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Auteur Sujet: POLITIQUE et SOCIETE en Thaïlande.  (Lu 692944 fois)

Manu (de Chiang Mai)

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Re : Re : La POLITIQUE en Thaïlande.
« Réponse #675 le: juin 10, 2010, 08:37:25 am »


Des commissions d'enquête internationales sous l'égide de l'ONU  ne sont pas exceptionnelles.


Oui, en Somalie, au Rwanda, au Kosovo, dans des états sans gouvernement, mais surement pas dans des ETATS SOUVERRAINS !
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knom

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Re : La POLITIQUE en Thaïlande.
« Réponse #676 le: juin 11, 2010, 08:08:00 am »

«Afin de favoriser à long terme la réconciliation politique, j'exhorte le gouvernement à veiller à ce qu'une enquête indépendante sur les événements récents soit conduite et que tous les responsables avérés de violation des droits de l'homme rendent des comptes», avait déclaré déclaré Navi La haut commissaire de l'ONU aux droits de l'homme Pillay devant le Conseil des droits de l'homme.

C'était une proposition très intéressante pour savoir si des violations des droits de l'homme ou des exactions avaient été commises de part et d'autres.

Le gouvernement actuel s'y prend mal pour faire la lumière sur les faits.

Dommage tout cela ressortira un jour ou l'autre, déformé, amplifié.

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amjolianne

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Re : La POLITIQUE en Thaïlande.
« Réponse #677 le: juin 11, 2010, 01:05:44 pm »

Le problème c'est que tout est déjà manipulé. Actuellement on occulte toutes les exactions des rouges, exactions qui auraient déjà été sévèrement réprimée dans d'autres pays (je prends pour exemple l'invasion de la réunion de l'ASEAN à Pattaya durant laquelle il a fallu évacuer les personnalités et annuler le sommet). Sont venus ensuite les manifestations, les routes  bloquées, les quartiers assiégés, les magasins pillés et brulés, les militaires lynchés, les barricades dressées, les discours haineux ou révolutionnaires émis par tous les médias disponibles, les appels à la radicalisation et j'en passe des meilleures. Et au bout du compte, après des mois de patience, des négociations en direct, des exigences rouges grotesques sans cesse changeantes, des milliers d'emplois perdus, l'armée est intervenue. Opération bien menée car beaucoup d'experts craignait un bain de sang et quand on voit dans quelles conditions exceptionnelles les militaires ont du évoluer on ne peut que tirer son chapeau.
Perso j'en ai un peu marre de ces hypocrites qui nient l'évidence, qui manipulent les gens et les faits et tentent ensuite pour se faire passer pour d'innocentes victimes, pour des martyrs de la cause. Marre de ces médias qui continue à "glorifier" la cause rouge car c'est plus vendeur d'avoir un peuple opprimé face à une junte militaire sanguinaire. Marre de ces espaces clairement orienté : j'ai été faire un tour aujourd'hui sur la rubrique "revue de presse" du site franco-thaïlandais que certains connaissent ici pour en avoir été censurés et expulsés. Le principal intervenant "lek issan" y balance des extraits de presse glanés un peu partout et de préférence dans les rubriques "faits divers glauques de Pattaya" ou journaux clairement orientés "pro rouges" ou "pro thaksin". Des pages entières, lues régulièrement par des dizaines de personnes et qui, incroyablement, ne génèrent jamais aucun commentaire ou avis contradictoire.
Pour en revenir au problème de l'enquête je persiste à dire qu'il est impossible pour un gouvernement qui se respecte d'accepter des enquêteurs extérieures. Ce serait comme avouer que le système interne du pays n'est pas fiable. De plus il y a suffisamment de documents bancaires, photos et vidéos pour mettre en cause les principaux intéressés. Pour les morts cela va être très difficile à dire. La plupart sont morts par des armes militaires mais en Thaïlande beaucoup de ces armes circulent et peuvent se trouver entre toutes les mains.
Petite question pour terminer car je n'ai pas d'information là dessus. Concernant le mandat d'arrêt international pour terrorisme contre thaksin, celui ci est il maintenant en application ? Je sais que la demande a été faite à "interpol" et que ce sont les services juridiques internes et indépendants de cette police internationale qui décide si les accusations sont fondées ou pas en fonction des différentes preuves apportées par les demandeurs. Si le mandat d'arrêt international est confirmé, peut on imaginer que les preuves (qui sont soit disant inexistantes) sont bien réelles et fondées, ou du moins le sont elles suffisamment pour que les services juridiques d'"interpol" valident ce mandat d'arrêt ?
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Pierre

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Re : La POLITIQUE en Thaïlande.
« Réponse #678 le: juin 11, 2010, 01:46:12 pm »

Bonsoir Amjo,
On pourrait aussi se souvenir des jaunes qui ont bloqué le gouvernement
et bloqué le seul aéroport international et ils ne se sont pas génés pour tirer des coups de feu.
On pourrait se souvenir aussi du coup d'état avec des tanks dans la rue, ok sans mort, mais quand même.
J'espère de tout coeur que le gouvernement saura se souvenir qu'il faut faire des réformes sociales en urgence pour les plus pauvres et les fermiers, pour que tout cela ne recommence pâs en plus violent.
C'est mon voeu le plus cher. :o
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amjolianne

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Re : La POLITIQUE en Thaïlande.
« Réponse #679 le: juin 11, 2010, 04:38:22 pm »

On oublie pas Pierre et on était aussi parmi les premiers à condamner les actions des jaunes à l'époque. Si tu suis attentivement nos informations depuis le début tu auras constater que la majorité d'entre nous sommes contre la forme mais pas le fond. Beaucoup de revendications sont légitimes mais la façon de vouloir imposer sont point de vue est discutable et à ce mode d'expression ce sont actuellement les rouges qui ont remportés tous les "césars". Il y a quand même une différence entre des chars fleuris par la population et des centres commerciaux, banques et édifices publics mis à sac et brulés.
Pour ce qui est des réformes et des avancées sociales je crois au contraire que le gouvernement actuel est très productif et c'est peut être cela que craignent les opposants qui veulent garder cette abondante manne électorale du "pauvre peuple" brimé et spolié par les méchants intellectuels de la capitale. Si le premier ministre a le temps de faire ses preuves il a toutes les chances d'être élu démocratiquement
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Rugby15

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Re : La POLITIQUE en Thaïlande.
« Réponse #680 le: juin 11, 2010, 04:59:10 pm »

Je vois pas pourquoi le gouvernement actuel ferait moins bien que Thaksin qu'était super corrompu, qu'a fait flinguer 3000 personnes dans la lutte contre la drogue, qu'a déclenché la baston dans le sud et qui à part sa visite médicale a 30 bahts a jamais rien fait pour les paysans ! Et tout ça en 6 piges de mandat !  >:(
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DocTournesol

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Re : Re : La POLITIQUE en Thaïlande.
« Réponse #681 le: juin 12, 2010, 06:35:45 pm »


Et pendant ce temps là, Jatuporn Prompan, un des leaders rouges, s'est rendu hier à la cours de justice pour répondre des charges qui pèsent contre lui, dont une accusation de terrorisme... Plusieurs de ses suporters l'attendaient à l'entrée pour lui remettre des roses...


Une accusation pour terrorisme ne peut-elle pas conduire à une peine de mort en Thaïlande ? C'est difficile à imaginer pour des dirigeants de partis politiques aussi en vue, qu'en pensez-vous ?
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Manu (de Chiang Mai)

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Re : La POLITIQUE en Thaïlande.
« Réponse #682 le: juin 12, 2010, 07:46:45 pm »


Je serai très étonné qu'on en arrive là...

D'un coté, on peut penser que sans la libération des dirigeants rouges, il sera difficile d'entrevoir une réconciliation...

De l'autre, le gouvernement, en emprisonnant les leaders rouges les plus charismatiques, a décapité une partie du mouvement et il sait très bien que les libérer serait primo, montrer sa faiblesse, et secundo, redonner du sang neuf à l'opposition...
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Manu (de Chiang Mai)

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Re : La POLITIQUE en Thaïlande.
« Réponse #683 le: juin 14, 2010, 11:46:51 am »


Il est clair que les éléments extremistes de la fraction rouge ne veulent pas d'une réconciliation et ne souhaitent que la reprise des affrontements... Ils avaient déjà tout fait, lors de la crise, pour que la feuille de route d'Abhisit conduisant à des élections, soient repoussée...

Je reste néanmoins optimiste car la grande majorité du peuple thaïlandais ne désire que le retour au calme...
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Malco

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Re : Re : La POLITIQUE en Thaïlande.
« Réponse #684 le: juin 14, 2010, 12:05:26 pm »


Il est clair que les éléments extremistes de la fraction rouge ne veulent pas d'une réconciliation et ne souhaitent que la reprise des affrontements... Ils avaient déjà tout fait, lors de la crise, pour que la feuille de route d'Abhisit conduisant à des élections, soient repoussée...

Je reste néanmoins optimiste car la grande majorité du peuple thaïlandais ne désire que le retour au calme...



Je suis d'accord avec toi Manu , et c'est mieux ainsi que la majorité du peuple ne pense qu'au retour au calme .
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@+ Malco

Rugby15

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Re : La POLITIQUE en Thaïlande.
« Réponse #685 le: juin 16, 2010, 01:07:46 pm »


Les chefs rouges ont préché la violence, normal qui'ls payent maintenant !
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Manu (de Chiang Mai)

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Re : La POLITIQUE en Thaïlande.
« Réponse #686 le: juin 18, 2010, 01:35:58 pm »


Hier 17 juin 2010 s'est tenu à Bangkok un séminaire mettant en présence les membres du gouvernement ainsi que de nombreux acteurs économiques dans le but de déterminer quelles étaient les grandes réformes à mettre en oeuvre en Thaïlande afin de réduire les injustices et de permettre aux moins aisés d'améliorer leur niveau de vie...

Je pense qu'Abhisit, en homme intelligent qu'il est, a parfaitement compris le message fait passé par les classes sociales les plus défavorisées... J'espère qu'il mettra en oeuvre des réformes importantes et ne se contentera pasc comme Thaksin dans le passé, de mesures populistes aux effets limités dans le temps...
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knom

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Re : La POLITIQUE en Thaïlande.
« Réponse #687 le: juin 18, 2010, 06:12:41 pm »

Si Abhisit comprend enfin le message, la crise n'aura peut être pas servi à rien.

Mais si ce Monsieur se contente de paroles dans de beaux séminaires feutrés, ce sera re-belotte, plus tard.
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Manu (de Chiang Mai)

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Re : La POLITIQUE en Thaïlande.
« Réponse #688 le: juin 18, 2010, 06:39:18 pm »


Je ne sais pas... J'ai l'impression qu'Abhisit a envie de bien faire (pourquoi d'ailleurs en serait-il autrement ?)...

Le problème est qu'il y a beaucoup d'autres forces de pression que nous ne mesurons pas (nous ne sommes pas dans le secret des Dieux !): les militaires, les Royalistes, les Financiers, etc...

...
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PHILGOOD

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Re : La POLITIQUE en Thaïlande.
« Réponse #689 le: juin 18, 2010, 06:41:24 pm »

Perso, Abhisit m'inspire plus confiance et respect qu'n certain Thaksin ... Enfin moi c'que j'dis ...
Amicalement,
Philgood ...  :juju
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knom

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Re : Re : La POLITIQUE en Thaïlande.
« Réponse #690 le: juin 19, 2010, 08:49:21 am »


Le problème est qu'il y a beaucoup d'autres forces de pression que nous ne mesurons pas (nous ne sommes pas dans le secret des Dieux !): les militaires, les Royalistes, les Financiers, etc...


Très juste. En Thaïlande ce n'est jamais un seul homme qui décide, fût il chef du gouvernement.
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Manu (de Chiang Mai)

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Re : La POLITIQUE en Thaïlande.
« Réponse #691 le: juin 23, 2010, 09:19:12 am »


Hommage aux morts


Cette semaine, les Thaïlandais pro-rouges ont rendus hommage aux victimes des événements de Bangkok du mois dernier...

Le 19 juin 2010, quelques centaines de personnes se sont rendu au Wat Prathum Wanaram de Bangkok où avaient été tués 6 personnes, afin de déposer des offrandes (photos 1 et 2)...

Le 22 juin, le général Khattiya Sawasdipol, tué d'une balle dans la tête lors des combats urbains, a été incinéré devant plusieurs cetaines de partisnant... La Police avait déployé un millier d'homme pour éviter tout débordement (photos 3 et 4)...
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Manu (de Chiang Mai)

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Re : La POLITIQUE en Thaïlande.
« Réponse #692 le: juin 26, 2010, 10:17:30 am »


Un excellent texte écrit par Denys Tellier (30 ans de Thaïlande !)... Son analyse est exactement celle que je fais depuis le début, preuve que nous sommes plusieurs spécialistes à envisager le problème sous un autre visage que cette tragédie pacifico-populiste qu'on voulu nous servir pas mal de journalistes en mal de scoop, ces dernières semaines...


La Thaïlande face à ses défis !


Le premier ministre actuel, contrairement à ce que certains dans la presse mondiale ont prétendu est à ce poste en toute légalité, élu par une coalition parlementaire avec l’appui  des voix de parlementaires ayant retourné leur veste (anciennement pro-Thaksin). Il n’est en aucun cas le « bénéficiaire » du coup d’état, puisque deux ministres pro-Thaksin l’ont précédé depuis le retour de l’armée dans ses casernes.

Abhisit est un premier ministre à part entière, détenteur d’un mandat parfaitement légitime. Des élections sont programmées dès la fin de son mandat en 2011, et je ne vois rien d’anti-démocratique là dedans. On peut malheureusement douter que ces prochaines élections soient totalement honnêtes, quand à moi, je le souhaite (pour tous les camps).

En attendant, ce qui est certain d’un point de vue purement démocratique, est que cette insurrection rouge est illégitime. Quand on se prétend démocrate, on respecte la voix des urnes. On peut ne pas être d’accord avec la majorité, mais alors on se doit de l’exprimer par une action politique entrant dans le cadre de la constitution. L’insurrection, la révolution, restant des solutions possibles, mais uniquement dans les cas ou l’on fait face à une dictature ou à une invasion et que la constitution est foulée au pied. Ce n’est pas ce qui s’est produit avec le gouvernement Abhisit.


Une gestion de crise irréprochable

Coté social, Abhisit a déjà fait plus que Thaksin en presque 2 mandats, et son gouvernement a des projets qui semblent ambitieux pour la société thaï. Il ne reste que peu de temps pour mettre cela en place avant la fin du mandat de ce gouvernement.

Beaucoup de temps a été perdu par cette insurrection anti-démocratique, et par l’instabilité permanente régnant depuis janvier 2008 voire depuis 2004. Il va falloir  faire vite pour que le peuple de province, certainement très aigri par les récents évènements, se rende compte qu’il a été trompé dans un premier temps et ensuite qu’il adhère au processus démocratique.

Abhisit est arrivé au pouvoir en pleine crise des sub-primes, mais malgré les obstacles, internes comme externes, la croissance en Thaïlande a une très bonne tenue (12% au premier trimestre 2010), aidée également, il faut le dire, par la baisse de prix du pétrole  qui a été très favorable à l’industrie. (De USD 150 le Baril à USD 70 actuellement après être descendu à USD 50)

La gestion de la crise interne par Abhisit est irréprochable. Beaucoup auraient craqué et envoyé des « unités spéciales » faire le ménage dans les rues de Bangkok sans attendre (on a déjà vu ça). Au contraire, il a évolué avec une grande mesure, toujours privilégiant la négociation, lâchant beaucoup de lest face aux surenchères infernales des rouges dont les dissensions internes grandissantes ont fait que plus personne ne contrôlait plus rien.

Les pourparlers ne donnant rien, l’assaut final a été lancé, après maints avertissements d’autant que des factions rouges extrémistes était armée de M16 et autres AK47.

On aura rarement vu une telle retenue de la part de l’armée qui pourtant a du affronter ces commandos (habillés de noir et masqués) armés de lances grenades et de fusils d’assaut. Vu l’anarchie régnant, le nombre de factions plus ou moins armées, et les civils rouges « innocents », il est remarquable que le nombre de victimes ait été si peu élevé. Le transport  gratuit par car a été ensuite organisé pour le retour des manifestants dans leurs provinces respectives.


Un problème de fond : l’éducation

Le plus gros problème de la Thaïlande est l’éducation, tant que le niveau sera aussi bas, il sera difficile d’atteindre un degré de démocratie acceptable. Lors des prochaines élections, il faudra regarder de près quels candidats proposent un programme ambitieux pour l’éducation.

Jusqu’à maintenant, ça a bien arrangé les politiciens que le monde paysan ne reçoive pas d’éducation digne de ce nom. Les paysans sont ainsi beaucoup plus manipulables. Le populisme de Thaksin a prise sur eux, et moins sur les Bangkokiens qui sont heureusement mieux préparés pour résister aux manipulations. Et d’ailleurs, si ce n’était pas un problème de niveau d’éducation, pourquoi la propagande de Thaksin ne fonctionnerait-elle pas à Bangkok ?

Il m’est difficile de dire que les paysans n’ont pas tous une maturité politique, parce que, je le sais d’avance, cela va être mal interprété… Mais le fait est que la toute première urgence en Thaïlande est l’éducation. Avez-vous vu des écoles de province ? Un vieux bâtiment en bois, la cour devant, avec au centre le mât du drapeau national. Je n’ai rien contre le respect du drapeau, mais il me semble que les enfants passent plus de temps au garde à vous sous le soleil en chantant l’hymne qu’en classe à recevoir un enseignement de qualité.

En résumé, ces enfants on les dresse plus qu’on ne les éduque. En sortant de l’école ils savent lire et compter, mais ils savent surtout la place qui est la leur dans la société, et l’acceptent comme une fatalité, jamais personne avant eux dans leur famille n’ayant changé de condition.

On a oublié une chose très importante dans cette éducation minimaliste, c’est de leur apprendre à réfléchir, c’est de faire d’eux des citoyens. On s’en est bien gardé en fait.  Et les voilà tous sortis du même moule, celui voulu par les politiciens d’une autre époque qui continuent sur leur dos de s’en mettre plein les poches. Ils deviennent une immense réserve de voix pour le populiste en goguette qui balance des billets par le carreau entre-ouvert de son 4×4 de luxe en traversant les villages.

Dans le même temps, les tentations de la société de consommation arrivent jusqu’aux villages les plus éloignés, modifiant à grande vitesse les canons traditionnels, et déstabilisant cette société rurale qui veut aussi des portables et des pick-up. La réponse de Thaksin, c’est le crédit, le loto, les « subventions », sa stratégie est l’asservissement dans la dépendance au maître paternaliste à souhait.

Pour l’amélioration de la vie des paysans, ce n’est surtout pas Thaksin qu’il faut, mais plutôt un de ces jeunes politiciens ayant fait leurs études à l’étranger, ayant voyagé, s’étant ouvert sur le monde, s’étant enrichis de valeurs venues  d’ailleurs et qui souhaitent moderniser la société Thaï dans la transparence et l’honnêteté. Laissons donc Abhisit (qui gère très bien la crise) finir son mandat, et souhaitons l’avènement de cette nouvelle génération de politiciens.


Le dernier coup d’Etat

C’est l’incroyable évolution de ce pays que j’observe de très près depuis plus de trente ans  qui me rends optimiste pour la Thaïlande. Une croissance très (trop ?) rapide pendant des décennies a hissé la Thaïlande dans l’ère industrielle (électronique, construction automobile, BTP, textile etc.).

Cette croissance a permis, entre autre, le développement des infrastructures routières, mais la Thaïlande qui demeure malgré tout un pays agricole n’a pas su partager les richesses produites avec le milieu rural, créant un fossé grandissant avec les citadins. Les dirigeants actuels et futurs devront s’attacher à développer les campagnes et à combler le fossé social existant entre les deux mondes. Mais pas n’importe quel développement, un développement durable, qui permettra à la Thaïlande, qui en a les moyens, de devenir le « modèle » de l’ASEAN, lui assurant ainsi le leadership des technologies innovantes pour un développement raisonné et profitable à tous.

Cette évolution continue, et la crise actuelle, qui dure pourtant depuis des années, n’est qu’un cap à passer. Quelques fois, en évoluant on renie un peu de son passé, le désir de modernité combat intérieurement la nostalgie d’un bon vieux temps révolu. Le peuple thaïlandais n’est que momentanément déchiré (surtout à cause de l’acharnement du « libertador » Thaksin  qui a semé le trouble depuis l’étranger avec sa « grand messe » sur écran géant tous les soirs devant des milliers de chemises rouges), mais d’ici quelques années nous verrons que cette crise n’aura été qu’un tremplin vers un système de plus en plus démocratique.

D’autres obstacles qui seront certainement bien plus graves que la présente crise attendent la Thaïlande, mais c’est une autre histoire : le roi est vieux et malade, sa succession risque de poser de graves problèmes, et les autocrates de tous bords qui attendent leur heure vont sortir du bois. Thaksin voulant être le premier est peut-être sorti un peu trop tôt du bois, mais d’autres attendent, dont certains probablement plus dangereux que lui (voire même en association avec lui).

Il est à ce propos plus qu’urgent d’installer une démocratie fiable et stable, de manière a éviter tout retour en arrière et tenir tête quand ces tentatives de déstabilisation arriveront.

En attendant, le coup d’Etat de septembre 2006, qui a été une sorte de goutte d’eau faisant déborder le vase est très probablement le dernier en Thaïlande. Malgré l’accueil triomphal reçu, les militaires ont compris qu’ils n’étaient pas les plus habilités à diriger les affaires d’un pays industrialisé dans un monde globalisé. C’est un autre métier, c’est évident. Ils savent désormais que la démocratie est la seule garantie de stabilité, et de développement économique et social. C’est pourquoi je crois, ou du moins j’espère, que les militaires seront à l’avenir les défenseurs inconditionnels de la démocratie si elle venait à être attaquée.

Nous avons donc assisté  en 2006 au dernier coup d’état en Thaïlande, qui avait justement pour but de sauver la démocratie naissante. Mais une condition supplémentaire est nécessaire pour sortir la Thaïlande de son instabilité chronique : que les politiciens présents et futurs s’affranchissent des méthodes politiques des anciens tenants des pouvoirs.


Denys Tellier

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Bip Bip

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Re : La POLITIQUE en Thaïlande.
« Réponse #693 le: juin 30, 2010, 07:06:58 pm »

Je trouve tout de même incroyable qu'une personne en prison puisse se présenter aux élections. L'inéligibilité, cela doit bien exister en Thailande.
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amjolianne

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Re : Re : La POLITIQUE en Thaïlande.
« Réponse #694 le: juin 30, 2010, 07:58:05 pm »


Je trouve tout de même incroyable qu'une personne en prison puisse se présenter aux élections. L'inéligibilité, cela doit bien exister en Thailande.


Je suppose qu'il faut quand même qu'il y ait un procès et un jugement pour être frappé d'inéligibilité. Pour l'instant il est accusé, pas condamné.
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Manu (de Chiang Mai)

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Re : La POLITIQUE en Thaïlande.
« Réponse #695 le: juillet 01, 2010, 08:40:44 am »


Un petit fait divers international s'étant déroulé la semaine dernière:


Un Thaïlandais devient président du Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU

Sihasak Phuangketkeow est devenu lundi 21 juin 2010 le nouveau président du CDH (Conseil des Droits de l’Homme), un organisme de l’Organisation des Nations Unies fondé en 2006.

Né en 1957, Sihasak a étudié les sciences politiques au sein de la prestigieuse université Chulalongkorn de Bangkok, et l’art aux Etats-Unis. Il avait ensuite rejoint le ministère des affaires étrangères thaïlandais, puis embrassé une carrière de diplomate.

Il succède ainsi au Belge Alex Van Meeuwen, et devient le cinquième président du CDH.
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Manu (de Chiang Mai)

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Re : La POLITIQUE en Thaïlande.
« Réponse #696 le: juillet 03, 2010, 10:02:14 am »


Les Thaïlandais invités à proposer des solutions politiques par téléphone

Le Premier ministre thaïlandais a lancé jeudi une campagne permettant à la population de présenter par téléphone ses idées pour faire aboutir la réconciliation nationale, après la crise du printemps.

Trois cent lignes téléphoniques ont été mises à la disposition de la campagne "Six jours, 63 millions d'idées". Le chef du gouvernement Abhisit Vejjajiva a déjà répondu lui même à des coups de fil, et mobilisera aussi des ministres et des stars du cinéma.

Il a cependant admis craindre que beaucoup d'appels n'aient aucun lien avec la crise politique, après avoir répondu à trois d'entre eux dont un réclamait une pension gouvernementale plus importante.

"Je crains que la plupart des coups de fil soient effectués pour des problèmes de dette personnelle", a-t-il reconnu.

Les Thaïlandais sont invités à présenter leurs suggestions après les deux mois de manifestations à Bangkok et les incidents violents, qui ont fait au total 90 morts et 1.900 blessés, et ont rappelé combien étaient profondes les divisons au sein de la société.

Les résultats de la consultation seront pris en compte pour faire aboutir la "feuille de route" vers la réconciliation que le gouvernement défend pour sortir le pays de la crise, la plus grave depuis une vingtaine d'années.

Les "chemises rouges" antigouvernementales demandent la démission d'Abhisit, arrivé au pouvoir fin 2008 sans passer par les urnes à la faveur de décisions de justice et d'un renversement d'alliance parlementaire.
Ils l'accusent d'être au service des élites de la capitale et réclament un meilleur accès au pouvoir, aux richesses et à une justice équitable.

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Line

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Re : La POLITIQUE en Thaïlande.
« Réponse #697 le: juillet 07, 2010, 05:50:59 pm »


 :announce   7 juillet 2010


 L'état d'urgence prolongé pour 90 jours



Les militants des droits de l'homme ont dénoncé, le 6 juillet, la décision du gouvernement de maintenir pour quatre-vingt-dix jours l'état d'urgence dans 19 provinces du pays, y compris celle de Bangkok.


Il avait été instauré le 7 avril dans 24 provinces, alors que le centre de la capitale était occupé par les "chemises rouges" (opposition).


 Les heurts avec les policiers ont fait, au cours de ce mouvement, 90 morts et environ 1 900 blessés.


L'état d'urgence est reconduit alors que doit avoir lieu, le 25 juillet, une législative partielle à Bangkok.



APPAREMMENT DONC, PRUDENCE...    :juju
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" Les compliments, c'est bien beau, c'est bien agréable, mais on ne sait jamais si c'est sincère, tandis que les insultes, ça vient du coeur ".

rudy

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Re : La POLITIQUE en Thaïlande.
« Réponse #698 le: juillet 07, 2010, 06:09:14 pm »

tu sais la France vit sous l'état "vigie pirate " .....depuis si longtemps ...et cela y ressemble un peu !!
cela m'inquiète toujours quand je descends du train à Lille de voir tous ces militaires en armes ......
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Manu (de Chiang Mai)

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Re : La POLITIQUE en Thaïlande.
« Réponse #699 le: juillet 08, 2010, 08:09:27 am »


C'est vrai Rudy, l'Etat d'Urgence en thaïlande, c'est exactement comme Vigipirat en France, ce qui veut dire qu'on ne se compte de rien... Pas plus de policiers, pas plus de controles, seulement un étt d'alerte des Forces de l'ordre renforcé...
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