Unis. Vang Pao fuira aux États-Unis. Dans un premier temps les Américains conserveront son appui dans l’espoir d’inverser la situation au Laos. Dans les années 1977-1978 cette idée disparaîtra. Vang Pao continuera à appartenir à un gouvernement hmong en exil[réf. nécessaire] dont les capacités s’estomperont jusqu’à nos jours. Il vit toujours aux États-Unis.

En 1999, Michael Vang – neveu de Vang Pao –, disparaîtra après avoir franchi la frontière laotienne depuis la Thaïlande avec des armes automatiques et 1 Million de dollars US en faux billets.

Le 4 juin 2007 les autorités américaines ont annoncé que Vang Pao ainsi qu'une cellule d'une dizaine de Hmong avaient été arrêtés en Californie. Ils auraient tentés notamment d'acheter des armes (fusils d'assaut AK-47 Kalachnikov, lance-missiles portables Stinger, bazookas antichars AT-4 et LAW, mines antipersonnel, grenades) dans le but de renverser le gouvernement communiste du Laos. Sur les dix personnes arrêtées, neuf risquent la perpétuité si elles sont reconnues coupables[2].


2/ Controverses :

a/ Implication dans le trafic d'opium :

Certains indices tendraient à prouver que Vang Pao a été impliqué dans le trafic d'opium en Asie du Sud-Est. Selon des témoins[réf. nécessaire], les avions fournis par Air America étaient utilisés pour les transports d'opium de la CIA au nom de Vang Pao. Un tel trafic, en dépit de son caractère illégal, remplissait une utitlité certaine dans le financement de l'armée hmong (armes, munitions, vivres, médicaments...).


b/ Détournement de fonds :

Cha Vang, fils de Vang Pao et coordinateur de la Fondation Vang Pao ainsi que Lia Vang, neveu de Vang Pao et vice-président de la Fondation Vang Pao, ont été accusés et condamnés pour détournements de fonds. L'affaire ne semble pas directement concerner le général Vang Pao qui n'a pas été condamné.


3/ Position dans la communauté Hmong :

Malgré les nombreuses polémiques à son sujet ainsi qu’une aura en déclin au sein des jeunes générations hmong se sentant parfois dupées, il reste un personnage célèbre et un acteur important de l'histoire récente du peuple Hmong.


Photos:

1/ et 2/ Le général Vang Pao à la base de Long Tieng au Laos lorsqu'il dirigeait l'Armée Hmong.

3/ Le général Vang Pao vieux réfugiés aux Etats Unis.

4/ Une extraordinaire photo montrant la capitaine Vang Pao en 1954 au coté du célèbrissime capitaine Jean Sassi (il fut ensuite colonel). Sassi dirigeait un GCMA, groupement commando qui opérait derrière les lignes Viets durant la guerre d'Indochine. Il fut même chargé de monter une colone de secours devant aller à Dien Bien Phu en partant du Laos mais l'ordre fut annulé par le commandement français...
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Manu (de Chiang Mai)

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Re : Les Hmong: Thailande - Laos
« Réponse #10 le: octobre 07, 2009, 02:43:12 pm »


Comme je reçois en ce moment pas mal de questions sur les Hmong, je rentre une peu plus dans le détail avec une fiche technique plus complète (extrait de "Les tribus montagnardes vivant en Thaïlande" - Emmanuel PERVE - édition Siam Book Planet)


Les HMONG en Thaïlande.


1. Population.

- Thaïlande: 153 955 personnes en 2003, reparties en 253 villages.
- Chine et Asie du sud-est: 8 000 000 d’individus.


2. Nom.
      
Appelée Méo (Miao ou Méau) par les Thaïs et par les autres groupes tribaux, la population Hmong en Thaïlande se divise en trois groupes principaux : les Hmong blancs (Hmong Deaw), les Hmong Verts, plus généralement appelés Hmong Bleus ou Hmong Noirs (Hmong Nua) et les Hmongs rayés (Hmong Gua M’ba).      


3. Langage.

- Famille linguistique : Austro-Thai.
- Groupe linguistique : Miao-Yao.
- Branche linguistique : Miao.
Comme toutes les langues Miao-Yao, les dialectes parlés par les Hmong Bleus et Blancs, bien qu’étant différents, empruntent de nombreux mots au yunnanais. Les Hmong n’ont pas d’écriture.


4. Peuplement et localisation.

- Thaïlande: province de Chiang Mai, Chiang Rai, Nan, Tak, Phrae,
   Mae Hong Son, Lampang, Phayao, Pitsanulok, Loei, Phetchabun).

- Chine du Sud, Vietnam, Laos.


5. Origines et migration.
      
Les Hmong vivaient probablement déjà en Chine, le long du fleuve Jaune, il y a près de 3000 ans. Chassés par les invasions et les pressions exercées par les Chinois durant des siècles, Ils furent amenés très tôt à entreprendre des migrations vers le Sud. Durant le 18e et le 19e siècle, plusieurs conflits armés les opposèrent aux Chinois, les poussant à s’installer au Laos vers 1850 puis en Thaïlande à partir de 1880.
    
De nombreux Hmong, en provenance du Laos, se sont installés dans le Nord de la Thaïlande en 1975, après la victoire des communistes contre lesquels ils combattaient.


6. Economie et agriculture.
        
Les Hmong pratiquent surtout la culture sur brûlis en altitude. La base de leur alimentation est le maïs qui pousse mieux que le riz sec à plus de 1000 mètres d’altitude. Ils cultivent également la cane à sucre, les haricots, les melons, les patates douces, les oignons, les concombres, le tabac et de nombreux fruits.
          
L’élevage de chevaux chinois, de mules, de porcs, de volailles, tout comme la distillation d’alcool,  tient aussi une place importante dans leur activité.
    
Très impliqués dans la production d’opium il y a encore une ou deux décennies, les Hmong ont aujourd’hui totalement abandonné la culture du pavot en Thaïlande.


7. Société.
      
La parenté chez les Hmong est patrilinéaire. La famille et le clan, dont le nom se transmet de père en fils, sont les unités sociales de base. La polygamie est acceptée. Elle permet d’accroître le statut social d’un homme au sein de son clan.
    
Le respect de l’âge et de l’ancienneté est primordial dans la communauté Hmong. C’est l’homme le plus âgé qui détient l’autorité sur tous les autres membres de la famille et est responsable de leur bien-être.


Le mariage et le divorce.
    
En général, un jeune Hmong doit épouser une femme n’appartenant pas à son clan (il y a 12 clans qui ne vivent d’ailleurs pas tous en Thaïlande) mais qui y entrera après la cérémonie.
      
Ce sont les parents du futur époux qui doivent verser la dot et supporter les dépenses du mariage. Le prix de la future mariée est discuté entre les représentants des deux partis et établit en fonction de sa beauté, de la région où elle vit et de la richesse des familles. Une fois le « prix de la mariée » réglé, les festivités peuvent avoir lieu. Elles se déroulent dans la maison du jeune homme. Des cochons et des poulets sont sacrifiés, puis les esprits des ancêtres et tous les parents mâles sont salués dans l’ordre d’ancienneté (rite du Kowtow). Des verres d’alcool sont échangés puis les jeunes mariés sont escortés jusqu’à leur nouvelle demeure.
      
La polygamie, signe de prestige et de richesse, est également pratiquée chez les Hmong. Un homme peut prendre une deuxième ou une troisième épouse si sa première femme y consent.
    
Enfin, les divorces sont peu fréquents. Une femme, si elle souhaite quitter son mari doit lui reverser la somme que celui-ci avait payé pour l’épouser.


La naissance.
    
La femme Hmong accouche assise dans sa chambre à coucher, aidée par une sage femme et son mari. Le placenta est coupé à l’aide d’un morceau de bambou puis enterré sous la maison. Durant ses trois premiers jours, le nouveau-né appartient encore au monde des esprits et à la déesse des enfants (Poor olang por). Le troisième jour, une cérémonie à lieu afin que l’enfant entre dans le monde des vivants. Des poulets sont sacrifiés en remerciement aux dieux et un nom est donné au bébé, afin qu’il entre dans le clan de ses parents.


Les funérailles.
      
Les Hmong pensent que chaque homme possède trois âmes, qui le jour de sa mort se séparent : l’une va au paradis, une autre reste dans la tombe et la dernière se réincarne.
      
Le décès d’une personne est annoncé par trois coups de fusil. Le corps du défunt est lavé puis habillé de vêtements préparés pour l’occasion. Le corps repose plusieurs jours près de l’autel familial ou des poulets sont sacrifiés afin de guider le mort jusqu’au « pays des ancêtres ». Le cercueil est ensuite emmené par une procession composée de ses parents et amis, de musiciens et d’une jeune fille portant une torche afin que l’âme du défunt « puisse voir le chemin ». Le cercueil est enterré et recouvert d’un monticule de pierres.  

 
8. Religion, croyances et cérémonies.
        
La religion des Hmong est à la fois composée de rites animistes et de shamanisme. C’est le « Seigneur de la Terre » qui a créé le monde et enseigné aux hommes ce qu’ils savent, y compris la culture de l’opium.
        
Chaque village possède un autel situé sur un grand arbre proche des habitations. Sa fonction est de protéger les villageois contre les mauvais esprits qui provoquent les maladies, les mauvaises récoltes et la mort.
      
Dans chaque maison, résident les esprits protégeant la famille et ses animaux (esprit de l’autel ancestral, esprit du pilier central, esprit du foyer, esprit du poêle, esprit de la porte, esprit de la chambre à coucher). L’esprit de la porte est particulièrement important car c’est lui qui protège l’habitation et permet aux défunts de la quitter pour entrer dans « l’autre vie ».
      

Le shaman.

Chaque village possède au moins un shaman féminin ou masculin, qui dirige toutes les cérémonies religieuses. Celui-ci peut contacter le monde spirituel lors de transes et guérir les malades en combattant l’esprit maléfique qui les possède. Le shaman est payé pour ses services et une partie de la viande des animaux sacrifiés lui est offerte.


9. Vêtements traditionnels.

Le costume féminin.
      
Les femmes Hmong Noirs ou Bleus portent des jupes plissées en accordéon, faites en chanvre ou en coton et s’arrêtant au genou. Teintées avec de l’indigo qui leur donne une couleur bleutée caractéristique, elles sont décorées de motifs géométriques brodés de couleur rouge, rose ou violette. La veste jaquette est en coton noir (parfois en velours), munie d’un col dorsal se terminant par deux pointes et  décorée de motifs brodés aux couleurs vives. Une ceinture tablier brodée et des jambières noires complètent le costume. Les longs cheveux sont roulés en chignon couvrant le sommet de la tête.
      
Les femmes Hmong Blancs portent les jours de fête des jupes de chanvre blanc tissé. Dans la vie quotidienne, elles revêtent un pantalon chinois de couleur noire ou bleue et une ceinture tablier brodée tombante jusqu’aux chevilles. La veste jaquette est en coton noir et munie d’un col dorsal rectangulaire brodé de motifs colorés. Les cheveux sont noués en chignon ou couvert d’un turban brodé.
        
Les femmes Hmong Rayés portent une veste jaquette de coton noir munie d’un col dorsal brodé et de longues manches décorées de rayures bleues ou blanches. Un pantalon chinois et une ceinture tablier brodée complète la tenue. Les cheveux longs, comme dans les autres groupes, sont noués en chignon sur le sommet du crâne.


Le costume masculin.
    
Les hommes Hmong portent comme les femmes, une veste jaquette en coton ou en velours noir. La boutonnière, située à l’encolure ou sur l’avant est souvent brodée de motifs géométriques à dominante rouge ou rose. Le pantalon chinois large de couleur noire, une ceinture brodée de près de 6 mètres s’enroulant autour de la taille et un bonnet noir parfois muni d’un pompon rouge complète la tenue.


Les ornements.
      
Les Hmong portent une partie de leurs richesses sur eux, sous forme de bijoux en argent, symboles de prospérité et de réussite. Les nouveau-nés reçoivent leur premier anneau lors de la cérémonie du nom à l’age de 3 jours.
          
Lors de la fête du nouvel an, chaque femme arbore de lourds bracelets, des boucles d’oreilles, des bagues, des chaînes, des pendentifs en forme d’animaux, de flèches ou de cadenas et de nombreux colliers en argent (parfois cinq ou six). Les hommes portent des colliers et des torques de même métal.


10. Villages.
      
Véritables montagnards, les Hmong construisent leurs villages à haute altitude (entre 1000 et 1500 mètres), non loin des sommets, sur des pentes à l’abris du vent et de la pluie. Le village est constitué le plus souvent de 6 à 15 maisons mais n’est pas clôturé ou muni de portes comme celui des Akha.
      
Bien qu’hospitaliers vis à vis des étrangers, les Hmong vivent séparés des autres tribus. Le village est le plus souvent constitué des membres du même clan.
    
Dans le passé, les Hmong déplaçaient régulièrement leur village afin de trouver des sols neufs pour cultiver le pavot. Cette culture aujourd’hui disparue en Thaïlande a été remplacée par des rizières irriguées, des potagers ou des arbres fruitiers, généralisant la sédentarisation des sites d’habitations.


11. Habitat.
        
Le site d’une maison Hmong est choisi avec précaution car il doit convenir aux ancêtres. La maison est de forme rectangulaire et construite à  même le sol. Elle est constituée d’une pièce principale avec deux foyers (l’un pour les humains au centre et l’autre pour la nourriture des cochons) et d’une ou plusieurs chambres séparées par des cloisons. Les murs, sans fenêtre, sont fait de planches de bois et le toit est en chaume ou en tuiles. La porte principale est placée face à la pente de la montagne et surmontée d’une épée de bois qui éloigne les mauvais esprits. L’autel des ancêtres est situé en hauteur sur le mur opposé à la porte.


Citer

Lexique Hmong.

- Bonjour = Nio zong
- Au revoir = Mong jone kan toua
- Merci = oua zao
- Oui = yo  / Non = zeu yo
- Je = kou, tu = ko, il = poua
- Comment tu t’appelles ? = ko loung baï wou laï jang
- Je m’appelle Jean = kou loung baï Jean
- Combien ça coute ? = pi zeum ba ?
- Un = hi, deux = ho, trois = peï, quatre = plao, cinq = zeu,
   six = zao, sept = chiang, huit = yii, neuf = djoua
- Dix = kao, cent = hi poua, mille = hi tcheng
- Je vais à (Chiang Mai) = kou mong (Zeu Mai)
- Je me promène = kou mong tchang
- Je ne comprends pas = kou zeu pao
- C’est bon = kan, Ce n’est pas bon = zeu kan
- Puis-je prendre une photo ? = kou dao daeuplou laï jeu laï ?
- Homme = noua tou / Femme = noua tchaï
- Enfant = ming noua
- Maison = lou zeï



Photos:

1/ Carte de l'implantation des Hmong en Thaïlande.

2/ Une Hmong blanc en tenue traditionnelle quotidienne.

3/ Une Hmong blanc travaillant dans un champs

4/ une Hmong blanc filant le coton.

5/ Hmong blanc aux champs.

6/ Un Shaman musicien Hmong.
IP archivée

Manu (de Chiang Mai)

  • Invité
Re : Les Hmong: Thailande - Laos - Vietnam
« Réponse #11 le: octobre 07, 2009, 03:17:18 pm »


Photos: Les Hmongs en Thaïlande...

1/ La famille Hmong. parfois, plusieurs génération cohabitent dans la même demeure.

2/ et 3/ La maison Hmong construite à même le sol pour conserver la chaleur en hivers.

4/ Près de la maison, le grenier où est conservé le riz et le maïs. Egalement, les citernes d'eau.

5/ De jeunes Hmong dans un village près de Maesariang. elles ont la coupe de cheveux des écolières.

6/ Une jeune Hmong blanc en tenue de fête.
IP archivée

Manu (de Chiang Mai)

  • Invité
Re : Les Hmong: Thailande - Laos - Vietnam
« Réponse #12 le: octobre 07, 2009, 03:59:30 pm »


Puisqu'on y est, on continue...


Les HMONG du Nord-Vietnam.


1. Population.

- Vietnam : environ 560 000 individus


2. Noms.
      
Méo, Miao, Mong, H’mong, etc.  

Sous groupes : Hmông Xanh (vert), Hmông Do (rouge), Hmông Hoa (fleuris), Hmông Den (noir), Hmông Trang (blanc) et Na Mieo.


3. Langage.

- Famille linguistique : Austro-Asiatique.
- Groupe linguistique : Meo-Zao.
- Branche linguistique : Zao.


4. Peuplement et localisation.

Provinces de Ha Giang, Yen Bai, Lao Cai, Lai Chau, Son La, Cao Bang, Lang Son, Nghe An, Thanh Hoa, Hoa Binh, Bac Thai.


5. Origines et migration.
      
Idem Thaïlande. Les premiers Hmong entrèrent au Vietnam durant la deuxième moitié du 17ème siècle puis deux grandes migration se produisirent à la fin du 18ème siècle dont la plus grosse en 1868 avec près de 10 000 Hmong arrivant des provinces chinoises du Guizhou, du Yunnan et du Guangxi (régions autonomes qui avaient participé sans succès à la rebellion Taiping contre la dynastie Ching).


6. Economie et agriculture.
        
- Agriculture:

Traditionnellement, les Hmông pratiquaient une agriculture itinérante sur brûlis. Les pays où ils se sont installés essaient de les sédentariser et de modifier leurs modes d’agriculture. Au Viêt Nam, lorsqu’il y a moyen de canaliser l’eau à partir du sommet, les Hmông sont capables de transformer des collines entières en rizières irriguées en terrasse au prix d’un travail extraordinaire de courage et d’ingéniosité. Les paysages ainsi créés sont de véritables réussites architecturales et artistiques. Sur les pentes trop escarpées ou non irrigables, ils cultivent aussi le riz et surtout le maïs qui est la plante alimentaire principale, des cucurbitacées et des légumes (haricots, pois, etc.).
La plante textile principale est le chanvre ; certains groupes cultivent le coton (les Hmông vert). Les Hmông sont aussi réputés pour la culture des pommiers, pruniers et pêchers. Les difficultés de transport et l’absence d’entreprises locales de transformation empêchent la pleine valorisation de ces produits. La forêt constitue une source non négligeable de revenus d’appoint avec la récolte de plantes médicinales, de champignons, de bois de chauffage.

- Elevage : Comme de nombreuses autres ethnies montagnardes, les Hmông élèvent surtout des volailles, des porcs, des buffles et des chevaux.

- Chasse : Avec des fusils artisanaux à silex, des pièges ou de petites arbalètes, les Hmông chassent cochons-bois, cerf, sanglier, etc. Les enfants capturent des oiseaux qu’ils proposent au marché ou au bord des routes.

- Opium : dans le passé, on ne pouvaitt parler des Hmông sans citer la culture du pavot dont on extrait l’opium. Pour les Hmông des montagnes du triangle d’or (Thaïlande, Laos, Birmanie), du sud de la Chine et du Nord Viêt Nam, le pavot faisait partie des traditions agricoles au même titre que la vigne dans nos régions. L’opium a longtemps été le seul produit acheté aux Hmông : une partie de la production était donc vendue et procurait une source non négligeable de revenu. L’autre partie de la récolte était destinée à la consommation de la collectivité ; elle permetait de se soigner et de se nourrir. Les capsules étaient récupérées, séchées et les graines étaientt utilisées comme épices pour parfumer le miel, des boissons, des pâtisseries, etc.

Au Viêt Nam, la culture du pavot est interdite mais elle est peut être encore pratiquée dans des endroits discrets et bien protégés.

De nos jours, la réussite des cultures de substitution qui sont parfois proposées par l'état est loin d’être garantie parce que les projets mis en place négligent la prise en compte de paramètres qui pourtant semblent évidents. Proposer la culture de la fraise à la place du pavot peut sembler une idée intéressante, mais que faire d’une bonne récolte si localement on ne peut la vendre parce que la fraise n’est pas dans les habitudes alimentaires, qu’il n’y a pas de routes ou pas de camions pour aller la vendre plus loin sur les marchés et pas d’industries locales de transformation !
Au Viêt Nam, dans la région de Bac Ha, la culture du prunier comme substitution à celle du pavot connaît un succès indiscutable. Il s’agit d’un programme australo-nippon qui donne satisfaction aux cultivateurs, la récolte partant vers ces deux pays en générant de bons profits.

- Art et artisanat : Au cours de leur longue histoire, les Hmông ont accumulé un patrimoine artistique et culturel tout à fait original, riche et varié, qui montre une connaissance populaire de la nature et de la société, et qui exprime leur attachement à la liberté, exalte des sentiments nobles (justice, charité, etc.), glorifie le travail et condamne la paresse, le mensonge, etc.

Ne connaissant pas l’écriture, la littérature des Hmông faisait uniquement appel à la mémoire et se compose de légendes, poèmes, devinettes, proverbes et chants. Certains groupes prétendent que leur mémoire remonte à 30 ou 40 générations, ce qui représente environ 1.000 ans d’histoire.

Dans le domaine de la musique, les instruments utilisés sont les guimbardes, les tambours de peau et les khènes, sorte d’orgue à bouche. Les tambours et les khènes sont utilisés lors des cérémonies (funérailles, mariages), alors que le khène et la guimbarde servent aux garçons dans leurs entreprises de séductions des filles. Les Hmông utilisent le khène suivant un système de codage extrêmement complexe qui rend le décryptage de ce langage musical accessible aux seuls initiés.

La danse, exécutée par le musicien lui-même accompagne le morceau de musique joué avec le khène. La danse exécutée dans certaines circonstances peut poursuivre un but bien précis. Certains morceaux joués sur le khène lors des funérailles expliquent à l’âme du défunt le chemin à suivre pour se rendre dans le monde des morts. Le musicien-danseur prend cependant soin de dissimuler le chemin du retour vers le monde des vivants. Dans ces passages, la danse se caractérise par de nombreux changements de direction, afin de bien brouiller les pistes !


7. Société.
      
La société hmông se caractérise par une grande solidarité entre les membres d’une même lignée et entre villageois. De tout temps, ils ont manifesté un grand attachement à leur indépendance, à leur identité culturelle, à cette solidarité familiale et clanique. Les changements qui leur sont proposés, (de même que la scolarisation des enfants) sont envisagés avec la plus grande prudence : ils savent que des évolutions trop brusques, que la perte de leurs traditions peuvent causer des graves désordres sociaux et conduire les plus jeunes à la consommation précoce d’opium.
Même très éloignés ou séparés par une frontière nationale, les Hmông d’une même lignée maintiennent des relations et une solidarité très forte. La communauté villageoise établit des conventions qui sont respectées et défendues par ses membres et dont les violations sont sévèrement punies. Chaque année, ces conventions sont discutées et complétées à l’occasion de la cérémonie de culte du génie tutélaire. Un repas collectif appelé nào sông clôture cette cérémonie qui, aux yeux des villageois scelle les amendements en présence des génies.

 
8. Religion, croyances et cérémonies.
        
Le bouddhisme, le confucianisme et le taoïsme ont laissé des traces dans les croyances religieuses des Hmông. Au début du 20ème siècle, des missionnaires catholiques ont essayé d’évangéliser les Hmông. Quelques églises ont été construites (Sa Pa, Nghia Lô). Les Hmông ont résisté à ces pressions et influences extérieures et sont restés très attachés à leurs croyances qui rassemblent le culte des ancêtres, des esprits des objets animés et inanimés (ciel, vent, eau, arbre, animaux, etc.) Dans chaque maison, il y a un endroit réservé à la prière et aux offrandes.

Le chaman, dont la fonction est héréditaire, a le pouvoir de se mettre en contact avec les esprits. Son rôle diminue probablement dans le domaine médical du fait de la création de centres de soins, mais il est toujours consulté dans les rites funéraires et agraires.

Pour les Hmông, l’être humain est privilégié puisqu’il possède trois âmes : l’une reste avec le défunt et retourne à la terre comme son corps; la deuxième part pour le grand voyage de l’au-delà ; la troisième est soumise au cycle de la réincarnation.

Dans certaines familles, la veille du têt (fête du nouvel an), on sacrifie un poulet. Des plumes mélangées au sang du poulet sont collées sur un papier accroché au mur face à la porte d’entrée de la maison. Ce papier protège la maison pour l’année et sert d’autel.


9. Vêtements traditionnels.

Les  Hmông se confectionnent leurs vêtements en chanvre ou en coton qu’ils tissent eux-mêmes et qu’ils teignent à l'indigo. Ils se distinguent entre eux par la couleur de leurs costumes et leurs coiffures : il y a des Hmông blanc, noir, vert, rouge et fleuris.

Les femmes portent une ample jupe parfois plissée, qui descend sous les genoux, un plastron sur le dos, un tablier sur le devant recouvrant la jupe, une ceinture en tissu qui fait plusieurs fois le tour de la taille, nouée dans le dos, une chemise aux longues et larges manches, ouverte sur la poitrine, un cache seins.

Elles marchent souvent pieds nus, et recouvrent parfois leurs jambes de guêtres en tissu (pour se protéger des sangsues et de certaines plantes). Certains éléments de ce costume peuvent être décorés de tissages ou de broderies coloriées.

Les femmes hmôngs se parent de grands colliers, bracelets et boucles d’oreilles. Ces bijoux artisanaux souvent en argent sont fondus à partir de pièces de monnaie : anciennement les pièces françaises étaient appréciées ; actuellement, les Hmông utilisent des pièces thaïlandaises et indiennes.

Les hommes, parfois coiffés d’un béret arrondi en tissu brodé, portent des pantalons larges, noués à la ceinture, une veste à manches amples. Comme leurs compagnes, les hommes, de même que les enfants, aiment les colliers et les bracelets.

Les différents groupes et leur distinctions vestimentaires importantes:    
 
a/ Hmông blanc :
- jupe :tissu clair les jours de fête, jupe indigo (ou pantalon) au quotidien.
- coiffure : tête rasée, touffe au sommet du crane, turban.
  
b/ Hmông vert (ou Hmong rayé) :
- jupe : couleur indigo
- cheveux longs tombant sur les épaules, chignon après le mariage

c/ Hmông noir :
- jupe : Couleur indigo ou noire
- coiffure : cheveux longs, turban
  
d/ Hmông rouge :
- jupe : Couleur indigo, broderies
- cheveux longs, pris dans une coiffe avec des pompons rouges
  
e/ Hmông fleuris :
- jupe: couleur indigo, broderies
- cheveux longs mêlés à des cheveux postiches, foulards de couleur rouge ou verte
 


11. Habitat.
        
La maison hmông est rudimentaire : elle est entièrement construite en matériaux d’origine végétale (bois, bambou, chaume) le sol est en terre battue. Il n’y a ni fenêtre, ni cheminée, ni cloison intérieure. L’autel des ancêtres est installé dans la travée centrale ; les deux travées latérales servent de cuisine et de chambre à coucher.

Le voisinage d’autres ethnies (Tày ou Dao) incite parfois les Hmông à construire sur pilotis. L'absence de fenêtre fait que l’espace intérieur est sombre et enfumé.

La cuisine se résume en un foyer (parfois deux) entretenu à même le sol, entouré de quelques ustensiles. La fumée s’échappe par une ouverture aménagée dans le pignon ou à travers la couche végétale du toit.


La situation actuelle des Hmong au Vietnam.

Souvent arrivés les derniers dans les zones montagneuses, les Hmông occupent surtout des territoires difficilement cultivables qui sont chroniquement insuffisants pour nourrir les populations locales. Le problème est aggravé par la politique du gouvernement qui favorise l’implantation des Kinh (c’est à dire les Vietnamiens de l’ethnie majoritaire qui représentent à eux seul 85% de la population du pays) dans ces zones.

A certains endroits touristiques, les Hmông ont développé un commerce d’artisanat de vêtements, bijoux, souvenirs, etc. Des Kinh implantés n’hésitent pas à ouvrir des boutiques proposant ces mêmes objets, ce qui prive les Hmông d’une possibilité de revenus supplémentaires bien utile.

Les campagnes de limitation des naissances sont peu efficaces ; la scolarisation des enfants se heurte à la méfiance des Hmông par rapport aux changements.

L’introduction de nouvelles méthodes de culture n’est pas aisée (l’utilisation du compost et du fumier est difficile à faire admettre). Face à cette résistance, les autorités ont parfois tendance à considérer les Hmông comme de mauvais élèves par rapport à leur entreprise de vietnamisation. Une tension perceptible à certains moments existe entre les deux communautés.


Photos:

1/ un village Hmông noirs près de Sa Pa.

2/ Des Hmông noirs près de Sa Pa.

3/ De jeunes Hmông noirs à Lao Cai. notez les colliers repoussant les mauvais esprits.

4/ Un village Hmông noir près de Mai Chau.

5/ Des Hmong noirs préparant un futur brûlis.

6/ Une jeune fille Hmông noir près de Mai Chau.
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Manu (de Chiang Mai)

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Re : Les Hmong: Thailande - Laos - Vietnam
« Réponse #13 le: octobre 07, 2009, 06:31:54 pm »


Photos Hmông du Vietnam (suite):

1/ vieille femme Hmông Fleuri fumant une pipe à eau sur un marché près de Lai Chau.

2/ Femmes Hmông fleuris.

3/ Femmes Hmông fleuri avec son bébé.

4/ Femme Hmông rayé et sa fille.

5/ Jeune femme Hmông rayé et son célèbre chignon.
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PHILGOOD

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Re : Les Hmong: Thailande - Laos - Vietnam
« Réponse #14 le: octobre 08, 2009, 12:23:07 am »

Encore de très belles Photos, Merci Manu !...
Amicalement,
Philgood... :smile
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Rugby15

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Re : Les Hmong: Thailande - Laos - Vietnam
« Réponse #15 le: octobre 08, 2009, 01:03:45 pm »

Vache, quel reportage. Thanks, Manu. Si t'en a d'autres du genre.  :clap
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Re : Les Hmong: Thailande - Laos - Vietnam
« Réponse #16 le: octobre 08, 2009, 06:46:27 pm »


super intéressant et très complet, Manu, ce reportage sur les Hmong, bravo  :smile
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Bip Bip

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Re : Les Hmong: Thailande - Laos - Vietnam
« Réponse #17 le: octobre 08, 2009, 08:12:40 pm »

J'appécie beaucoup le hors sujet sur le Vietnam. Manu, n'hésite à en faire d'autres pour notre plus grand plaisir.  :smile
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Rugby15

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Re : Les Hmong: Thailande - Laos - Vietnam
« Réponse #18 le: octobre 09, 2009, 02:47:35 pm »

En vla une compagnie où j'aurais bien signé  8)

Air America

Lorsque Mao Zedong commença à menacer les forces du Kuomintang, aprés la fin de la seconde guerre sino-japonaise, le général américain Claire Lee Chennault, créateur des Tigres volants, retourna en Chine pour y fonder la Civil Air Transport (Le transport, du latin trans, au-delà, et portare, porter, est le fait de porter quelque chose, ou quelqu'un, d'un lieu...) (CAT), une compagnie aérienne (Une compagnie aérienne est une entreprise de Transport aérien : passagers ou fret.) commerciale en 1946.

Missions

Les pilotes de la CAT avaient pour mission de ravitailler les communautés chinoises prises dans la tourmente de la guerre civile chinoise. Après la victoire du Parti communiste chinois en 1949, la CAT partit s’installer à Taiwan.

Avec l’engagement des États-Unis en Asie du Sud-Est, la CIA chercha une compagnie aérienne susceptible d’effectuer des transports pour elle. Chennault offrit ses services, mais la CIA ne contrôla jamais totalement sa compagnie.

Air America était une filiale de la CAT crée en 1950, une « propriété » de la CIA, qui allait bientôt opérer dans 11 pays (Pays vient du latin pagus qui désignait une subdivision territoriale et tribale d'étendue restreinte (de l'ordre de...) et employer 6 000 personnes. Elle était cependant gérée comme une entreprise commerciale civile.

Sa devise était : « N’importe quoi, n’importe quand, n’importe où, en professionnels  »

Elle joua un rôle important sur toute l’Indochine durant toute la guerre du Vietnam.

Au début des années 1960, aucune force (Le mot force peut désigner un pouvoir mécanique sur les choses, et aussi, métaphoriquement, un pouvoir de la volonté ou...) terrestre américaine n’étant autorisée à pénétrer au Laos, la CIA utilisa les talents des pilotes d’Air America pour transporter et ravitailler les troupes irrégulières anticommunistes et les forces spéciales US..

Les pilotes étaient pour la plupart d’anciens de l’US Air Force et de l’US Marine Corps. A quelques exceptions près, ils avaient tous fait la Seconde Guerre mondiale ou la guerre de Corée. Leur salaire ne dépassait pas les 12 000 dollars US par an, mais ils recevaient des primes pour les missions les plus dangereuses.

Contrairement à leurs collègues militaires, ils n’étaient pas tenus d’obéir aux règles habituelles de sécurité et il leur arrivait souvent de voler jusqu'à 10 heures (L'heure est une unité de mesure) par jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux...) sans contrôle (Le mot contrôle peut avoir plusieurs sens. Il peut être employé comme synonyme d'examen, de vérification et de maîtrise.) aérien.

L’agence américaine d’aide au développement international utilisa elle aussi Air America pour le soutien logistique (La logistique est une activité de services qui a pour objet de gérer les flux de matières en mettant à disposition et...) de son programme d’éducation et d’aide médicale aux Méos.

Les hélicoptères d’Air America ont participé activement à l’évacuation de Saigon en 1975.

L'entreprise fut officiellement dissoute le 30 juin 1976. 87 membres de cette compagnie sont morts en mission durant son existence.
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Manu (de Chiang Mai)

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Re : Les Hmong: Thailande - Laos - Vietnam
« Réponse #19 le: octobre 09, 2009, 03:15:21 pm »


Air America au Laos, c'était une vraie légende...

La compagnie Air America créée par La CIA était stationné à la base de Long Tieng (dans la province de Xiangkhouang) où se trouvait également le quartier général du général Vang Pao et de l'Armée Hmong.

D'après les témoignages de ceux qui l'ont connu, cette ville avait un cachet incroyable. Tenant à la fois du marché montagnard et de la base militaire, les pilotes de la CIA, les guerrilleros Hmong, les minoritaires s'y cottoyaient jouant avec la mort, menant des raids sur les bases arrières des communistes, trafficant l'opium et les armes, profitant du charme des filles...

La base fut évacuée en Février 1975...

...

Quelques photos de Long Tieng prises entre 1969 et 1975...
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Manu (de Chiang Mai)

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Re : Les Hmong: Thailande - Laos - Vietnam
« Réponse #20 le: octobre 09, 2009, 09:41:01 pm »


Pour ceux qui veulent creuser le sujet, le très bon bouquin de Cyril Payen: "Laos, la guerre oubliée" aux éditions Robert Laffont...


Laos, la guerre oubliée.


Dans son dernier ouvrage, le journaliste français Cyril Payen étale au grand jour la dramatique situation des Hmongs du Laos, anciens alliés de la France et des Etats-Unis, laissés pour compte de l’histoire, réduits au dénuement et à la répression de Ventiane. Un livre bouleversant

"Payen, ton livre me brise". La préface du grand réalisateur Pierre Schoendoerffer, résume bien le sentiment ressenti à la fin de la lecture du dernier ouvrage publié par Cyril Payen, Laos, la guerre oubliée. Le grand reporter français installé à Bangkok met en effet au grand jour l’incroyable situation des Hmongs du Laos, terribles victimes de l’Histoire, laissés aux oubliettes par le ban des nations, chassés, humiliés et affamés par le régime actuel de Ventiane.

Les Hmongs, ces peuples des montagnes originaires de Chine, installés dans la région depuis des siècles, ont toujours été rejetés par les gens des plaines. Aussi, virent-ils une chance d’émancipation dans leur soutien à la France lors de la guerre d’Indochine, puis aux Etats-Unis, comme base arrière de la CIA lors de la guerre du Vietnam.

Las, leur erreur originelle a scellé leur sort, et maudit leur descendance. Car, depuis 1975, leurs enfants paient au prix fort les errements de l’histoire et l’oubli de leurs anciens alliés. Pire, plus de trente ans après, leur silencieux calvaire n’est pas prêt de s’achever.

La honte de l’oubli.

En prenant le risque de s’introduire clandestinement au Laos en 2006, Cyril Payen et son confrère Grégoire Deniau, sont allés à la rencontre des Hmongs. Ils y ont découvert un peuple réduit au dénuement le plus absolu, affamé, malade, apeuré, épuisé par une incessante planque pour éviter la chasse menée par le gouvernement laotien qui les présente pourtant comme une dangereuse guérilla afin de mieux s’en débarrasser pour mener à bien ses projets énergétiques !

Mais, finalement, plus que l’affreuse misère décrite par le journaliste, c’est bien la honte qui colle aux pages du livre. La honte pour la France et le monde civilisé d’avoir utilisé, broyé, puis oublié pour toujours ses anciens combattants d’Asie. L’absence de toute aide concrète des Nations Unies ou des ONG dénoncée dans l’ouvrage est à ce titre implacable.

Avec ce voyage et ce témoignage, Cyril Payen a fait courageusement acte de mémoire. L’homme il est vrai avait un compte à régler avec son propre passé. Au Laos, remontant à contre-courant l’histoire contemporaine, le reporter a également touché la source de son histoire familiale. Un livre bouleversant.

Hervé HEYRAUD. (www.lepetitjournal.com)

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Re : Les Hmong: Thailande - Laos - Vietnam
« Réponse #21 le: octobre 13, 2009, 11:46:31 am »

Un SAS peut-être, mais un livre plus que réaliste sur la préparation secrète du retour du General Vang Pao au Laos pour la reprise du pouvoir jusqu'à son échec. Dans le livre on retrouve des noms de ville comme Udonthani, Kut Chap, Nongkhai, Vientiane, la plaine des jarres etc.. SAS de 2008. Le nom des personnages ont étaient quelque peu modifiés.

Retour à Shangri-la :
 L’épilogue d’une guerre secrète au Laos commencée il y a trente ans.


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Re : Les Hmong: Thailande - Laos - Vietnam
« Réponse #22 le: novembre 07, 2009, 06:40:39 am »


Tu l'as lu ce SAS, Letirailleur... Bien ou pas ?...

On peut toujours médire sur la qualité d'écriture des SAS en général mais il faut reconnaitre qu'ils sont toujours particulièrement bien documentés !
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letirailleur

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Re : Les Hmong: Thailande - Laos - Vietnam
« Réponse #23 le: novembre 07, 2009, 09:14:02 am »

Oui, je lai lu
Il est pas mal .
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Manu (de Chiang Mai)

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Re : Les Hmong: Thailande - Laos - Vietnam
« Réponse #24 le: novembre 22, 2009, 10:08:04 am »


Le plus hallucinant, c'est de se dire que la guerre s'est finit en 1975, il y a 34 ans !!!... Et que tous les problèmes ne sont pas résolus !...

 :-X
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