Forum Thailande Info

Merci de vous connecter ou de vous inscrire.

Connexion avec identifiant, mot de passe et durée de la session
Recherche avancée  

Auteur Sujet: DROGUE, criminalité, attentats, terrorisme en Thaïlande  (Lu 115848 fois)

Manu (de Chiang Mai)

  • Invité
DROGUE, criminalité, attentats, terrorisme en Thaïlande
« le: décembre 31, 2009, 10:59:02 am »


J'ouvre ce topic qui avait fait plusieurs pages sur notre ancien forum... Nous y mettrons tout ce qui concerne ces terribles fléaux contre lequel le gouvernement thaïlandais lutte depuis tant d'année...
IP archivée

Manu (de Chiang Mai)

  • Invité
Re : La DROGUE en Thaïlande
« Réponse #1 le: décembre 31, 2009, 11:04:11 am »

On commence par une brève...


La Police thaïlandaise saisit un stock de drogue d'une valeur de 500 millions de baths !


Hier 30 décembre 2009, la police thaïlandaise a arrêté deux personnes détenant 1.98 millions de pilules de Ya baa, 32kg de cristal (méthamphetamine) et 3.5kg d'héroïne, le tout ayant une valeur à la revente d'environ 500 millions de baht !
IP archivée

Rugby15

  • Hero Member
  • *****
  • Messages: 1211
Re : La DROGUE en Thaïlande
« Réponse #2 le: janvier 05, 2010, 02:32:31 pm »

Je ressors un vieil article du Gavroche que j'avais bien aimé. c'était quant Thaksin avait fait flinguer 2800 dealers en 2003 ! Méthode radicale ! :hang

"LA GUERRE CONTRE LA DROGUE N'ETAIT RIEN D'AUTRE QU'UN PERMIS DE TUER"

Activiste et avocat de métier, Somchai Homlaor étudie depuis des années les conséquences de la première guerre contre la drogue. Il a été chargé, au sein du NHRC (National Human Rights Committee), d’enquêter sur les plaintes déposées par les familles de victimes. Cette guerre, lancée par le premier ministre Thaksin Shinawatra, de février à avril 2003, avait pour objectif de juguler le trafic et la consommation de drogue dans le royaume. Elle s’est traduite par la mort de plus de 2800 personnes(1). Alors que le gouvernement Samak parle de relancer cette politique de répression, Somchai Homlaor, secrétaire général de la Fondation pour les Droits de l’Homme et pour le Développement, estime que le Premier ministre n’aura pas les mêmes pouvoirs que son prédécesseur.


Gavroche : Comment expliquer l'explosion de la consommation de métamphétamines en Thaïlande ?

Somchai Homlaor : Pour commencer, le royaume est entouré de pays minés par différents conflits ethniques : la Birmanie et le Laos. Ces groupes utilisent le commerce de la drogue pour leur subsistance. De la production d'opium, le Triangle d'or est passé à la production de métamphétamines, et ces pilules, très peu chères, investissent le marché thaïlandais voisin. Ensuite, il ne faut pas oublier que la Thaïlande est une société en transition. On passe actuellement d'un mode de vie traditionnel à un mode de vie moderne, du rural à l'urbain. Une partie de la population en fait les frais. Les frustrations, nées des disparités sociales, sont un bon terreau pour la drogue. Comme souvent, dans une famille, les deux parents travaillent, le contrôle social sur les plus jeunes est faible. Les adolescents deviennent donc des proies faciles pour les dealers. Enfin, la drogue se répand en Thaïlande car tout le monde trempe dans le trafic: la police, les politiciens, etc. C'est un bon business, intimement lié à la corruption rampante dont souffre le royaume, et les Thaïlandais en ont ras le bol.


C'est pour ces raisons que la population a bien accueilli la guerre contre la drogue de Thaksin Shinawatra ?
 
Oui, les Thaïlandais ont apprécié sa fermeté sur le sujet. Ils se sont sentis soulagés de voir quelqu'un prendre le problème à bras-le-corps. Les médias aussi ont soutenu l'initiative du Premier ministre. Le problème n'était pas l'idée d'en découdre avec les trafiquants, mais la procédure. Thaksin a placé un objectif impossible: résoudre le problème en trois mois, pour démontrer l'efficacité de la police et gagner des votes. Des listes noires de personnes suspectes ont donc été montées et tout de suite, le gouvernement a exigé du chiffre: réduire cette liste de 25% dès le premier mois... par tous les moyens. J'ai vu quelques unes de ces listes avec des noms rayés et cette mention à côté:


Aucune enquête n'a été conduite ?

Non. Tous les dossiers d'homicides liés au trafic de drogue ont été clos sans enquête par la police locale. Pourtant un meurtre demande une enquête, c'est obligatoire !
Le gouvernement a donné un permis de tuer. En trois mois, plus de 2500 personnes sont mortes. L'ancien Premier ministre a alors expliqué que ces gens avaient été victimes d'autres trafiquants, que les «petits dealers» avaient été descendus par les «gros dealers» pour éviter qu'ils ne les balancent. Mais si les gros trafiquants étaient les auteurs de ces meurtres, pourquoi n'a-t-on pas tenté de les arrêter eux aussi? La politique de Thaksin n'avait-elle pas pour but d'atteindre les barons de la drogue? Ceux là courent toujours. C'est paradoxal. De leur côté, certains policiers ont été arrêtés pour leur implication dans le trafic de drogue. Mais aucun n'a été accusé de meurtre.


Quels sont les résultats du rapport de l'ICID, le Comité indépendant, mis en place par la junte, chargé de l'enquête sur la formulation et l'application de la Lutte anti-drogue ?

Ce comité n'a pas eu le temps de faire son travail convenablement car il n'a été mis en place que quelques mois avant de le départ du gouvernement militaire. Il n'a pu que collecter les informations des autres agences gouvernementales et les synthétiser. Son rapport conclut que la guerre contre la drogue relève du crime contre l'humanité. Bien que ce chef d'inculpation soit très grave au regard des lois internationales, il n'est pas recevable en Thaïlande car le royaume n'a pas ratifié le Statut de Rome de la Cour pénale internationale.


Comment expliquer que personne n'ait réagi plus tôt ?

En février 2003, premier mois d'application de la guerre contre la drogue, on a compté plus de neuf cents meurtres dans le pays, contre environ deux cents en temps normal. Une moyenne de quarante assassinats par jour ! Les médias et les activistes ont alors pris peur et ont commencé à se dresser contre cette politique. Nous pensons que cela a un peu freiné les exécutions les mois suivants car les chiffres étaient moins élevés en mars et en avril. Malgré tout, une grande partie de la population a continué à soutenir Thaksin.


Et la communauté internationale ?

Sa réaction tardive est compréhensible. Pour réagir, il faut des informations précises, qui n'étaient pas disponibles à l'époque. De plus, il s'agit d'une problématique nationale qui ne risque pas de déstabiliser la région, ce qui explique l'absence de résolution du Conseil de sécurité de l'ONU sur cette question.


Samak Sundaravej a-t-il les moyens de relancer ce programme ?

Samak veut juste relancer cette mesure phare de Thaksin pour s'assurer le soutien des électeurs. Le problème, c'est qu'il n'est pas aussi populaire que son prédécesseur. Il souffre d'un sérieux manque de légitimité et n'aura donc pas le même pouvoir sur les instances gouvernementales. De plus, Samak est à la tête d'une coalition qui n'ira pas toujours dans son sens. Les autres partis ne seront pas forcément favorables à la relance de la guerre contre la drogue. Enfin, les médias, la société civile et les ONG ont tiré les leçons du passé et vont contrôler rigoureusement l'action du gouvernement.
Nous avons par exemple déjà prévu de nous regrouper avec d'autres ONG pour avoir plus de poids, en cas de véritable relance de la lutte anti-drogue. Il sera plus difficile de violer les lois fondamentales, car chaque maillon de la chaîne se sentira surveillé. Il semble d'ailleurs que depuis l'annonce de la relance du programme et le vent de critique qui a suivi, le gouvernement hésite à employer les mêmes méthodes que Thaksin.


Vous affirmez pouvoir contrôler l'action du gouvernement. Mais n'avez-vous pas peur que le programme reprenne sans que vous en soyez avertis ?

Pour relancer cette politique, le gouvernement devra organiser des réunions au sommet avec les gouverneurs et les hauts représentants de la police, pour leur donner ses instructions. Je ne pense pas qu'ils puissent organiser ça dans notre dos.


Si cette violente campagne contre la drogue n'est pas la solution, quelle alternative proposez-vous ?

C'est certain, il faut lutter contre ce fléau qui gêne le développement économique et social de notre pays et aggrave la corruption. Mais la violence ne sert à rien. Il faut juste comprendre qu'on ne peut rien faire en une nuit et que ce n'est pas en tuant mille personnes de plus qu'on va résoudre le problème.
Le plus important, c'est déjà de faire le ménage dans l'armée et la police. Il faut aussi appliquer la loi et admettre que chacun a droit à un procès. Il faut aussi relancer l'enquête sur les meurtres commis en 2003, pour le bien de notre démocratie.


C'est encore possible ?

Oui, la durée de prescription pour ce type de crime est de 20 ans. Il nous reste donc plus de 15 ans pour punir les coupables! C'est le seul moyen d'empêcher que cela se reproduise. L'impunité est dommageable pour l'image de notre nation. D'autant plus que ces hommes aux mains sales continuent d'abuser de leurs pouvoirs, qu'ils croient illimités. Les gangs de la police des frontières, coupables de racket, de torture et d'autres exactions, en sont un bon exemple.


Propos recueillis par Marie Normand - http://www.gavroche-thailande.com/

(1) Selon le rapport du ICID mis en place par la junte, chargé de l'enquête sur l'application de la lutte anti-drogue sous legouvernement Thaksin, la moitié des personnes assassinées ne seraient pas liées au trafic de drogue.

IP archivée
"En avant poussez, poussez, les Avants de Bayonne..."

Manu (de Chiang Mai)

  • Invité
Re : La DROGUE en Thaïlande
« Réponse #3 le: janvier 05, 2010, 06:54:32 pm »


Ce texte doit effectivement avoir 5 ou 6 ans mais il est quand même bon de rappeler que l'ex-premier ministre Thaksin n'avait pas été tendre avec les traficants de drogue et avait en partie stopper le commerce du Ya baa en Thaïlande...
IP archivée

Line

  • Hero Member
  • *****
  • Messages: 12738
Re : La DROGUE en Thaïlande
« Réponse #4 le: janvier 07, 2010, 02:30:28 pm »


J'ajoute ca puisque l'on fait un post spécial "drogues"


http://www.forumthailandeinfo.com/index.php?topic=298.0
IP archivée
" Les compliments, c'est bien beau, c'est bien agréable, mais on ne sait jamais si c'est sincère, tandis que les insultes, ça vient du coeur ".

Rugby15

  • Hero Member
  • *****
  • Messages: 1211
Re : La DROGUE en Thaïlande
« Réponse #5 le: janvier 09, 2010, 12:23:58 pm »

Y aura toujours des vaches à lait qui riqueront leur vie en passant de la drogue pour gagner des clopinettes et enrichir des salopards !Cc'est comme les pauvres types des tribus qui dans le temps cultivaient l'opium en s'endettant pour enrichir les mecs qui leur rachetait l'opium et allaient le revendre ailleurs 100 fois le prix !  :(
IP archivée
"En avant poussez, poussez, les Avants de Bayonne..."

Manu (de Chiang Mai)

  • Invité
Re : La DROGUE en Thaïlande
« Réponse #6 le: janvier 09, 2010, 01:31:30 pm »


Il est d'ailleurs notable que le célèbre Triangle 'Or n'est plus ce qu'il était dans le passé quant à la production de drogues...


Drogues : le déclin du triangle d’or

Cette région située aux confins du Laos, de la Thaïlande et du Myanmar (Birmanie) fournissait autrefois 70 % de l’opium mondial. Mais beaucoup de producteurs de pavot ont abandonné cette culture, sous la pression de la Chine notamment. Sans trouver pour autant d’autres moyens de subsistance.

Des champs de pavot, des tribus montagnardes fumeuses d’opium et des laboratoires de fabrication d’héroïne cachés dans la jungle : c’est l’image que l’on a toujours du Triangle d’or. Mais la réalité est tout autre : après avoir été pendant des années le premier producteur d’opium, cette région d’Asie du Sud-Est est aujourd’hui un acteur mineur dans le commerce mondial de l’héroïne.

“Cette région garde une partie de son aura et elle continuera encore longtemps à inspirer les romanciers, concède Antonio Maria Costa, directeur exécutif de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC). Mais nous sommes bien placés pour observer qu’elle se dirige rapidement vers une éradication de l’opium”.

Le déclin du Triangle d’or est une victoire importante dans la guerre contre la drogue, même si l’on en parle peu. Reste à savoir si ce succès s’inscrira dans la durée.

Il y a trente ans, les régions aux confins du Laos, de la Thaïlande et du Myanmar produisaient plus de 70 % de tout l’opium vendu sur la planète, l’essentiel étant raffiné sous forme d’héroïne. Aujourd’hui, cette zone ne représente plus que 5 % environ de la production mondiale, si l’on en croit l’ONUDC.


Que s’est-il passé ?

La pression économique de la Chine, les coups de filet contre les producteurs d’opium et la préférence des mafias pour la production de méthamphétamine semblent avoir joué un rôle prépondérant. Parallèlement, certains groupes rebelles qui se finançaient auparavant avec l’argent de la drogue disent aujourd’hui inciter les agriculteurs à abandonner la culture du pavot.

Résultat, le Triangle d’or a été éclipsé par le Croissant d’or – la zone de culture du pavot couvrant une partie de l’Afghanistan et des pays voisins, qui fournit aujourd’hui 92 % de l’opium de la planète, selon les Nations unies.

Un aspect frappant du déclin du Triangle d’or est le rôle joué par la Chine dans les régions productrices d’opium pour éradiquer les cultures de pavot. Débouché important pour l’héroïne produite dans la région, la Chine a vu monter en flèche le nombre de toxicomanes et de cas de sida dus à des seringues contaminées.

La région autonome Wa, dans le nord-est du Myanmar, à la frontière avec la Chine, qui produisait environ 30 % de l’opium birman, en a été déclarée exempte l’an dernier par les Nations unies. Les autorités locales ont interdit la culture de pavot et déroulé le tapis rouge aux investissements chinois dans le caoutchouc, la canne à sucre et les plantations de thé, ainsi que dans les casinos et d’autres secteurs.


Le rôle de la Chine

“Le rôle de la Chine a été sous-estimé”, assure Martin Jelsma, un chercheur néerlandais qui a beaucoup écrit sur le trafic de drogue en Asie.

“Le principal levier de la Chine est économique, poursuit-il. Ces zones frontalières du Myanmar sont désormais bien plus imbriquées économiquement avec la Chine que le reste du pays. Les autorités locales ont parfaitement compris que, si elles voulaient attirer des investissements, la coopération avec la Chine était une nécessité.”

Le Myanmar reste le deuxième fournisseur d’opium de la planète, mais loin derrière l’Afghanistan : sa production a diminué de 80 % au cours de la dernière décennie.
Kon Jern, l’un des chefs de l’armée rebelle de l’Etat Shan, basée le long de la frontière du Myanmar avec le nord de la Thaïlande, affirme qu’il lutte contre la culture de pavot parce que les milices gouvernementales et les fonctionnaires corrompus profitent du trafic d’opium. “Ils vendent la drogue, ils achètent des armes, et ils utilisent ces armes contre nous”, affirme-t-il.

Au Laos, les superficies consacrées à la culture du pavot ont diminué de 94 % depuis 1998. Le pays produit désormais si peu d’opium qu’il est peut-être même devenu importateur net, indique l’ONU.

Cette forte décrue pourrait ne pas durer si les paysans ne trouvent pas d’autres moyens de subsistance, mettent en garde certains experts. Le géographe Pierre-Arnaud Chouvy, chargé de recherche au CNRS, rappelle que la Thaïlande a mis trente ans pour détourner les paysans de la culture du pavot. Une transition favorisée par la famille royale thaïlandaise, qui a encouragé les tribus montagnardes productrices d’opium à mettre à profit le climat frais de leur région pour planter du café, des noix de macadamia et des légumes. “Au Laos et au Myanmar, précise M. Chouvy, la diminution a été très rapide. Mais est-ce que cela va durer ?”

Il y a quatre ans, des agriculteurs de Banna Sala, un hameau isolé du Laos habité par plusieurs centaines de Hmongs, cultivaient le pavot en toute impunité. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Et certains d’entre eux sont furieux. “Maintenant, je n’ai pas les moyens d’envoyer mes enfants à l’école, s’indigne Jeryeh Sigya, 34 ans, mère de sept enfants. Avant, elle troquait l’opium qu’elle cultivait contre du savon, du sel et des vêtements. “Si on me laissait cultiver le pavot, je le ferais.”

Kon Jern, le chef rebelle birman, affirme que les agriculteurs ont du mal à changer de cultures. “S’ils pratiquent d’autres cultures, personne ne vient acheter leurs produits – les transports fonctionnent mal”, explique-t-il.

Si l’on ne veut pas que ces villages enclavés se remettent à cultiver l’opium, il faut les aider et construire des routes, des écoles et des hôpitaux, disent les experts. Mais le Myanmar, qui est dirigé par une junte militaire, pose un problème aux pays occidentaux. Les Etats-Unis lui imposent un embargo commercial. L’Union européenne a suspendu le régime de préférence douanière dont elle faisait bénéficier le Myanmar, ainsi que la coopération dans le domaine de la défense, limitant son aide à l’humanitaire.

“La politique de boycott et d’isolement signifie, bien entendu, que très peu d’aide au développement et d’assistance humanitaire parviennent au Myanmar, assure M. Jelsma, le spécialiste néerlandais des drogues. Il y a donc fort à parier que ce recul du pavot ne durera pas”.


http://www.thailande-fr.com/
IP archivée

Rugby15

  • Hero Member
  • *****
  • Messages: 1211
Re : La DROGUE en Thaïlande
« Réponse #7 le: janvier 10, 2010, 01:19:45 pm »


Dire qu'il y a des gens qui croient qu'il y a encore de l'opium en thailande !  :-X
IP archivée
"En avant poussez, poussez, les Avants de Bayonne..."

Manu (de Chiang Mai)

  • Invité
Re : La DROGUE en Thaïlande
« Réponse #8 le: janvier 15, 2010, 11:29:42 am »


Sur le marché de la toxicomanie, les drogues de synthèse, faciles à produire en grande quantité pour un coût modique, prennent une place de plus en plus importante. En témoigne la croissance exponentielle des saisies douanières : en 1999, plus de 100 millions de comprimés étaient ainsi interceptés dans le monde.

En Europe, c’est l’ecstasy, qui se taille la part du lion, avec le développement, depuis le milieu des années 1990, d’un usage festif. Mais en Asie, c’est un autre membre de la famille des amphétamines, beaucoup plus dangereux que tous les autres représentants de ce groupe, qui est en usage : la métamphétamine, autrement appelée ya ba, la “drogue qui rend fou”.



Le Ya ba ?

Amphétamine aux effets particulièrement intenses et prolongés, le ya ba est la drogue de synthèse la plus consommée en Asie, et tout particulièrement en Thaïlande. C’est aussi la plus dangereuse ! L’Europe semblait jusque-là préservée, mais peut-être plus pour longtemps.


Sous quelle forme se présente le Ya ba ?

Le procédé de fabrication du Ya ba est extrémement simple. Il peut être produit chez soi avec des connaissances élémentaires de chimie.

1/ Les formes du ya ba:

Cette "drogue qui rend fou" est disponible sous deux formes :  

- la métamphétamine de base (cristaux), la plus dangereuse, qui peut être fumée avec une pipe à eau.

- le chlorhydrate de métamphétamine (sel), absorbé par voie orale, en comprimé. Cette drogue est consommée comme un excitant, pour la stimulation prolongée qu’elle provoque et qui persiste plusieurs jours.

2/ Les effets:

a/ effets généraux:

- plus puissant que le crack, l'Ice "dynamite le SNC"

- sensation de bonheur intense, de bien-être, de vigueur physique

- concentration accrue, augmentation des émotions sensorielles

- efface fatigue, faim, besoin de sommeil; majore la tolérance à l'alcool

- stimulant sexuel (retarde l'éjaculation)

b/ effet négatifs:

- comportement: agressivité, violence, perte d'adaptation

- hallucinations (en particulier auditives)

- effets psychotique aigus, passage à l'acte auto et hétéroagressif

c/ durée des effets:

8 à 24 heures de bonheur intense "qui vont en diminuant jusqu'à 24 heures"

d/ dépendance:

très forte.

e/ syndrome de sevrage:

malaise, dépression, fatigue extrème

f/ Le Ya ba a l’inconvénient d’entraîner une hypertension artérielle et une augmentation du rythme cardiaque. Il expose les consommateurs aux risques d’accidents vasculaires, d’arrêt cardiaque, d’hyperthermie et de convulsions.


Petite Histoire du Ya ba

En 2000, 700 millions de ces cachets auraient été consommés en Thaïlande. Deux  raisons à cet usage frénétique : le ya ba est l’amphétamine la plus facile à synthétiser et la moins chère ; c’est aussi celle qui produit les effets les plus intenses et les plus longs.

Au début des années 2000, elle était fabriquée essentiellement au Myanmar (en particulier par les Wa de Bao Youxiang), pour un coût équivalent à 0,15 euros le comprimé. Ce dernier est revendu 0,76 euros, près de la frontière, 3 euros à Bangkok et 38 €uros en Europe !

En 2001, en Europe, l’arrestation par la police suisse de 102 membres d’un réseau de trafiquants asiatiques et la saisie de 450 000 comprimés sembla témoigner de la volonté des producteurs de trouver de nouveaux débouchés en le Vieux continent.

En 2002, les laboratoires birmans ont produit 800 millions de pillules, largement consommée en Asie du sud-est et en Thaïlande.

En février 2003, en Thaïlande, le premier ministre Thaksin Chinawatra décida de mettre un terme au traffic et lança une grande campagne anti-drogue. La Police et l'Armée tuèrent plus de 2000 dealers, décimèrent les réseaux d'approvisionnement passant par les frontières nord-ouest.

Depuis 2005, les unités spéciales de police et l'Armée thaïlandaise ont par leur action et leur présence sur les frontières, fait diminuer le traffic de Ya ba d'une manière très significative. Les saisies de drogue médiatisée et les peines de prison extrèmement lourdes vis à vis des trafficants ont poussé ces dernier à trouver d'autres voies que celles passant par la Thaïlande. On assiste ainsi à une nouvelle organisation des exportations des produits illicites du Myanmar en direction de la Chine depuis les 5 dernières années.  

...

Photos:

1/ et 2/ Les Forces spéciales thaïlandaises et les tahan Prahan sont très présents sur la frontière birmano-thaïe afin de lutter contre les trafficants de drogues et de Ya ba

3/ Les différentes formes de cachets sous lesquelles se présente le Ya ba
IP archivée

Rugby15

  • Hero Member
  • *****
  • Messages: 1211
Re : La DROGUE en Thaïlande
« Réponse #9 le: janvier 19, 2010, 01:14:02 pm »


Je me demande si depuis le départ de Thaksin, le commerce de yaba a repris sur la frontière birmane ?
IP archivée
"En avant poussez, poussez, les Avants de Bayonne..."

knom

  • Sr. Member
  • ****
  • Messages: 444
Re : Re : La DROGUE en Thaïlande
« Réponse #10 le: janvier 25, 2010, 11:46:28 am »


Je me demande si depuis le départ de Thaksin, le commerce de yaba a repris sur la frontière birmane ?


Le trafic est très juteux et il n'y a pas vraiment de raisons qu'il s'arrête...

Voici concrètement comment s'effectuait (et s'effectue sans doute encore) le passage du yaa baa:  

Jusqu’à cent milles pilules (de Yaa Baa) sont transportés par sacs à dos par des courriers birmans qui traversent de nuit, sur des sentiers peu accessibles ou par des routes surveillées par les milices, la frontière nord entre la Thaïlande et la Birmanie par voie terrestre, jusqu'à atteindre les premiers villages en territoire thaïlandais, où ils enterrent les pilules avant de rentrer au Myanmar. Les trafiquants côté birman indiquent par téléphone le point exact dans lequel la marchandise a été enterrée aux membres du réseau concernés.(...)

La vente s’opère avec des acheteurs thaïlandais autour de 100 à 200 bath la pilule, pour un prix de vente dans les laboratoires birmans allant de 20 à 40 bath la pilule *. Le transport jusqu’à destination - Bangkok, Patthaya, Koh Samui… - rajoute 3 bath au coût de la pilule, qui est vendu au détail entre 250 et 300 bath, soit dix fois son coût de production en laboratoire.


Source : ONUDC, centre régional de Bangkok, 2006 / ONCB 2007

* Le trafiquant achète donc maximum 40 bahts la pilule et la revend minimum 100... donc 60 thb de bénéf. sur chaque pillule. Multiplié par 100 000... ça fait si je calcule bien du 6 millions de THB (minimum !). C'est quand même mieux que le Livret A...
IP archivée

Malco

  • Hero Member
  • *****
  • Messages: 5917
Re : La DROGUE en Thaïlande
« Réponse #11 le: janvier 25, 2010, 11:51:10 am »

Décidément ils vont pas s'en sortir avec ce dangereux trafic de Yaba , qui de plus est un produit extremement dangereux .
IP archivée
@+ Malco

knom

  • Sr. Member
  • ****
  • Messages: 444
Re : La DROGUE en Thaïlande
« Réponse #12 le: janvier 30, 2010, 07:53:44 am »


Vu hier à la télé, 2 types arrêtés avec UN MILLION de pillules de yaba !

Un des 2 s'est fait descendre par la police.

Mais pour 2 types arrêtés combien d'autres s'en mettent plein les fouilles et s'assurent sur un simple coup (certes risqué) une vie dorée au soleil jusqu'à la fin de leurs jours... 
IP archivée

Malco

  • Hero Member
  • *****
  • Messages: 5917
Re : La DROGUE en Thaïlande
« Réponse #13 le: janvier 30, 2010, 12:13:04 pm »

Voir cette vidéo à propos de la drogue en Thaïlande , des australiens arrêter , et c'est pas du cinéma bien la réalité .

http://www.youtube.com/watch?v=lSiGyGS6u8M&feature=fvw
IP archivée
@+ Malco

knom

  • Sr. Member
  • ****
  • Messages: 444
Re : Re : La DROGUE en Thaïlande
« Réponse #14 le: janvier 30, 2010, 05:52:45 pm »


Voir cette vidéo à propos de la drogue en Thaïlande , des australiens arrêter , et c'est pas du cinéma bien la réalité .

http://www.youtube.com/watch?v=lSiGyGS6u8M&feature=fvw



Merci pour ce lien Malco. Il est assez rare de pouvoir filmer à l'intérieur des prisons en Thaïlande...
IP archivée

Manu (de Chiang Mai)

  • Invité
Re : La DROGUE en Thaïlande
« Réponse #15 le: février 09, 2010, 11:09:13 am »


1er tableau: Culture du pavot dans le Triangle d'Or en hectares (sources: UNODC).

Comme nous l'avons expliqué plus haut, la production d'opium dans le Triangle d'Or a considérablement baissé depuis 20 ans...


2ème tableau: production mondiale d'opium en tonnes (source UNODC).

L'Afghanistan quant à elle, est devenu le premier producteur au Monde depuis le retrait des Talibans qui avaient interdit la culture du pavot.
IP archivée

Line

  • Hero Member
  • *****
  • Messages: 12738
Re : Re : La DROGUE en Thaïlande
« Réponse #16 le: février 09, 2010, 05:21:28 pm »


L'Afghanistan quant à elle, est devenu le premier producteur au Monde depuis le retrait des Talibans qui l'avait interdite



excusez-moi mais je suis assez inculte sur le sujet... mais je viens de rêver ou bien je viens bien de lire que les Talibans   >:( avaient, POUR UNE FOIS, fait quelque chose de BIEN...
IP archivée
" Les compliments, c'est bien beau, c'est bien agréable, mais on ne sait jamais si c'est sincère, tandis que les insultes, ça vient du coeur ".

makrook

  • Newbie
  • *
  • Messages: 42
Re : La DROGUE en Thaïlande
« Réponse #17 le: février 09, 2010, 05:39:14 pm »

ben... c'est à dire que très loin de moi l'idée de les défendre, mais en fait a part tenter d'éradiquer la culture du pavot ils avaient aussi quelque peu pacifié le pays..
IP archivée

Line

  • Hero Member
  • *****
  • Messages: 12738
Re : Re : La DROGUE en Thaïlande
« Réponse #18 le: février 09, 2010, 05:53:25 pm »


ben... c'est à dire que très loin de moi l'idée de les défendre, mais en fait a part tenter d'éradiquer la culture du pavot ils avaient aussi quelque peu pacifié le pays..



ah bon, si tu le dis...

dans leur "cinglerie", ils auront au moins fait une fois quelque chose de correcte...
IP archivée
" Les compliments, c'est bien beau, c'est bien agréable, mais on ne sait jamais si c'est sincère, tandis que les insultes, ça vient du coeur ".

makrook

  • Newbie
  • *
  • Messages: 42
Re : La DROGUE en Thaïlande
« Réponse #19 le: février 09, 2010, 05:57:22 pm »

c'est pas tellement moi qui le dit que pas mal d'afghans, on peut toujours se demander à quel prix ils ont imposé la paix, l'ordre taliban c'est pas exactement ce dont on rêve, c'est pour ça que je dis ne pas pouvoir les défendre, mais le fait est.
IP archivée

Line

  • Hero Member
  • *****
  • Messages: 12738
Re : Re : La DROGUE en Thaïlande
« Réponse #20 le: février 09, 2010, 06:12:07 pm »


l'ordre taliban c'est pas exactement ce dont on rêve,



c'est le moins que l'on puisse dire, makrook... et il fait pas bon être une femme avec ces démoniaques...  >:(
IP archivée
" Les compliments, c'est bien beau, c'est bien agréable, mais on ne sait jamais si c'est sincère, tandis que les insultes, ça vient du coeur ".

Line

  • Hero Member
  • *****
  • Messages: 12738
Re : La DROGUE en Thaïlande
« Réponse #21 le: juin 14, 2010, 09:58:04 am »

 
Brève:

Le bureau de répression des drogues (NSB) essaye d'obtenir une plus grande surveillance des voyageurs en provenance d'Afrique du l'ouest, afin de stopper l'afflux de cocaïne et de méthamphétamines dans les rues de Bangkok, a révélé Chatchai Sirisabphya, directeur du NSB, cité hier par le Bangkok Post.


Les dealers achètent généralement des méthamphétamines pour 1.200 bahts, et les revendent ensuite deux à trois fois le prix.    >:(
IP archivée
" Les compliments, c'est bien beau, c'est bien agréable, mais on ne sait jamais si c'est sincère, tandis que les insultes, ça vient du coeur ".

rudy

  • Invité
Re : La DROGUE en Thaïlande
« Réponse #22 le: juin 14, 2010, 09:57:05 pm »

c'est tellement d'argent en jeu ....je pense que jamais malheureusement on pourra cesser ce " commerce " :(
IP archivée

Malco

  • Hero Member
  • *****
  • Messages: 5917
Re : Re : La DROGUE en Thaïlande
« Réponse #23 le: juin 15, 2010, 02:47:30 am »


c'est tellement d'argent en jeu ....je pense que jamais malheureusement on pourra cesser ce "commerce" :(


Exact et ce c'est mondiale .
IP archivée
@+ Malco

Line

  • Hero Member
  • *****
  • Messages: 12738
Re : La DROGUE en Thaïlande
« Réponse #24 le: juin 20, 2010, 10:43:44 am »

Thailande.fr


et encore...    >:(

Franchement, je me demande s'ils ne sont pas un peu "tarés"... Ils essaient et réessaient à chaque fois, tout en sachant qu'ils font se faire prendre à tous les coups... ca rime à quoi ??     :P


DROGUE – Prise record depuis l'ouverture de Suvarnabhumi.


Les douanes thaïlandaises ont arrêté mardi deux indiens suspectés d'avoir essayé d'introduire de la kétamine d'une valeur de 5,6 millions de dollars en Thaïlande, ont déclaré les autorités.

Cette découverte représente la plus grosse prise de drogue à l'aéroport de Suvarnabhumi depuis son ouverture, en 2006.

Chakraborty Joy, 30 ans, et Roy Abhijit, 28 ans, ont été arrêtés mardi avec 63 kilos de drogue après être arrivés d'un vol de Jet Airways en provenance de Calcutta.

Les autorités ont déclaré que les deux hommes ont essayé de passer la douane avec 10 emballages en carton contenant de la verrerie.

Les soupçons des douaniers ont été éveillés en voyant le paquetage particulièrement important, tandis que la drogue était cachée dans des compartiments secrets.

Les suspects se sont défendus en déclarant qu'ils ne savaient pas que les emballages contenaient de la drogue.


Ils risquent 20 ans de prison s'ils sont condamnés.

La kétamine, qui se vend dans la rue sous le nom de "Spécial K", est un anesthésiant généralement utilisé sur les animaux, qui peut donner chez l'homme des hallucinations intenses, une sensation de légèreté ou encore une impression de "dissociation" avec le corps...


Et bien, tant pis pour eux, ils paieront...  
IP archivée
" Les compliments, c'est bien beau, c'est bien agréable, mais on ne sait jamais si c'est sincère, tandis que les insultes, ça vient du coeur ".