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Auteur Sujet: Les Minorités ethniques de Thaïlande... et d'Asie.  (Lu 137483 fois)

Manu de Chiang Mai

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Re : Les Minorités ethniques de Thaïlande... et d'Asie.
« Réponse #225 le: janvier 27, 2017, 12:19:24 pm »


Les Maniq

Sur Ushuaïa TV, diffusion du documentaire "Nous resterons en forêt" le Vendredi 27 janvier à 1h10, et le mercredi 8 février à 7h45

Au cœur de la forêt de la brume, en Thaïlande du Sud, survit l’une des dernières ethnies, nomades-chasseurs-cueilleurs, de notre planète : les Maniq.
Deux cents «êtres humains» comme ils se nomment, déterminés à ne pas disparaitre.

Méprisés, discriminés, isolés dans leur territoire sanctuaire et cernés par des plantations d’hévéa nourries aux herbicides, les Maniq veulent simplement continuer à vivre dans leur forêt ancestrale.

François-Xavier Pelletier, ethnologue, connait les Maniq depuis 2006. Il a pu rencontrer tous les groupes.

Une enquête de terrain exceptionnelle, en conditions extrêmes, qui va révéler comment les Maniq résistent et s’adaptent, sans perdre leur âme connectée totalement à la Nature qui régit leur vie libre, solidaire et lumineuse.

Documentaire de 52 minutes
Réalisation : Catherine Lacroix et François-Xavier Pelletier
Une co-production Tandem Image et TV Tours Val de Loire
Avec la participation d’Ushuaia TV et du Centre National du Cinéma et de l'Image Animée

Extraits et interview du réalisateur
www.youtube.com/watch?v=e-gv27iJiek&t=50s
www.youtube.com/watch?v=BmHqB1Uw-24
www.youtube.com/watch?v=rKh_-gEGXt4
www.youtube.com/watch?v=ETGad_eqsZM&t=64s
www.youtube.com/watch?v=MJGacmV1ghY

Plus d’infos : www.hommenature.com
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Manu de Chiang Mai

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Re : Les Minorités ethniques de Thaïlande... et d'Asie.
« Réponse #226 le: février 20, 2017, 08:34:35 am »


Kayah (aussi appelé Karen rouge ou Karenni "grandes oreilles") - Village de Ban Nana Pao (Triangle d'Or - Thaïlande du nord).

Ma photo sur Facebook : https://www.facebook.com/photo.php?fbid=10155092012414066&set=a.10151863730624066.1073741827.741404065&type=3&theater
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Manu de Chiang Mai

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Re : Les Minorités ethniques de Thaïlande... et d'Asie.
« Réponse #227 le: mars 02, 2017, 08:13:59 am »


Vieux couple Palaung... 150 ans à eux deux... - Village de Ban Padaeng Nai - Chiang Dao

Ma photo sur Facebook : https://www.facebook.com/photo.php?fbid=10155120141734066&set=gm.1167515786700920&type=3&theater
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Re : Les Minorités ethniques de Thaïlande... et d'Asie.
« Réponse #228 le: mars 02, 2017, 12:52:01 pm »


Vieux couple Palaung... 150 ans à eux deux... - Village de Ban Padaeng Nai - Chiang Dao

Ma photo sur Facebook : https://www.facebook.com/photo.php?fbid=10155120141734066&set=gm.1167515786700920&type=3&theater




tout à fait extraordinaire cette photo...   :clap
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Manu de Chiang Mai

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Re : Les Minorités ethniques de Thaïlande... et d'Asie.
« Réponse #229 le: septembre 16, 2017, 08:36:53 am »


Moken : le peuple de la mer dorénavant menacé, vidéo

3000 personnes forment le peuple des Moken, surnommé peuple de la mer. Domicilié entre Birmanie et la Thaïlande, il est aujourd'hui menacé par l'industrie du tourisme et le pêche intensive dans ces régions.

Connus pour avoir développé une vision aquatique similaire à celle des dauphins, les fascinants Moken vivent "sur la mer et de la mer", selon les mots de Narumon Arunotai, anthropologue thaïlandaise. Ils ont également donné leur nom à une marque de lunettes de soleil hossegorienne, "Moken Vision".

 
Mal de terre

Les Moken ont développé un "attachement spirituel envers la mer, depuis l’enfance", explique l’anthropologue. Cette dernière a en effet pu, lors de ses observations, voir les enfants "jouer dans l’eau toute la journée."

Peuple considéré comme insaisissable car toujours en déplacement, ils ne vivaient autrefois que sur des bateaux, certains allant même jusqu’à déclarer que rester plus d’une heure sur la terre ferme les rendait malades.

 
Sédentarisation contrainte

Le chef du village, le regard perçant, livre son sentiment déconcerté sur notre époque. "Quand on était jeunes, un homme pouvait facilement faire vivre toute une famille", décrit-il avec nostalgie. "Maintenant, tout le monde doit travailler pour survivre, et parfois, ça ne suffit même pas."

Et pour cause, leur mode de vie est aujourd’hui menacé par la surpêche, la pollution des eaux et l’urbanisation. Dans cette région au potentiel touristique tellement élevé, certains promoteurs immobiliers tentent de les déloger. "Je veux que la justice nous aide. Je vivais ici en premier", déclare l’un d’eux, la tête froide.


La vidéo : http://www.francetvinfo.fr/monde/moken-en-birmanie-le-peuple-de-la-mer-dorenavant-menace_2372241.html
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Re : Les Minorités ethniques de Thaïlande... et d'Asie.
« Réponse #230 le: septembre 18, 2017, 05:49:34 pm »


548 jeunes apatrides obtiennent leur citoyenneté thaïlandaise !

Le cas de ces apatrides se rapprochent finalement de celui des Rohingyas en Birmanie. Il s'agit d’ethnies qui se trouvent depuis des générations et des générations en Thaïlande et à qui les Thaïlandais ont toujours refusé la citoyenneté... jusqu'à ce que certaines dispositions le permettent.

548 étudiants autrefois « apatrides », nés de minorités ethniques ou de personnes déplacées résidant en Thaïlande avant 1999, ont reçu la citoyenneté lors d'une cérémonie présidée par Grisada Boonrach, du ministère de l'Intérieur le 12 septembre. Grisada a donné à chaque élève sa Carte d'identité nationale .

La cérémonie s'est déroulée à Mae Hong Son et a eu lieu suite à une décision du conseil des ministres concernant ces 548 jeunes qui répondent aux critères exigés : des enfants nés en Thaïlande de parents apatrides résidant dans le pays depuis au moins 15 ans.

Le gouvernement a créé un "chemin vers la nationalité thaïlandaise" pour les personnes nées en Thaïlande de groupes ethniques ou de personnes déplacées qui ont longtemps résidé en Thaïlande. L'approche serait conforme aux lois sur la nationalité thaïlandaise et aux lois internationales relatives aux droits de l'homme.

Grisada a parlé des droits et devoirs, des obligations juridiques et morales. Il a également encouragé ces étudiants à se consacrer aux études et à utiliser l'éducation pour aider la Thaïlande.

Lors de la cérémonie, ces nouveaux citoyens ont prêté serment de citoyenneté thaïlandaise devant un portrait de Sa Majesté le Roi Maha Vajiralongkorn Bodindradebayavarangkun et ont chanté l'hymne national pour exprimer leur fidélité à la Thaïlande et au monarque.


Les ONG ont assisté à la cérémonie.

La convention sur les droits de l'enfant assure que tout enfant a droit à une nationalité. La Thaïlande a mis du temps à signer cette convention mais l'a fait. Ces enfants nés en Thaïlande étudient le thaï dans des écoles thaïlandaises depuis leur plus jeune âge.

 
http://www.nationmultimedia.com/detail/national/30326913
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Manu de Chiang Mai

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Re : Les Minorités ethniques de Thaïlande... et d'Asie.
« Réponse #231 le: octobre 21, 2017, 08:01:41 am »


Les ethnies minoritaires du Laos aujourd'hui

Une petire vidéo réalisée par un amateur mais très intéressante (même si la bande son aurait pu être plus discrète et mieux adaptée - on constate que le monteur ne parle pas le laotien !) pour se faire une idée de la vie des minoritées ethniques du Laos de nos jours...

https://www.youtube.com/watch?v=6SgYNwsFjHE&feature=share

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Manu de Chiang Mai

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Re : Les Minorités ethniques de Thaïlande... et d'Asie.
« Réponse #232 le: novembre 09, 2017, 08:20:51 am »


Pour en finir une fois pour toutes avec les légendes véhiculées sur les Padong ("Femmes girafes").

Suite à une discussion « très animée » que je viens d’avoir sur une page Facebook peuplée de pseudo-intellectuels qui hélas, brillaient plus par leur inculture et leur obstination que par leur esprit de synthèse et d’analyse, je voudrais évoquer ici, auprès de mes amis, le cas du peuple Padong (dont les membres féminins sont couramment appelés « femmes girafes » par les Occidentaux) et définitivement tordre le cou à toute une série de mythes et légendes absurdes véhiculés à leur sujet en Occident.

En préambule, je souhaite rappeler que je suis le seul Français qui étudie les Padong de manière continue depuis 20 ans (un chapitre complet de mon prochain livre « Les tribus montagnardes de Thaïlande » leur sera d’ailleurs consacré). Je compte de nombreux amis dans cette population et discute régulièrement avec ces derniers.


A – PRESENTATION :

Les Padong sont un peuple originaire de Birmanie (30 000 individus vivent dans l’Etat de Kayah, nommé Etat Karenni avant 1947). Environ 500 Padong se sont réfugiés en Thaïlande à partir de 1988, chassés par les combats qui se déroulaient au Myanmar entre la junte militaire et les minorités ethnique de l'Est. De nos jours, environ 300 Padong vivent encore dans le Royaume, un grand nombre d'entre eux étant rentrés au Myanmar ou ayant été envoyés par des ONG en Australie, en Nouvelle Zélande et aux USA.


B – MYTHES ET LEGENDES A OUBLIER DEFINITIVEMENT :

1/ Le port du célèbre collier de cuivre nommé Zu Ka Baw (prononcer "Djou Ka Bo") n'est pas obligatoire chez les Padong. Les femmes sont laissées libres de le porter ou de ne pas le porter ! (notez qu’en Birmanie, de très nombreuses Padong ont abandonné le port du collier lors de leur conversion au christianisme à partir de 1850. De nos jours, l’incompatibilité de ce bijou avec le monde moderne a encore accentué son abandon par de nombreux individus).

2/ Un collier de cuivre se retire en 5 minutes et se fixe autour du cou en 10 à 15 minutes ! Les femmes Padong l’ôtent d’ailleurs de façon plus ou moins régulière en fonction de leurs occupations. Au village de Ban Nai Soi par exemple, certaines fillettes ne portent pas leur collier en semaine à l'école et ne le mettent que samedi et le dimanche en famille.

3/ Les femmes Padong ne meurent pas lorsqu’elles retirent leur collier ! Comme je l'ai dit ci-dessus, elles l'ôtent assez régulièrement !

4/ Une majorité des femmes Padong que j'ai interrogé m'ont avoué ne pas souffrir en portant le collier de cuivre (certaines ont ajouté qu'elles avaient ressenti une certaine gène les premiers mois mais que celle-ci avait disparu avec le temps). Plusieurs d'entre-elles mettent une pièce de tissu sous leur menton pour éviter que celui ne frotte sur le dernier anneau. Certaines Padong (en général celles qui portent les colliers les plus longs), m'ont parfois affirmé ressentir une douleur au niveau des clavicules à cause du poids de l'objet (quelques unes présentaient des ématomes) mais presque toutes dans ce cas ont pris la décision de retirer leur collier de façon temporaire ou définitive. Il arrive enfin que les petites filles de 4 ou 5 ans subissent une véritable gêne lors de la pose de leur premier collier (en particulier pour dormir). Le collier est alors retiré.

5/ Le cou des Padong portant un collier de cuivre ne s’allonge pas (on ne peut effectivement pas étirer une colonne vertébrale). Le seul effet physique notable est un léger et progressif affaissement des clavicules qui a été constaté sur des radiographies médicales et qui ne concerne que les femmes portant les plus grands et lourds colliers (elles sont minoritaires en Thaïlande, plus nombreuses en Birmanie).

6/ La majorité des colliers de cuivre Padong pèse entre 1 et 3 kilos. Les colliers les plus lourds (4 et 5 kilos) sont très rares en Thaïlande et ne sont portés que par 5 % des femmes (ces dernières ont toutes plus de 35 ans).

7/ La théorie voulant que les maris des femmes Padong infidèles feraient mourir leur épouse en leur retirant leur collier est stupide et totalement sans fondement (comme je l’ai dit précédemment, les Padong retirent leur collier en 5 minutes ! Elles le font assez régulièrement !)

8/ De nos jours, les femmes Padong ne subissent aucune pression de la part de leurs époux quant au port du collier (la pression sociale étant à n’en point douter plus forte dans le passé). Les nombreux hommes de moins de 30 ans que j’ai interrogé ces dernières années penchent d’ailleurs pour l’abandon de cette tradition. Ils trouvent leurs épouses plus jolies sans le collier (on a pu constater le même phénomène il y a quelques décennies dans plusieurs ethnies minoritaires avec la chique de la noix d’arec et du bétel qui noircissait les dents des femmes).
Pour information :
- Le village de Ban Nai Soi où vivent 40 Padong ne compte que 7 femmes portant encore le collier de cuivre Zu Ka Baw.
- Le village de Ban Nam Pang Ding où vivent 120 Padong compte 20 femmes portant encore le collier de cuivre Zu Ka Baw.
- Le village de Ban Huay Sua Tao où vivent 100 Padong compte 18 femmes portant encore le collier de cuivre Zu Ka Baw.
- Le village de Ban Nana Pao où vivent 46 Padong compte 14 femmes et adolescentes portant encore le collier de cuivre Zu Ka Baw.

9/ Le tourisme auprès des Padong débute en 1995 en Thaïlande et durant la décennie 2000 en Birmanie. il n'a strictement rien à voir avec l'origine du port du collier Zu Ka Baw (celui-ci serait porté par les Kayan depuis 1070 après J.-C.). Les femmes Padong sont par contre conscientes de l'attrait des étrangers pour leur collier et savent se mettre en valeur afin d'en tirer des gains substanciels.

10/ La Thaïlande ne compte que 4 villages Padong (trois près de Mae Hong Son et un près de Thaton) ainsi que deux petits hameaux proche de Chiang Mai  regroupant environ 300 Padong dont un peu plus de la moitié sont des enfants. Entre 60 et 70 femmes et enfants en tout sont directement concernés par le commerce avec les touristes. Toutes les femmes Padong que j’ai interrogé récemment et à qui je demandais pourquoi elles ne rentraient pas au Myanmar (les combats étant terminés et le régime politique s’assouplissant depuis 2010) m’ont avoué vouloir demeurer en Thaïlande car elles gagnent beaucoup plus d’argent avec les touristes que chez elles (entre 150 et 250 euros par mois alors que le salaire d’un ouvrier agricole birman ne dépasse pas 50 euros) et qu’il est plus facile de tisser des écharpes et de vendre des objets artisanaux que de travailler dans les champs !...

11/ Les Padong ne sont prisonniers de personnes et les agences de voyages n'ont aucun contrôle sur eux !...Les frontières étant ouvertes à nouveau entre la Thaïlande et le Myanmar, elles rentrent parfois chez elles quelques jours et envoient de l’argent aux membres de leurs familles demeurés au Myanmar. Lors de ma dernière visite à Ban Wat Nana Pao la semaine dernière, une de mes amies partaient pour trois semaines de vacances chez elle en Birmanie en compagnie de sa fille (étudiante qui ne porte pas le collier !). Elle avait d’ailleurs elle-même retiré son collier de cuivre pour voyager !...


C – NOM :

Ce sont les Shan qui donnèrent aux Padong leur nom actuel : « Yan pa daung » signifie en effet « Karen qui portent des colliers » en shan. Le nom a ensuite été contracté en « Padaung » puis occidentalisé en « Padong ».


D – ORIGINES DES PADONG :

Les Padong sont probablement originaires des hauts plateaux tibétains. Evoquée à plusieurs reprises dans des chroniques birmanes sous le nom de Kayan, cette ethnie semble être installée dans l’État de Kayah (connu sous le nom d’État Karenni avant 1947) depuis plus d’un millier d’années. Au XIIIe siècle, le voyageur italien Marco Polo les mentionne d’ailleurs dans son ouvrage le Livre des merveilles et évoque la présence de « femmes au long cou » habitant les collines proches de Pagan. Durant les siècles précédant la colonisation britannique de la Birmanie (1824-1948), les Kayan entretinrent des relations étroites avec les Shan, tout puissants dans la région, contre lesquels ils se révoltèrent d’ailleurs à plusieurs reprises. Néanmoins, il fallut attendre 1988 pour voir les premiers Padong quitter leur terre d’origine. Le durcissement du conflit entre la junte militaire birmane (SPDC) et les mouvements de guérilla Karenni, en entraînant la destruction de villages ainsi que de terribles exactions à l’encontre de la population, incita de nombreuses familles Padong, alors réfugiées dans la jungle, à entrer dans la province thaïlandaise de Mae Hong Son où les autorités locales leur permirent de bâtir trois villages. Alors qu’ils sont 30 000 individus en Birmanie, les Padong ne comptèrent cependant jamais plus de 500 membres sur le sol thaïlandais. Afin de satisfaire la curiosité des touristes, quelques dizaines d’entre eux sont aujourd’hui installés près de Thaton, de Mae Tang et de Chiang Mai. D’autres, assistés par des ONG occidentales, sont partis s’installer au État-Unis, en Australie et en Nouvelle-Zélande entre 2012 et 2015.


E – ORIGINES DU PORT DU COLLIER DE CUIVRE (je les explique avec beaucoup plus de détails dans mon prochain livre).

Le port du collier de cuivre Zu Ka Baw est une tradition très ancienne chez les Padong (il n'est pas apparu avec le tourisme, loin de là !!!...). Les plus anciennes chroniques Kayan avancent qu’il aurait été adopté en 1070 après J.-C. Plusieurs raisons peuvent être avancées pour expliquer cette tradition originale:

1/ Un vieux rite Kayan raconte ainsi que dans un lointain passé, des esprits en colère contre les hommes envoyèrent des tigres sur terre pour qu’ils dévorent toutes les femmes. Les anciens proposèrent alors à ces dernières de porter de longs colliers en cuivre afin que les fauves ne puissent pas les égorger lorsqu’elles se rendaient dans la jungle en quête de plantes et de racines comestibles.

2/ Une seconde légende, décrite dans la mythologie Kayan, met en valeur la beauté d’une divinité féminine appelée Ka Kwe Bu Pe la mère dragon, ancêtre primordial qui aurait donné naissance aux êtres humains. Elle explique que c’est pour ressembler à celle-ci et imiter la grâce de son cou élancé, que les femmes Padong auraient décidé de porter de si longs colliers.

3/ Une autre explication, plus « historique », nous apprend que le port de ce collier n’aurait eu pour but que celui d’enlaidir les femmes Padong. En les rendant moins attirantes aux yeux des hommes des autres tribus (en particulier des Kayaw, spécialisés dans la traite des esclaves), on évitait ainsi qu’elles ne soient enlevées lors des fréquentes guerres tribales qui avaient lieu dans le passé en Birmanie, puis revendues sur les marchés shans et birmans.

4/ Une dernière raison du port de ce collier serait de préserver les femmes Padong des mariages avec hommes n’appartenant pas à leur ethnie.

Voilà, j’espère que ces quelques infos vous seront utiles lors de vos prochaines discussions. N’hésitez pas à me poser des questions si vous en avez et surtout ne croyez-pas les idioties véhiculées sur le Net dans des articles écrits par des touristes ayant passé deux heures dans un village Padong ou s’étant contenté de recopier la copie de la copie de la copie d’un article (vous connaissez la fameuse communication des pots de yaourt !)…


PHOTOS :

1/ Peu de gens savent qu'une Padong ("Femme girafe") peut fixer un collier de cuivre au cou de sa fille en seulement dix minutes... et le retirer en moins de cinq !... (Village de Wat Ban Nana Pao - Triangle d'Or).

2/ Une femme Padong et sa fille au village de Ban Nana Pao (Thaïlande du nord). elles sont en partance pour la Birmanie et ont retiré leur collier pour prendre le bus.

3/ Jeune femme Padong (Village de Ban Naï Soï - Thaïlande du nord-ouest) se rendant au marché de Mae Hon Son. Elle a retiré son collier Zu Ka Baw et a revêtu des vêtements occidentaux.

4/ Femme Padong reconnaissable à ses pigments de tanaka en pointillé. elle ne porte pas son collier de cuivre (village de Ban Nana Pao - Thaïlande du nord).

5/ Femme Padong filant sans son collier Zu Ka Baw en cuivre (Village de Ban Naï Soï - Thaïlande du nord-ouest).
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Manu de Chiang Mai

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Re : Les Minorités ethniques de Thaïlande... et d'Asie.
« Réponse #233 le: septembre 09, 2018, 08:16:24 am »


Plus de 100 réfugiés chrétiens vietnamiens arrêtés en Thaïlande

181 réfugiés et demandeurs d'asile issus de minorités ethniques du Vietnam, pour la plupart chrétiens, ont été arrêtés près de Bangkok, capitale de la Thaïlande, le 28 août dernier.
 
Le 28 août, une vaste opération d'arrestations s'est tenue à quelques encablures de Bangkok. Un groupe de 181 réfugiés et demandeurs d'asile issus de minorités ethniques, dont beaucoup de chrétiens, ont été arrêtés. Accusés d'entrée ou de séjour illégal en vertu des articles 11, 62 et 81 de la loi thaïlandaise sur l'immigration, ils risquent l'expulsion ou des poursuites judiciaires.

Les arrestations ont eu lieu suite aux plaintes déposées par des résidents locaux thaïlandais.

Séparés de leurs parents, 50 enfants sont eux aussi détenus. Certains ont des problèmes de santé et ont besoin d'une assistance médicale.

La plupart des détenus sont des Montagnards, pour la plupart originaires des hauts plateaux du Vietnam qui feront face à de dures persécutions s'ils sont renvoyés au Vietnam.


Les Montagnards souffrent de discrimination

Les Montagnards sont discriminés en raison de leur appartenance ethnique et religieuse.

Depuis 2001, à cause de l'expropriation de leurs terres et des persécutions religieuses qu'ils subissent, des milliers de Montagnards ont fui le Vietnam pour demander l'asile dans les pays voisins. Mais il leur est difficile d'obtenir cet asile. Au Cambodge et en Thaïlande, leur statut de réfugiés n'est pas reconnu, car les deux pays ne sont pas signataires des différents traités internationaux qui se penchent sur la question du statut des réfugiés.


Pour la libération des réfugiés

Ces minorités sont harcelées de part et d'autre de la frontière. Selon Brad Adams, directeur de la Fédération des Droits de l'Homme en Asie, «la Thaïlande viole ses engagements internationaux en détenant plus de 50 enfants de réfugiés et de demandeurs d'asile. Leur statut de réfugiés des Nations Unies devrait faire en sorte qu'aucune de ces familles ne soit détenue." Il ajoute :

    « Les autorités thaïlandaises devraient les libérer immédiatement. »

Au Vietnam, 18ème dans l'Index Mondial de Persécution des Chrétiens, on peut payer de sa vie le fait de devenir chrétien. Pourtant, une nouvelle loi sur la croyance et la religion est entrée en vigueur le 1er janvier. Elle vise à fournir « une base juridique solide pour mieux garantir la liberté de croyance et de religion pour le peuple ».

Mais la Fédération Internationale des Ligues des Droits de l'Homme (FIDH) et le Comité pour la Défense des Droits de l'Homme au Vietnam (CDV) attestent que «depuis l'entrée en vigueur de la loi, les autorités ont de plus en plus harcelé les groupes non enregistrés, comme l’église bouddhiste unifiée du Vietnam Hòa Hảo, et certains groupes ethniques minoritaires dont les protestants».


Les Hmongs, autre minorité à majorité chrétienne persécutée au Vietnam

Le peuple Hmong, une autre minorité ethnique vietnamienne, subit aussi la persécution sous prétexte de préserver la «culture traditionnelle» du pays.

Ce groupe ethnique affiche une forte croissance du christianisme. Ils subissent des violences de la population ainsi que les restrictions du gouvernement qui surveille leurs églises et limite leurs activités religieuses.


https://fr.thaivisa.com/forum/topic/12592-plus-de-100-r%C3%A9fugi%C3%A9s-chr%C3%A9tiens-vietnamiens-arr%C3%AAt%C3%A9s-en-tha%C3%AFlande/
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Re : Les Minorités ethniques de Thaïlande... et d'Asie.
« Réponse #234 le: novembre 07, 2018, 11:23:45 pm »


Giving Tree : offrons un beau Noël aux enfants Karens de Thaïlande ! :clap


Comme chaque année le Giving Tree Project 2018 invite la communauté francophone de Thaïlande des cadeaux aux enfants des tribus Karens à offrir à l'occasion des fêtes de Noël.

Le projet : offrir un Noël aux enfants Karens avec l’aide précieuse de l’association Terres Karens, une association de loi de 1901 fondée et gérée par les anciens volontaires des villages envoyés par les Missionnaires des MEP présents dans la région depuis plus de 300 ans. (http://terres-karens.org)

Des volontaires de l’association Terres Karens qui vivent dans la région de Maesot ont mis en œuvre cette association. Ceux-ci travaillent au développement des villages Karens isolés du district de Maetan, à la frontière de la Birmanie. Ils épaulent les projets des Missions Etrangères de Paris, présentes en Thaïlande depuis 350 ans. 

Les volontaires identifient les besoins, recensent les enfants et accompagnent de multiples projets en faveur des Karens (atelier de tissage, de couture, micro crédit, formation...)

Les Karens de la région de Maesot sont citoyens thaïlandais. Leurs villages isolés les maintiennent à l’écart du développement et du dynamisme économique du pays.

Autrefois rejetés, ils s’intègrent peu à peu à la société thaïlandaise grâce à l’éducation.

C’est pourquoi les missionnaires secondés par de nombreuses ONG, en particulier Enfants du Mékong, ont eu à cœur de développer l’accès à l’éducation en construisant des écoles, des internats en villes proches des collèges et des lycées, d’une université pour permettre aux jeunes karens de poursuivre une scolarité normale.

La précarité de la vie dans les villages a suscité de nombreux projets de santé, d’éducation à l’hygiène, etc.

Aujourd’hui, pour tenter d’endiguer l’exode vers les villes, des projets économiques voient le jour.

La vie du village est rythmée par la culture du riz. Chacun travaille à la rizière pour assurer la substance de sa famille. Les savoirs faire traditionnels se perpétuent comme le tissage, la vannerie.

La vie rude des villages et la grande pauvreté n’entament pas la joie des Karens et leur légendaire hospitalité.

Le contenu de ce sac a 3 buts :

1.    Faire face au quotidien et rigueur de l’hiver en montagne (sweat chaud / Polaire / Anorak et un tee-shirt)

2.    Aider à la réussite scolaire (4 stylos, 4 crayons, gomme, règle, taille crayon, ciseaux et des crayons de couleurs, un livre en langue thaïlandaise)

3.    Offrir un vrai Noël : jeu ou autre (idée de cadeau donné par l’enfant lui-même)

Déroulement du projet :

•    Distribution des demandes de sacs auprès des familles du Lycée Français International de Bangkok, d’Acacia et de Bambi (mail envoyé aux familles afin de leur proposer de parrainer un ou plusieurs enfants) 
•    Distribution des sacs avec les fiches des élèves parrainés et leurs souhaits  Collecte des sacs dans les établissements  •    Organisation d’un grand événement réunissant tous les enfants des villages voisins de Maesot
Les enfants reçoivent leur sac et la magie de Noël opère !   

Devenir un donateur

Soutenez financièrement notre projet : nous avons besoin de sponsors pour l’achat des sacs et le transport des sacs jusqu’aux villages.  Votre logo sera visible tout au long du projet 

Devenir contributeur au fonctionnement

Pour que les sacs-cadeaux arrivent jusqu’aux enfants, nous avons besoin d’aide matérielle :
 - Transport des sacs  - Déplacement des volontaires dans les villages - Communication

Merci au nom de tous les enfants Karens de nous soutenir dans ce projet !

Vous pouvez nous contacter givingtreetk@gmail.com
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« Réponse #235 le: décembre 04, 2018, 07:53:54 am »


Carte de sécurité sociale spéciale pour les tribus de chasseurs-cueilleurs afin de bénéficier des soins

Pour contribuer à améliorer l'accès des personnes vulnérables aux soins de santé, Sakchai Kanchanawattana, du Bureau de la sécurité nationale de la santé (NHSO), a proposé que les tribus reçoivent une «carte d'or» leur permettant de bénéficier de services de santé dans n'importe quel établissement public.

Sakchai a déclaré qu'il soumettrait son plan au conseil d'administration de la NHSO.

Le plan vise la tribu Maniq ou «Sakai», l’une des dernières tribus de chasseurs-cueilleurs au monde, qui vit depuis des milliers d’années dans les forêts de la chaîne de montagnes Banthat à Yala, Narathiwat, Phatthalung, Trang et Satun. La population de l’unique groupe ethnique de Négritos en Thaïlande compte désormais 500 personnes.

Négrito n'est pas un terme péjoratif.

Le terme Négritos désigne des populations de petite taille, à peau noire et aux cheveux crépus, vivant dans trois zones géographiques du sud-est asiatique : les îles Andaman, la péninsule Malaise (laquelle est partagée entre la Malaisie, la Thaïlande et la Birmanie) et les Philippines.

La plupart ne savent pas parler thaï ou ne connaissent que quelques mots.

Sakchai s’est récemment rendu dans les communautés maniq de Songkhla et de Satun pour améliorer l’accès de cette tribu aux services de la NHSO. Il a précisé que 312 Maniq avaient obtenu une carte d'identité nationale et étaient inscrits au système de santé NHSO le 21 août.

Le NHSO souhaite mettre en œuvre la 4ème stratégie nationale de sécurité sanitaire (2017-2021), qui prévoit notamment de garantir une couverture sanitaire efficace aux groupes vulnérables, tels que les Maniq.

Normalement, les tribus se soignent en utilisant la sagesse ancestrale et des herbes traditionnelles, a déclaré Sakchai. Cependant, les herbes qu’elles utilisent sont de plus en plus difficiles à trouver en raison de la déforestation, ce qui oblige les tribus à demander à des amis du monde extérieur d’emmener les personnes gravement malades à l'hôpital.

Bien que les hôpitaux finissent par fournir des services gratuitement, cela pose des problème à tout le monde.

Cela a conduit l’administration provinciale du ministère de l’Intérieur et la NHSO à Songkhla à aider conjointement le peuple Maniq à obtenir la nationalité thaïlandaise afin qu’il puisse accéder au système de santé universel.

Sakchai a déclaré que malheureusement il leur sera difficile d'utiliser le système de santé normal (une personne bénéficiant des soins gratuits est attachée à un hôpital traitant), car les Maniq sont nomades et suivent la chaîne alimentaire saisonnière.

C'est pourquoi, a-t-il déclaré, les soins de santé devraient être dispensés dans tout établissement de santé public sans que le patient soit renvoyé vers son hôpital de référence. Il faudra délivrer à ces nomades une carte de sécurité sociale spéciale qui leur permette d'être soigné partout.

Cette proposition a déjà été approuvée par le bureau régional la NHSO et sera bientôt soumise à l’examen du conseil d’administration de la NHSO.



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