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Auteur Sujet: Les Minorités ethniques de Thaïlande... et d'Asie.  (Lu 108557 fois)

Manu (de Chiang Mai)

  • Invité
Les Minorités ethniques de Thaïlande... et d'Asie.
« le: août 25, 2009, 04:49:51 pm »


Les Minorités ethniques de Thaïlande... et d'Asie.

J'ouvre ce sujet ou je vous mettrai régulièrement des fiches sur les peuples qui vivent en Thaïlande et en Asie...

J'invite bien sûr les forumeurs à partager leurs infos les concernants ainsi que bien sûr, leurs plus belles photos...


...

Aux messages qui suivent peut être ajouter une discussion sur les Hmong de Thaïlande et d'Asie... Voir ici:

http://www.forumthailandeinfo.com/index.php?topic=107.0

 :)
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Manu (de Chiang Mai)

  • Invité
Re : Les Minorités ethniques de Thaïlande... et d'Asie.
« Réponse #1 le: août 25, 2009, 05:02:39 pm »


Les groupes ethniques en Thaïlande.


En dehors des Thaïs, 38 groupes ethniques minoritaires (2 % de la population, soit 1 100 000 de personnes) vivent aujourd’hui en Thaïlande (voir tableau 1). Chacun possède sa propre culture et son propre langage.

Ces nombreuses langues sont regroupées en trois familles linguistiques basées sur des similarités de grammaire et de vocabulaire dues à l’emploi d’un même langage originel (proto-langage). Ces dernières sont la famille austro-asiatique (munda-indien, nicobarais, môn-khmer, malais), la famille austro-Thaï (austronésien, thaï-kadaï, miao-yao) et la famille sino-thibétaine (chinois, tibéto-Birman).
          
Les tribus montagnardes sont aujourd’hui dispersées dans 20 provinces  et 75 districts. C’est le « Tribal Research Institute » qui depuis le milieu des années 70, est chargé de recenser le nombre de membres que compte chaque tribu.


 1.KarenSgaw   
 2. Kui   
 3. Mon   
 4. Hmong   
 5. KarenPwo   
 6. Lahu   
 7. Akha     
 8. Htin     
 9. Mien,Yao     
 10. Lisu     
 11. So     
 12. Haw     
 13. Lawa   
 14. Seak     
 15. Khamu   
 16. Kaleung     
 17. Gitans des mers (les Moken, les Moklen, les Uraklawoi, les Orang Sireh et les Orang Lanta)    
 18. Cham   
 19. Chaobon     
 20. Kayah   
 21. Chong   
 22. Palaung   
 23. Mpi   
 24. Blang      
 25. Bisu     
 26. Pa-o       
 27. Bru     
 28. Lamet     
 29. Semang       
 30. Padong       
 31. Kha Hor              
 32. Thavung          
 33. Kachin     
 34. Gong   
 35. Mlabri       
 36. Parauk     
 37. Samtao   
 38. Kayaw


...


Quelques infos récentes sur les ethnies montagnardes:
         

En 2007, le Thaïlande compte 63 884 000 habitants. Pour un touriste qui s'y rend pour la première fois, pas facile de se repérer quant au peuplement: des thaïs, des chinois, des minoritées, etc...

Donc, petit tour d'horizon (je reviendrais plus tard en détail sur les principales ethnies minoritaires). On commence par une revue des 6 tribus montagnardes qui font partie des 38 minorités que compte le Royaume (soit env 1,2 millions de personnes).


A part les 300 000 Karens installés en Thaïlande depuis presque trois siècles, la majorité des "tribaux" sont arrivés après 1900 (le 1er village Akha du Siam a par exemple été construit en 1904) puis surtout après la Seconde Guerre Mondiale, chassés par les combats qui ensanglantaient la Birmanie (dès 1949) et le Laos (années 70).

Comme je l'ai dit sur un autre forum récemment, leur situation a énomément évoluée depuis un peu plus de 2 décennies sous l'influence du gouvernement thaï et de nombreuses ONG. Ces principaux changement sont les suivants:

- Il y a 20 ans, les minoritaires cultivaient surtout l'opium qui a complètement disparu de nos jours. Aujourd'hui, les cultures de substitution (essentiellement fruitières et légumières) ont remplacé l'opium. Bref, c'est toute l'économie des minoritaires qui a changé !

-Il y a 20 ans, le Triangle d'Or était complètement fermé car les chinois du Kuomintang qui le controlaient, venaient juste de rendre les armes (Khun Sa ne se rend aux autorités qu'en 1994 !) alors qu'il est de nos jours complètement accessible !

- Il y a 20 ans, il n'y avait pas d'infrastrutures routières et presque tous les villages etaient isolés. Ils sont aujourd'hui tous reliés par des routes et des pistes en bon état !

- Il y a 20 ans, il n'y avait pas l'electricité dans les villages. Elle est maintenant installée partout (le 1er ministre Taksin y a veillé entre 2001 et 2005) !

- Il y a 20 ans, moins de 10 % des minoritaires avaient une carte d'identité et ne pouvaient pas quitter leur district. Aujourd'hui, ils sont plus de 50 % à avoir cette carte et peuvent aller travailler dans les grandes villes !

- Il y a 20 ans, il y avait très peu d'écoles dans les villages et 20 % des minoritaires parlaient thaï... ajourd'hui, il y a des écoles presque partout (installées par le Projet Royal avec chacune un professeur thaïlandais) et plus de 80 % des minoritaires parlent thaï !

- Il y a 20 ans, les minoritaires étaient encore très animistes !... Ils le sont de moins en moins... Preuve en est, presque tous les portails des esprits des villages Akha sont aujourd'hui détruits !

- Il y a 20 ans, plus de 60 % des minoritaires portaient encore leurs vêtement traditionnels... Ils sont aujourd'hui moins de 10 % !!!

Il y a 38 minorités ethniques en Thaïlande:

Parmis les 38 minorités, il faut distinguer 4 groupes:

1/ Les minorités installées en Thaïlande depuis très longtemps (la majorité des 38 ethnies citées ci-dessus), souvent même avant les Thaïs (dont les principales vagues d'immigration sur le territoire qui constitue l'actuelle Thaïlande se situent entre les 11e et 13e siècle après JC), Cham, Khamu, etc... sont aujourd'hui devenu des "presque Thaïs" culturellement et leurs villages sont impossibles à différencier des villages thaïlandais. Même si leurs origines les font provenir soit du Laos, soit de Birmanie, soit même de Chine, les parties les plus importantes de leurs cultures ancestrales ont été totalement oubliées.

2/ Les Tibétos-Birmans (Lisu, Akha, Lahu) et les minoritaires d'origine Austro-thaie (Hmong et Yao surtout) que l'on appelle ici "tribus montagnardes": ce sont les plus connus !... Ils sont arrivés au 19e et au 20e siècle, chassés par les combats et les troubles que traversaient leurs pays d'origine.

- Ainsi, le premier village Akha est répertorié en Thaïlande en 1903, le second en 1925. La majorité des Akha sont arrivés en Thaïlande après 1945.

- Les premiers Lahu Shehleh arrivent de Birmanie vers 1875 puis les Lahu Na s'installent au Siam vers 1920 (les Lahu Shi après la Seconde Guerre Mondiale)...

- Les Lisu, quand à eux, sont entrés au Siam à la fin du 18e siècle, mais seulement quelques familles vivaient dans la région du Doi Chang en 1920. La plus grosse migration se fait après 1949, après les débuts des problèmes en Birmanie.

- Les premiers Hmongs sont arrivés au Siam vers 1880 chassés du Yunan par les Chinois, même si leur véritable arrivée en masse du Laos se situe après 1975 avec la prise du pouvoir par les communistes (Pathet Lao) qui ont commencé à les massacrer (les Hmong étaient les alliés des Américains durant la guerre donc les ennemis des communistes !)...

- Enfin, les Yao (Mien) commencèrent leur descente vers le Sud à partir de la Chine au 19e siècle avec l'expansion du commerce de l'opium et surtout avec la répression Mandchou contre les peuples des montagnes. ils entrèrent au Siam au début du 20e siècle.

3/ Les Karen Sgaw et Paw qui vivaient depuis des siècles à l'Est de la Birmanie sont une des "tribus montagnardes" implantés depuis le plus longtemps sur le sol thaïlandais. Chassés par les combats qui opposaient les Birmans et les Thaïs, ils commençèrent à traverser la rivière Salween au 18e siècle et se fondirent parmis les ethnies Lawa et Yuan (Thaïs du Nord) qui leur ressemblaient.

4/ Les plus récemment arrivés en Thaïlande sont les Palaung, les Kayaw et les célèbres Padong ("Femmes girafes") qui s'enfuient du Myanmar (Birmanie) depuis le début de la guerre (début des années 50) entre la junte militaire et les minoritaires de l'Est... Leur arrivée massive en Thaïlande s'est faite après 1970 et continue de nos jours...



Photo: carte ethnique de la Thaïlande.
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Manu (de Chiang Mai)

  • Invité
Re : Les Minorités ethniques de Thaïlande... et d'Asie.
« Réponse #2 le: août 27, 2009, 11:11:33 am »


On commence par la minorité où je compte le plus d'Amis, les fameux Akha que tous les touristes ont déjà croisé sur un marché ou dans un village...


LES AKHA.


Population:  48 468 Akha résident en Thaïlande, dispersés en 258 villages.

Origines:  Tibet (anciennes tribus « Lolos »). Installés en Thaïlande en 1903.

Peuplement: Thaïlande (Chiang Rai, Chiang Mai, Tak, Kamphang Phet, Lampang, Phrae), Laos, Birmanie, Yunnan.

Localisation: les Akha installent en général leurs villages à des altitudes supérieures à 1000 mètres souvent  dans une combe ou dans un creux entre deux montagnes.

Economie: les Akha sont des cultivateurs: riz sec, millet, poivre, haricots, sésame et de nombreuses variétés de légumes et céréales. Ils élèvent également des animaux domestiques: volailles, porcs, buffles d’eau destinés aux sacrifices lors des fêtes et chiens afin d’être consommés en soupe.

Société: la société Akha est patrilinéaire. L’unité sociale de base est la famille mais le clan régit les mariages, célébrations diverses, droits de succession,etc…les Akha sont monogames mais rien n’interdit a un homme d’avoir plusieurs femmes. Enfin, chaque village est dirigé par un chef (« bu seh ») qui représente ce dernier auprès des autorités gouvernementales Thaïlandaises.

Religion: les Akha sont panthéistes et parlent d’un grand être tout puissant (« Apoe Miyeh ») qui a crée tous  les humains. Ils  croient  au  culte des ancêtres  et aux esprits. Certains Akha ont depuis peu adoptés la religion Chrétienne.

Vêtement traditionnel:  les  Akha  portent  des  vestes  et  des  jupes  noirs  ou  indigos décorés de perles blanches et  rouges.  Les femmes  sont célèbres  pour  leurs  coiffes  ornées de pendentifs, de pièces en argent, de plumes et perles ainsi que pour leurs bracelets et colliers en argent, symboles de prestige.

Habitat: le village Akha est facilement reconnaissable à sa porte des esprits, à ses balançoires (utilisées  lors de cérémonies entre mi-août et mi-septembre) et à ses maisons aux toits massifs à quatre pentes. En général sur pilotis, la maison n’a pas de fenêtre et comporte deux parties principales, l’une réservée aux hommes et l’autre aux femmes. Chaque bâtisse possède deux foyers pour la cuisine: la viande et le thé sont préparés chez les hommes, le riz et les légumes chez les femmes. Parfois un troisième foyer sert pour cuire la nourriture des cochons. Enfin, un hôtel des ancêtres se trouve à l’intérieur de la pièce qui est le centre des cérémonies  les concernant.


Photos:

1/ De jeunes Akha Ulo. elles portent encore le bonnet des femmes non-mariées.

2/ L'épouse d'un de mes amis Akha loimi rentrant de la corvée de bois du matin.

3/ Des amies Akha loimi au village de Ban Loyo (Triangle d'Or)

4/ Une Akha Pami au village de Ban Lorcha (Triangle d'Or)
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Manu (de Chiang Mai)

  • Invité
Re : Les Minorités ethniques de Thaïlande... et d'Asie.
« Réponse #3 le: août 27, 2009, 11:16:01 am »


Les vêtements des femmes Akha.

Les  femmes Akha sont avant tout connues pour leurs costumes et la beauté de leurs coiffes. Les vêtements sont fait de coton filé et tissé par les femmes elles-mêmes. Ils sont teintés avec de l’indigo bleu ou noir poussant près des villages.


1/ Le costume féminin.
          
Le costume de base se compose d’une veste à manche longue, d’un corsage, d’une jupe s’arrêtant au-dessus des genoux, d’une ceinture décorée de perles et de pièces de monnaie (plus large chez les femmes non mariées), de jambières brodées et d’une lourde coiffe dont les ornements varient en fonction de l’âge et du statut économique et social de la famille. Cette coiffe, symbole de prestige peut être de trois types:
          
Chez les U lo-Akha, la coiffure est composée de deux parties. Un bandeau surmonté par une forme conique décorée de boutons en argent, de pièces de monnaie, de perles, de graines, de pompons, de fourrure de singe teintée en rouge.
        
Chez les Loimi-Akha, la coiffure (Ucheu) décorée de boutons, de perles, de pompons rouges, de coquillages et de grosses boules d’argent est complétée à l’arrière par une plaque de forme trapézoïdale, elle aussi en argent. Des pendentifs faits de pièces de monnaie et de plaques triangulaires encadrent la coiffe descendant jusqu’aux épaules.
          
Chez les Pami-Akha, la coiffure a la forme d’un casque de couleur rouge incrusté sur toute sa surface de boutons d’argent, de perles et de pièces de monnaie. Des cordelettes de perles rouges, jaunes et blanches sont attachées sur les côtés de la coiffe et descendent jusqu’à la poitrine.


2/ Le costume masculin.
          
Les hommes portent en général une longue veste noire au dos tissé de motifs géométriques à dominante rouge. La partie avant est souvent décorée d‘une bande brodée munie d’un fermoir en argent. Enfin, un pantalon large et un turban complète le costume.
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Manu (de Chiang Mai)

  • Invité
Re : Les Minorités ethniques de Thaïlande... et d'Asie.
« Réponse #4 le: août 30, 2009, 07:18:41 pm »


LES KAREN.


Population :  438 131 personnes en 2003, reparties en 1912 villages.

Origines : les Karen viendraient d’une région nommée « Thibi Kawbi » qui pourrait être le désert de Gobi. Installés en Birmanie depuis des siècles, ils ont commencé à traverser la rivière Salween pour entrer en Thaïlande au 18e siècle.        

Peuplement : Thaïlande (Chiang Maï, Mae Hong Son, Tak, Chiang Raï, Kanchanaburi,  Lampang, Sukhothai), Birmanie.

Localisation : Les villages Karen se situent le plus souvent dans des vallées ou montagnes dont l’altitude n’excède pas 500 mètres.

Economie : Les Karen cultivent surtout le riz (rizières humides et en terrasses) et les fruits et légumes. L’élevage est pratiqué de manière variée incluant cochons, poulets, buffles d’eau et même éléphants (longtemps utilisés pour le transport des grumes en forêt).

Société : La société Karen est de type matriarcal. Les Karen pratiquent la monogamie et la famille, constituée d’un couple marié et de leurs enfants constitue la base sociale et économique de la tribu.

Religion : Les Karen sont surtout animistes et croient en l’existence du « Seigneur de la Terre et de l’eau » auquel appartient la presque totalité des éléments naturels (la Terre, l’eau, les rochers, les arbres, etc…). Cependant, de nombreux Karen ont été convertis au Christianisme durant le 20e siècle par des missionnaires occidentaux.

Vêtement traditionnel :  Depuis  leurs  premiers  pas  jusqu’à  leur  mariage,  les  jeunes  filles  portent  une longue chemise de coton blanc. Les femmes mariées, elles, portent un sarong composé de deux bandes cousues ensembles et assemblées pour former une jupe longue rayée horizontalement de noir, bleu ou blanc. Une blouse au col en « V », sans manche, de couleur bleue ou noire chez les Sgaw et jaune, rouge ou blanche chez les Pwo complète l’habit. Des motifs brodés ou des graines sont utilisés pour embellir les tuniques.
Enfin, un turban de coton ou un  simple  bandeau  peut servir de  couvre-chef même si traditionnellement, les femmes préfèrent nouer leurs longs cheveux en chignon sur le haut de la tête.

Habitat : La maison Karen, en général sur pilotis, est constituée de bambous coupés en deux pour les murs et de chaume ou de larges feuilles pour le toit.    La maison comporte une grande véranda, partiellement couverte, utilisée pour préparer la nourriture ou pour tisser et une seule grande pièce au centre de laquelle se trouve le foyer.


Photos:

1/ Une vieille Karen Sgaw près de Soppong.

2/ Une maison Karen Sgaw à Mae Hong Son.

3/ Des Karen préparant du tabac.
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Manu (de Chiang Mai)

  • Invité
Re : Les Minorités ethniques de Thaïlande... et d'Asie.
« Réponse #5 le: août 30, 2009, 07:34:52 pm »


LES LAHU.


Population :  102 876 personnes en 2003, reparties en 385 villages.

Origines : Installés originellement dans le Yunnan au Sud de la Chine, puis en Birmanie les premiers Lahu Shehleh entrent en Thaïlande en 1875 et s’implantent dans les régions de Chiang Mai et de Chiang Rai, suivit par les Lahu Na vers 1920 et les Lahu Shi dans la deuxième moitié du 20e siècle.

Peuplement : - Thaïlande (Chiang Rai, Chiang Mai, Mae Hong Son, Tak, Kamphaeng  Phet), Birmanie, Chine du sud.

Localisation : Installés à une altitude de 800 à 1200 mètres, les villages Lahu sont en général constitués de 15 à 20 maisons.

Economie : Utilisant la technique de culture sur brûlis forestier, les Lahu exploitent le riz (rizières sèches d’altitude), le maïs et le coton. Dans le passé, l’opium était leur principale source de revenus. Il est aujourd’hui remplacé par des plantations de fruits et légumes. Chaque foyer possède également du bétail (cochons, volailles, bovins). Cueillette et chasse complètent l’ordinaire.

Société :   La société Lahu est matriarcale et monogame. La famille de base est le couple et ses enfants.

Religion : Les Lahu ont pour dieu principal « Geusha «  (G’ui sha). Il est le créateur des cieux et son épouse « A E ma » a créé la Terre. Les esprits (Ne), bons ou mauvais, ont aussi beaucoup d’importance et reçoivent régulièrement des offrandes.

Vêtement traditionnel : Chez les Lahu rouges (Lahu Nyi), les femmes portent un long sarong de coton noir ou bleu à rayures horizontales noires et rouges ainsi qu’une courte jaquette noire aux manches et à la boutonnière ornée de bandes rouges.
Chez les Lahu noirs (Lahu Na), le principal vêtement féminin se constitue d’une longue tunique de couleur noire tombant jusqu’aux chevilles et s’ouvrant sur le coté droit. De longues bandes verticales, le plus souvent rouges, décorent les cotés et les manches. Un sarong noir, décoré de bandes d’étoffes de couleurs vives, et un turban noir complètent la tenue.

Habitat : Les Lahu construisent leurs maisons sur pilotis, excepté les Lahu Na venus de Chine, dont les maisons sont bâties à même le sol en terre battue, afin de conserver la chaleur l’hiver. La maison, dont les murs sont fait de planches de bois et le toit de chaume ne possède qu’une porte sur le devant et est divisée en deux parties : une pièce principale où sont pris les repas et une chambre à coucher séparée par une cloison.


Photos:

1/ Femme Lahu Rouge (Lahu Nyi).

2/ Femme Lahu noir (Lahu Na).

3/ Femme Lahu Sheh Leh.

4/ Une maison Lahu rouge à Ban Padaeng près de Chiang Mai.
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Manu (de Chiang Mai)

  • Invité
Re : Les Minorités ethniques de Thaïlande... et d'Asie.
« Réponse #6 le: août 30, 2009, 07:43:28 pm »


LES LISU.


Population : 38 299 individus, répartis en 155 villages.

Origines : Les Lisu sont probablement originaires du Nord-Ouest du Yunnan et de l’Est du Tibet. Leur migration vers le Sud en longeant la rivière Salouen débuta il y a plusieurs siècles. Ils entrèrent en Thaïlande à la fin du 18e siècle.

Peuplement : - Thaïlande (Chiang Rai, Chiang Mai, Mae Hong Son, Tak, Lampang), Chine et Birmanie.

Localisation : Les Lisu installent leur village à une altitude avoisinant les 1000 mètres. Celui-ci est constitué en général de 20 à 60 maisons.

Economie : Les Lisu pratiquent surtout la culture sur brûlis en altitude. Ils plantent le riz à 1000 mètres, ainsi que le millet, le maïs, les patates douces, les melons, les potirons, les haricots, le tabac, les piments et le coton. Dans le passé, leur première source de revenus était l’opium, tiré du pavot, planté entre 1000 et 1500 mètres d’altitude. Les Lisu élèvent également des porcs, sacrifiés lors des mariages ou des enterrements, quelques bovins, des volailles et des poneys utilisés pour le transport des denrées. Les hommes Lisu ont enfin la réputation d’être de très bons chasseurs.

Société : La société Lisu est patriarcale et les noms sont transmis de père en fils. L’unité nucléaire est la famille, constituée des parents et des enfants non mariés.

Religion : La religion Lisu est un mélange d’animisme et du culte des ancêtres originaire de Chine. Le principal dieu des Lisu se nomme Wu sa (le « Grand Dieu »). Il veille sur les êtres vivants et détermine la durée de la vie de chacun.

Vêtement traditionnel : Le costume de la femme Lisu est constitué d’une grande tunique bleue ou verte fendue sur les cotés jusqu’à la taille, se fermant avec des boutons sous le bras droit. Des lignes de couleur rouges, jaunes et blanches décorent le col et les épaules. Un pantalon chinois large, de couleur noire, et des jambières rouges complètent la tenue.

Habitat : On distingue deux types de maisons chez les Lisu : la maison sur pilotis (Kacha hi), bâtie aux altitudes les plus basses et la maison construite à même le sol (Micha hi). Le plus souvent en bois, l’habitation se divise en une salle principale qui permet de recevoir les invités, de préparer et de prendre les repas et plusieurs chambres pour les parents et les enfants.


Photos:

1/ Une jeune Lisu en tenue de Nouvelle An.

2/ Une vieille femme Lisu en vêtement de tous les jours.

3/ Des maisons Lisu hautes sur pilotis.
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Manu (de Chiang Mai)

  • Invité
Re : Les Minorités ethniques de Thaïlande... et d'Asie.
« Réponse #7 le: août 30, 2009, 07:51:17 pm »


LES HMONGS (« MEO » en Thaï).


Population : 124 211 Hmong résident en Thaïlande.

Origines : Sud de la Chine. Installés en Thaïlande à la fin du XIXe siècle.

Peuplement : Thaïlande (Chiang Mai, Chiang Rai, Nan, Tak, Phrae, Mae Hong Son, Lampang, Phayao, Pitsanulok, Loei, Sukhothai), Chine du Sud, Vietnam, Laos.

Sous-groupes : Hmong bleus, Hmong Blancs, Hmong Gua M’ba (arrivés récemment du Laos).

Localisation : Les Hmong installent leurs villages à de hautes altitudes (1000-1200 mètres). Ils se composent de 6 à 8 maisons.

Economie : riz, maïs et bétail porcin et bovin. Les Hmong étaient dans le passé l’ethnie la plus impliquée dans la production d’Opium en Thaïlande.

Société : la parenté chez les Hmong est patrilinéaire. La famille et le clan sont les unités sociales de base. L’homme le plus âgé a virtuellement l’autorité sur tous les autres membres de la famille. La polygamie permet d’accroitre le statut social d’un homme.

Religion : animistes, les Hmong croient que des êtres surnaturels participent à chaque aspect de la vie. Chaque village possède au moins un Chamane (femme ou homme) qui peut communiquer avec les esprits, les apaiser dans certains cas (maladie, etc…).

Vêtement traditionnel : les vestes et pantalons sont noirs ou bleus Indigo. Les femmes portent des jupes plissées, tissées à  la main en chanvre ou en coton. Leurs cheveux sont noués en chignon.

Habitat : Le site d’une maison Hmong est choisi avec soin car il doit convenir aux ancêtres.  La maison, a  même  le sol  est  constituée  d’une pièce principale avec deux foyers (l’un pour les humains au centre et l’autre pour la nourriture des cochons), d’un grenier et de chambres séparées par des cloisons.


Photos:

1/ Une vieille Hmong filant.

2/ Jeune Hmong blanc en tenue de fête.

3/ Maison Hmong près de Chiang Mai
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Manu (de Chiang Mai)

  • Invité
Re : Les Minorités ethniques de Thaïlande... et d'Asie.
« Réponse #8 le: août 30, 2009, 08:12:56 pm »


Les YAO.


Population : 45 571 personnes habitent en Thaïlande.

Origines : Un siècle avant la fondation de Chiang Mai (13e siècle), les Yao étaient dispersés dans le Guangdong, le Guangxi et l’actuel Yunnan, provinces où ils se trouvent toujours, ainsi qu’au Nord du Vietnam. Les Yao entrèrent en Thaïlande au début du 20e siècle à partir du Laos et s’installèrent dans les provinces de Nan et Phayao. Ils furent rejoints après la Seconde Guerre mondiale par d’autres groupes qui s’implantèrent à Chiang Rai et dans le Nord de la Thaïlande.

Peuplement : Thaïlande (provinces de Chiang Rai, Chiang Mai, Lampang, Phayao,
  Nan, Phitsanulok, Kamphaeng Phet), Chine.

Localisation : Dans les montagnes, le village Yao (Laang) est souvent situé à plus de 1000 mètres d’altitude. Il ne peut pas se trouver sous un village d’une autre ethnie.

Economie :  Les principales cultures sont le riz en rizières sèches et le maïs. Les Yao cultivèrent également longtemps le pavot qui a aujourd’hui disparu en Thaïlande.

Société : La cellule familiale comportant le mari, son épouse, leurs fils mariés et leurs familles ainsi que les enfants non mariés, est l’unité de base chez les Yao. Une maisonnée peut ainsi comprendre jusqu’à 60 individus même si la moyenne reste de 15 à 20 personnes.
     Dans la famille Yao, l’épouse est soumise à son mari et doit accepter ses décisions. Les femmes prennent leurs repas avec les enfants après les hommes.

Religion : animistes, les Hmong croient que des êtres surnaturels participent à chaque aspect de la vie. Chaque village possède au moins un Chamane (femme ou homme) qui peut communiquer avec les esprits, les apaiser dans certains cas (maladie, etc…).

Vêtement traditionnel : Les femmes Yao ont la réputation d’être d’exceptionnelles brodeuses. Dès l’enfance, la broderie est en effet le passe temps favori des jeunes filles. Jusqu’à la fin de leurs jours, elles ne cesseront, entre les travaux des champs et leurs taches ménagères, de manier l’aiguille avec une dextérité étonnante.  la tenue féminine comporte un pantalon large, une longue tunique noir hornée d'un boa rouge, une ceinture et un turban de coton.

Habitat :  La maison traditionnelle chez les Yao est construite à même le sol afin de conserver la chaleur durant l’hiver qui peut être frais en altitude. Les parois sont en bois ou parfois en bambou et le toit est fait d’herbe ou de chaume qui doit être changée tous les deux ou trois ans. Depuis une dizaine d’années, les briques pour les murs et les tuiles pour les toitures remplacent progressivement les matériaux originels.  


Photos:

1/ Une jeune Yao et sa grand-mère.

2/ Femme Yao et son bébé.
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Manu (de Chiang Mai)

  • Invité
Re : Les Minorités ethniques de Thaïlande... et d'Asie.
« Réponse #9 le: octobre 13, 2009, 10:32:03 am »


Tout le monde parle des célèbres "Femmes Girafes" sans hélas vraiment les connaitre... on peut même lire les pires bêtises à leur sujet dans certains guides de voyage...

Elles sont 30 000 en Birmanie où leur population (Padong) subit un presque génocide de la part de l'Armée Birmane... Du coup, presqu'un millier d'entre elles se sont installées en Thaïlande, où leur statut de "réfugié politique" n'est pas "tout rose", mais où au moins, elle ne subissent plus massacres, viols, arrestations arbitraires et mise en esclavage comme dans leur pays d'origine...

Quant aux ruées touristiques que certains villages Padong subiraient en Thaïlande (il y a 5 villages Padong dans le Royaume), ils sont loins d'être une réalité. Le plus grand d'entre eux (Nai Soi) ne reçoit que 1200 touristes par an, ce qui nous fait une moyenne de 3,2 touristes par jour !



Les Padong.


1. Population.

- Thailande: 500 personnes en 2003, réparties dans 5 villages.
-  Myanmar: 30 000 individus.


2. Nom.
        
Les Padong, plus communément appelées « femmes girafes » ou « femmes aux longs cous » sont l’une des ethnies les plus récemment arrivées en Thaïlande.
      
Les Padong se nomment eux même Kayan ou Lae Kur et les Thaïs les appellent Karieng Koh Yao (« Karen aux longs cous »).


3. Langage.

- Famille linguistique : Sino-Thibétaine.
- Groupe linguistique : Tibéto-Birmane.
- Branche linguistique : Karenni.        

Leur langage fait parti des langues du groupe Karenni  appartenant à la famille linguistique Tibéto-birmane.


4. Origines et migrations.
        
Les Padong, dont on dénombre environ 30 000 individus de nos jours, sont l’une des nombreuses ethnies du peuple Karen, installés dans l’état de Kayah au Myanmar près de la frontière thaïlandaise. C’est en 1987 que les 300 premiers Padong arrivèrent en Thaïlande, chassés par les attaques des forces armées de Rangoon contre les populations habitant l’état Shan de Birmanie.


5. Peuplement et localisation.

- Myanmar (état de Kayah).
- En Thaïlande, 3 villages sont installés dans la province de Mae Hong Son, un village près de Thaton et un autre à Chiang Dao.


6. Economie et agriculture.
      
Les Padong cultivent surtout le riz, à la fois en rizières sèches et en rizières humides ainsi que le maïs et le millet cultivés, eux, sur brûlis. Ils élèvent également des porcs noirs, des volailles et des buffles d’eau.


7. Société.
    
Les villages Padongs sont des communautés indépendantes dirigées par un chef et un conseil des anciens qui organisent les activités collectives et font respecter la loi.


Mariage.
    
Lorsqu’un Padong souhaite épouser une jeune femme de sa tribu, il doit préalablement obtenir le consentement de celle-ci et de sa famille. Lors de la cérémonie qui dure une journée, des offrandes sont faites aux esprits et des cochons ou des buffles sont donnés en dot à la famille de la mariée. Après les noces, le jeune couple devra résider durant 6 à 8 mois avec les parents du marié avant de pouvoir fonder son propre foyer.


La naissance.
    
La femme Padong accouche dans sa demeure aidé par une femme expérimentée. Durant les six jours suivant la naissance, le père s’abstient de parler avec qui que ce soit, excepté sa propre famille, et prend soin de son épouse et du nouveau-né.


8. Religion, croyances et cérémonies.
    
La majorité des Padong sont animistes et seulement 10% d’entre eux sont bouddhistes. Depuis quelques décennies, la religion chrétienne se développe par le biais des missions catholiques présentes dans la région depuis le début du 20e siècle.

Le festival annuel de la fertilité se déroule au début de la saison des pluies. Des sacrifices de porcs et volailles y sont fait en l’honneur des esprits afin qu’ils apportent bonne santé à chacun et que les récoltes soient abondantes.


Le Shaman.
      
Chaque village Padong possède un Shaman masculin ou féminin (Jamu) qui intervient lorsqu’une personne tombe malade. Il entre alors en contact avec les esprits afin de diagnostiquer la maladie puis tente d’apaiser l’esprit qui en est responsable grace à des sacrifices rituels de porcs ou de poulets.


La maison des esprits.
      
Chaque village possède une maison des esprits, située près des habitations dans la forêt.  Des offrandes  y  sont faites par la
communauté afin de se concilier les esprits du lieu.


9. Vêtements traditionnels.
    
Ce qui distingue le plus les Padong des autres tribus est probablement leur extraordinaire costume. Alors que les hommes sont vêtus de chemises et pantalons en coton de couleurs sombres, similaires aux autres Sham et Karen, les femmes sont célèbres pour l’étonnant collier de cuivre à 20 ou 25 anneaux qu’elles portent autours du cou.
      
C’est à l’âge de 5 ans que le premier collier de cinq anneaux est fixé au cou des petites filles lors d’une cérémonie rituelle. Chaque année sera ensuite rajoutée un anneau jusqu’à l’age adulte. Plusieurs raisons peuvent être avancées pour expliquer cette tradition originale.
 
Un ancien rite Padong raconte qu’il y a longtemps, des esprits en colère contre les hommes auraient envoyé des tigres afin de dévorer les femmes. De peur que ces dernières ne soient tuées, les ancêtres leur auraient alors ordonné de porter des colliers pour ne pas être égorgées par les fauves.

Une seconde légende est décrite dans la mythologie Kayan qui met en valeur la beauté du dieu dragon, ancêtre primordial qui aurait donné naissance aux humains. C’est pour ressembler à celui-ci que les femmes Padong auraient décidé de porter des colliers toujours plus hauts afin d’en imiter la grâce.
      
Une dernière raison aurait été d’enlaidir les femmes afin de les rendre moins attirantes aux yeux des hommes des autres tribus et d’éviter qu’elles ne soient enlevées lors des fréquentes guerres tribales du passé.
        
Contrairement à une opinion régulièrement répandue, ce collier n’étire pas le cou et doit sa longueur à un effet d’optique. Il peut être retiré sans que la jeune femme ne souffre car l’atrophie musculaire reste très faible.
    
Enfin, le vêtement des femmes est constitué d’une chemise sans manche au col en  « V » le plus souvent de couleur blanche et d’une jupe courte de couleur noire ou bleue. De lourds bracelets d’argents sont souvent portés aux bras et aux genoux.


10. Villages.
        
Au Myanmar, les villages Padongs sont le plus souvent situés sur les crètes de montagnes basses couvertes de jungle, à des altitudes comprises entre 800 et 1300 mètres. Les maisons sont alignées suivant un plan remarquablement étudié, les rues sont alignées et propres.
        
En Thaïlande, les villages sont situés dans des vallées à basses altitudes, près de cours d’eau et le plus souvent à proximité du village d’une autre tribu (Akha, Palaung, Kayaw).


11. Habitat.
          
Les maisons des Padongs possèdent des structures en bois, des parois de bambou et des toitures en chaume. Comme chez les Karen, l’habitat n’est constitué que d’une grande pièce servant à la fois de lieu de repas et de chambre à coucher, des nattes étant tirées pour la nuit.

...

Voir aussi le sujet de Kabouce, le village Padong ("femmes au long cou"), c'est comment ?), ici:

http://www.forumthailandeinfo.com/index.php?topic=131.msg891

...

Photos:

1/ Une Padong au village de Nai Soi près de Mae Hong Son.

2/ La fixation du collier de cuivre.

3/ Une Padong et sa fille en tenue traditionnelle au village des réfugiés birmans près de Thaton.

4/ et 5/ Différentes maisons Padong.

6/ Les pilliers des esprits près du village de Nai Soi.
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Rugby15

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Re : Les Minorités ethniques de Thaïlande... et d'Asie.
« Réponse #10 le: novembre 04, 2009, 02:34:58 pm »

J'ai trouvé un article de Match de 1957 sur les femmes girafes. C'est Vitold de golish qui a réalisé ce reportage qui s'intitule "Expédition au pays des femmes cauchemar".  :-X

Voilà les photos, Match 1957. Elles ont donc, pile un demi-siècle.

T'en penses quoi Manu ?
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Manu (de Chiang Mai)

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Re : Re : Les Minorités ethniques de Thaïlande... et d'Asie.
« Réponse #11 le: novembre 04, 2009, 06:40:15 pm »


T'en penses quoi Manu ?



En 1950, le Français moyen était encore dans une vision et une attitude très "coloniale", en particulier au sujet des ethnies asiatiques ou Africaines... Il y avait le "blanc" civilisateur et le "noir" ou le "jaune" qui ne demandait qu'à être instruit et "civilisé" par ce premier...

Comment s'étonner alors qu'un acte culturel aussi spectaculaire que le port du collier long par les Padong n'est pas été associé par notre journaliste à un us dégénérescent et du coup cauchemardesque !!!...

...
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Re : Les Minorités ethniques de Thaïlande... et d'Asie.
« Réponse #12 le: novembre 04, 2009, 06:40:36 pm »

Si je peux donner mon avis, bien ridicule ce titre... Où bien, je ne le comprends pas...
Je connais plusieurs de ces villages et ces femmes sont tout à fait adorables et extrêmement courageuses...
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Re : Re : Les Minorités ethniques de Thaïlande... et d'Asie.
« Réponse #13 le: novembre 04, 2009, 08:41:33 pm »


1/ Les minorités installées en Thaïlande depuis très longtemps (la majorité des 38 ethnies citées ci-dessus), souvent même avant les Thaïs (dont les principales vagues d'immigration sur le territoire qui constitue l'actuelle Thaïlande se situent entre le 11e et 13e siècle après JC), Cham, Khamu, etc...


Tiens ça me rappelle un truc que je n'ai appris que récemment: l'origine du mot Siam.
Les Thais ne savent pas qui sont les siamois et encore moins ou est le siam pour la simple raisons que ce fut un terme malais signifiant "barbare" (équivalent du Moï vietnamien quoi) employé pour désigner toutes ces tribus dont tu parle là ( avant que les Thai arrivent donc).
Les anglais (et plus tard les français) qui ont visiblement été en contact très tôt avec les malais avaient retenus ce termes comme noms "officiel" pour le territoire situé au nord de la malaisie ainsi que ces habitants.

Malgré les incompréhensions que cela créa les occidentaux gardèrent ce terme pour désigner les Thais, ignorant simplement qu'ils n'avaient pas affaire aux même bonhommes. Au point que les Thais eux-même finirent par l'adopter!

Amusant non?
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Manu (de Chiang Mai)

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Re : Les Minorités ethniques de Thaïlande... et d'Asie.
« Réponse #14 le: janvier 01, 2010, 09:36:11 am »


Chaque année entre le 28 décembre et le 3 janvier se tient le célèbre Festival du thé et des tribus montgnardes de MAE SALONG...

Voir le reportage, ici:

http://www.forumthailandeinfo.com/index.php?topic=337.0
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Manu (de Chiang Mai)

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Re : Les Minorités ethniques de Thaïlande... et d'Asie.
« Réponse #15 le: janvier 07, 2010, 10:25:39 am »


A une époque où l'on parle beaucoup de l'expulsion des Hmong de Thaïlande, un intéressant texte expliquant le contexte actuel et la vocation thaïlandaise d'accueil des minorités fuyant les pays voisins...


La Thaïlande, terre de refuge des minorités


Parce qu’elle occupe une position centrale dans une région au passé mouvementé, la Thaïlande a servi, et sert encore, de terre d’asile à un grand nombre de minorités souvent persécutées dans leur propre pays. Aujourd’hui encore, les populations proche des frontières thaïlandaises avec le Laos ou la Birmanie regardent vers la Thaïlande pour échapper à la répression, ou à la pauvreté.

La question des réfugiés apatrides sur le territoire thaïlandais a récemment fait la une des médias thaïlandais grâce à un avion….  en papier. C’est un petit garçon né d’un couple de réfugiés birmans en Thaïlande qui l’a fabriqué, et grâce à un vol plané de 12 secondes, il a pu se qualifier pour un concours d’origami ayant lieu au Japon.

Petit problème : comme tous les enfants de réfugiés nés en Thaïlande, il n’a pas la nationalité thaïlandaise (le droit du sol n’existe pas en Thaïlande). Il a fallu l”intervention du Premier ministre lui même, pas moins, pour qu’il puisse obtenir des papiers provisoires afin d’effectuer un court séjour à l’étranger, ou le jeune Mong Thongdee a remporté la troisième place. Bien que anecdotique à souhait, cette histoire illustre bien l’impossible dilemme des réfugiés en Thaïlande. Apatrides et pratiquement sans autre possibilité que de végéter dans des camps de réfugiés, il se heurte à la politique de non intégration du royaume.

D’après les agences de l’ONU les immigrés birmans, à l’instar des parents du jeune Thongdee, sont plus d’1,4 million à gagner leur vie en Thaïlande, mais seulement 490 000 d’entre eux sont enregistrés avec un permis de travail. La plupart travaillent donc clandestinement dans l’agriculture, l’industrie du poisson, le bâtiment, les usines de textiles et les emplois domestiques. Beaucoup ont fui les répression de la dictature des généraux birmans, mais aussi la misère quotidienne.

En avril 2008 : 54 travailleurs clandestins birmans étaient retrouvés morts asphyxiés, entassés à l’arrière d’un camion transportant habituellement du poisson. Après un moment d’émotion médiatique intense, le sujet était rapidement retombé dans l’oubli. Vu de Birmanie, la Thaïlande est un pays très riche. Le PIB par habitant est de 1200 dollars par an en Birmanie, contre 8700 en Thaïlande : un niveau de vie plus de sept fois plus élevé, un fossé comparable à celui qui sépare le Maroc de la France.

Parfois il s’agit d’un conflit qui dure depuis des décennies entre un pays voisin et une minorité, comme dans le cas des Karens, eux aussi en provenance de Birmanie. L’Union nationale karen (KNU) se bat depuis 1949 pour que le pouvoir central accorde plus d’autonomie à l’Etat karen, mais la guérilla a été affaiblie ces dernières années en raison des offensives gouvernementales et de dissensions internes. On estime qu’environ 100.000 réfugiés Karens, se trouvent dans des camps en Thaïlande.

Au Myanmar, les Karens sont victimes d’une campagne de purification ethnique semblable à celle qui a causé tant d’atrocités dans l’ancienne Fédération de Yougoslavie. On les oblige à construire des routes sans être payés, on leur fait porter des cargaisons de munitions et d’armes et, parfois, on les tue. On ne tente même pas de cacher les massacres au reste de la population : c’est une tactique pour forcer ce peuple à se soumettre ou à courir se réfugier en Thaïlande.

écrivait en 2001 Daniel Pedersen dans un reportage pour The Nation. Pendant les années 80, la K.N.U a bénéficié d’une politique conciliante de la Thaïlande qui jusque là laissait volontiers les rébellions installer leurs bases arrière sur son territoire, fermant les yeux sur leur approvisionnement en armes contre bois de tek, métaux et pierres précieuses .

Autre problème récurrent, mais cette fois avec des populations en provenance du Laos, celui des Hmongs. Bangkok a donné cette année son accord au rapatriement au Laos de 5 000 réfugiés hmongs, dont certains vivent depuis plus de trente ans dans des camps du nord-est de la Thaïlande, avec l’espoir d’obtenir l’asile politique dans ce pays ou dans un pays tiers.

La Thaïlande, qui considère ces réfugiés comme des migrants économiques, a entrepris depuis plusieurs années des opérations de rapatriement, au grand dam de défenseurs des droits de l’homme.   Demeurant sourdes aux critiques, les autorités thaïlandaises ont ainsi réitéré, le 11 septembre, leur volonté d’honorer un accord signé en début d’année avec le Laos.

En raison de leur soutien aux Américains pendant la guerre, les Hmongs redoutent des représailles de la part du régime communiste. En mai, Médecins sans frontières (MSF), unique présence internationale depuis 2005 dans le camp de Huay Nam Khao, dans la province de Phetchabun (dans le nord-est du pays), avait mis un terme à ses activités pour protester contre l’attitude des militaires thaïlandais, qui forçaient les réfugiés à accepter un retour au Laos.


http://www.thailande-fr.com/
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Re : Les Minorités ethniques de Thaïlande... et d'Asie.
« Réponse #16 le: février 12, 2010, 10:02:34 am »


Les Mlabris


1/ Présentation :

Pendant longtemps, les Mlabri (aussi appelé "esprits des feuilles jaunes") sillonèrent les forêts de Thaïlande et du Laos. Ils étaient les derniers nomades de la région, vivant de chasse et de cueillette ou travaillant parfois au profit des autres éthnies minoritaires sédentaires comme les Akha ou les Hmong.

- Famille linguistique : Austro-asiatique
- Groupe linguistique : Mon-Khmer
- Branche : Khmuic

- Autres noms : Mrabri, Malabri, Yumbri, Numbri, Phi Tong Luang ("esprits des feuilles jaunes"), Khri
- Sous-groupes : Krih, Tum, Chut
- Population en Thaïlande : 182 personne en 2000, environ 300 en 2010.
- Population au Laos : 700 individus dans la province de Sayaburi, 5000 individus à l'est des provinces de Khammuan et Bolikhamsai ainsi que sur la frontière de la province vietnamienne de Quang Binh.


2/ Histoire et mode de vie :

Les Mlabri sont un des peuples les plus primitifs de Thaïlande, tout comme les Semang du sud du pays. Ils entrèrent au Siam durant le 19ème siècle et furent découvert pour la première fois dans le district de Phu Kiew (province de Chaiyaphum) en 1919. D'autres Mlabri vivaient alors aussi au Phu Kradung près de Loei.

Durant tout le 20ème siècle, les Mlabris nomadisèrent dans les forêts du nord du pays vers Rong Kwang autours de Phrae et dans les districts entourant Nan.

Aujourd'hui, on dénombre 300 individus vivant en Thaïlande, alors qu'ils étaient moins de 200 il y a dix ans. Ils sont maintenant totalement sédentarisés depuis 2006 et habitent 2 villages, l'un installé près de Phrae et l'autre au nord de Nan. Cette sédentarisation associé à une meilleure alimentation et une meilleure hygiène a permis une légère reprise démographique de leur population.

Parrallèlement, le gouvernement a mis en place un programme éducatif afin de leur apprendre le thaï. Une école a été implanté dans chaque village.

Plusieurs associations ainsi que les autorités leur fournissent du riz et ont permis l'installation d'élevages de cochon. Néanmoins, les deux villages sont loin de l'opulence et les Mlabris continuent de travailler dans les champs ou les rizières des tribus voisines afin de gagner 100 bahts journaliers.

Quoiqu'il en soit, la perte de leur mode de vie ancestrale semble avoir marqué moralement les Mlabris. Alors que j'interrogeais plusieurs d'entre eux lors de ma dernière visite, à la question "était-ce mieux avant dans la forêt ou aujourd'hui dans le village ?", tous, hommes et femmes, me donnèrent la même réponse : "avant, nous nous sentions libres d'aller où nous voulions et de faire ce que nous souhaitions mais nous avions souvent faim ! (1) Aujourd'hui, nos ventres sont plus souvent pleins mais nous avons perdu notre liberté !"


3/ Autres informations sur les Mlabris :

- Site sur les Mlabris nomades:

http://www.anako.com/html/photos/mlabri-1.html

- Reportage sur les Mlabris :

http://www.dailymotion.com/video/x6v32n_13-mlabri-les-esprits-des-feuilles_travel


4/ Photos :

1/ Un vieux chef Mlabri. Il est couvert des tatouages traditionnels qui le protègent des mauvais esprits.

2/ 3/ et 4/ Les Mlabris sédentaires sont maintenant vétus de sarong et de chemise ou tee-shirt occidentaux. Dans la forêt, il ne portaient souvent qu'un pagne fait de feuilles.

5/ Les Mlabris habitent maintenant des maisons faites de bois et de bambous avec des toitures de chaume. Dans le passé en forêt, ils construisaient des huttes précaires avec des branches et de feuilles larges.

6/ Des Mlabris travaillant dans un champ appartenant à des Hmong non loin de leur village.
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Manu (de Chiang Mai)

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Re : Les Minorités ethniques de Thaïlande... et d'Asie.
« Réponse #17 le: février 12, 2010, 10:39:43 am »


Photos "Les Mlabris" (suite):
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Re : Les Minorités ethniques de Thaïlande... et d'Asie.
« Réponse #18 le: février 12, 2010, 07:03:19 pm »


Quelle chance j'ai eue, il y a quelques années, de découvrir aussi ce village des Mlabris, lorsque j'ai visité la région de NAN (qui est, entre autre, une magnifique région), sans aucun touriste, car il paraît que maintenant, il est envahi chaque jour par des cars et des cars de Japonais... C'est nul, archi nul... Ils vont très vite perdre toute leur authenticité.

J'ai gardé un souvenir extraordinaire de ces gens simples, très pauvres, un peu apeurés au début, mais ensuite d'une gentillesse extrême...  et que de mignons bambins  :-*

Quel bonnheur de les avoir connus...   :D
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Re : Les Minorités ethniques de Thaïlande... et d'Asie.
« Réponse #19 le: février 12, 2010, 08:21:41 pm »

Alors question à 1 baths pour notre spécialiste des tribus.
La communauté Hmongs vivants sur le mont Phu Man Khao au cœur du parc national de Phu Hin Rong Kla abrite-telle des Mlabris sédentarisés ou bien ce sont tous indubitablement des Hmongs?
Je me pose la question car au sein de la majorité chrétienne il semblait y avoir des animistes qui bizarrement ne possédaient pas de terres et travaillais celle des autres familles.
Hors comme les Mlabris sont connus pour avoir trainer dans le coin je me demandais si certains n'avaient pas atterris là dans l'indifférence générale.
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Manu (de Chiang Mai)

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Re : Les Minorités ethniques de Thaïlande... et d'Asie.
« Réponse #20 le: février 13, 2010, 10:20:26 am »


Il est parfaitement possible que des Mlabris d'origine vivent aujourd'hui chez les Hmong... Alors qu'ils étaient leurs employés, des liens ont très bien pu se lier entre certains membres des deux communautés...

Les minorités ethniques vivant en Thaïlande sont en général peu sectaires (hormis exceptions) et peuvent accepter des membres d'autres peuples en leur sein...

Ainsi, les Yao par exemple, qui n'étant pas assez nombreux dans le passé, avaient pris pour habitude d'adopter des enfants d'autres populations...

De nombreux Akha sont également mariés avec des Lahu...
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Re : Les Minorités ethniques de Thaïlande... et d'Asie.
« Réponse #21 le: février 14, 2010, 02:47:50 pm »


Une demande, Manu   :)

Je me suis retrouvée en novembre dernier au nord-nord dans un village KACHIN... (seul village Kachin, il me semble, dans le pays).

Pourrais-tu nous faire un petit topo relatif à cette ethnie ?  Merci    8)



P.S. Très original ce petit village avec ses cottages, beaucoup de fleurs, et ses habitants (et habitantes - voir photo ci-dessous) sont adorables...
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Re : Les Minorités ethniques de Thaïlande... et d'Asie.
« Réponse #22 le: février 15, 2010, 06:51:54 pm »


Effectivement Line, il existe un seul village Kachin en Thaïlande (Banmai Samakhi) non loin du village de Ban Arunothai au nord-ouest de Chiang Dao... Il fut construit il y a une vingtaine d'année par des Kachin de Birmanie passés cladestinement en Thaïlande car fuyant les persécutions de la junte militaire et les combats inter-ethniques...


Les Kachins


Les Kachin sont environ 1,1 millions au Myanmar, 125 000 dans le Yunnan (Chine) d'où ils sont originaires (ils y sont appelé Jingpo) et une petite centaine en Thaïlande.

En Birmanie, la grande majorité d'entre eux vivent dans l'état Kachin au nord-est du pays. Ils y sont entré après la migration Shan venant de Chine au 12e et 13eme siècles. Ils font partie de la famille linguistique tibéto-birmane.

Comme les Shan, les kachin vivent dans les vallées et les moyennes montagnes où ils cultivent la rizière inondée et dans une moindre mesure le riz sec de montagne. Il cultivent également les légumes, le coton et dans le passé le pavot qui tend à disparaitre.
L'élevage de volailes et porcs ainsi que le gibier chassé leur apportent les protéines animales nécessaire. Les buffles et les petits chevaux sont eux, domestqués pour le travail et le transport.

Les Kachin donnent une grande importance au clans qui sont dirigés par des chefs ainsi que chaque village (voir la photos ci-dessous où sont représentés les insignes de clans). La société est patrilinéaire.

Les Kachin respectent un culte animiste. Les esprits naturels, les divinités (nat) ainsi que les ancêtres sont respectés et des animaux leur sont sacrifiés en certaines occasions (fêtes manao). En Birmanie, 10 à 15 % des Kachin sont maintenant chrétiens. En Thaïlande, les habitants du village Kachin de Banmai Samahki sont bouddhistes mais respectent également le culte des ancêtres.


Photos du village Kachin près d'Arunothai :

1/ Le Totem où sont représentés les insignes des différents clans Kachin.

2/ et 3/ Une maison traditionnelle Kachin. Sur pilotis, la maison Kachin est en bois couverte d'une toiture de chaume très basse pour permettre l'écoulement des pluies. L'intérieur est constitué d'une grande pièce principale et parfois d'une ou de chambres séparées par des cloisons. Peu de mobilier, des nattes sont déroulées le soir pour dormir et des panier tresser acceuillent les vêtements et objets.

4/ et 5/ En Thaïlande, les maisons du village de Banmai Samahki ne ressemblent plus aux maisons traditionnelles. En Bois et bambou tressés, on peut les comparer aux maisons des Lahu.

6/ Des Kachin du village de Banmai Samakhi, personnes d'une grande gentillesse...
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Re : Les Minorités ethniques de Thaïlande... et d'Asie.
« Réponse #23 le: février 16, 2010, 03:36:00 pm »

Merci, Emmanuel, je n'en espérais pas moins...



P.S. Pour le fun, j'ajoute une toute petite photo...
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Re : Les Minorités ethniques de Thaïlande... et d'Asie.
« Réponse #24 le: mai 12, 2010, 01:15:52 pm »


Photos de Mlabris en 1959


Quelques photos de Mlabris prises à la fin des années 50 sur la frontière Lao-thaïlandaise...
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